I. KCOLR CASTILLANE
dv I'épo([ue, sauf quol(|uos (livcrlissomonts de cadence, ol)li«j^és pour tous les organistes ».
L'époque la plus classique» de l'orgue correspond en Kspagne au xvi'' siècle : Cabezon est le chef incontesté d'une pléiade d'artistes qui se nomment : Santa Maria, Peraza, F'erniindez Palero, Diego del Castillo, Soto, Glavijo, Aguilera, Verdugo, Bernabé del Aguila, Ballesteros, Cbaves, Jiménez, Pablo Bruna, Juan Sébastian, Gabriel Serrano, etc.. Vers 1050, le caractère de cette école se modifie notablement. Les influences qui se font sentir dans la musi(|ue vocale atteignent en même temps la musique d'orgue. L'artifice domine dans les œuvres de Tafalla, Torrijos, S. Jeronimo, Soler, Cabanillas et Vila. La tendance à la mélodie libre, à l'harmonie de^pur accompagnegnement, à la forme sèche et vide, l'emporte sur le merveilleux express ivisîne antérieur.
Le plus grand nom de cette Ecole Espagnole d'Orgue qui fleurit au xvi^ siècle (Ij, et que l'on a réhabilitée en ces derniers temps, est certainement celui de Antonio de Gabezôn (2). Nous ne savons des orgues dont joua cet
(1) Cf. Pedrell. El Organisla litûrgico-Espahol, selecciôn de composiciones de organistas clâsicos espanoles precedida de avisos y prâclicas para el uso y einpleo del ôrgano litùrgico... Vidal Llimona y Boceta, Barcelona 1905 — Jbid. Organografia musical a?iiigua espanola... Gili, Barcelona, 1901. Ibid. Antologia de organislas clâsicos espanoles. Alier, Madrid, J908. — VilJalba. La Escuela orgànica Esp., cit. — Ibid. Organistas espanoles, dans Santa-Gecilia, rev. y publicaciôn mensual de mus. relig., depuis le vol. 1, época 2a Enero 1911.
(2) Découvert par M. Pedrell en son Hisp. ^ch. Mus. Sacra, cit. vol. III, scj. — Cf. en outre : Eslava Brève Memoria, cit. — Soriano Fuertes, op. cit. — Fetis et Eitner, Dict. cil. — Gachard Lettres de Philippe II — C. Ferez Pastor : Escrit. de concierto para imprimir libres (rev. de arch. Ag. Set. 1897) — Gabeçon, Obras de musica para tecta, arpa. y vi/iuela de A. de C. Màsico de la camara y capilla del Rey don Philippe niieslro Senor Madrid 1578. B. N. M. R. 3891 - Gabezôn, numéro spécial de la Revista Musical Catalana, Any VII, Marc de 1910, nûm. 75 — Cabez6n, Homenaje de la Revue MÛ5/ca Sacro-Z/wpana Ma r y C'*, Bilbao, junio de 1910 — Lliural, Antonio Cabezon, dans S. I. M. français. VI Année, n" 11, 15 novembre 1910 p. 604 sq. A la page 605, on lit : « Antonio de Cabezon est [donc] né à Castrillo de Matajudios, quartier de Gaslrojeriz (province de Burgos) en 1510. Il était fils de Sébastian Gabezôn et de Maria Gutiérrez. Il mourut à Madrid le 26 mars 1566. Nous pourrons ajouter qu'il était aveugle dès l'enfance (« desde muy nino », écrit son fils Ilernan lo), et qu'il fut maître de la càmara y capilla &q Charles V et de Philippe II. »
Collet. 24
artiste illustre que ce que nous dit des orgues espagnoles au xvi*" siècle un Audsley, par exemple (1), ou l'auteur déjà cité de la Déclaration des orgues existant au monastère de Saint-Lorenzo el Real. Mais nous n'ignorons pas le succès obtenu par le « Bach espagnol (2) » partout oij il se fit entendre. Dans le chapitre de son Mémorial, intitulé Des habiletés d'aveugles, Zapata nous apprend que « nul n'égala Antonio de Cabezôn, musicien d orgue de Sa Majesté, ni dans ce temps ni dans le passé. Non seulement il jouait de l'orgue, mais il en utilisait jusqu'aux moindres ressources pour l'effet concertant, exactement comme s'il voyait (3) ». Dans son Heureux voyage du prince Don Felipe, Juan Cal vête de Estrella écrit : « Le prince étant arrivé à l'Iglesia Mayor, fut reçu en solennelle procession parle clergé... On dit la messe pontificale pendant laquelle se firent entendre les chanteurs et la chapelle du prince, pour rémerveillementdu peuple tout entier qui voyait cette solennité, et qui écoutait cette musique divine et ces voix d'élite, ainsi que la douceur et le charme étrange avec lesquels jouait de l'orgue le maître unique en ce genre : Antonio de Cabezôn (4). » Le musicien flamand Pierre Maillart qui fut maître de la chapelle de Philippe II de 1565 à 1570, nous apporte ce témoignage : « Qui est celui qui peut dire (s'il est homme sensible), n'avoir jamais ressenti la force et l'efficacité de la musique, oyant chanter quelque excellent joueur d'instruments? Quant à moi, si mon témoignage peut venir sur les rangs et s'il est d'aucune autorité, je puis dire, qu'oyant en Espagne quelquefois un Fabricio Dentice, Italien, sonner de son luth, un Antonio de Gaveçon, Espagnol, toucher et cbanter sur les orgues,
(1) Cf G. Ashdown Audsley, Ll. D. The Art of Organ-huildmg. Dodd, Mead and Cs New York, MGMV. V. 1, p. 50.
