KimOPK HENAISSANTK
<léjà novateurs (1) — nv sauraient être ooniparés aux maîtres hardis que nous avons connus en Krance et aux Pays-Bas, et (|ue nous verrons apparaître en un tableau succinct (le la niusi(|ue italienne. Ce sont des précurseurs liinides et non des créateurs conscients de leur pouvoir et de leur génie ; leurs œuvres ne rayonnent pas de cette loi lendi'e et lumineuse (jui seule peut chanter Valleluia mystique.
Nous devons passer sous silence la musique en Russie puisque, dans le courant du xvi" siècle, dit M. Soubies (2), « nous la voyons condamnée par l'article 92 du Sroglaw, le « code aux cent chapitres », et puisque « en 1551, un concile local admonesta sévèrement les prêtres qui pouvaient s'intéresser à la musique, qualifiant de licencieux les divertissements que procurent les voix et les instruments et enjoignant même aux laïques de s'abstenir ».
En revanche, la Scandinavie suit le mouvement général européen (3). La musique est très en faveur à la cour de Gustave Vasa (1523-1560) qui attire en sa chapelle les meilleurs artistes étrangers. Les fils de Vasa continuent cette tradition, s'occupent des maîtrises, les composent d'éléments nationaux et italiens. Charles IX nomme pour maître Johannis Torstenius. Enfm, Gustave Il-Adolphe fonde une chaire de musique en cette riche université d'Upsala où M. Mitjana vient de découvrir des trésors (4). Au Danemark, vers 1595, Christian IV semble tout acquis aux idées de la Renaissance italienne : C'est auprès du
(1) Cf. Soubies, op. cit., p. 56.
(i) Cf. Soubies. Hist. de la Musique en Russie, p. 19.
(3) Cf. Norîind (T.). Svensk musikhistoria — et : Fo?' 1700 gedruckte Musikalien in den schwedischen Bibliotheken, dans : Recueil de la S. 1. M., Ann. IX, liv. 2, p. 196 sq. — Hamiiierich (Angul.). Das Musikhistorische Muséum zii Kopenhagen, 1911. Breitkopf et Hârtel. Leipzig. — et : Studieniib. islând. Musik. 19ÛU. M. Facsiai.u.Notenbeisp, etc... —V. Soubies (A.). La Musique Scandinave avant le XIK^ siècle. Riv. Mus. Ital., vol. VIll. Anno 1901, pp. 101-255.
(4) Cf. Mitjana (R.). Catalogue critique des imprimés de musique conservés à la Bibliothèque de rUniversité Royale d'Upsala, t. I, Mus. Relig. Upsala, 1911.
« madrigalier » Jean Gabrieli à Venise, qu'il envoie le musicien Fontejo, lequel écrii'a deux livres de madrigaux ; et son organiste Melchior Borchgrevinck publie aussi, en deux livres, des madrigaux de texte, de titre et de goût italiens : Giardino nuovo bellissimo di vari fiori musicali sceltissimi (1). Si nous ajoutons que les motets de Hunnius et les messes de Bauwart (2) sont conçus d'après les règles ou les modèles d'Italie ; que les organistes : Sistini (3), Laurent Sclirœder (4), Schattenberg (5), Daniel Scbattenberg (6) et Bertholosius (7), ou bien les compositeurs : Saur (8), Fonius (9) et Gustav Dijben (10), sont tous, directement ou indirectement, les élèves des maîtres ou des métliodes italiennes, nous en concluerons que le Danemark, comme l'Allemagne, s*est affrancbi de l'art primitif des cliansonniers populaires pour subir le joug de la vivante École créée par Cipriano de Rore et par Willaërt (11). — Aux « musiciens des villes » succèdent — comme dans tout le Septentrion — les disciples des artistes renaissants du Sud... L'auteur de VEncomium Mîisicœ (12) : Sartorius, rappelle les rliéteurs-musicologues de Venise. Biedermann (13) enseigne d'abord la théologie à Rome, et le célèbre Meibomius (14) publie le
(1) Eu 1603 et 1606.
(2) L'une d'elles à trois chœurs, cum Lriplici basso ad organum.
(3) A l'église Sainte-Marie de Copenhague.
(4) Au saint Esprit. Il compose un Laus Musicœ.
(5) A saint Nicolas. Il écrit des Cantiones sacrae quatuor vocibus decantandœ, ainsi que le jubilus S. Bernkardi de nomiiie Jésus quatuor vocibus decantatus.
(6) Fils du précédent. Organiste à Stralsund.
(7) En Pologne et en Suède, puis à Copenhague.
(8) Né à Kiei.
(0) Cantor. Ecrit un De Arte Musica ot une version en vers danois du Psautier.
(10) Fleurit vers la hn du xviio siècle.
(11) Cf. Hammerich. Musical Relations between Enqland and Denmark in the 17. century, S. I. M. G. 13, 1.
(12) Vasle ouvrage, loué par Mattheson. ^
(13) Auteur de VCtopia seu sales musici quibus ludicra mixtim et séria denarrantur.
(14) Cf. son op. cit., Antiquœ Musicœ Auctores septem, etc.. — Meibomius,