‹ Le mystère du château de ChamblasChapitre 6 sur 22 · JACQUES BESSON INCULPE · texte numérisé non relu

JACQUES BESSON INCULPE

Les magistrats s'en rendaient compte. Ils enquêtaient « au petit bonheur », sans directive, entendant les gens par douzaines, mais se heurtant, dans ce cadre sauvage des montagnes du Velay, aune véritable conspiration du silence, du mensonge ou de la peur.

Il semblait que le site appelât le crime. Déjà, deux mois avant le drame deChamblas, dans cette même commune de Saint-Etienne-Lardeyrol, un garde-chasse nommé Colombet, au service de M. Bonneville, était tombé sous les balles d'un assassin. Pendant qu'il était tranquillement assis dans sa chambre, quelqu'un s'était approché de la fenêtre et, d'un coup de fusil, l'avait foudroyé à bout portant. Le médecin Alvirol, appelé pour

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constater la mort, avait, en passant près d'un groupe qui stationnait devant la porte, surpris cet étrange propos : « On a tué le garde parce qu'il était trop sévère. Marcellange aussi veut faire la loi. Il pourrait bien lui en arriver autant. »

Madame Théodora elle-même avait paru s'intéresser à l'affaire et souligné, sans grand déplaisir, semble-t-il, l'insuccès de l'instruction : « On a bien tué quelque temps avant mon mari un certain garde? On a eu beau chercher et on n'a pas découvert l'assassin. » — « Mais ce garde, avait répondu Antoine Delorme auquel elle s'adressait, c'était une existence isolée qui ne tenait à rien, tandis que M. de Marcellange a un frère, une sœur, toute une famille, qui voudront le venger. Si le crime du l*"" septembre est le fait d'un seul, le coupable échappera sans doute. Mais s'il y a eu complot, la justice trouvera. » Delombre n'avait pas continué, car il venait de s'apercevoir qu'à ses dernières paroles, la châtelaine était devenue « sombreuse, inquiète comme le gibier que le chien tient à l'arrêt ».

On dit que les assassins sont ramenés par une force irrésistible sur le théâtre de leur crime. Quand l'affaire est ténébreuse, les magistrats ont tendance à revenir sur les lieux. Outre qu'ils ont ainsi tous les témoins à leur portée, il leur semble qu'ils vivent mieux le drame dans l'atmosphère

même où a passé la mort. Et puis, ils conservent toujours l'espoir de découvrir un indice qui leur a échappé jusque-là.

Plusieurs fois donc, le procureur Marilhat et le juge d'instruction Exbrayat deLaboriette se transportèrent à Chamblas, et c'est ainsi qu'un jour de novembre 1840, dans la cuisine où M. de Marcellange avait été foudroyé à bout portant, ils échangeaient leurs dernières impressions. De ces conversations que connaissent bien les magistrats, jaillit souvent l'idée directrice.

— « En somme, dit le juge, plus je réfléchis et plus le crime m'apparaît étrange dans son exécution. On le dirait improvisé, commis coûte que coûte, comme s'il eut été trop tard le lendemain. Un assassin qui aurait eu du temps devant lui, j'entends qui aurait pu choisir son jour et son heure, n'aurait pas procédé de la sorte. Il aurait guetté M. de Marcellange, profité par exemple d'une de ses promenades solitaires. Mais le frapper au moment où il est entouré de dix personnes, gardé par des chiens, au risque de le manquer ou de faire d'autres victimes, d'être immédiatement poursuivi, appréhendé peut-être, tout cela indique une bien grande précipitation. »

— « Oui, rafi"ermage du 2 septembre », murmura pensivement le Procureur du Roi.

— « Ajoutez encore, reprit M. Exbrayat de

Laboriette, que le meurtrier n'a pu être qu'un familier de la maison, puisque les chiens n'ont pas trahi sa présence ; qu'il savait l'heure du repas, la place invariablement occupée par M. de Marcellange. Nous écartons, n'est-ce pas, la cupidité et le voleur de grand chemin. Cherchons donc du côté de la haine et de la vengeance. »

— (( M. deMarcellangeavait quelques ennemis, interrompit M. Marilhat. Je sais qu'au début tout au moins, il s'est montré sévère, rigoureux dans l'appréciation de ses droits. Il avait peine à modérer ses emportements. N'a-t-il pas tiré un jour un coup de fusil, parce qu'une fillette ramassait dans ses bois quelques branchages? Or, nos paysans en sont encore à certaines tolérances féodales et, il ne fait pas bon les en débusquer. Ils disent : mon maître ! mon seigneur ! Songez qu'ils restent en tète-à-tête avec leurs pensées, pendant que la neige les bloque au coin de l'àtre. Ils y ont tout loisir de ruminer leurs vengeances. Nous sommes, ne l'oublions pas, dans le canton de Saint-Julien- Ghapteuil, le pays par excellence des coups de couteau et des coups de fusil. »