(2) Ainsi appelé par M. Pedrell en sa corresp. avec le D^ Krebs : Cf. fier. Mils, cal., cit. p. 89-90.
(3) Mémorial cit. — t. XI.
(4) Juan Christôhal Calvete de Estrella : El ielicîsimo viaje del muy alto y mny poderoso Principe hijo del Emperador Carlos Quinto Mâxiino. desde Kspana à sus tierras de la basa Alemania, etc.. Martin Nucio, Anvers MOLIl, p. 18.
L KCOLR CASTILLANR 371
et autres excellents personnages, et spécialement eslant à Alcala, oyant aucuns estudiants chanter sur la ij^liitarre (ce (jue l'Espagnol sçait fort bien faire à la rnoresque, et (jui approche de plus près de l'ancienne manière de chanter , je fus tellement ravy et si vivement esmeu, que je ne pouvois plus douhter de la force efficace et effect de la musi([ue(t). « Enlin (2) Hernando Cahezôn, son fils', qui fui l'éditeur des œuvres paternelles, après avoir, dans un précieux Proonio {^) vanté ses avantages (4), et fait l'éloge de son père comme concertiste (5), nous montre conjbien Antonio de Cabezôn était pénétré de la grandeur de son art et de sa portée morale : « Il ne se contentait « pas d'enseigner la musique à tous ceux qui s'y appli- « quaient, mais il leur conseillait de toujours servii* Dieu « afin de pouvoir progresser en elle. Grâce à ces vertus « et à beaucoup d'autres qu'il eut, mon père fut bientôt « entouré de l'estime universelle et de l'affection de tous, « car, en vérité, il n'est rien qui rende les hommes plus « dignes d'être aimés que la vertu. L'excellence du (( génie, lorsqu'elle est seule, ne provoque point l'amour, « mais 1 admiration et Fenvie (6). »
{\) Pierre Maillart. Les Tons ou discours sur les modes de la musiqiie elles Tons de l'église, etc.. Tournay, Ch. Martin, 4610, p. 171.
(2) Cerone, en son Melopeo cit. p. Preamb. fol. 1°, ne cite que Antonio Ratia et Bernardo Glavixo [sic).
(3) Cf. Obras de Musi | ca para Tecla Arpa y | vihuela, de Antonio de Gabeçon, Musico de | la camara y capilla del Rey Don Phi- | lippe nuestro Senor — Recopiladas ypuestasen cifra par Hernando | de Cabeçon su hijo. Ansimesmo Musico de Camara y capilla de su Magestad. Dirigidas â la S. G. R. M. Del Rey Don | Philipe nuestro Senor. [Aimes d'Kspagne]. Gon priv. I impressas en Madrid en casa de Francisco Sanchez. Ano de M.D. LXXVIII. (Bibl. Univ. de Barcelona).
(4) « Son tantas las ventajas que â los demâs instrumentos tiene, que son manifiestas y claras, y cada uno ei'tenlerâ aunque no sepa musica. Las quales me paresce que se pueden abreuiar en una sola y es que si del instrumente al arle puede au<.n' alguna proporcion ô seniejanza entre todos los instrumentos mûsicos, n nguno hay que mejor la tenga â su arte... etc.. »
(5) « Estas jornafias y ocupiiciones no le dexaron escreuir- como lo hiziera si tuuiere quietud y lieinpo. »
(6) .Aussi bien, Cabezôn aima et fut aimé. Malgré son infirmité, il fit un mariage d'amour : Casô por amores, que fué graii marauilla en un ciego.
