‹ Le Myxédème SyphilitiqueChapitre 13 sur 34 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Pour qu’il y ait myxœdème, il faut qu’une partie importante de la glande thyroïde soit touchée ; la syphilis, maladie sclérogène par excellence, est capable, à tout âge, d’attaquer une portion massive du tissu glandulaire et peu à peu de la scléroser.

Dans le myxædème congénital où l’on trouve souvent, dans l’ascendance du malade, la syphilis comme facteur étiologique, la glande peut avoir entièrement disparu ou bien n’être représentée que par une masse fibreuse dont l'examen anatomopathologique révèle parfois de petites formations kystiques.

Garnier a trouvé 4 fois sur 5 autopsies d’hérédosyphilitiques morts en bas âge, des lésions thyroidiennes consistant en une diminution de la substance colloïde, avec accumulation de cellules glandulaires dans la lumière des vésicules. Plus rarement, on peut trouver dans ces cas des petites gommes. s

Quant au myxædème syphilitique acquis, il est dû

à une fhyroïdite spécifique secondaire, ou, ce qui est plus rare, à une thyroïdite tertiaire.

« La thyroïdite syphilitique secondaire, dont Schulmann a montré la fréquence, se caractérise à l’examen anatomique par une congestion plus ou moins intense de la thyroïde, qui peut devenir volumineuse et même parfois simuler un véritable goître (goître aigu syphilitique secondaire de Mauriac). : |

« La Thyroïdite tertiaire, moins fréquente, attire rarement l’attention durant la vie et constitue le plus souvent une trouvaille d’autopsie. Les lésions histologiques constatées sont celles de la thyroïdite interstitielle ou scléro-gommeuse et les gommes. » (D'après Lucien, Parisot et Richard). |

Le trépomène peut être mis en évidence, mais avec beaucoup moïns de fréquence que lorsqu'il sagit de syphilis héréditaire.

Nous voulons insister sur le fait, que l’infection syphilitique aime toucher plusieurs glandes à la fois réalisant ainsi très souvent des insuffisances glandulaires associées, ainsi d’ailleurs que l’ont montré récemment Bayet, Castex et Aubry qui a décrit ces états sous le nom d’endocrinopathies syphilitiques.

Gandy donne dans son article sur linfantilisme tardif de l’adulte Mouvement Médical, Juillet 1913 page 311) une admirable description anatomo-pa-

thologique, qui d’après ce que nous savons actuelle-

ticielles absentes ; :

ment peut servir de type de description pour une

“thyroïdite tertiaire gommeuse, « Cette glande très

atrophiée, dit l’auteur, réduite au poids de 7 gram., montrait au microscope de grosses lésions de sclérose interstitielle,d’atrophie glandulaire, avec inflammation nodulaire subaiguë intense.

Quant aux testicules, ils étaient atteints d’atro-

ù phie simple pesant respectivement 8 et 10 grammes,

les tubes séminifères nullement dégénérés étaient simplement à l’état de repos, et les cellules intersil n'y avait absolument aucune trace de lésion d'ordre inflammatoire ou dégénérahe

SYMPTOMATOLOGIE

Il existe quatre types classiques de myxædème a) Le myxædème spontané de l’adulte.

b) Le myxædème congétinal pu infantile.

c) Le myxœdème opératoire.

d) Le myxæœdème endémique ou crétinisme.

La syphilis osseuse ou héréditaire ne peut intervenir que dans la production des deux premiers types.

Il est évident que le myxædême opératoire et le crétinisme endémique échappent à cette étiologie. Ainsi laisserons-nous de côté complètement ces deux dernières formes dans l'exposé symptomatique qui va suivre, renvoyant aux traités classiques les lecteurs désireux de juxtaposer l’expression cli-

nique des quatre types connus de myxædèmes.

Nous complèterons notre description par l'étude des formes frustes et des formes associées dont

nulle part l'importance n’est aussi grande qu'ici.

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