— « Sans doute, continua le juge. Vengeance il y a, mais vengeance d'ordre particulier. Voyezvous un ennemi ordinaire qui va choisir le jour où précisément M. de Marcellange s'apprête à quitter Ghamblas? Est-ce que cette fuite, cette

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désertion si vous préférez, ne comble pas ses vœux? Il n'a pas, lui, d'affermage à redouter. Autre chose : le signalement de l'homme sinistre, tel que le donnent Claude Reynaud et le militaire, ne vous fait-il pas songer à certaine maladie grave? »

— (( La petite vérole, dit le procureur. Oui, mais celui auquel nous pensons était à peine entré en convalescence. Six lieues par de mauvais chemins, quand on a les pieds encore à vif. Est-ce possible? Est-ce vraisemblable? Allez donc dire cela au jury ? »

— « C'est bien là l'objection, répondit M. Exbrayat de Laboriette, et nul criminel ne saurait souhaiter d'alibi meilleur. Mais, de ce qu'aux yeux de tous il paraissait invalide, notre homme n'a-t-il pas songé à tirer profit de la circonstance? De là, à avoir eu l'atroce courage, à une heure décisive de sa vie, de se traîner à travers champs et ravins, il n'y a pas si loin peut-être. Rappelez vous nos affaires d'infanticide : la fille de dix-huit ans qui accouche dans la même chambre, parfois dans le même lit, qu'une de ses compagnes ; qui, souffrant le martyre, mord ses draps pour ne pas crier, et, à peine débarrassée, s'en va, toute meurtrie, aux durs travaux des , champs, quand elle n'ajoute pas à cela une marche forcée de plusieurs lieues. Enfin, il y a les empreintes, ces empreintes

relevées par Claude Reynaud dans son champ ; ce sont celles de souliers sans clous. Qui pouvait porter dans les bois et les terres labourées une chaussure légère ? un chasseur ou. un convalescent. Ah ! si ce témoin voulait parler ! Je suis convaincu qu'il a reconnu l'homme. Pourquoi faut-il que la crainte oa la corruption enchaîne les langues ? Nous n'en serions pas réduits aux preuves morales ou aux inductions. Il n'en est pas moins vrai que tous les chemins que je suis dans l'aiTaire m'amènent au même carrefour, et ce carrefour s'appelle... »

— (( L'hôtel de Chamblas, » prononça le procureur en achevant la phrase.

L'instruction se poursuivit. Elle recueillit et retint des insultes, des menaces de mort sorties de la bouche de Jacques Besson à l'adresse de M. de Marcellange. Preuves fragiles sans doute. Le chien qui aboie est moins dangereux que le chien qui attaque sans crier, disait le curé de Villiers-Hellon en déposant dans l'affaire de madame Lafarge. Mais ici, les menaces revenaient avec une persistance et un caractère de froide résolution tels qu'il fallait bien s'en préoccuper.

Ainsi, un jour, Besson quitte le château et s'arrête au village de la Goste, habité par son frère Auloinc. Un témoin surprend entre eux ce dialogue : « Pourquoi as-tu quitté M. de Mar-

cellange? » — « Il faut que lui ou moi, nous y passions. » — « Jacques, ne dis pas cela. »

Une autre fois, le même Besson achète au Puy du bois pour madame Théodora. Le boulanger Gimbert s'en étonne : « Comment ! vous achetez du bois et il pourrit sur pied à Chamblas? » Et Jacques de répondre : « Marcellange est le maître. C'est lui qui jouit du domaine. 11 ne nous laisse rien, mais il ne vivra pas toujours. » Puis, il aurait ajouté : « Dans quinze jours ou trois semaines, tont sera fini. » Et, à l'échéance, la prédiction se réalise.

A Belon qui le répète immédiatement à deux camarades, il dit ; « Avant six mois, ces dames seront maîtresses et tu referas « de la garne » (des fagots) à Chamblas. » A Claude Riffard il tient ce propos : « Monsieur fait bien son cochon. Lou dévalourons ben (nous le descendrons bien). » Lorsqu'il quitte le service de M. de Marcellange, il s'empare d'un fusil de chasse, malgré la défense de son maître, et comme celui-ci lui intime Tordre de laisser l'arme, il répond avec violence : « Ne faites pas tant votre chien avec ce fusil. Il vous servira peut-être. » Pendant l'été de 1838, à l'époque delà moisson, il arrive tard au travail, et, au premier reproche, il menace de sa faucille M. de Marcellange. Ce dernier exprime ses craintes à tout venant. Chaque rencontre avec

