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(linaire (1) lui inspira do noinl)rous(;s dotations aux églises et aux couvents (2), et il continua à l'ordre des lliéronyniites la protection spéciale (jue son père et son aïeul leur avaient accordée (3). Musicien distingué, avons-nous dit, Philippe les aima surtout pour l'excellente inusicjue (ju'ils faisaient, et eut même avec l'un d'eux, Fr. Martin de Yillanueva, compositeur, organiste et lettré fort érudit, des relations étroites et suivies jusqu'à la mort du religieux survenue en 1G05 (4).
Avant de nous demander quels étaient ces moines qui surent obtenir, avec la confiance des Rois, cette renommée de musiciens incomparables dontilsont joui auprès de tous les historiens et qui même aujourd'hui leur demeure assurée dans l'imagination populaire (5), il convient de penser à l'importance que pouvait avoir, à côté de la chapelle du palais de plaisance, la chapelle royale installée à la cour madrilègne.
L'organisation de la « Capilla real » fut toujours très complexe. Nul n'a cité jusqu'ici les quatorze volumes manuscrits la concernant, conservés à la Bibliothèque de r « Ayuntamiento » de Madrid (6). On y peut suivre pas à pas les progrès de cette solide institution. Le règlement y apparaît fort sévère, et le protocole minutieux (7). Le « Maestro » a l'obligation de composer, de faire passer les examens, et lui-même n'obtient sa place qu'après un concours difficile (8). Le personnel a droit à une retraite après
(1) Cf. L. Cabrera de Côrdoba. Relac. Piedad del Rey. de Madrid 6 de abrill613.
(2) Cf. Ana de Castro Egas, ici., fol. 15 V^, et J. Yanez. Mem. para la hist. de D. Fel., III, p. 160.
(3) Cf. Quevedo. Op. cit., p. 99.
(4) Cf. Sigùenza. Op. cit., IV, cap. i.
(5) Cf. Blasco Ibâùez. La Catedral., p. 111-112.
(6) Bibl. munie, 14 vol. mss. n" 1704 sq. Et. Catalogue of the Mss. in the spanish Language, in the Brilish Muséum by P. Gayangos : Cf. III, t. II, section 20, Eg. 1822-1823.
(7) Cf. informaciôn hasta ano de 1597 sobre el modo de pone.x los Bancos de los Capellanes de Honox y de los Cantoxes... t. X, legajo 4°.
(8) Cf. Ibid., leg. 15. Exemplax de un concuxso à la Plaza de Mxo de Capilla, n» 3.
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vingt-cinq années de service (1) . Un copiste, un « marqueur » qui est en même temps professeur de grammaire pour les petits chanteurs, sont attachés à la Chapelle (2). Dans la chapelle, nul ne se couvre, s'il n'est grand d'Espagne, évéque, ambassadeur et chapelain d'honneur « con sohrepellizes » (3). C'est dans la seconde tribune que se tient la musique « donde ay algunos vancos en que se sientan algunos Caualleros Titulos » (4), et dans la première prend place toute la famille royale (5). En 1616, on compte « un maître de chapelle et soixante musiciens payés par le Roi (asalariados par su Mgd), un sous-maître (teniente de Mfô), deux maîtres de cérémonies, deux organistes et six garçons d'oratoire (seis moços de oratorio) (6). »
D'après un des auteurs anonymes des manuscrits cités touchant la chapelle royale (7), le premier « siège des maî- » très fut donné le 21 avril 1581 à Georges Leale, fran- )) çais de nation, l'homme le plus averti de son art que l'on » ait connu dans ce siècle. Il mourut le 3 septembre 1586. » Son second, Philippe Rogier, Flamand de nation, lui » succéda en 1588. A sa mort survenue en 1598, Matheo » Romero lui succéda... et il eut pour « teniente » Geri » de Gersen. Ce Romero « servit la place de Maître » » jusqu'à la fin de l'an 1633, et à sa retraite on nomma, le )) 1" janvier 1634, Carlos Patino qui eut pour successeur » Cristoval Galan le 1''" février 1680... lequel mourut en » 1684 : La place resta vacante et la maîtrise fut confiée » provisoirement àD. Juan de Navas, comme étant le plus » ancien du chœur. »
(1) Cf. ms. cit. de la Bibl. Munie, M., t. X, leg. 15, n» 1.
(2) Cf. ms. cit. de la Bibl. Munie, t. X, leg. 15, n° 9.
(3) Cf. ms. cit : Cer. y asient. de la Cap. R — fol. 159.
(4) Cf. Relac. de las cosas màs notables de la Corte de Espaùa, hecha en el ano de 1616, ms. B. N. P. 384, fol 31. —Cf. id. en : Ceremonias y asientos de la Capella R' (Bibl. Nac. Md. T. 188, 74^3, fol. 160).
(o) Ibid.