Ce « saint » laïque est aussi un précurseur. Il donne le premier pas vers la forme moderne de la symphonie, anticipe l'usage de formules plus tard adoptées et « pressent comme le dit M. Pedrell, la compénétration des deux modalités modernes sur une note commune. » Cependant il demeure dans la plus sévère tradition polyplioni(iue. Les variations, les différences dont sont armées ses œuvres or£j:aniques ne touchent point à l'essentiel de la musique avant tout expressive (1). Ses constructions musicales ont pour hase le chant grégorien qu'il liarmonise avec une merveilleuse entente des propriétés modales. En outre d'une rohustesse peu commune de style, d'une inflexible logique intérieure, on trouve chez Gabezôn les « pures et tristes effusions. Fonction, la vertu suggestive des pieux sentiments, un je ne sais quoi : la passion, le drame de douleur de sa vie, l'amour infini qui s'anéantit en Dieu, la joie d'une éternelle Beauté vraiment possédée (2) ».
Deux courts exemples vont nous en convaincre : Ce sont un Versillo du 6" ton, et un Intermedio du l"' ton pour les strophes de l'hymne Ave Maris Stella (3).
Le Versillo est du VF mode que l'on appelle dévot et qui (( a de la solennité, de la douceur, de la mysticité, de la tristesse (4) ». Sur une pédale de dominante, le dessin mélodique s'expose, mélancolique, profond et grave, et s'échelonne aux trois voix supérieures. Puis une modulation saisissante l'emporte dans une envolée de tristesse attendrie. Une imitation à l'octave le ramène à
écrit Zapala, loc. cit. — De sa femme, Luisa Nùnez de Moscoso, il eut deux filles et deux fils.
(j) Cf. L. Villalba : El estilo polifônico y la obra de ôrgano de Cabezôn. (Rev. Mus. Sacro-Hisp. n» cit. p. 146) : «... Diferencias que penetren en lo intima de la construcciôn armônica. que varien la interior contextura de las frases y presenten el todo con ondulaciones nue vas, y ofreciendo aspectos nuevos que intercsen por igual al rilmo, â la melodia, à sus acompaùamientos, apenas tienen lugar nunca, y, à lo mâs, se esbozan con timidez. »
(2) Cf. Hisp. Sch. Mus. Saecr, t. III, p. LUI.
(3) Ibid., pp. 28 et 49.
(4) Cf. Labat, op. cit., t. I, p. 198.
l'kcole castii.i.ani: 373
la tonjilité primitive, et c'est une cadence sereine après (les phrases angoissées.
QuanI à l'Intermedio, il appartient à ce premier mode gravis puisé dans le dorien des anciens Grecs f't qui mar({ue la tristesse religieuse par sa tierce mineure, la noblesse et la grandeur (1). Le thème de l'œuvre est sans doute liturgi(|ue. (^ahezon le développe avec une c/fusion vraiment mystique; et une progression contrepointée (2), d'une inspiration soutenue et grandiose amène une calme et belle péroraison d'un rythme solennel, auquel une pédale intérieure de dominante prête une forte unité tonale. La pièce tout entière, sans aucun de ces artiiices dont sont coutumiers les musiciens néerlandais, s'impose par une majesté sans exemple et un accent de sincérité religieuse qui surprend dans une œuvre de musique purement instrumentale.
Cabezon (3), auquel nous pourrions adjoindre l'auteur de la Déclaration dt Instruments : Bermudo, fit école. Nous avons distingué dans l'histoire des organistes espagnols une période classique et une période de décadence qui embrassent environ un siècle et demi. A la première se rattache d'abord le dominicain P. Tomâs de Santa Maria (4). Il naquit à Madrid, sans que l'on sache la date exacte, et entra dans l'ordre des Prêcheurs. Il tint l'orgue de Saint- Paul à Valladolid ; et cette église étant sise près du Palais Royal, il est permis de croire que Santa-Maria se lia avec Cabezôn et en reçut même des conseils. Nous avons
(1) Cf. Dom Jumilhac. La Science et la Pratique du Plain-c liant. 2" éd., p. 2G6.
(2) Mesures 29 à 33.
(3) Cf. le tombeau de Cabezôn, avec l'inscription latine, en l'église San Francisco el Grande, à Madrid.
