‹ Le Nain jaune réfugiéChapitre 19 sur 88 · LES ON DIT · texte numérisé non relu

LES ON DIT

Je reçois vingt avis qui me glacent d'eflfroT: Hier , dit*on , de vous on parla chez le roi , Et d'attentat horrible on traita la satire. £t le roi , que dit-il ? — Le roi (i) se prit k rire.

BoiLKAV.

Le Bruit court dans Bruxelles que «le Nain Jaune va ^tre attaque en calomnie* Qui peut lui intenter un pareil procès? Voici tout ce que nous avons pu recueillir k cet égard. ^ . ,

On dit que Bonaparte nous traite de calomniateurs, parce que nous Payons fait figurer dans la galerie des eleignoirs.

On dit qu'une autre tête courc^nc^e se plaint d'être accusée de clémence. Les journaux français nous en ont <)onnë l'exemple ; mais comm^ nous ne sommes pas payés pour cela , on dit que sa majesté prend tous nos éloges pour des calomnies.

On dit qu'un individu qui n'a réclamé contre aucunde^r sobriquets qui lui ont été donnés , tels que ceux de Martin-Pecq ( il s'est vanté d'avoir livré à l'ennemi le pont du Pecq. Voyez le n®, du lo juillet de l'ancien Nain Jaune ) , de Martin-Fanse eï enfin de Martin-Vil ^ sous lequel il est plus particulièrement connu , réclame contre celui de Martin-Bâton , attendu , dit-il judicieusement, que ce nom a toujours été employé à l'actif et non au passif. ,

' On dit que le prince du sang nous reproche de ne le désigner que sous le nom de héros du midi \ gasconade que l'on ne se permet plus , même sur les bords de la Garonne. *

On dit qu'un journaliste fismelle que nous avons citée comme étant forte sur rarlicle , va nous citer à son tour pour que nous soyons tenus de lui en administrer la preuve.

On dit qu'une, pethc fille de Catherine de Médicis est outrée que nous laissions planer sur*elle le soupçon d'tavoir demandé une grâce.

(t) Cu n'est pas le roi dç Fraqce^ à moins qu'i! n'ait ri jaune.

On dit que le plus acharne de nos aecusateursiest inï gros pair que ses vieilles affections devraient rendre le. protecteur des Nains , et qui , pour se venger d'un mau* vais calembourg , veut nous faire boire le calice jusqu'à la lie. . •

On dit qu'un d^mon qui n'est pas le diahle h quatre , a jure , ventre saint gris , qu'il nous ferait déporter dans Ja provhice de f^irginie pour avoir ri aux dépens d'une femme dont il était coëné. "*

On dit que la Quotidienne de Bruxelles , confon-* dant la médisance tfvec la calomnie , nous attaque avec confiance , assurée qu'elle est d'endormir nos juges.

On dit que le ministre Clake qui prend un R si mal h propos , va nous faire une mauvaise affaire pour avoir avancé qu'il ayait eu une afiaire d'hon-* neur.

On dit que plusieurs victimes de Famnistie vont nous faire traduire en justice pour avoir insulté au malheur, en répétant, d'après les journaux, qu'ils avaient remercié S. M, ou crié uiife le roi* ^

On dit qu'un pair capucin se do^ne à tous les diables depuis que nous l'avons mis en enfer ; et qu'à défaut du bon dieu , il prie la justice de nous envoyer ea paradisit

On dit que le ministre qui case nous accuse d'insfgne • ' (omnie pour avoir prétendu qu'un jour il n'avait arrêté que vingt personnes. Il prouvera par les écrous que le nombre des arrestations quotidiennes ne s'est jamais élevé à moins de trois cents.

On dit enfin, et le cas est grave, que le procureur royal Bellart doit se transporter en personne à Bruxelles pour nous poursuivre devant les tribunaux comme usurpât rs : attendu que l'un des Patriotes de 1816 a révélé au rand chancelier le projet que le Nain Jaune avait formé de monter sur le trône.

Voilà ce que l'on dit; voici ce que nous disons:

Nous ne sommes plus en France ^ nous sommes en Belgique..

Ce n'est point la" cour prévôtale , c'est un tribunal constitutionnel qui nous jugera. »

f Nous ne craignons point la justice, nous ne redou<p> tons que la Clémence,

Qoo^^

' — Cliffrles VT , roî de France , qui éiaii îmWcîIIc f en di^pit de la légitimité ] , et dont la folie a causé tant dcr maux à ce royaame ,^ avait été surnommé le bien aimé. Lonfs xv , de gaîante mémoire , grand père de Louis XVII. + I , usurpa le même titre.

On engageait Louis xvià ^v^nàrtle nom Ôl^ Auguste \ « je Teux, répliqua-t*il, mériter quemes peuplesme le donnent.)»^ On Tappeha Louis le 4^sire\ Comme on rappeliait auroide France actuel ce 0K>t sublime dje son ft ^re, en l'engageant si attendre' ce surnom de famour des Français ; « non ^ répondit^il : il y a plus de aS ans que je suis Louis le désirant , \e Veux être aujourd'hui Louis le dénré. n

— Au mois de janvier dernier^ le commandant de la snccnrsafe ^t^ invalides d*'Arras y voulant prouver ton dévouement à l'auguste famille des Bourbons , fit traduire devant un conseil de guerre et condamner à trois mois de prison, vingt sept malheureux invalides , les uns pour avoir répété dans quelques cabarets que Bonaparte revenait en France avec 3oo,oooTurcs^ les autres pour avoir osé dii-e «ju'il était aAreux d'exiler tant de braves g/ens \ un, entre autres ^ parce qu'il avait conservcT dans son sac ime co^S^rde tricolore , dont la moitié avait été emportée par un biscayen à la bataille d*Austerlitz ^ et qtxe depuis ce tems il conservait comme un monament de sa bravoure*

Trois mois de prison sont peu de chose pour des militaires qui ont essuyé tant de fatigues- Aussi comme on ne sauraft trop punir quiconque ose se r^souvenir à^s actions brillantes qui ont illustré les armées fran— çaiscs, les malheureuses victimes fiirent chassées d'Arras, envnyées ignominieusement h Lille , et à rexpiration de leurs trois mois de prison, on leur signifîaque ne faisant plus partie des invalides , leur pension leur était retirée»

Cependant le marquis de Xumillac leur fît dire que S. Mtrès^clémente prenant «n considération la punition qu'ils avaient déjh subie, voulait bien poui'voir h le.ur sort et le» * faire admettre daAs des dépôts de mendicité. En eonsé-. quence, ils furent toiu diri^^s sur letkrs. départements respectifs, escortés par la gendarmarie. Voilà comme le petit fils du fondateur des invalides récompense les braves \

— L'article suivant textuellement extrait du journal Je Francfort a beaucoup amusé la cour du roi d*lfaïti»

Lrs ^5,000 araes promises aux ducs de Saxe Cobourç ^ d^Oidembourg , sont prises dans te dépaitçœent de

ti83)

la Sarre, Le landegrave de Hombourg , à qui Ton «tf iavait promis io,eoo , aura le baifliage de Messenheim dans le pays des Deu^-Ponts*

— Nous avons annonce dans une de nos premières livraisons le jugement rendu jpar un tribunal français contre un séditieux fïu'ou avait remarqué dans le jardin des Tuileries au mois de février dernier , portant des bas blancs avec un gilet rouge , et ayant le nez bleu de froid* On nous décrit que &• M. vient d^ordonner , YÛ la saison , la mise en liberté de cet individu. Nous nous empressons de faire connaître ce nouveau trait de l'inépuisable ^slémence de Louis xviii.

— Comme il n'y a plus à espérer de jotrrnée de <Jiriberon , de combat d'Aboukir ni de Trafalgar , S. M. vient d^accorder , pour la plus grande prospérité de la marine française , amnistie pleine et entière à tous hs marins , vt>ir même à ceux qui sont au-delà du cap de Bonne Esf^érance*

W Kl Kl TVRLUPIN.

