ROUES
Marfan, en 1900, a publié un très beau cas de thyroidite rhumatismale avec myxædème et vitiligo. La coexistence des lésions oculaires avec le myx®dème a fait l’objet de plusieurs observations. C’est ainsi que Mussio-Fournier, en 1918, a publié un cas dans les Annales oculistiques, de cécité par double névrite optique chez une malade atteinte d'hypothyroïdisme et très améliorée par Îe traitement thyroiïdien.
Grand Clément a montré, en 1899, la coexistence du myxædème et de la kératite parenchymateuse.
Nous croyons que dans ces trois derniers cas on peut, avec beaucoup de logique, penser à la syphilis car on connaît sa fréquence dans l’étiologie de la névrite optique, de la kératite parenchymateuse et du vitiligo.
R. Bénard à publié un cas intéressant d’hémophilie sporadique chez un myxædémateux, favorabiement influencé par l’opothérapie thyroïdienne et on ne peut ne pas penser à une action de la spécifité quoique l’auteur n’ait pas pu déceler la syphilis.
Un cas analogue à été publié par F. Ramond (Soc. Méd. 1919, p: 676).
On connaît depuis longtemps le cas de Pospelow, cité par Mendel, de myxœdème associé au diabète insipide.
Plus récemment Gottharol Sôderbergh a publié
deux cas de myxœdème où il y avait une perturbation des fonctions cérébelleuses (Revue Neurolog. 1910 et 1911). Dans un de ces cas la mère du ma-
lade présentait une amyotrophie faciale.
Nous rappellerons enfin le cas classique de Pospieloff où six ans après le chancre spécifique, apparut en même temps qu’une tumeur thyroïdienne, un sarcocèlé. Le traitement mercuriel fit disparaître les deux tumeurs, mais peu après se développa un syndrome de myxædème qui céda à l’opothérapie
thyroïdienne.
MYXŒDEME ET TABES
(Observation inédite communiquée par le docteur E. Schulmann (résumée).
Zeigl..., 47 ans, maçon. Syphilis à 19 ans, soigné par des pilules de Dupuytren et quelques frictions pendant un an. Pas de maladies graves jusqu’à l’âge de 42 ans où apparaissent des crises gastriques. À ce moment le malade est vu dans le service dudocteur Mathieu, à Saint-Antoine, où le diagnostic de tabès est posé. Le malade est mis au traitement par de 914, l'huile grise, il ne peut guère préciser, mais il dit qu’à la suite des injections les douleurs se sont atténuées.
Depuis un an, il accuse une asthénie générale, il
Ai re eee
a été consulter dans plusieurs hôpitaux, on l'envoie à Saint-Louis avec le diagnostic de tabès.
À l'examen, en effet, on note toute une série de signes de la série tabétique, abolition des reflexes achilléens et rotuliens, signe d’Argyll Robertson, hy-
potonie, etc.
On est également frappé par l’aspect du malade
qui est bouffi : les yeux sont petits, légèrement bridés, le front ridé, parcheminé, les pommettes 1égèrement rosées. Il y a un peu d’œdème des jambes, on note un godet à la pression des malléoles et les doigts sont un peu épaissis, boudinés. Les cheveux sont rares et cassants, il n’existe pour ainsi dire plus de poils au niveau des sourcils, les poils axillaires et pubien sont très diminués.
Interrogé, le sujet raconte qu’il a une grande lassitude, qu’il a beaucoup de peine à entreprendre son travail et qu'il est beaucoup moins bon ouvrier que jadis. Il souffre du froid et l’hiver passé, il a eu des engelures aux pieds et aux mains, ce qui ne lui était jamais arrivé. Le corps thyroïde semble dur et scléreux, plutôt atrophié. Pas de sucre, pas d’albumine.
La température est de 36°7, la tension artérielle de 6-13. Il n’y a pas de pigmentation ni cutanée, ni muqueuse. Pas de lésions cardiaque ni pulmonaire.
Le diagnostic porté est celui de myxædème survenu chez un tabétique. |
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Ce malade mis au traitemet opothérapique, conjointement à la médication spécifique, il a été revu deux fois et semble avoir tiré un grand bénéfice de cette thérapeutique, notamment avoir recouvré ses forces et avoir pu reprendre plus activement son
travail.