LES ÉCOLES VALENCIENNE ET CATALANE
Plus |)récieux encore nous esl, appaiu le trésor du collège (lu Corpua Chrisli , vulf^aireiuenl appelé du Palriarolie (del Patriarca). Un livre de Messes, de motets, de Psaumes, de Mag/ufirats a et d'autres choses touchant 1(» culte divin », composé par Sébastian Lopez de Velasco, naturel de Ségovie, chapelain et maître de chapelle d(î la Sérénissime Princesse Doua Juana en son royal couvent des Déchaussées Franciscaines de Madrid (1) contient une curieuse dédicace où la musique est définie la « science <les nombres sonores » et « espèce mathématique » ; un prologue où l'auteur cite Plutarque, Glaréan, Boèce, Grégoire, Augustin, Ambroise, Bernard et le second Léon ; enfin 15 Messes, (> Psaumes, 2 Magnificats et 6 Gomplies, à 8, 10 ou 11 voix. Un manuscrit daté du 27 septembre 1641 (2), et composé de 8 « libretas » renferme des œuvres de Guerrero, Orlando, Pérez, Gay, fr. Gompan. (3), Horatio Nantermi, Antonio Mortaro, Phinot, Orfeo Vecchi, B. Ribera, Palestrina, Robledo, Çorita, Cornes, Clemens non Papa, Cotes, Vie. Rutïb, Navarro, Jarin, Ph. Rogier, Pujol, Geri de Ghersem (4). Il y a les motets de Victoria de l'édition de Venise de 1572, ainsi que ceux de Guerrero de 1589; diverses compositions italiennes ; les motets de Finot ; YOpus Harmonicum déjà cité (5) : un manuscrit « de facistol » où sont recueillies des œuvres nombreuses de « Felipe Rogier, Alfonso Lobo, Pedro Luis Prenestina, Christoual Morales, Thomas de Victoria et Navarro » ; de
(1) Anno (escudo) 1628. Matriti. Ex: typ. Regia. M. DC, xxviii. Commission du Vicaire — Approb. du Maestro Franc. Montero — Licence — M. P. S. (Carlos Patifio, Capeilân de Su |Mgd.) — 45 Misas à 8 — 6 Psalmos à 8 (uno a 10) — 2 Magnificats (8 del 5» Tono et 10 dei 1° Tono) — Ad complet : 5 à 8 — 1 à 11.
(2) D. Diego Vigne siruiô al Colegio de Corpus y.p>. con estos libros a 27 de set. 1641.
(3) Faltan en todos las pp. 133-134-135.
(4) Op. Harm. In Tlist. Passio \ nis Cfiristi a quatuor | Evangelistis conscripla I ... Collectore R. P. Joanne Sanchoz ab Azpeleta (ordini Seraphici P. S. Francisci), Exceli. D. Petro Manrique Archiep. | Gaesaraug. dicatum et consecratura. Anno (escudo) 1612. Apud Joannes a Lanaja et Quartanet, etc.
(5) Matriti. Apud J. Fiandrum. M. DG. IL
grands livres « de atril » parmi lesquels nous pûmes voir des Magnificats de Sébastian Ai^uilera (anno M. D. C. XVIII), un admirable exemplaire de V Office des Défunts à 4 voix de Gines Pérez, un volume de Messes de Guerrero à 4, 5 et 6 voix publié à Rome (anno MDLXXXII), des messes à 4, 5 et 6 voix et des motets à 4, 5, 6 et 8 voix d'Alfonso Lobo (1), enfin et surtout un tome : Motectorurn Festorum iotiiis Anni à 4, 5, 6 et 8 voix de Victoria (1), lequel contient à la fin un motet Gaude et un Salve inédits de J. B. Comes, inconnus de son fameux éditeur le P. Guzman, et qui cependant se chantent encore dans le collège du Corpus Christi.
Il est à regretter que ces œuvres diverses et si importantes n'aient pas encore trouvé qui les édite et les exécute ; car il n'est pas permis au visiteur d'en prendre copie (2), et, au reste, une vie entière ne suffirait pas à ce labeur gigantesque. Quoi qu'il en soit, les compositions les plus caractéristiques eussent dû rencontrer déjà leur traducteur parmi les nombreux ecclésiastiques qui fréquentent les deux « archivos ». Nous en pouvons dire autant des maîtrises de Séville, de Tolède ou de Saragosse, dont les plus merveilleux recueils de musique ont été déchiquetés par des clercs ignares ou qui sont aujourd'hui la proie de la vermine au fond d'armoires vermoulues. L'incurie des Espagnols à cet égard est inqualifiable, et il faut espérer que l'action bienfaisante des nouvelles Revues spéciales de Musique religieuse, qui décrètent des concours entre les plus actifs (( trouveurs » de compositions anciennes ou appellent l'attention des chapitres sur les actes de sauvagerie dont les « archivos » sont les théâtres, se fera sentir bientôt dans toute l'Espagne, et que l'on pourra ainsi sauver ce qui reste encore intact parmi les richesses incommensurables dont le siècle d'or dota les églises et les monastères de la péninsule.
(1) Roma, apud Alex. Gardanum. Anno M. DLXXXV.
(2) Malgré l'obligeance toute particulière de MM. Ripollés et Penarroja que nous nous faisons un devoir de remercier ici.