Cottpltts en thonneur de ramhassadeur de la Chme i chantés le jour de la Su Jean^JeU de son ^sccein ienoe ; par M* le prince des ^ins*

Àim : C*^t M, DumolUt,

BovoNs , cher caimuriidf ^ A tire-larigo ; * Buvons à Vambauade

Qui nous vient de Coi^o.

Chantons tous en refrain ; Ki ki ki Turlopin 1 Ki ki ki Turlupin f Kîiiki Turlupinl

De Pékin jusqu''^ Roa^t , Comme il s^est illustré !

C'est un bon gentiUionune | Ce n'est pas un lettré.

Chantons, etc.

Il a &it des haraafaet J)(^ on ««jit le <H€«^ .

n sait toutes tes langues , Excepté le français.

Chantons , etc.

Gracb k lui l'harmonio

Va renaître ici bas ^

Car il a du génie

Comme Ton nVn a pas*

Chantons , etc.

S^Ui sertit plus d'un maître , La faute en est au sort »

Car fut-il jamais trattra Au parti du plus fort?

Chantons , eto* Poua an grand ministir»

Ce grand homme était fait.

Vit-on jamais sur terre Un magot plus parfait ?

Chantons , etc.

DUrais son satoir-faire .

Si Ton Teut remployer , Je sais bien^ mon compère , Où Ton doit TenTojer.....

Chantons , etc.

Aussi comme il se guindé !

Comme il est ferme et droit !

On le prendrait dans Plude Pour un coq de Tendroit l Chantons , etc.

t^rsLLE agréable mine !

Quel air de majesté !

Que te roi de la thine .Est bien représenté !

Cliantons tous en refrain % K.i ki kj Tùrlupin i RI ki ki Turlupiu I «iti^Turlupinl ^

aurait chmgë k sôh gr^ et 16rsqu*îl en Aait eniîoffe tcms la face de la révolution» Pour y parvenir il œ s'agissait que de seconder sans aucune hésitation et san^ arrièi^-pensée les vœux du peuple , -d'abaiulonner tout d'un coup le parjtl anti -populaire qui se trouvant en luinoritfS , et sans appui dans le govvecnement n'était plus qu'un parti d'opposition peu dangereux , nousdi- ; rons même utile , car dans un gouvernement loyal le

C paiti de l'opposition sert de frein et non de véhiouh

• aux abus du pouvoir*

,ç Mais telle n*a poiat été la conduite de Louis xyu

•4 Incapable de vouloir le mal comme d'exécuter le bien

y ce malheureux monarque , qui a payé si cher les fautes tj qu'on lui a fait commettre, n'a jamais su faire respect-

* ter ae$ volontés ni céder aux vœux du peuple « et toutes / ses tentatives pour défendre ou resaisir la portion des-

j potique de son autorité , n'ont servi qu'à précipiter la

chute de sa puissance constitutionnelle et à porter au dernier degré d'exaltation les fureurs populaires*

Un t^ur l'impartiale histoire, en blâmant les excès de la «évolution ne craindra pas d'en attribuer la cause principale à Pincapacité et la mauvaise foi peut --être involontaire de celui qui a été la plus illustre victime de ces excès. Elle donnera des regrets au malheur de ce prince, sans en dissimuler les fautes* Mais son langage sévère épargnera bien moins encore cet autre monarque qui n'appoit€| point, pour excuse , son inexpérience et la droiture de Bt& intentions* Elle redira que replacé sur le trône de se« pères après un long exil ce prince s'est obstiné à méconnaître l'esprit de son siècle et à résister aux vœux du peuple. Pendant ^5 années de privations , il semble n'avoir fait aucune réflexion utild pour le bonheur de ses sujets ^ toi^t son tems , et ce •ont ses fidèles serviteurs qui nous l'ont appris, (î) paraît avoir été passé dans les intiigues les plus odieu* i^ pour acheter 'des traîtres dans son royùumé , et

^tè librairek du Jfuin Jftujgç réfugié, . * ^

^«r lur susciter des ennemis au debore. Gége de paik pour r£urone , il a d^jà servi une fois de pri^texte et de cause à la guerre la plus sauglante •, qui peut prévoir les malheurs dont son obstination et son aveuglement menacent encore la patrie!

Quel souverain cependant eut jamais h foucr un plus beau, rôle* Assur^^ de la paix avec tous ses voisins , il pouvait donner tous ses soins à cicatriser dans son royaume les plaies de la guerre. La nation qui Tavait accueilli était fatiguée , mais non pas abattue , s*ii lui restait assez d'énergie pour résister à un joue honteux elle n'avait plus cette effervescence qui fait briser les liens les plus légitimes; instruite à iVcole du malheur, ^llt avait essayé à ses dépens du gouvernement démocratique , du gouvernement militaire , elle ne demandait plus, que da repos, elle était disposée à tous les sacrifices , et une monarchie constitutionnelle était l'ob-

I'et de tous, ses vœux , le remède à tous les maux qui 'avaient agitée.

A l'époque de la première restauration tout était tréé 9 il suffisait de ne pas détruire. Mais on ne voulait rien conserver; peu-à-p^u on attaqua les idées libérales qui Avaient germé dans tous les cœurs, on ftapa les ^ fondemens de toutes les institutions nouvelles , on reveilla toutes les haines , on excita les citoyens les uns contre les autres, on espérait en semant ainsi le trouble et la méfiance daus les esprits mettre plus facilement ^ exécution un plan bien concerté d avance. Fol espoir ! le peuple s'apperçut qu'on voulait lui forger des fers et il se précipita dans les bras du premier audacieux qui s'est présenté.

Qu'on ne répète donc plus que le retour de Napoléon est cause de tous les maux qui nous accablent. Ce retour n'est que la conséquence de la conduite du gou* %reraement , la véritable cSiuse est dansle mécontentement général de toutes les classés qui voulaient une monarchie constitu tionnelle et non le rétablissement de Tancien régime. La France avait rejette Napoléon, elle aurait accueilli de préférence tout autre libérateur, et si elle a combattu pour lui c'est uniquement parcequ'on a voulu imposer à une nation fière la honteuse obligation de livrer celui qu'elle avait choisi pour chef.

Nous leilemandonsàtout homme impartial: si, au lieu de Kapoléoiv il se fut préseaté ua autre Guillaume qui au^

rftit àé\k donn^ dans son pays une garantie suffisante ^ qui , étranger à tous les partis , n'aurait voulu reeon*» naître d'antres services que les services rendus à Pétat et non à la personne du souverain , qui ne tenant compte d'aucune opinion aurait replace ofaacun ^suivant son mérite et sa probité , qui enfin premier conservateur d'une constitution aoceptée et non octroyée se serait fait un devoir de maintenir et de sanction^' ner les libei*tés du peuple, nolis, le demandons , utipa--^ reil prince n'aurait - il pas mis fin à la révolution française^ comme le Prince d'Orange a terminé la révolution d'Angleterre en éloignant pour jamais du trâne Jacques II, et toute la famille des Stucuts*

Cette fois le sort en avait ordonné autrement. Il n'f

{>as permis que le germe des dîssentions politiques de a France fû^ entièrement étouffé. La seconde restau* ration a .eu lieu. Qu'aménera-tnalle ? On ne peut- 1^ jdire encore. Mais que l'on consulte l^hîstoire et, l'on' verra, lorsque la lutte est engagée entre une nation et une dynastie , laqivelle des deux doit fitoir par six^ comber.

CHRONIQUE tlïTERAIREf^ie privée j poiique et morale de Camot^ par Mm

Bourienne.