Jacques le pétrifie d'elîroi. Cinq ou six semaines avant le drame, il converse sur le seuil d'un moulin avec Joseph Grangeon, quand on voit un homme traverser le fond d'une prairie, un fusil sur l'épaule : « Voici Jacques, dit Grangeon, il vient par ici sans doute. » — « Oh non! répond de Marcellange en pâlissant. Nous ne sommes pas amis. Il me tirerait un coup de fusil, s'il me rencontrait seul. )) C'est Besson qu'il désigne encore, quand il dit au notaire Demans : « Vous vous étonnez que je voyage armé. Vous pouvez négliger cette précaution, vous qui n'avez à craindre que les malfaiteurs vulgaires, mais moi, j'ai tout à redouter d'un gueux de domestique. »

On s'était décidé à arrêter Besson. Afin d'éveiller le moins possible l'attention ou la défiance des intéressés, un seul gendarme se présenta le 19 novembre 1840 à l'hôtel de Chamblas. Ce fut Marie Boudon qui vint ouvrir : « On demande Jacques au tribunal », dit le messager du Parquet. « Il n'est pas là », répondit la femme de chambre, et déjà elle refermait la porte quand Besson montra la tête à une croisée. Le gendarme lui répéta l'objet de sa visite. L'intendant de ces dames descendit aussitôt, tout en passant sa blouse. Quand il fut dans la rue, son garde du corps lui annonça : « J'en suis bien fâché pour vous, mais je vous arrête au nom de la loi. » — « Si vous me l'aviez

dit, répondit Besson avec un calme stupéfiant, j'aurais pris ma veste. » Il avait ce matin-là un pantalon de velours.

Dans la soirée, les dames de Chamblas lui firent porter son lit à la prison et, chaque jour par la suite, elles ne manquèrent pas de lui envoyer des aliments, le repas qu'il aurait eu chez elles.

Cette arrestation eut pour résultat de délier quelques langues. Les révélations se firent plus abondantes. On apprit que, peu de temps après le 1" janvier, Besson avait abordé sur la place du Martouret, auPuy, la femme Taris et qu'entre eux s'était engagé ce dialogue : « Est-il vrai que vous ayez reconnu l'homme? » — « Non. » — « Mais si vous l'aviez reconnu, le déclareriez-vous à la justice? » — « Sans nul doute. » — « Alors, vous n'auriez pas peur de lui faire couper la tête ! » On apprit encore que le berger Arzac avait raconté que Jacques Besson lui avait proposé de mettre du poison dans la soupe de M. de Marcellange et que, pour mieux tenter sa cupidité ou apaiser ses scrupules, il lui avait offert de l'argent. Un soir, à Chamblas, au coin du foyer de la cuisine, le même Arzac avait dit, s'adressant à Pierre Maurin : « Je sais une chose énorme. On me couperait le cou que je ne la dirais pas. » — On le presse. Il résiste : « Que peut savoir un homme comme

toi? Rien. » — « Rien, s'écrie-t-il. Si vous saviez, vous verriez le brave rien ! »

Cervelle têtue, mais non obtuse, le berger nia ces graves propos. Fixé par expérience sur l'obstination des paysans du Velay, le juge ne chercha pas à approfondir davantage. Ce fut un tort, car Arzac devait être au courant de bien des choses. La question du chien de garde fut aussi quelque peu négligée. Un meurtrier inconnu s'était empressé d'ailleurs d'abattre d'un coup de fusil le pauvre animal, dans le bois de madame Tournelle.

Parfois aussi, où passait la justice était déjà passée Marie Boudon, qui, avec une inlassable activité et un dévouement à ses maîtresses poussé jusqu'au fanatisme, organisait la défense. Elle allait en catimini voir les témoins, réveillait les souvenirs, suscitait les dépositions. Son animosité contre M. deMarcellange, elle l'avait manifestée sans contrainte. C'est elle qui s'écriait un jour : « Quand il vient ici, on dirait que le diable est dans la maison ; nous sommes tous malades. A peine a-t-il tourné les talons que nous sommes tous guéris. Si nous apprenions qu'il fût malade, nous courrions comme les vents. 11 lui arrivera bien quelque rtialheur ! »

C'est elle qui disait encore et à M. de Marcellange lui-même : « Vous êtes heureux d'avoir

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une femme comme la vôtre ; à sa place, je me ferais j ustice moi-même. »

C'est elle enfin qui lui avait jeté au visage cette menace : « Prenez garde, monsieur, vous êtes étranger dans ce pays. Il pourrait vous « mésarriver ! »

