LES ÉCOLES VALENCIENNE ET CATALANE MONTSERRAT ET SON ESCOLANIE
A. — V École Valencienne [i)
L'Ecole Valencienne représente la phase mystique « exultante » (2) de la musique religieuse espagnole au XVI® siècle. Ses compositeurs se complaisent en effet aux déploiements prodigieux des masses chorales, aux dialogues enthousiastes non plus de quelques voix, mais de deux, trois ou quatre chœurs, aux ensembles presque excessifs, aux contrastes dramatiques — dans une même pièce — entre les versets traités polyphoniquement, les répons en plain-chant, et les larges accords des orgues. Il y a là une force religieuse certaine, obtenue par une variété plus grande des moyens musicaux. Et si les poèmes religieux qui adoptent ce système peuvent paraître parfois manquer de profondeur ; si les « effets )> obtenus par cette agglomération sonore paraissent aux esprits recueillis moins convaincants que le simple Lamentabattir Jacob de Morales ou le sobre 0 quam gloriosum de Victoria — que nous étudierons plus tard — Ton ne peut nier l'originalité de cette « pratique traditionnelle », l'intérêt constant de ces
(1) Sur la musique à Valence depuis le xiii» siècle, consulter d'abord Vldea del que forén musicalmenL els joglars, trobadors y ministrils eti terres de parla provençal y caialana, per J. R Carreras (Revista Music. Catalana. Any Y. Nûm, 52 y sig. — Puis sur la protection que depuis Pedro I elle reçut des rois ; sur la création des écoles nommées « mayorcs de canto » due à levêque Hugo de Fenollet; sur l'importance de la chapelle de musique du Palacio del Real composée dès 1425 de 18 professeurs; sur la formation à Valence du langage musical « cortesano » ; sur les artistes célèbres depuis Luis Milan; enfin sur les instruments spéciaux à Valence, Cf. l'introduction du Dicc. Biogr. y crit. de D. José Ruiz de Lihory (Valence, 1903) et les livres auxquels il nous renvoie.
(2) L'expression — avons-nous déjà dit — est de M. Pedrell.
accents si divers, et la vie intense qui anime tous ces éléments et les coordonne harmonieusement.
Par les dates, l'étude rapide de l'Ecole Valencienne s'annonçait en dernier lieu. Mais le caractère de sa tradition, l'esprit de ses adeptes nous la font placer, dans l'ordre de la gradation expressive, entre la simplicité fervente de l'Andalousie, et la profondeur exaltée de la Gastille.
Il existe un Index manuscrit, écrit par le maître de chapelle J. Navarro, des riches archives de l'Eglise métropolitaine de Valence. On y découvre au n** ISO : deux motets de Gines Pérez et une Musa Plagia à 5 voix d'Amhrosio Cotes, seul document conservé de ce maître, et encore inédit; au n° 151 : des Magnificats du spécialiste en ce genre Sébastian Aguilera et un Lauda Hierusalem à 6 voix, du 3^ ton, de Gines Pérez; au n° 152 : un Adhonorem, un Salve, un Gaudes, un Gaude M"- Virgo, un Te Deum et un Benedictus, à 4 voix de Victoria (1) ; au n"* 153 : un tome entièrement inédit de Fr. Guerrero, composé d'hymnes (2) ; au n^ 154 : des hymnes à 4 voix inédits de Gines Pérez (3) ; au n" 155 : un motet lu illo tempore in Transfiguratione à 8 voix, imprimé à Rome en 1585 ; au n° 156, écrit par Mendoza en 1793 : une Missa de Requiem inédite de Guerrero, des Leçons et Répons de Gines Pérez; au n° 168; un OpKS Harmonicuni in historia Passionis à 4 voix in lamentationibus et cantorimi tiirba (4) ; aux n^*" 169, 170 et 171 : des copies de cet Opus Hai^moniciim. Dans les feuillets détachés (Papeles Sueltos), nous avons pu voir un motet : Tristis est animea mea^ de Joan Pujol (5), et des motets postérieurs de Juan Sébastian, organiste de Valence en 1628 (6).
(1) Este libro fué escrito por Mariano de Mendoza del Orden de Predicadores en el afio 1789.
(2) Este libro fué escrito por el P. Carlos Grau canônigo regular de S. Antonio, abad en Valencia aùo 1765.
(3) Este libro fué escrito por Mariano Mendoza en J801.
(4) Gollectore R. P. Joannes Sânchez et Azpeleta Gesarauguste 1612.
(5) Ob. 27 — 209. (Avec accompagnement.)
(6) Ob. 33 — 397-398. à 9 et à 8 voix.