Le bizarre riiétier que celui de rédacteur d'un jour-»

9al ! A quelles étrangfes vici^itudes il est obligé de se

soumettre ! Quel contraste perpétuel dans la nature da

ses occupations ! C'est bien pour lui que les jours se

suivent et ne se ressemblent pas Naguère encore je

retraçais avec complaisance à mes lecteurs les précieuses particularités de la vie du meilleur des rois ; on veut aujourd'hui que je les entretienne de l'histoire du plus signalé des républicains. Il y a loin du tendre frère, d'u fidèle ami de Louis XVI au conventionnel qui fut l'un de ses jufi;es', si du moins, comme M» Barras, il expiait sa condilite par ses remords. Mais 'au contraire ne s'en vante -t-îl pas hautement? n'a-t-il pas affiché dans tous ses écrits cette doctrine abominable qui per« met aux peuples f)pprimés de secouer le joug de leurs maîtres? N'a-t-il pas prétendu que des millions de çi^' toyens avaient provoqué par dei a^essea nienaci|A|e8

Ifi oondamnation du monarque français? Mîsiérable. fiophisme l insolente excuse ! Voyez un peu où nous conduiront de pareils principes ^..^ Adoptez les aujourd'hiii, et demain la France insurgée proscrira jus<}u*aa dernier rejettdn de Tauguste famille de ses rois.

Je mVIevais dernièrement contre Tabns des biographies contemporaines. Avant d'c^crire la vie de Louis xviii «. disais -je à M* Antoine, attendez que ce bon v>i soit dauB la tombe;; un peu de patience, je vous prie; vo<tre hëros n'est pas immorte] ; de nouveaux ëvénemens donneront peut-être à son histoire un intérêt pins* dramatique.- M. Antoine qui est un homme rempli de (inesse et de tact a senti toute la justesse de mes ob-. 9f^YatàQns. Il a défendu à son libraire de faire une seconde édition de son ouvrage , et )e sais pertinem^. ment qu'il ne s'ep est pas vendu un seul exemplaire de-

Îiuis que mes deux articles ont paru Sans le Nain aune. Voilà certes iin trait de courage et de docilité peu commun parmi les auteurs. Ce pi'emier succès m'ennardit , et je veux rendre à M. Bouricnnnc le service que j'ai rendu au panégyriste de Louis xvîiu M. Aonriehne jni*oib>e£tei:a^.je, le sais, qu'il ne se trouve, pas dans le cas de pouvoir attendre aussi patiemment que M. Antoine; qu'il n'est guère plus jeune que Carnot/ et que ce régicide se porte à merveille, tandis que le roi de France est rongé de goutte. Songez-y mûrement, luirépliquerai^je k mon tour, prenez garde que le général Cari>ot entraîné par votre exemple ne a'avise un jour de fijiire l'histoire de son historien. Vous çavez quelle partialité conduit habituellement sa plume* comme il possède Tart odieux d'empoisonner les actions les plus pures. Qui l'empêchera de dire que vous avez dilapidé les caisses publiques à Hambourg où vo- ^e conduite toute entière a été un modèle d'intégrité? que, chargé de la police de Paris au mois de mars l8i5, «vous avez fait d'inutiles efforts pour entrer en aaarcbé avec «Bonaparte , quoique dans la vérité du fait ce n^e fût qu'un stratagème habilement choisi pour

Xfiieux tromper l'usurpateur ? Je n'en finirais pas si

jie voulais passer en revue toutes les calomnies «au il ne jnanquera pas, d'iipagincr. C'est un singulier homme <jue ce Carnot; il est fier de sa pauvreté comme les autres le sont de leurs richesses ; il s'attachera su#-tout à flétrir votre désintéressement et votr^ probité. Preaca

j bien' garde , monsieur Bourieane , vous êtes trop boi% et trop contiant : renoncez, croyez-moi, h une entre*» pri.se périlleuse.*.*. Vous ne m'ëcoutez pas. Tant pis pour tous. Quant à moi , je n'aurai rien à me reprocher ; je vous ai consciencieusement averti des dau-^ ^rs que vous courez. Il ne me reste plus qu'h exa« miner comment vous avez fait cette histoire que vous n'auriez pas dû faire.

On croirait que l'auteur entraîna par un invincible penchant a dû, au moins, se dissimuler à lui-même les difficultés de son sujet ; il les avoue au contraire , et c^est là l'objet de sa préface qui pourrait bien , ditr il , ^u n'être pas lue , ou endormir le lecteur. Je l'ai lue^ et j'r vois que M. Bourietine passe condamna " tion srr les principaux inconvéniens de son travail* De (juelque façon qiCil s'y prenne ilfira des meùon • iens; il est précisément dans le cas du meunier de JLafontnme. Je ne dis pas cela, je ne dis méme^pas qu^il soit dans le cas du 61» du meunier ; mais nous sommes d'aç* cord sur le fond de sa pensée • c'est l'essentiel. Pour* quoi donc en ce cas publier l ouvrage? — Pourquoi? Afin que les contemporains connaissent les portraits des premiers personnages de notre révolution et puisent dans cette immense collection de grands préceptes et de terribles le(^ons* Voyons quels préceptes et quelle* leçons l'histoire du général Carnot va nous offrir.

Pour être véritablement instructive l'histoire doit principalement être exacte. Ici mon embarras devient extrême. J'ai sous les yeux une relation sommaire des prîncipai»x événemens çle la vie de Carnot , qui m'a été communiquée par un honnête homme de mes amis* J*y remarque sur plusieurs points importans des contradictio i*> manifestes avec l'ouvrage dont je rends compte, \uquei croire? Lecteur^ c'est à vous de dé-' cider. Or, voici le parti que je prends. Je vais rapporter d'abord la version de Thonnéte hommes je ie« rai connaître ensuite celle de M* Bourienne.

Lazarre* Nicolas- Marguerite Carnot naquit il Noiaj en 1753 de parents riches mais honnêtes. Seê premières études furent brillantes ;, entré de bonne heure dans la carrière militaire il était h a5 ans capitaine dans Tarme <lu génie* * £n X7S3 l'académie -des sciences, arts et belles-let^

1res de I>t)on lui décerna le prix potir T^ogr du i l^cTchal Varuban / il fut couroDité par le pnnee dm Coodé* On a dît qu'il devait son -avancement h ce prince : le fuit est faux ; en i^^i il avait encore ïm aséme grade qu*en i^SS.

Pendant le séjour que Camot fit à Dijon , fl publia ion traité sur les machines. Cet ouvrage qui fut traduit en plusieurs langues peut être considéré commt le commencement de la réputation qu*il sVst acquise dans les sciences exactes.

Successivement élu a l'assemblée législative, et à ïm convention nationale il fut envoyé en mission dans les Pyrénées où il organisa Tarmée qui s^opposa avec suc* ces aux entreprises des Espagnols*

Lft G>nvention formée -en furj national avait déclaré que Louis XVI était coupable de haute tiahison*, conséquent à cette déclaration Carnot dut voter TapplicatioD des peines voulues par les lois. Membre du comité de salut publiq , il parut rarement h la tribune. Exclusivement chargé du porte - feuille de ia guerre il cma quatorze armées, dirigea seul tous leurs mouvemens , et fixa conslamment la victoire sous les drapeaux ' de la république. La trahi&on de Dumourier avait ouvert h Tennemi les portes de la France; déjm Coudé , Valenclennes^ Landrecies et Lequesnoi étaient au pouvoir des allié*. Carnot part , conduit en chef toutes les opérations , monte lui->méme à Tassant à la tête des grenadiers , revêtu du costume de représentant. Ùaubenge est débloqué, les quatre placessont reprises et le salut de la France est du à sa bravoure personnelle, autant qu'aux diverses combinaisons de son génie*

Camot combattait constamment la tyrannie de B!obespierre , de Coutbon , et de Saint-Just , qu*il dési-^ gcurit sons le nom de triumvirs. Ce dernier proposa en ta* préspnce de l'expulser du comité. Tu sortiras du co* miié avant moi^ • répond fièrement Carnot } triuniuirs HHis disparaîtrez*

La chute de Bx>bespierre ne fut que le succès d'une autre faction : cette faction voulut perdre Carnot. Il est vivement dénoncé k la convention nationale , s^ jnise en accusation va être décrétée. Bourdon (de l'Oise) â'tiknce à la , tribane. QubUeib - vous , s'écrie - 1.- il »

Qoo^^

r ceint çu^on altaçuû devant ucu$ aiuisôul organisa i'ieXoire dans nos armées L'enthousiasme de la

reconnai>ssance succbde tout - a - coup aux cris <{e la ltain« et Canaot est êSLUvé.

