‹ Le mysticisme musical espagnol au 16e siècleChapitre 32 sur 66 · I.KS liCOLES VALKNCIKNNE ET CATALANE · texte numérisé non relu

I.KS liCOLES VALKNCIKNNE ET CATALANE

h' mérite de chacun, et ceux-ci lui obéir, et chanter toujours ce que h' maître leur demande — à moins d'empêchement légitime — et qu'enfin tous doivent s'cifrorcer de s'honorer les uns les autres et de faire luire la maîtrise (Cantoria) afin que TÉglise soit servie le plus solennellement possible ».

C'est dans cette atmosphère d'activité, de sérieux labeur, d'entente parfaite entre les différents organismes de la Seu, (jue l'École Valencienne va se développer. D'une part, la chapelle royale dont les livres de Trésorerie Royale et les Archives générales du Royaume nous disent l'importance ; d'autre part, la Chapelle du Collège du Corpus Crisli pour laquelle la Constitution du Patriarche Juan de Ribera, en 1610, prévoit trente premiers chapelains et quinze en second pour le chœur, un maître, deux « domeros )>, deux chantres, un organiste, deux « évangéiistes », deux « épistoliers », un « tiple », un contralto et une contrebasse, six enfants de chœur et six « ministrils », deux tiples, une contrebasse, un ténor, et un contralto, chacun à raison de trois cent livres annuelles en outre de « cinq soldes » pour chaque messe de suffrage flL

Mais il y a encore les chapelles particulières telles que celle des ducs de Calabre, dont les actes du notaire Camacho établit la Constitution (2i, et dont le matériel instrumental a été conservé — comme nous l'avons vu — au Monastère de S. Miguel de los Reyes (3) ; ou celle surtout de la Collégiale de Gandie où l'on peut voir encore aujourd'hui les œuvres musicales de l'illustre duc de Gandie : S. Francisco de Borja (4).

(1) Cf. Lihory. op cil. Inir. p. xxviii, nota. Les « domeros » doivent être les assistants du maître. Les chantres s'appellent « capiscoles ».

(2) Cf. Lihory. ibid.

(3) et. Rev. de Archivas. T. L 1874, p. 187 ; Inst. mus. del Duque de Calabria... (Côdice del Arch. Hist. Nac.)

(4) Sur Borja, ami de confiance de Charles- Quint, son maître de mathématiques et compagnon de musique, quatrième duc de Gandie, Cf : P. Ribadeneyra, Vida... — P. Nieremberg : Hechos polit, y relig. et : Hisl. delDuq. de G. Madrid 1641. — Gallardo : Apend. t. II, p. 58, del Ensayo. — Soriano Fuertes : Eist. t. II, pp. 113 sq. — Vâzquez : Vida

Celui-ci est un vrai musicien dont M. Baixuli étudia avec soin les compositions (1) , qui furent reconnues authentiques par le chroniqueur Vîîzquez (2) et le confesseur de Santa Clara de Candie : Fr. Joseph Llopis (3).

Francisco de Borja écrivit spécialement pour une sorte d' « auto » de Résurrection que lui-même avait institué dans le couvent de Sainte-Glaire, une messe à 4 voix et des motets que découvrit l'infatigable P. Guzmân à qui nous devions déjà d'avoir retrouvé J.-B. Comes, le plus grand compositeur de l'École Valencienne. — Grâce à un privilège d'Alexandre VI, le Sacrement était exposé au monastère jusqu'au matin du Dimanche de Pâques. Francisco de Borja consacra cette solennité par un acte en date du 4 août 1550 que l'on peut lire dans le Libre l de recorts. Elle comprenait une procession et l'office des ténèbres, le vendredi, en trois stations pendant lesquelles, sur plain-chant, le prêtre et ses ministres chantaient le Popule meus auquel le chœur répondait par le Sanctus Deus, Sanctus fortis, Sanctus et immortalis, miserere nobis. Le Dimanche était occupé par une procession au son des orgues, des « chirimies », des bassons et des clairons accompagnant la chapelle, et par un « auto. » Le jour de Pâques, à 5 heures, la procession entonnait en plainchant le Dum. transisset Sabbatum ; à l'arrivée à Sainte- Claire, s'élevait un mystique dialogue des anges et du chœur à 4 voix; à l'arrivée au monument, les trois Maries (des enfants déguisés) le gravissaient et les 7 voix de la chapelle répondaient à leurs prières tandis que le Sacre-

de S. Fr. de Borja, ms. en S*» Clara — Baixuli : Las obras music. de S. Fr. de B. en Razôn y Fé. t. IH. octobre 1902, p. 279 : a) Copia del acta capitular del 4 de Agosto de 1550 ; b) Claùsula del tesLamento de la Excma Sra. Dna Mariana de Borja, duquesa de Gandia, ano 1747 (arch. de la Casa de Osma).

