Malth., IX, 36 ; XIV, 14 ; XV, 32. Marc, VIII
aime les hommes pour eux-mêmes, quand on le voit enfreindre la loi du sabbat pour guérir les malades*, quand on Tentend ordonner de « se réconcilier avec son frère » avant de « porter au temple son offrande * » ? Enfin le Fils de Dieu veut, en a bon pasteur », « mourir pour ses brebis ^ ». Ce qu'on nomme de notre temps Taltruisme, le pur altruisme, est donc aussi un principe capital de la morale du Christ. Ce n*est pas tout encore ; il nous presse, discrètement il est vrai, et c'est prudent, mais il nous presse sans aucun doute de nous aimer nous-mêmes, et de devenir habiles .en cet amour ; « Amassez-vous des trésors dans le ciel, où le ver ni la rouille ne détruisent, où les voleurs ne minent point et ne dérobent point ♦ » ; il veut que nous évitions tout ce qui peut perdre notre âme^ », et dans le sermon sur la Montagne, il présente ouvertement les vertus comme autant de moyens d'atteindre à la béatitude ; il ne met point sur des plans différents la joie de « voir Dieu ^ » et « le règne de la justice'' », celle de « posséder la terre® » et de s'entendre appeler « enfant de Dieu® ». Donc, l'amour de soi bien entendu peut être aussi le but de l'homme selon le Christ. En ce qui touche l'amour d'élection, il ne prescrit rien ; mais il l'autorise, puisquMl laissa reposer sur sa poitrine, à la dernière Cène, la tête d'un disciple bien-aimé*^
Telle est,dans sa complexité, la moraleévangéliquecomme elle apparaît, presque entièrement déjà, dans les premiers chapitres de S.Matthieu ; nous avons soin de n'invoquer, autant que possible, que les textes de la plus certaine authenticité. Les préceptes qui résument l'essence de cette morale
1. Matth., XII, 4-12. Marc, II, 24-28 ; III, 2-4. Luc, VI, 1-9 ; XIII, 14-16 ; XIV, 3-5. Jean, V, 16-18 ; Vil, 22, 23.