Lors de la .mise en aetivit^ de la constitution de fan 3 , Carnot fut député au corps législatif par dix-s^pt dcpartemcns. Il passa au conseil des anciens et bien^ tôt après au directoire oh il fit d« vains effoiis pour assoupir les haines et calmer les factions* Compris dans la proscription du i8 fructidor^ il parvint à se «au ver en Suisse où il protesta contre la mesure dont il était victime daos un écrit énergique oh il se qua** ti fiait de citoyen frr.ncais , run dep soldats de répu^ biiqiie t Membre consticulionnel du directoire exécutif. £liroiôé de l'institut en Tan 6,* Bonaparte y fu nommé h sa place; mais au retour do son exil if fut réélu par la classe des sciences physiques et mathé-* Tnatiques , et remplaça le célèbre La^rang« h la com-. mission de Téoole polytechnique. C'est à Carnot qu*est due la première pensée de ce bel établissei^ent«

Bonaparte devenu premier consul le nomma inspecteur général des revues et peu après ministre d« la gtien^c. L'époque de ce ministère est maranée dan^ rhistoirc par les mémorables batailles de Honenlinden et de Marengo. Il remit le porte - feuille en Pan IX, «t rentra dans la condition privée jusqu'en Pan i \ où il fîit appelle au tribun at« Cet intervalle est rempli par la publication de tieux ouvrages iooportans , le Unitt de la corrélation des fiffures de géométrie ^ et la géomé^ trie de position.

On sait avec quel inutile courage le tribun du pen-^

I)le s'opposa iiu conSiulat à vie et à Pétablisseroent de 'empire. Le tribunat fut supprimé. Un membre proposa de lâches remercîmens ^ Pautorité impériîile. Cliarmant ! citoyen tribun , charmant ! lui djt Carnot, je suis seulement curieux de sai^oir ce que vous auriez dit si Vempçreur nous eiÛ ,cha$sés à grands coups de pied 4^ns le derrière.

Depuis cette époque jusqu'à la désastreuse et hono««

rable nampagne de 181 4 j Carnot vécut dac^ la re-

* traite avec u» modique revenu qui , pour tout

autre qu'un sage , n'équivalait pas au néce^aire,

te 24 jajavÂ^r 1^814 > ior^^uç Ici arwi^cs coali^'ca

Qoo^^

iDondaient la France, il ofirit ses services ti Vempe-» reur dans une lettre que Ton peut qualiGer de s i-blime* Le gouvernement d'Anvers lui est confié *, il accepte la défense d*une place réduite à ki dernière ex-*' trchnité, mais QÎi les moyens de résistance sont bientôt rétablis par ses soins. L*ennemi est battu dant toutes les sorties commandées par le général Carnot en personne ; et c'est le premier mai seulement qu*il quitte ce poste glorieux , long-temps après que Napo léon a abdiqué le pouvoir , long-teilis après que le comte d'Artois a signé en riant la reddition de toutes les places fortes de la France. Les habitans d'Anvers ont rendu ii leur gouverneur un (lommage dont la durée est ga* rantie et protégée par la magnanimité des princes de la maison d'Orange : ils ont inscrit en lettre d'or le nom de Carnot sur la première maison d'un faubourg dont il a empêché la démolition , et la reconnaissance 'muni-* cipale a placé son portrait dans la maison commune.

Les événemens qui ont fait rentrer le général Carnot dans la carrière politique sont récents et connus. 5a conduite au ministère de l'intérieur et au gouverne^ ment provisoire lUi a donné d<e nouveaux titres h la reconnaissance de ses concitoyens ; aussi a-t-il été proscrit par l'ordonnance royale du !a4 juillet.

Carnot est maintenant à Varsovie

Dans mon prochain aiticle je rendrai compte du rouiao de H^ Bouiienoe^

i/hemiUf du BrahanU

BOUCHE DE FER

— On ftous écrit que nos ofi dit relatîv^mient à notre Jnrocès ne sont pas ibnd^ ^ l'attaque aura lieu , a|out# la lettre ; mais elle a pour but de dc^mùntrer Tabsur^^ dite de l'assertion sùÎTante , avancée par vous: Les dù»^ 1/uuf vingtièmes de la France ne $e doutaient pas de texis^ tence de Louis le denrée en conscfquence cette portion tk citoyens calomnies doit être , en vertu du pouvoir discrëtionoaire , appellëe en tffmoignage , ^ Bruxelles ; et à cet effet les relais, les vivres et les logemens sont d^à commande;}. La poursuite sera faite au nom du roi de France.

A cette nouvelle nous nous sommes empihessés de faire ties offres réelles de i6 fr* minimum de Tamende à Ul^ quelle fa loi oblige les condamnés.

— Sous Lous XIII le «olonel Gassîon fut invité par k cardinal de Richelieu à feindre d*embrasser le parti du comte de Soissons qui , d'accord avec les Espagnols et les ducs de Bouillon et de Guise , se préparait à la révolte. « Vous pénétrerez, dit le ministre ^ les secrets » des conspirateurs , et vous en instruire* la cour c » comptes sur notre reconnaissance. » -^ Ma vie ap-. partient au roi , répondit Gassion ^ mais il ne m*est pas possible de lui sacriEer mon honneun

M. le chevalier De Verneuil à qui Ton racontait cette anecdote ^ le jour même oii il fit des révélations contre les patriotes de 1816 , répondit sans rougir ; cela peut Ijiea être-, Caâsiou n*étâiit point ebevalier de St«Loui^»

«-« TJn gros fMnsUur 8*est ayis^ , dit'^on , de paiièP djeroiërement en revue toute la garde nationale et la garde royale de l'arid. Son costume de colonel et son chapeau mis en tapageur lui donnaient une tournure grotesque qui a beaucoup direrti la troupe \ aussi te' musique de tous les régimens a-^t-elle joué àsonpaa** sage Tair :

Jamab je tt t'ai ru comm' ça Faire des bamboche' arec tes soldats.

— Les conspirations actuelles sont d'une nature toute particulière, et doivent ouvrir les yeux à tout homme qui observe sans passion« Elles ne sont point provoqu^e^ par Tambition ou par des ressentimens particuliers , mata par la lassitude d*un joug odieux \ elles ne sont point organisées par des hommes dVtat , mais par le peuple \ et les complices et les chefs appartiennent à la classe la plus obscure. Les prisons sont encombrées d'artisans de toute espèce: la conspiration de Grenoble , celle des pa* triotes de x8i6 ne comptent pas un seul personnage iU lustre. On. vient d'en découvrir une nouvelle dans le département du Calvados dont le chef est un concierge* Que la légitime famille vienne nous répéter encore qu'à aon retour toutes les portes étaient ouvertes ] Nous lui répondrons avec un homme d'esprit : il faut dire en«» 'foncées.

— - En vertu d'une ordonnance royale tous les officiera de la ligne et de la garde royale doivent à Tins* tir des ti'oupes alliées porter une écharpe. Bien pensé! disait à ce sujet tin mauvais plaisant, le roi est cer^ tain maintenant que l'armée se fera écharper pour son service.

— En voyant vingt mille individus regarder, froidement de malheureuses victimes de la légitimité , coorduites à l'échafaud par une cinquantaine de bourr^ux

•n unifem^ » un AnglaU mibisteriel sVcriaSt s dSen me damne ! je crois que les Français sont tombés dans la itnpeur. — Dites donc dans la stupidité^ répondit un membre de l'opposition* ->— En remplacement de rinscription révolutionnaire

Z.IBÏATE, lÎGAUT^, FaAT£RKiTB 017 LA MORT , On doit ins-

.crîre^ sur lesmonumens publics en France ^ ces Oiots »

#0TAVT| 9 KEOPAUTJ^ LiciTIWÇITi OU LA MOAT.