(4) Cf. L. Villalba. Santa Cecilia cit. £p. 2» vol. I et suiv. Cf. aussi P. .luan Mariefa : Uist. Ecles. Cuenca, 4594, lib. XIV, p. 211, b : « Muriô afio de mil y quinicntos y setenta. » — Scriptores Ordinis Prœdicatorum... inchoavit. Jac. Quertif... et absolvit Jac. Echard. Paris 1721, t. II, p. 213, a. — Joseph Ant. Alvarez Barna : Hijos de Madrid, Ben. Cano, Madrid, 1791. Tomo IV. p. 336. — Gallardo : Ensayo cit. IV, p. 496. —Gaceta musical de Madrid. Brève resena d'Eslava. Afio II, n» 3, p. 21 — Saldoni, Efem., IV, p. 313. — Pedrell : Mus. Sacra, vol. VI.
VU, au chapitre v, quelle fut son œuvre théorique : ce livre intitulé Arte de taner fantasia (I060), et qui est une véritable Méthode d'orgue. Nul doute que Fauteur d'un traité aussi précis n'ait été lui-même un organiste remarquable. Les Claasides écrites dans les huit modes (1) prouvent en outre qu'il fut un compositeur scholastique d'une inspiration austère et élevée.
C'est encore à l'Ecole Castillane qu'appartient un autre célèbre organiste : Francisco Peraza, dont nous savons la grande renommée par Francisco Pacheco (2). Il naquit à Salamanque, et obtint la prébende d'organiste, à Séville avec 200 ducats de fabrique. Il émerveilla par son jeu Francisco Guerrero, Philippe Rogier et le vihuelista Pedro Bravo. Enfin il se distingua dans l'invention (fantasia) par les « mixtures de l'orgue... les gloses... l'esprit et le charme... les trouvailles élégantes... et les nouvelletés plaisantes... » Pacheco ajoute qu'en son temps les villancicos, chansonnettes et motets de Peraza obscurcirent ceux de tous les autres compositeurs (3).
De Fernândez Palero, organiste et compositeur, nous ne savons que ce que nous apprennent soit le traité de chiffrage de Venegas de Henestrosa, soit le registre des Actas du chapitre de Mâlaga (4). Cotes le nomme parmi ses « ennemis déclarés ». Nous avons étudié, d'autre part, comme compositeur, Diego del Gastillo qui appartient à l'Ecole Andalouse et qui fut aussi un organiste remarquable. Enfin Pedro Soto (5) qu'il ne faut pas confondre
(1) Cf. Ai'te cit. Fol. 67, v. lib. I. Les thèmes de ces Clausulas dans les divers tons sont ou originaux ou grégoriens. L'auteur les traite par les procédés les plus simples, toujours dans l'esprit strictement liturgique des huit modes ecclésiastiques.
(2) Libro de Descripçion de verdaderos retratos... Sevilla 1599.
(3) Peraza mourut à 34 ans, le 23 juin 1598 et fut enterré à Séville « devant la chapelle de Notre-Dame de la Anligua, avec une épitaphe castillane qui fut mise par son frère. » Nous ne possédons aujourd'hui que l'épitaphe latine trouvée par Pacheco dans les papiers du maestro Francisco de Médina. Cf. L. Villalba, loc. cit., p. 11.
(4) lo du 20 décembre 1568 ; 2" du 2 avril 1569.
(5) Cf. Pedrell. Antologia de organislas cldsicos espanoles (siglos XVI,
L liCOLK CASTILF.ANE 375
avec le chanteur Francisco dv. SoLo [\], l'ut le dij^ne émule (le Peraza ou du Catalan Vila.
Plus intéressant encore nous a[)[)araît liernardo del Glavijo à (jui Vicente Espinel, en la m*' Relation (descanso V*") de son Mdrcos de Ohregôn, consacre des lignes si élog^ieuses [2). Glavijo, dont toutes les œuvres semblaient perdues à jamais, mais dont un Tiento fut retrouvé par le P. Villalha dans un manuscrit de TEscorial (3), et plusieurs motets — précédés d'une dédicace latine à tlenrri- (juez de Guzman furent découverts par M. Pedrell, Glavijo nous est connu par quelques documents. Entre autres: un acte particulier du cliapitre de Tolède joint à une écriture octroyée par Sebastic'in A^i^uilera en faveur du « maes- « tro Bernardo de Glabixo tanedor de su magestad rresi- « dente en la villa de Madrid », et d'Antonio Graciàn, lequel accuse un certain degré de relations établies entre les deux organistes (4) ; puis la première Relation (descanso XI) du Mârcos de Gbregon, établissant que Glavijo fut organiste de Philippe III (o). Tout porte à croire qu'il fut professeur de nmsique à Salamanque entre Satinas et Vivanco, mais nous ignorons Tannée de sa nomination, de même qu'il nous est impossible, jusqu'ici, de vérilier s'il occupa réellement le « magisterio » du palais. Le « Tiento ». retrouvé par le P. Villalba (6) révèle le connaisseur pro-
XVIl, y XVIII) contenicado estudios crilicos-biogrâlico-blibliograficos de las obras de Gabezôn (Antonio, Juan y Hernando, hennano é hijô respectivamenlei, Fcrnândez Palero, SoLo (Pedro), Jiméuez, Aguilera de Heredia, Glavijo del Castillo, Oginaga (Joaquin), Elias, Llisâ, Fray Miguel Lôpez, Moreno (Juan), P. Antonio 8oler. Dos vol. en fol. (Aller, éd.).