(1) Cf. Las obras music. de S. Fr.de B. (Razôn y Fé, t. III, oct. 1902).

(2) Cf. Vida de S. Fr. de B., ms. en el monast. de Sta Clara.

(3) Cf. Chron. del Real Monast. de la Serâfica Madré St» Clara, de la ciudad de Gandia, escrita por..., confesor ordinario del mismo S^^o Monasterio : ano 1781 : Cap. xviii : « Himnos y motetes que el mismo Duque compuso y puso en solfa. »

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ment (^tait découvert (1). La procession s'avançait par les rues au chant du Victimœ Paschali laudes, et aprbs la polyphonie à i du Die nohis Maria, Ton revenait à l'église, et le cluipitre regagnait le chœur (2).

Aujourd'hui, les Déchaussées Royales de Madrid, dont Tordre a pour origine la maison de Gandie, célèbrent le Vendredi saint une procession semblable, à laquelle nous pûmes assister en compagnie du maître de chapelle, le grand musicien espagnol trop tôt ravi à Tart : D. Federico Olmeda. Cependant Olmeda nous prouva que les répons n'étaient pas les mêmes, et que le plain-chant, mieux conservé, ne s'éloignait pas moins de la tradition créée par la maison mère de Gandie.

La musique même, avons-nous dit, des motets de S. Francisco de Borja, a été étudiée par M. Baixuli. Les motets de la première étape, c'est-à-dire au moment où les anges se trouvent à l'intérieur de l'Eglise, sont un Qiiem quœritis in sepulchro, Christicolœ, à deux voix de tiples et répétés cinq fois, à quoi le Chœur à 4 répond du dehors et sur le même ton : Jesmn Nazarenum^ o cœlicolœ par deux fois. Le Quem quœritis est une imitation parfaite, dans le premier ton liturgique du « thème de demande » :

Ir^ Qoem quae - ri - tis?

avec un renversement sur le mot Christicolœ . La réponse est une progression sur Jesmn Nazareniim, puis les trois premières voix s'unissent sur Cœlicolœ, et l'ensemble reprend le thème en progression descendante.

Les Anges, à la seconde station, chantent : Non est hic surrexit sicut predexerit [Ile nuntiate] quia surrexita moi'tuis, quatre fois. D'abord, sur le premier membre : les deux voix récitent canoniquement le thème générateur.

(1) Compan;r avec la Consécration du Graal, au i"^ Acte de Parsifal de R. Wagner.

(2) D'après Baixuli. loc. cil.

Puis le deuxième membre amène un autre thème confié au deuxième tiple qui prend au troisième membre un dessin nouveau, d'imitation renversée. Ensuite, mystérieusement, les Anges murmurent : quia surrexit a mortuis en transportant le tout au diatessaron'\nïév'\Q\iT (le supérieur étant la 4'" haute et l'inférieur la 5^^ basse) selon l'usage du mode mineur, tandis que dans le mode majeur on peut faire la transposition soit au diatessaron soit au diapente. Le thème de ce passage est une quarte ascendante : re mi fa sol. La réponse est faite par le chœur.

Dans la troisième station, les Anges chantent quatre fois le suivant Venite et videte locum ubi positiis erat Dominus :

te et vi

de

te

lo

oum

Puis les trois Maries et saint Jean TÉvangéliste dans le premier ton, décrivent deux périodes musicales sur le ; Quis resolvit nobis lapidem = ab ostio monumenti. Dans la première période, le thème est confié au second tiple •

IP

Qais re

^it ?

Le thème s\augmente, avec les réponses de VAltus en canon à la quarte inférieure. Le tiple I intervient en canon à Foctave, suivi de l'alto à la quinte ; puis du second tiple à la quinte haute — ainsi chaque voix dit le thème et la réponse du sujet — pour arriver au motif : lapidem chanté par le premier tiple :

La

Pi

dem

Dans la seconde période : Ab ostio monumenti^ nous distinguons trois phrases. La première est le thème :

Âb

os

ti

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