— - M. Mor^n Béthux^e ^ ancien avocat , qui passe pour avoir une t£te vive et un esprit borné , fut nommé , il y a trois mois 9 procureur général près la cour d'Aaniena» Ses anciennes intrigues et sa nouvelle charge Pavaient rendu d'une intolérance insuppprtable : il répétait sans cesse qu*il ne fallait pas transiger avec les révolutionnaires , et qu'on devait expubcr de toutes les places les individus qui en avaient accepté sous le gouvernement précédent* Enveloppé dans cet anathéme M- Clouet , colonel de la légion dépaiiementale ^ et ancien aide-de^camp du maréchal Ney , résolut de con«* ^cèrt avec M» le baron Séguier» préfet du département de misttfier M. le procureur général* Le lendemain il se rend cbes M* Morgan et le prévient qu'il existe à Amiens une association formée pendant les orages de la révolution > et qui a entretenu en secret le feu sacré de Pamour du roi ; il ajoute que ses membres desiraient vivement l'avoir pour eoU^gue et qu'il dépendait de lut d'être reçu le même jour à neuf heures. Monsieur Morgan donne dans le piège , et à Pheure dite on lui bande les yeux et on k conduit dans une maison hors de la ville*

'* -' trouvaient réunies un grand nombre de pcsrlasquées : celui qui présidait rassemblée proi» Néophile les qutstiont suivantea v

jy.. Quct e»t \t but unique de V pTff^ente as$ooî«^ tion?

R^ De maiutenîr les priocipes dans tqûte leur 9ur€U«s

jE>. Quel est le devoir, sacré d*uft rojaUste pur?

JR«, De combattre de tout s^a pouvoir q^coucjue fiorte atteinte î> ces principes.

Z>. E;i quoi consistent ces principes ?

fi.. Dans la monarchie et la. religion de aos pères?-

/>. Tout acte tendant à alte'rer ta pureté de ce&. principes u'est-il pas. un acte coupabjie ^

il. Sans doute^

Z>. Celui qui ie conunet ne dolt-il pas trouver d^na. tout royalisti} pui; un ennemi irréconciliable ? ^ R^ Certes.

D. Ne serîpz-vous pas te premieç îk délivirer ia mQ^ tiarchie d^ujv hamme aussi dangereu;( ?

jR. Je ne baîilfl^ceraii^ pas*

D* En feriezrvous. k sern^ent ?

R. Xe le jure*

D'n. Convenez - vous que la monarckîe du tcms de Bos pères tftait absolue et la religion exclusive ?

R. Cela est évident*

D^ Or k système représentatif et la liberté des cultes ae sont-ils pas en opposition directe avee les prin*uipes fondamentaux de la. monaitchif , pnncipes qui sont Te&sence de ia royauté « cornue la toute nuissanee est Tessence de la diviiiité.

R, Gela es* vrai*

Z>^ Louis XVIII n'a-t-il pas octroyé de son propre nouvemrnt une cliaite q^ii garantit le système re^ préscntatif et Ja liberté' des cultes ?

R> Les faits parlenj.

Z>. N'aVez-vous pas dit qiiJS tout acte tendant i altérer la pnreté des. principes q^ii con^^tituent la.i^«narc:Ki.e d^. Bos pères était un acte coupable ?

( ao5 )

' D. N'arcï-Tous pas dit que vous 0e bahuM^eriez ipjit )l délivrer la Avonarchie d'un homme aussi dangereux ^

R. Je l'ai dit.

1>. Ne Tavez-vous pas juré ?

fi. Je Tai jure'*

D^ Louis xviii étant cet homme , à quoi vous engagent vos sermens f

A« A maintenir les principes ^ans toute leur pureté.

Le président satisfait de cette réponse dit à M. Morgan , voua pouvez vous regarder comme ^^re. II était une heure du matin , M. Clouet reconduisit le Néophtte dont l'imagination encore exaltée s'aveuglait sur {es terribles conséquences de cette réception. Mais l'oreiller porte conseil , et le lendemain M, Morgan sentant toute l'étendue de sa faute et voulant en prévenir les suites ; écrivit au garde des sceaux pour pallier ses torts au% dépens de ceux qui l'avaient mystifié; mais il était trop tard : Le préfet et le commandant militaire avaient déjà adressé au ministre de la police le procès^ verbai de la réception.

Les deux courriers arrivèrent presque en même temps. Le garde des sceaux et le ministre de la police après avoir pris connaissance de la lettre adressée à rhacun d'eux ^ se rendirent au conseil des ministres, et là , fut résolue la destitution *des trois fonctionnaires, qui louent un rôle dans ce récita

— La femme de Pieignier condamné ^ la peine capitule a présenté a« roi une demande en grâce le 8 juillet anniversaire de Iq rentiée de ce monarque paternel 9 mais, ajoutent ingénument les journaux franle meilleur des rois n'a pas même voulu entendre

Ite malheureuse femme , et Ta rcpousjée aveb une ïxtrême bonté*

-« On saît ^ut la cour a remplace rordre du Ij» par l'ordre de la fidélité» Le peiif»le prompt à aa^air cette aouvelle plaisanterie Ta samommé t ordre di$ chien 'de Montargis.

— Les journaux français en annonçant que lètr tra- ▼anr de fa footaine de T^ëpbant vont être mcessanl-éicnt repris , nous apprennent cfue l'a place oî^figurerm^ cet animal portera le nom de place Ijouis xvrii*

• — Si TOUS douter encore que le gouvernement de» Bburbons soit un gouyemement paternel , liser le ju-» gement d^s patriotes de 1816 , et vous y verrez qu» f intention d^un complot contre uotrepère ée Gaad équi-<^ vaut au crime dl? parricide..

— Au tems de Tusurpateur Ji^, question ihientionnettùservait ii fiiii*e aihsoudi'é un homme "couT^tnea d^t^ u*rme ; sous le règne légitime on condamne ua accusa sur la simpfe intentioo dTujx dëltt*.

— Fn pauvxe pajcsaiv des eavirons de Tôuroay va, être traduit dxrvaat la. cour prévâtale , parce qu'on a, tit>nvé sur le toit de sa chaumière deux pigeons qui V l'instar de ceux d*£gypte partaient chacun au col ^ QDa une lettre, mais un numéro du Nain Jaune. Les deux pauvres volatiles prises en flagrant délit ont ^t^sur-le*cfaamp mises à nioi*t par ordre du> préiet et aux; cris aille fois r^p^tés de vi^e le roi*

•^ MSf. Malte -Bknn, Coriolis et Dupdent ont éti^ chacg^s y de célébrer dans leurs journaux respectif^ le 8 juillet anni^versaire de la rentcée de Louis le di-^ sire\ le regretté^ le pleura pouK nous, servir de leur» expiressions. Voici ces trois discours réduits à. leur plus^ simple expression : sa ^majesté a éti accueillie par le vœu lihre et spontané^ de ^a bonne ville hérissée de trois cent mille bajimnettes étrangères..

Qoo^^

{ ao7 J

MTIT PARALEULE

etitr*

tm GIIAKD ROI rr vu PUISSANT hohiaqIjb*

•^aisigiiifie./»fenettr^ vt2l?5, s^e«t non qui ftigoifie bailleur de filles^ signalé par ce g«nr« îl« conqiiâU« a livré 5o à 60 places fortes au

désir de ses protecteurs.

tegitimîciiê dait le joor li «A prince qtu aaraît ^é txmtooit au plus à defeni^ g^éral.. ...... des

eapucins.

Légiàmicits nefit point la guenra, mais trouva plus aemraode de la faire faire pour sa personne.

D^autrcs se sont emparés d^un grand r^yaame et en ont pris la capitale pour Legitimicus.

Legitimicus n^a jamais couru la ^qae de perdre une bataille.

Vingt- un aiiB après la déli-

J>tmetnu9 était fils d^undes pre- Mders gloéraux d" Alexsïadre la Crand.

^êmetnuB fitia guerre mmc sntt^ •«et et paya desa propre personne.