(6) Id. Relac. de las cosas màs not... fol. 29 V" et 30. — Et cf. El Orden \ de assientos delà Capilla W | ... B. N. P. ms.365.
(7) Ms. cit., t. XII, p. 130.
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Biori (juc noire jiuteur semble croire (jue la (Chapelle n'existait ([ue depuis I08I, (^e (jui est incompréhensible, nous devons accepter ses renseiji^neirients pour après celte date, dans Teinbarras où Ton est de déterminer (exactement la liste des mailres qui se succédèrent au (^ours du xvr siècle. Cependant nous possédons quelques documents sur l'état de la chapelle impériale en lo3() et en 15^30, ainsi que sur les musiciens de la retraite de Yuste.
Dans le manuscrit annoté de la main de Charles-Quint, que l'on conserve à la Bibliothèque Nationale de Madrid (1), nous trouvons la liste des musiciens payés par l'Empereur en 1 536 (los que estân contados por los arcôes en la despensa ordinaria. del empâdor). Le maître de chapelle est Adrien (Adriâ) Picart, et le maître des enfants est Nicolas Gombert (2). Il y a quinze chanteurs flamands, que Philippe II conservera (3) ; un organiste, un « aposentador » de la chapelle ; un servant; un souffleur, et neuf « mochachos ».
Lorsque Charles-Quint licencie sa maison, en juin 1556 (4), le nombre des chanteurs a été porté à dix-sept. Leur maître est Nicolas Payen. Les « mochachos » augmentés d'une unité ont à leur tête Adrian Lef. On relève sur la liste : un organiste, un accordeur (templador), un « furiel » de chapelle avec deux « moços », puis deux garçons d'oratoire et un préposé à la « limosna ». Aucun des noms antérieurs ne subsiste sur cette nouvelle « relaçion de los criados ». Dans le personnel instrumental, on remarque dix trompettes, un timbalier (atavalero) et quatre joueurs de « vihuela de arco » parmi lesquels les deux frères Herman (Tomâs elJoan).
Par contre, la chapelle de Yuste est composée exclusi-
(1) Cf. en marge : Ovden de la casa de Borgona, coyno se siruen los reyes de Spaha, aora 1-^36. B. N. M. T. 30 — 3825.
(2) Cf. H. Expert. Les Maîtres franc, de la Renaiss. Gombert. — Lau leur dit que Gombert entre à la Cap. Real en J53J et devient maître en
(3) Cf. Van der Straeten. Ch.-Q. musicien. Bandes instrumentales.
(4) Cf. Gachard. Relraite et mort de Ch.-Q., t. II. D'aprôs les arch. de Sirnancas.
vement d'Espagnols. Sur la liste des rémunérations proposées pour ces religieux (1), on note les noms d'Estéban de Côrdova, de Valence, Juan de Osma du Prado et Sébastian de Alcala, de Saragosse, ténors ; de Antonio de Naval Peral de Ségovie et Juan de Logrono, « tiples » ; de Pedro de Molina de Ségovie, de Miguel Romero de Saragosse et d'Alvaro Calderôn de Zamora, contralti ; de Marco de Cardona de Barcelone, d'Andrés de la Torre en Talavera de la Reina et de Juan de Villamayor de Ségovie contrebasses; d'iVndrés de Sevilla, d'Antonio de Betanzos et de Diego de Velvis, « cantores » ; enfin de l'organiste Antonio de Avila et du sacristain Melchor de Alva. Le maître de chapelle paraît avoir été Juan de Villamayor. Avec un certain Miguel de Torralva dont l'emploi n'est pas très défini, la « capilla » de Yuste compte tout au plus dix-sept membres que l'empereur paye largement (2).
Les dépenses qu'entraînait le service de la chapelle royale étaient considérables, et le budget de la musique religieuse devait sans doute surpasser à la cour d'Espagne celui que les autres maisons royales européennes lui assignaient. Au reste, la Chapelle Royale avait de nombreuses « sœurs » toutes aussi bien dotées et surveillées par le monarque (3), et bien que les documents nous fassent ici défaut, il est permis de supposer que la môme activité musicale régnait dans les diverses maîtrises princières du royaume.
Mais les efforts les plus continus sont réalisés par la Chapelle des célèbres Hiéronymites. L'histoire de cet ordre, soutien de la tradition artistique en Espagne, nous a été contée par l'un de ses membres Fr. José de Sigiienza, en un long travail dédié à Philippe III, et continué par un
(1) Cf. Gacliard. Op. cit., t. I : Liste des rémunérations proposées pour les religieu.t. Yuste, 15 octobre 1558.
(2) Le Confesseur, Fr. Juan de Régla, est chargé de distribuer les rémunérations en « ducats ».
(3) Cf. le Sei'vicio de la Capilla real del Monaslerio de Santa Clara de Tordesillas. Ms. de la B. N. M. annoté, croit-on, par Charles-Quint. Très hojas. P. V. Foll. J8G 34, t. V, n» 40.