Elle ne s'en était pas tenue aux prophéties haineuses. En une circonstance, par une riposte trop prompte, elle avait révélé la cause commune. C'était la veille du service funèbre qu'on allait célébrer à la mémoire du mort. Une servante âgée était occupée à préparer les flambeaux qu'on devait allumer autour du catafalque. La conversation s'engagea :

« Ils n'ont pas beaucoup d'éclat, dit la vieille, mais à la campagne, on fait ce qu'on peut. En tout cas, nous irons à la cérémonie de demain, le cœur attristé. Nous regrettons tous notre monsieur, et ceux qui l'ont fait tuer sont de la canaille. » — « Gomment, s'écria Marie Boudon qui ne put se retenir à temps, les dames de Chamblas sont de la canaille? » — « Ma foi, répondit la servante, grande dame ou paysanne, maîtres ou valets, les assassins sont de la canaille. »

L'instruction cheminait avec peine, au milieu d'obstacles sans cesse renaissants. Tous ces indices, d'ordre moral, se pouvaient interpréter ou discuter. Elle attendait le coup de théâtre.

Il ne se produisit que le 3 juillet 1841. Ce jourlà, Claude Reynaud était entendu pour la septième fois. Jamais il n'avait modifié les circonstances matérielles de sa déposition, ni les détails du costume de l'homme mystérieux, mais il s'obstinait à ne reconnaître personne d'une façon positive. Bien mieux, il avait mis hors de cause le valet des dames de Ghamblas. Fût-ce le cri de sa conscience, fût-ce tout autre motif ? A cette date du 3 juillet, il accusa formellement Jacques Besson, et, pour expliquer son long silence, il fit précéder son témoignage de ce préambule évidemment arrangé par M. Exbrayat de Laboriette qui n'était pas ennemi d'une certaine emphase : « Je déclare qu'en réfléchissant sur la teneur de mes précédentes dépositions, qu'en recueillant tous mes souvenirs, et, pénétré du devoir où j'étais de tout dire à la justice pour servir et éclairer ses démarches, j'ai pensé que je devais surmonter les considérations et l'intimidation qui m'avaient fait réserver certaines circonstances de moi connues. Voici la déposition franche et sincère, que je crois devoir fournir à la justice sur le malheureux événement qui est l'objet de ses préoccupations. »

Besson continua à nier avec une sombre énergie. On remarqua qu'il ne portait plus le pantalon de velours olive qu'il avait encore lors

de la confrontation et que Reynaud avait signalé dès le premier moment. Il avait trouvé moyen, de la prison même, de le faire disparaître.

Enlin, l'accusation tenait une preuve matérielle, mais on devine quelle âpre discussion allait s'engager devant la cour d'assises à propos de ce témoignage tardif, d'autant plus que certaines gens de la rue de l'Ancienne-Préfecture, la servante de l'abbé Cartal notamment, venaient affirmer la présence de Besson au Puy à l'heure même où le meurtrier épaulait son fusil devant la fenêtre du château de Chamblas. 11 y avait encore bien des obscurités dans l'affaire.

Aussi, ce fut dans une atmosphère de gêne, de malaise et de timidité que se clôtura l'information. Elle avait reculé de lassitude plus d'une fois devant les réticences et les mensonges des témoins, dont beaucoup affectaient de ne parler que patois, afin de se donner le temps de réfléchir. Le Puy s'était divisé en deux camps. La haute ville, plus aristocratique, croyait à l'innocence du valet de ces dames. Les milieux bourgeois et populaires, par contre, pensaient que la justice était dans la bonne route. On publiait des mémoires. Les huit frères de Jacques Besson, clan redouté, couraient la campagne et intimidaient les témoins. L'infatigable Marie Boudon se rendait au chevet du soldat Reynaud qui ago-

nisait à l'hôpital du Puy. Lui n'avait pas parlé, mais il avait dit à plusieurs camarades qu'il avait reconnu Besson. On parlait enfm de 30.000 francs empruntés sur hypothèque par les dames de Ghamblas, opération peu explicable dans leur situation de fortune, sinon pour faire échec à la justice.

Chose à peine croyable : au cours de cette longue instruction où des propos compromettants avaient été relevés à leur charge, où la question d'un assassinat par procuration se posait au premier chef, — c'est un crime de famille, un crime à prix fait, disait-on dans le pays — madame Théodora et sa mère ne furent pas entendues une seule fois. Les réservait-on pour un destin plus funeste, selon la tournure que prendraient les débats? Hésitait-on à franchir le seuil du vieil hôtel? La justice, en tout cas, s'abstint de troubler leur repos. De leur côté, elles s'en tinrent à leurs envois de literie et de victuailles, et ne tentèrent aucune démarche ofiicielle, de même qu'elles se gardèrent d'inscrire leurs noms sur la liste des témoins de l'alibi. C'était faire trop peu pour un innocent, trop pour un coupable.

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