I^mefriuê a^cn^Mra du Vi^y €i prit Mcgara.

Demecrûii perdit la iameuselM* tfiàHc dlpluS.

Dtm€tnu$ pilla et saccagea la

TÎUe da Sanifuie 29 ans ayant Jesoa Trauce du peuple , on ravagea au

CMrist. < itomde Z^^i'c/iTUciii les plus belles

villes de s on royaume.

Demetrius assiégea Rliodes. Il Zegiuroicif^ai'rivéàlasuUedefl

n'uvait qu^un seul moyen de réus- luigages des armées étrangères ai-

$ir^ c^était de brîder le quartier gnala son respeiDt pour les arts aa

do la Yille babité par Protogène, forçant k s^expatricr le cbef et la

pe^tre célèbre ; il préféra lever régéuérateur de la peinture, la siège.

luforoic que Protogène u^avaît peint cassé ses travaux pendant la aié^ , Demetriuê le fait appeler et lui demande la cause d*una

Privés de leur cbef tous les élk^Qi d^nn autre Apalle vont au pied du tr^ne de Legtiùnicus &upplier qu'on leur rende leur maître^ tri té si grande. Je sais, répond leur ami , la gloire de Técole. Lar ûntre, qu'un monarqup éclairé ^itimicus répond froidement qu'i^ it fiiire la guerre ans Bbodieus , faut que Ca/iinis^g s'exéi)u($ .

is non pas )i cea& qui oïdtiyciit irts*

l^tmetnus ttonorait les afts jus* Ltg^tmicns )et iniittte jiitqtt«t i|tte dan» la perionoe d*an etuxe* dans la pertoniie d'un 8uj«t qui ni étranger. n'était paa aon amemi.

Vtmettius lève It siégt d^iine Legiiùmcus permet qu^icm livr«

.ville pour ne pobitexpccer aux ra- ans flammes lea plus beaux on-

rages de l'incendie Tattelifr d'un rrages du premier peintre ât wtL

«rtiste. ficelé.

Ifemttnus, «près avoir régné Après ad ans de règn# on ignora neptans, fUi chassé par des bon- ee que le ciel réserre k Lwgiti^ guérants étrangers» micus,

Demetriuf «ut reeours h la eU» Que dieu préserve Legitùmcu» menc9 de Seleucus, son gendre ^ de la elémênce dont il a hit un qui renvoya \ Apimiée ai noble el si généreux usage /

Bemetnus Téeut peu de temâ Legitimicus »

dans son exil. Il y mourut , dit . , . . il se porte i merteiUtt

17ustoirc, d^ ionnê chèrttKtem^ Gros et gras , le teint ttéik et la

lonpoinu bouche yermeillt.

2>^iitetrtW passait pour être le Demandes plnt6t k H. AntrâM* plus bel homme dte son siècle.

PoLttSIKELM!*^

— MaterUuix pour Vkistoire. Lorsque le corps municipal a été pr^sent^ au roi le 8 juillet, S. M* a DjLicifc dire au préfet et à ses adjoints an^ec tait de satis/actton et de bonté qiH donne à sa physionomie une si heureuse eorpression : nEssiBuEft je sms Bitiv jlise DE TOCS vota : Parotes sublimes qui nous rappellent cea ver* de la ffenriade travestie :

Tour trouver phrase tant honnête »

Il ne se gratta point la t«le.

Aussi le compère avait-il

JL'esprit extrêmement subtil ?

Et plus encore qu'il ne ronnoniMI '

Far cette agré«ible réponse»

TV-» VÔLÙlft. — \àri^ iSid.

Xe petit boimomiue 11^ encore ! •••. .\

àÔMMAHWp.

i^n-nè $*affermjii point par des assassinats. — • Retiens cela, Si^àl'! ^ Trisottin pre/e^. — Zîg'%^. ~ „ Quatre pieds huit pouces p ,-r- Ça, brûlè\ — La fat ^du mondé. — lie prince te'^itinu: . le code de fusur^ *pateur à la mairie -^ Les camileons* — ; La hasto^ %ade. — Equipages de guerre. '^'Réponses et 'çues'j ^iioh adressées à rOraclé*

, LÀ TERBEURv , , ^ u .

. ^njclqaeg persomies $ëduttes par là bonië ^€ leuV C€6U|* ^et par là droitorç de leurs^îût^ntionsf , tout en avouant *^pe le régime actuel dés Bourbons est un r<fgîme de violence eVdesàog, kin^ent encore à «e persuader que cette famille à é^é eritraîiiëe pdr ûû concours funeste cle circènstânees ind<^pendàntes àe Ità .volontë ; mais que 0krï penchant aussi bien que séi^ intérêt la^ràni^neront ià un système de justice et de modération* Nous cfoypns avoir dëmoôtrë que les Bourbbos ne cônnàisseot d'àutfe politique ^ùe le dogme de la lëgitimltë « lequel par cela ieu^ que c^est Un dogme , rencontre niécessairement ua l^rand nombre d'incrédules , et ne peut s'établir que par ià persécution ^ bous croyons avoir démontra aussi que

irofôndémeot ulcérés par vingt-cinq ans d*exil , par r supplice de leurs jpârens, par là perte d*une pàirtfë

'êcT^eam prorogatives , et par des IraimliatîoQs réçenie»,^, àc$ princes qui , certes , ne sont pas doués de cette força d'ame ou de gënie sotfs laquelle les ressentîteens humains disparaissent , doivent trouver et trouvent des charmes dans la persëeution. Quello que soit cependant ta force de ces argumens puisés dans la nature ménre des choses , dans le caractère connu des Bourbona, dans les faits dont PEurope est chaque jour témoin , je con^ sens aujourd'hui k n'en paf faire usafpe ; j'accorde que les Bourbons ont le projet de régner un four avec dou-« ceur ) le dis qu'en eussent-ils sincèrement la volonté f ils n'en ont plus le pouvoir , qu^îls sont /brc<fs de peraécuter aujourd'hui , et qu'ils sont dans P obligation de persécuter toujours parce qu'ils persécutent aujourd'hui ; que le sceptre leur échappera dès qu'ils iié l'appesantiront plus sur les peuples ^ qu'cit qn mot ils ne peu- Vent ftre rois sans être tjrans.

Disserter froidement sur les calamités de la France ^ c'est trne tâche difficile pour un Français ; n'importe : il est une classe de lecteurs , logicieDS avant tout , pour qui les meilleures raisons deviennent suspectes dès qu'on leur imprime la couleur d'un sentiment un peu vif , qui ne voient dans les élans du corarqu^uu artiiïcede rhétorique , et qui cessent d'être convaincus Ahs qn'ils commencent à être touchés ; je veux pourtant les con- Taincre , et en leur faveur , pétoiTfferaâ n»es larmes et mon indignation en rappeltint les maux affireux dont ma patrie est victime ; j'oublierai que je parte des lieux qui in*ont vu naître et des infortunes de mes concitoyens : c^en est fait , un siècle me sépare de la période qui noua* occupe*

Dans Tespace de cinq lustres le régime de la terreur a pesé trois fois sur ta France, sous trois formes différentes. A la t erreur pcputairt a succédé la terreur mi^ fôa/n( que remplace la terreur royale, (i) La terreur popa-

(i) Il est înutiU 880» doute J^averlir le lecteur quTci ferrtnn^faU est une locatiûa abri^g^e qui signifie rcgUm de terreur ^tfibli par \m imiWm tojiit dm Bourliras.

latre excesshrt dàtit sâ violence , i^pouraiitable dans tm «fifets , n*a en et ne pourait avoir (ju*une courte duriie qui eût ^t^ beaucoup plus courte encore si on ne Peut prolongée artfficieUiment dans l'intërét de la rengeanc» et de ^ambition de quelques individus. Le peuple, pro« prement dit , après une longue irritation , se soulève ^ ae venge et te retire: rien ne peut empêcher que Tacoès ii*ait son cours ^ mais la colère assouvie , s'éteint , et la nature repread ses droits. Cela est vrai au moral comme au physique , pourvu , je le répète^ qu'on n'aide pas à la nature.