(1) Cf. notre chap. ni. Aperçu des Nationalités Musicales au xvi» siècle, LisLe des Cltanteavs de la Ckapelle Pontificale.
(2) Cf. Relue, de la vida del Escudero Mârcos de Obregôn. Bibl. de Aut. Esp... Rivadeneyra. Relac. III, desc. Y.
(3) Cf. Ciadad de Dios, n» 3, o junio 1896. Un ms. de rnûsica del Archiva del Escorial, apuntes para la Historia del génère orgânico en los s. XVI — XVU — XVIIJ.
(4) Cf. Pedrell. ibid., p. 36'J eu cabildo. 14 de junio de 1G19, vid. leg» 2o. Arch. histor. Toledo.
(5) Cf. éd. il., p. 401.
(6) Tiento de i2' tono por G. sol re, ut. Publié par le P. Villalba, dans V Antologia de la Kev. Sanla Cecilia.
fond (les secrets du contrepoint et l'artiste inspiré comme les plus grands (1).
Clavijo fit des musiciens renommés de ses deux enfants : Francisco (2) et Bernardina (3). Nous avons dit qu'il eut pour ami Sébastian Aguilera de Heredia qui nous est déjà connu comme compositeur justement célébré de « magnificats », mais qui se place aussi parmi les meilleurs compositeurs de musique d'orgue (4). « Il faut se rappeler, dit le P. Villalba (5), la Salve de primero tonOy très suave composition de saveur hautement mystique ornée de gloses et de fioritures qui se mêlent au chant de la Salve et oii s'unissent habilement l'expression et Fart. Nous citerons encore deux des « tientos de falsas », celui du sixième ton et le dernier du quatrième ton, où la figure d'Aguilera se détache vaillante et hardie, sans rencontrer d'entraves pour son génie, ni d'obstacles pour son inspiration. Uœiwre du premier ton est digne d'études pour ses gloses, non moins que celle à\i huitième ton^ ensalada, écrite avec une merveilleuse souplesse, et à laquelle la variation fréquente de mesures donne le caractère d'une « miscelânea », on pot pourri {sic) plein de fraîcheur, et où Aguilera mit en jeu le choix le meilleur de ses connaissances pratiques sur l'orgue. Il faudrait publier toutes ces pièces pour faire remarquer à propos d'elles mille choses dignes
(1) Cf. Villalba, op. cit., p. 9 (ep. :£» vol. I, sept. iOH), et la Co7if. hist. sobre la escueLa orgànica espanola, cit., p. 79 : « Se aspira en ella (la obra del Tiento) ese perfume y aroma del arte santo. »
(2) Cf. Pedrcll, Die. eit. Organiste et clavicoriiiste de S. M. (Cf. Suinario y nôminas de los gajes que se han de pagar a los capellanes, cantores y oficiales de la Gapilla del Rey Nuestro Scùor de su Real Casa de Borgona en los cuatro nieses del tercio postrero dcste ano de 1633, et Cf. le Sumario de 1637) D. Làzaro Diaz del Valle (Cf. sa : Noblcza de sangre y beroicas virtudes del rey nuestro seùor Felipe IV. 1 vol. con ilum.) l'appelle organiste de la Chapelle Royale de Philippe IV, et gentilhomme de la Maison Royale.
(3) Cf. Espinel. « Monja en Santo Domingo cl Real, monstruo en la tecla y arpa. » (Dcsc. V, 3» Relacion du Màrcos de Obregôn).
(4) Cf. les deux mss. cit. de Varchivo del Escovial. Contiennent : des tientos, des falsas, des vajos, des Salbts, et des Obras dans les divers ton.-, aguilera.
(5) Cf. Sanla Cocilia Sept. 1911. Ep. 2a vol. I, p. 7 et 8.