‹ Le mysticisme catholique et l'âme de DanteChapitre 12 sur 29 · Matth., XXII, 21. Marc, XII. 17. Luc, XX · texte numérisé non relu

Matth., XXII, 21. Marc, XII. 17. Luc, XX

la propriété, puisqu'il compare son Père au possesseur d'une vigne où des ouvriers sont employés * ; ni la famille, puisqu'il blâme le fils ingrat et prodigue ' ; ni l'amitié, puisqu'il pleure Lazare ' et préfère Jean à ses autres disciples *, ni le mariage monogamique, puisqu'il absout la femme adultère ^ ce qui suppose qu'il la juge coupable. Il parle sans mépris des fonctionnaires, des employeurs, de toutes les professions qui ont encore leurs analogues. Enfin il ne s'élève point contre le savoir, mais seulement contre le savoir orgueilleux, contre la pensée qui s'efforce de justifier le mal*. Qui le reconnaît pour Dieu doit professer qu'il enseigna, ainsi qu'il convenait à celui qui vint pour tous les hommes \ la morale éternelle sans descendre jusqu'au détail contingent, spécial aux divers temps, des applications de cette morale. Qui nie sa divinité peut dire qu'il ignora nombre de problèmes qui nous tourmentent et d'activités qui n'existaient point alors ; mais nul n'a le droit de prétendre qu'il condamna, explicitement ou implicitement, toute l'organisation des sociétés laïques, tout le développement de l'activité proprement humaine. Ne voit-on pas, au reste, qu'il juge uniquement les hommes d'après leurs actes, jamais d'après les conditions naturelles ou sociales dans lesquelles ils se meuvent ? Il semble dire à tous : aucun genre de vie ne vous est interdit, pourvu que vous ne commettiez pas l'injustice, et que vos intentions soient droites et élevées. il n'exige une vie tout à fait à part que de ceux dont il veut faire « des pêcheurs d'hommes » «ou qu'il trouve, comme

1. Matlh., XX, 1-8 ; XXI, 28-41. Marc, XII. 1-9. Luc, XIII, 6, 7 ; XX, 9-26.

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