‹ Le mysticisme musical espagnol au 16e siècleChapitre 6 sur 66 · I. L'air se rassérène · texte numérisé non relu

I. L'air se rassérène

Et se vêt de beauté et de lumière très pure,

0 Salinas, lorsque résonne

La musique suprême

Que gouverne votre main savante.

IL A ses accents divins

Mon ame, plongée dans l'oubli,

Recouvre ses sens

Et la mémoire perdue

De ses origines illustres.

IIL Et comme elle se connaît,

En sa condition et ses opérations elle s'améliore;

Elle méconnaît l'or

Que la vile multitude adore.

Et la beauté trompeuse s'anéantit.

IV. Et l'àme franchit l'espace tout entier Pour arriver à la plus haute sphère.

Où elle entend une autre espèce D'impérissable

Musique, qui est la source et le principe.

V. Elle voit comment le Grand Maître Appliqué à cette immense cithare.

D'un habile mouvement Produit l'harmonie sacrée

Qui régit et soutient ce temple éternel. VL Et comme elle est composée

De nombres qui concordent, elle envoie aussitôt

Une réponse consonante,

Et toutes deux, àl'envi.

Elles entremêlent une très douce harmonie. VIL Là l'àme navigue

Sur un océan de douceur, et finalement

En lui elle se noie de telle sorte

(1) Comme l'affirment — à tort, verrons-nous — Milâ [op. cit,, I, p. 293) et Menéndez y Pelayo : Hisl. de las Ideas Estéticas, III. La Estética Platônica, p. 93.

Qu'aucun accident

Etranger ou passager elle n'entend ni ne ressent.

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