MYXŒDEME ACQUIS DE L’ADULTE
Son début lent et insidieux a lieu classiquement entre 30 et 50 ans. Les deux tiers des cas s’observeraient chez la femme. La syphilis agit ici en tant que maladie infectieuse et l’on devra toujours songer à cette étiologie possible surtout en l’absence d'antécédents nets tel que la notion récente d’un rhumatisme articulaire:aigu,d’une scarlatine, d’une fièvre typhoïde, d’un érésypèle, de paludisme ou de tuberculose susceptible au même titre que la syphi lis de léser la glande thyroïde.
Peut-être y a-t-il des causes adjuvantes favorisant la localisation thyroïdienne, ainsi les intoxications chroniques, lalcool notamment, la dureté des climaits (pays froids), etc... |
L’affection s’installe donc lentement, la malade devenant peu à peu anémiée, apathique physiquement et intellectuellement.
A la période d’état trois grands signes dominent le tableau clinique. Ce sont l’infiltration des téguments, l’atrophie du corps thyroïde, les troubles intellectuels.
1° Aspect extérieur :
L’aspect est alors typique, au point de permettre le diagnostic à distance : c’est Le faciès mytædémateux, la face est large et arrondie «en pleine lune » suivant l'expression de Gull.
L’infiltration des paupières est telle que les yeux paraissent plus petits que normalement, de nez est élargi, les lèvres sont épaisses et écrasées (d’où d'ailleurs ce nom de myxœdème, œdème mu
queux), le front et les oreilles sont plissées, les joues
soufflée et tremblotantes. A l’infiltration des téguments s’ajoute une modification de coloration de la peau qui devient blanche, cireuse avec une tache rosée sur chaque. pommette, et une cyanose légère des lèvres. |
Il en résulte un visage difforme, rarement monstrueux dans cette forme acquise de l’adulte.
Les traits insensibilisés, l’air d’hébétude de l'indi-
vidu font comprendre qu’on ait qualifié de créti-
noïde le facies myxædémateux.
Même épaississement et infiltration du reste du corps, partout la peau est jaunâtre, blafarde.
Les aisselles, les aînes, les creux sous-claviculaires sont empâtés (pseudo-lipomes).
C’est aux extrémités du membre que l’inflltration atteint son maximum : elles sont le siège d’un œdèrne dur, élastique, faux œdème qui ne garde pas lempreinte du doigt. Les mains et les pieds sont élargis, pachidermiques, avec des doigts gros, boudinés.
La peau est de plus sèche, rugueuse,d’où le nom de cachexie pachidermique sous lequel le premier en France, Charcot décrivit le myxædème.
La secrétion sudorale est en effet abolie, les cheveux sont devenus secs et cassants, souvent ils tombent principalement dans la région temporooccipitale fréquente également est la chute des poils du pubis, des aisselles, des cils, des sourcils.
Les ongles sont fragiles, ils sont striés.
Les muqueuses ne sont pas épargnées. Nous avons signalé les modifications des lèvres.
La muqueuse bucco-pharyngée, facilement accessible à la vue, est également tuméfiée, pâle, sèche, la langue est empâtée. Les dents sont parfois ébranlées dans les gencives tuméfiées; de tout ceci peut résulter un certain degré de dysphagie accusé par quelques malades.
De même au larynx où les modifications de la muqueuse, expliquent l’assourdissement de la voix ou la dysphonie.
Exceptionnellement au lieu du type bouffi qui est classique chez l'adulte, il faut placer le type maigre nvec la peau ridée, sèche, sans infiltration, ceci est fréquent chez les crétins.
2° Troubles intellectuels S
Ces malades sont avant tout plongés dans une apathie profonde,
Ils sont incapables d'attention et de mémoire, paraissent hébétés. Ils recherche l'isolement par-
fois sont somnolents.
A ces modifications de caractère correspond un . état physique particulier : Ils ont l'horreur du mouvement, évitent les efforts ; sont d’ailleurs maladroits, inaptes aux travaux délicats, leur caractère
est troublé : ce sont des sujets aigris, irritables.
3°- L'atrophie du corps thyroïde
A l’épisode d’état l’atrophie du corps thyroïde est de règle, encore qu'elle soit parfois difficile a apprécier cliniquement en raison de l’infiltration des téguments, néanmoins il faut savoir qu’au début on peut à la palpation constater un gonflement de la glande, ce gonflement précoce est transitoire, sans doute est-il le témoin du travail inflammatoire du début, de même que l’atrophie ultérieure dénote la sclérose du tissu thyroïdien.
4° Les Symptômes accessoires :
Ils sont très importants à mettre en valeur particulièrement dans la forme étiologique qui nous occupe, soit que la syphilis à côté de la glande thyroïde ait pu «lécher » d’autres organes glandulaires, soit que la dysthyroïdie par elle-même ait pu retentir sur le fonctionnement des autres glandes à secrétion interne de l’économie.
Au premier plan les troubles de la nutrition qui se résument en ralentissement des échanges, diminution du métabolisme basal considérable — l'inverse
par conséquent de ce qui a lieu dans les états bas-
dowiens. Ces troubles sont vérifiables également par la mesure des échanges respiratoires: il y a augmentation de l’apnée respiratoire (Binet et Bourgeois), vérifiables encore par les urines.