On n'y aida que trop pendant la révolution , et la crise populaire provoquée par la tyrannie fut prolongée par de faux amis de la liberté et habilement détournée au profit niéme de la tyrannie d'une foule de rois éphémères» jusqu'au jour oh un homme de génie s'empara de l'impulsion donnée et Ini imprima une direction nouvelle et fixe. Alors commença la terreur militaire. Celle-ci avait du moins l'avantage d'être déguisée sous des appareoceg glorieuses, et si l'homme qui l'avait créée, au lieu d'en ' abuser jnsqu'è l'excès , ne l'eût maintenue que le tems fiéoessaire à rafTerraissement de son autorité , la terreur ir'étant plus que dans le souvenir de ce qu'il avait fait et dans la erainte de ce qu'il pouvait faire , ce souvenir et cette crainte n'ayant d'ailleurs rien d'humiliant , se seraient transformés en un respect qui lui eût garanti jusqu'à la fin , un pouvoir presqn'absolu. Ce qui lui assurait , dans cette hypothèse , une domination aussi longue que sa vie , c'est que la terreur qu'il inspirait prd^ naît sa source en lui et non hors de lui. Cette dernière a$»sertion va recevoir tout k l'heure sa preuve et son application. Les deux espèces de terreur que j'ai rapidement exposées ne sont que les antécédens nécessaires au développement du sujet principal de t:et article , la terreur royale^ ses effets présens et ses conséquences à venir, sujet que \e me hâte d'aborder*

J'admets qu^on ait è tort accusé les Bourbons en i8f 4 de n'être pas de bonne foi -, j'admets que le principe

Qoo^^

'^.h^ Ti^itifliit^^ la jptrpscijptioii de? co^çdevrsjaâSioiHiIeff;^- ]|i charte octrojëe , Pabolition de la Ubertéde la presse^, la faveur etles mepaces de4 émigr^ n'aient p^ç dp all^rr ' 2ner la^ nation et le$ acqjpëreor» derJ^ieos.r^atiopaQx,; un.^ préjuge dëfavorahle sur les i|itentioQ9 secrètes d^ la ço^r . .^stait généralement., et. la priva, de d^fensenr^ lorsqu'elle fut, attaqua. U. était donc d'une isa^Qe politique ^ . en i8i5dedétruir!Ç ce pfé}ugé<^paf .upé cpud^i^fifancbe. et par des acte^ copstituttop^els/^ imk à SQp retour elte a change le^ spupçons en cçBtitru<;)e, npi^ seuli^entcA^ proclamant de nouveau les mêmes principes^ ej^ ipfintenant, les ipfr^çj^jions; précédemment. cpmniises'', i^ip en^ portant atteinte à toutes^ Içsga^^njtjes publiques et.par/* tiiculiére?. Lt'eKpulsion des vptans , p^ exemple , est.une. première attaque dirigée contre les acqujér€;,virs de biens nationaux: il était imppssiblè d-ajrriv.er li^ ceuxrci^ saps se débari*?sse^ de^ premiers... Cette bapi^e franchie , la^ seconde ne peut. pas être long-tems respectée* Le.sp)« dat et ce qu'ils appellent la populaiçe n'ont pi^s éii. traités avec plps, de if^énagement. 'Mon intention n'est ppinV de faire ici la longuç éaumffratioa des fautes de la cour ; y^i voulu^ seulement démontrer et .constater pçr^ un petit/ • AOipbre de faits authentiques que les,Bpi^bQnssesoiits mis en éj^at d^hpstiIité avec la, majorité de la nation^ ,. 4tat.d'^$tiUtéqj(iites a contraints de reçppci|:,au^régiB^, dç la. terreur^-

Tant que Les armées étrangles séjo^iinèrent^n Frane^, Pépouvante qu'elles inspirai eut, et à la faveur; de laquelle If famille des Bourbons s'était iptrqduite au Louvre t comprima l'explosion dju méoontçntçmisnt.g^néraket.prQ« tégea le trâne ^ mais lor^qi;ie celte, famiJUe se vitx^duite. à. nne garde de cenixinquante m ilU hommes , ellç sentit; que ce rempart était, trop faible pour arrêter reffoi^t.de rjndignattoji nationale , et prit aussitôt .d^. mesures puyr suppléer au nombre df s troupes p^r Tappareil des 8Up-> plices , et ne laisser ainsi nul relàcbe.4 la terreur , le moindre intervalle., de repos et,dç li})crté pouvant de-r ^nir fuaésILe a^i^ saJqt de la mons^cjti^ê.

%i*o^ se, mette un. instant, «^ît est possible /% hi pla^é. '^s Bourbons après le« actes qui leur ont aligné le cœtflr 4*8 Français , et Ton verra que leur première d<?màrche a décida àe toutes les autres , et que leur propre su-», reté les oblige à traiter le royaume conquis' pour ew ^n pays de conquête.^ Cette idée jette un grand jour sur lem^ politique r elle en est- le mobile . et tout dans l«ur conduite en dérive» Nons. avons dit qu*à Tépouvante inspirée par liftvasion étrangère succéda, sans intervalle , Fépouvante des échafeuds -, mais pour qu'il» remplaçassent avec avantage les bayonnettcs ennemies, ib fallait qn^ils atteignissent promptenient tout homme dangereux : 1^ commissions militaires , et les c©urs pré^yôtales turent dobc établies. IVfais elles ne cuvaient pas, siéger par tout en même tems , et un citoyen peut êti« ^ngereux sans qu'il soit possible d*en administrer aucune preuy.e ; un procès d'ailleurs, même par-devant une commission militaire , traîne toujours un peu en longueur; le nombre immense des Individus à surveiller, les conséquences d'une seule plainte , d'un seul mur-, mute, d'un seul cri prof^éau milieu d^ne. multitude que déjà Ton a peine à contenir, pouvaient rendre inuti* iés et le nombre et l'activité des bpurreauic : cela explique Ja loi sur les' cri^ séditieux et sur-tout la, loi des pr^^ venus. Par eHe tout le inonde est menacé partout tt< Ié toute heure. €'est un glaive suspendu sur la tête dur coupable et sur celle de l'innocent. Ses résultats sont immenses : elle embrasse tout, elle contient tout, elle, prévoit tout. Par elle on. peu^ à volouté ou foire un. ex^emple qui inspire un salutaire effroi ;, ou s'assurer sans bruit d'un homme qu'il nç serait pas prudent de jugen^ oa étouffe jusqu'à la pensée , on dévoue , malgré eu», aux intérêts 'du' gouvernement ceux même qu'il est impossible de Corrompre, et, par la peur , an se rend maître de leur conscience- La^ plus belle , la plus noble, des institutions , celle du jury n'est plus que l'instru^ ment.de» volontés du prince. Un juré choisi par le sort , juge ordinairemcntsivef iapavtialité) ^lais qu^nd il s'agit,

^dVn tcctis^ cpe If gouvememwit » iutérit k irtmjrer coupable y il faut qu'il soit doué d'un grand courage

.pour nVeouter que sa conscience; car si Ton ne peut raliaqucr comme )uré , on peut l'atteindre conraie ci-toyen provenu , et le ^etter dans un cackot. Ainsi ep fait de crime d'état le gouvernement est juge et partie. Lavalette , par exemple , était accusé d*avoir enti^tcnn

.des cors*espondances avec Bonaparte \ mais il n'y avait que des présomptions et pas une preuve ; cependai^t le jury intimidé le d<fe!ara coni^aincu. Il est peu de procès intentés par le gouvernement qui n'ocrent quelque trait semblable , et la ccmdamnation de Fletgnier et àê st& deux complices à la peine réservée au parricide est une preuve nouvelle et frappante des effets de la loi des prévenus. Cette loi agit et réagit de teDe sorte qu'elle rend les citoyens les bourreaux les uns des autres, et

.crée une armée qui sert utilement les^ maîtres qu'elle déteste , une armée invisible et toujours présente , et qui , outre les satellites nés de toute Tautorite , compfe autant de soldats qu^t y a dTîndivtdus qui ne veulent pas ou qui n'osent pas se compromettre.