De là dépend surtout la frilosité des malades : les myxædémateux redoutent le froid, ils cherchent Ie soleil, leur température est souvent abaissée (02): Ils se trouvent parfois améliorés d'habiter des climats chauds.
Il y a des troubles génitaux fréquents : frigidité chez l'homme, arrêt des règles chez la femme. Parfois cependant les règles persistent, on a même pu signaler des cas où une grossesse intercurrente est survenue, déterminant une amélioration. Quelquefois on a pu voir des métrorragies.
Il existe un syndrome cardiovasculaire assez spécial : le pouls est petit ; il y a de l'hypotension artérielle. L'anémie est fréquente et explique en partie la pâleur de ces malades (Vaquez-Luset).
Mais si les globules rouges sont diminués de nombre, ils sont en revanche augmentés de volume (Kræpelin).
Enfin, Vaquez a montré qu’il y avait de nombreuses hématies nuclées, le sang est donc infantile, fœtal, par ses caractères.
Les urines sont diminuées en quantité, elles sont pauvres en urée et acide urique, quelquefois surtout, à une phase avancée, elles deviennent albumineuses. Leur toxicité est amoindrie.
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Le système nerveux est peu touché : on note parfois seulement la diminution des reflexes, la diminution de la sensibilité cutanée. Il existe un certain degré d’anorexie : manque d’appétit pour les viandes principalement ; les digestions sont lentes, la constipation fréquente.
Evolution.
Une fois établi, le myxædème persiste des mois ou des années. Il peut, spontanément, s'améliorer, Spontanément également, il peut, après rémission, reprendre son cours.
Soumis à uné thérapeuthique appropriée, il peut s’amender quelquefois complètement, le malade semble guéri, mais il faut savoir que cette guérison est précaire et que la rechute peut survenir dès qu’on cesse le traitement. Néanmoins on signale des guérisons définitives.
Quelquefois la mort survient dans les cas non traités, soit par les progrès de la cachexie, soit après des accidents nerveux, agitation ou coma, soit du fait de complications pulmonaires ou rénales. A la période ultime, l'aspect caractéristique du myxædémateux peut disparaître et cette absence terminale d'infiltration a pu, dans quelques cas, mettre en doute le diagnostic véritable.
Dans les trois observations qui suivent, et dont la première est due à de Massary, tandis que les
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deux autres sont inédites et communiquées par Schulmann, on voit nettement le rôle de la syphilis, comme cause, dans l’éclosion du myxædème de l'adulte. D'ailleurs, de Massary lui-même, à la fin de son observation conelut que si les manifestations tyroïdiennes de la syphilis sont connues, elles sont considérées comme trop rares. (Obs. n° 1.)
Dans l'observation n° 2, la syphilis est aussi très évidente, non seulement en raison du Wassermann positif, mais surtout de l’existence de syphilides pigmentaires et de l’ananmèse.
Enfin, dans l’observation n° 3, on put vérifier les lésions tyroïdiennes, car la malade myxædémateuse est décédée 11 jours après son (entrée à l’hôpital d’une pneumonie double.
Roussy et Chatelin ont publé (Soc. Neurol, 1° juin 1911) un cas de myxædème franc d’origine syphilitique chez une femme de 60 ans, ayant contracté la
.vérole à l’âge de 29 ans. Les auteurs concluent que
le myxædème paru 15 ans ‘après est dû à une syphilis tertiaire du thyroïde.
Dans le cas de Verriest (Journ. Neur. 1900, p. 49) le traitement thyroïdien se montre insuffisant et il faut ajouter l’iodure pour agir efficacement.
Thyroïdite chronique avec myxædème fruste simulant la paralysie générale chez un syphilitique. Gué-
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rison par le mercure et la poudre de thyroïde. (E. de
Massary. Soc. Méd. Hôp., 17 juillet 1914, p. 231.)
Homme âgé de 45 ans dirigeant une grosse maison de commerce.
À. H. père diabétique, mère morte à 68 ans d’un anthrax.
A. P. : croup à 2 ans ; plusieurs grippes.
- Syphilis à 20 ans ; chancre puis plaques muqueuses. Traitement très irrégulier.
En 1905, début de la maladie par une baisse de l’activité, torpeur intellectuelle, paresse, insouciance, perte de la mémoire, paroles lentes ; troubles qui firent penser à de la neurasthénie pure et simple, tandis que d’autres médecins pensèrent à la neurasthénie préparalytique et conseillèrent la cessation de toul travail.
L’auteur vit le malade le 27 décembre 1905 ; il pensa d’abord à la P. G., surtout que les reflexes rotuliens étaient exagérés. Mais les pupilles étaient égales et les reflexes iriens parfaits. Bon état général ; poids égale 84 kg. 800.
Faciès bouffi, pâle, peau épaissie donnant à la pal. pation la sensation du myxæœdème. Cheveux secs, signe du sourcil ; muqueuses labiales et gingivales légèrement tuméfiées et pâles. |
Le malade interrogé dit avoir été obligé d'élargir progressivement ses cols, les mois précédents, jusqu’à 47 cent. En effet, on voyait nettement les 2 lobes thyroïdiens se dessinant de chaque côté de la trachée,