J'ai parlé avec quelqu'étendue de cette loi qui Ten^porte au sentiment de M. Lan|uinais (a) sur la loi mdkne des suspects : car encoi*e fallait-il (fue l'on (ï\t suspect pour être arrêté , tandis qu^aujourd'hui U suittt que Toft soit prévenu d'être suspect ; fei) ai parlé ^ dis-je , avec étendue , parce qu'elle me dispense de citer une foule de preuves particulières qui démontrenjt que les Bourbons ne doivent quelques instans de .calme qu'à un régime bien organisé d'épouvante et d'efiroi : la loi des prévenus c^nièrme tout : c'est la perfection et le com-< plément du code de là terreur.

Transportons-nous maintenant à l'époque ob les Bour* bons se croyant enfin affermis sur le trône, adopteront une politique moins violente. Mais cette époque ellemême comment la fixer ? par quelle prodige les torturea

(a) Voyez Vépifùon de M. Lanjuiniiis , membre delà chambre des pairs^^ krt cU la diicttssioo.ftiir iâloi des préteiMia.

Qoo^^

morales et physiques auront-^lles éteint ranimoslt^ atr Keu de Paccrottre ? comment s'opérera le passage de la terreur à xxn système' tempéré? sero-t-il subit ? Il laudra donc révoquer toutes les institntiofis tyranniquesy ouvrir tous les cachots , rappeller les exilé» , et dégager ioul-à«coup la peuple de ses fers ? Mais les agents de la ^rannie qui ont tout à craindre du ressentiment de leursi victimes se priteroot-iis franchement à de pareilles liie^ sures , et ces nombreuses victimes elles-mc^mes cesserontelles de haïr du moment qu'elles cesseront de craindre , et embrasseroat-elles leurs assassins des que ceux-ci n'au-* ront plus le droit de les égorger? Ce passage s'opérera- ^il graduellement? Mats lés mêmes inconvéniens subsistent pour la plupart. Par oîi commencera- t-on ? Par la liberté de • la presse ? Elle ne peut exister avec la loi des prévenus* Par la suppression des eours prévô* taies ?, La loi des prévenus n'en met pas moins chaque citoyen à la disposition du gouvernement. Par la mise en liberté de tous les détenus pour cause politique ? mais il ne peuvent regarder comme une faveur un acte de justice qui peut à chaque instant être révoqué en vertu de la loi des pjsévepus. Par le rappel des exilés? Biais quitteront-ils une retraite où leur tête du moins ii*est plus exposée aux couteaux , pour la livrer aux aaprices de la loi des prévenus ? Ils est 'donc évident que le gage nécessatrs de la sincérité d'une conversion au moins extraordinaire çst Fabolition de la loi des prévenus. Nous retombons alors dans toutes les dii[&cultes d*un changement brusque et subit ^ la compres« aion cesse tout-2li-èotip ; et si Texpérience des siècles n'«st pas vaine , si les mêmes causes produisent en tout tems les même^ effiets , si te cœur dç Thomme e% général et celui du Français en particulier nous est hîen connu , l'explosion est inévitable , et c'en est fait du gouvernement s*ii n*a recours à une compression' nouvelle et plus forte que la pi:emîère.

Dans Tune ou Tautre hypothèse , il est nnpossible que les Courbons conservent les autorité^ qui se sont

\ ii6 Y

' Véttduès te instramens de leur tyrannie , ktns in^irei^ de justes défiances , il leur est impbssîble de les rem* ^jlkcer par des hommes d'uù caractère et d*une opi^ i^ton tbut-à-fait opposes satis concevoir eux-mêmes deft défiances nôti m^ind Justes. PeuVon croire d'ailleurs 'qu'ils se dëtaches^oùt de leurs serviteurs les plus zAi% pour s*entour€f d*agens tièdes et peu surs ? Prendre le terme Utoyen daâ^s des cfrcônstanees pareilles \ ce n'est point oftir assez de garanties ; et pîi trouver des ganè doues de tout le talent et de toute Tënergie àëcessâires «t ^ui n'aient figiff ë ni dans les rangs dés royalistes ni dans ceux dés patriotes? H est absurde àù reiste de Supposer que leul*s plus chauds partions qui se sn£>nt trop compt-omis pour reuàrer impunément dans là classe dea simplet citoyens , cesseront tous ettb'ut-à-coup d'exercer aucune autorité oti du ^oins aucune influence, La dé«« fiance qu*i aspire leur conduite passée perpétuera^ donc ')e mécontentement qu'il faudra réprimer , et nous- ^én^^ brons dans le système de la terreù^•

Indépendamment de ces ohfètacles laultîpliés au ï*et6ur présumé des Bourbons , Vers un gouvernement modéré , leur conduite et leur personne ea offre deux i'n6uk*mioiitablesv Les résultats de leur conduite sont renfermés dans ce proverbe vulgaire : ton fC ajoute pas foi auàc dùcùwrs Hun menteur lors ràeine qu^il dit la vérité* Toutes les pro>« messes des Bourbonâ ont été violées^ quiconque en douterait peiK s^ea convaincre aisément : qu'il se donné la peine de relire ce qu'ils ont ^crit ^t se rappelle ce qu'ils ont &it; I^e nouvelles promesées et uii )ippel BOuVéau à la générosité de là natiota., ne produiraient comme en 18149 que le rire et le mépris; quelque {&t leur sincérité ^ Toii n'y croirait p&s : Oh suppose^ rait toujours que là craiitte seule les force à changer de langage : s'ils caressent le peilple^, dirait-ôn, c'e$t. qu'ils en ont besoin ; dès que le péril sera passé , ili l'aocabieront. Les plaintes , les mutmures, le» sarcasmes ne seront que le prélude de menaces plus directe^ contre lesquelles il faudra nécessairement tôyii: ; et ikous rctombonà encore Abus la irégimè de la terreur

Qoo^^

St / chi moins ^ celte terreur ^tait inK^rente )^ letuà personne; c*est*à-dire -, si une grande force de carao* tère, si ées actes éclatans qu'ils ne devraient qu'à eux#. les recpumatidaient à Tadmiration de la multitude; «afin si , comme individus^ ils avaient quelque chose id'imposant, peut-étçc pot^rraient-ils détruire impuné^ ment l'échafaudage qui soutient leur trône« Le nota seul de Napoléon contenait les plus mutins et opérait des prodiges parce que sa force était en /u^ /Mais <fuel* que redoutés que soient les Bourbons ^ l'épouvante qu'ils inspirent est artificielle ; chacun au fbnd^ J^ur rend JQstîee^ On sait bien qu'ils ne seraient pas si terribles s'ils étaient plus forts* On n'est jamais si féroce que lorsqu'on a peur. Si l'entourage menaçant qui les pro* tège dispiaraît et les^ montre à nud, non seulement il n^ a plus de terreur ; mais il n^j a plus de majesté; dès lors plus de frein à la licence et li l'insulte qu'ils doivent Teprimer pour n'en ^ti*e pas victimes ; et nous re>venons toujours au régime actuel de la France» au fé« ; gime de la terreur* . . ,

Aifisi de quelque côte que Ton présente la question; . soit que l'on considère la nature des moyens que les Bourbons ont choisis pour établir leur . domipatiou ou . l'usage qu'ils en .ont fait; soit que l'on* examine le ca^ \ ractère fie leurs ioçtrumens oa le nombre de leurs victiiii6S| soit que l'on envisage Içur puissance politique ; ou leur .yaleur individuelle y il reste démontré que leur ej^i^tence^ est attachée au jnaintien ^du régime de la terreur 9 et qu'en conséquence , le règne de la terreur aura pour durée celle du règne des Bourbons^. Il ne ^'agit plus que |de savoir jusqu'à quel point les Enonçais s^|iii-» hituçront à un pareil gouvernement*

BIOGRAPHIE GENERALE

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