‹ Le Nain jaune réfugiéChapitre 21 sur 88 · VOYAGE EN ENFER · texte numérisé non relu

VOYAGE EN ENFER

traduit dufran^is de F.4*de Chateaubrillant \ par An

F* de Bicoqueteme.

Le jagement^ lei harpies, les parques, les furies, le supplice^

Un silence profond régnait dans cette assemblée composée de coupables de tous les rangs , de tous les peuples , qui tous devaient comparaître à leur tour devant le juge souverain,

La première ombre appellée fut celle d'un homme JoQg, sec^ maigre, décharné, qui d'une voix fêlée si pe n'est cassée répondait avec autant d'astuce que le libraire Michaud ou le libelliste Suard avec lesquels elle avait encore d'autres ressemblances. Elle ne niait aucun des crimes qui lui étaient imputés ; mais lui re^ prochait-on une perfidie , une calomnie , un trait d'hypocrisie ou de trahison , elle répondait en sonriant, qu'en des tems de révolution tout cela n'était que bagatelles; qu'il n*y avait ni bien ni mal positif en pareilles circonstances ; qu'enfin elle ne s'était permis ces facéties que dans des intentions louables , et pour la pfus grande utilité de la bonne cause ; qu'elle devait donc aller droit à l'Elysée.

Par ordre du juge , les démons se saisirent de ce misérable , et à l'aide d'une longue couleuvre qu'ils lui avaient passée autour du cou en guise, de corde ^^

jk IVnlnifD^rent dans le cercle 4eft foûrbet oit }e Va iru gâoissant auprès de Sinon le perfide* .

A ce tendeur, à cet acheteur de paroles snce^da tin vendeur, un acketeur d^ommes ; lâcke à qui le f uge reprocha d'avoir trahi par marche, les nobles pour le peuple et le peuple pour les nobles, la monarchie pour la r^^publique et la république pour la monar«» chie ; Miche qui , gueux parmi les grands , et granâ parmi les gueux y a termina, daoà les vils offices d* l'espionage , une vie commencée dans les honteuses complaisances de la dëbauche , et ignominieusement illustrée un moment par Pintrigue. Vn arr^t ^i n» me parût pas sévère , envoya dans le cercle àe^siphn^ te* brigand honora d'un nom plus court et non moina connu que celui de Barrabas qu'il déshonorerait aussi s'il le portait tout entier»

Approcheras-tn fikde Nabopharz^n (i)?dit Minos,^ lua fantôme de roi qui , confondu dans la foule, attendait son tour auprès du dernier de ses sujets* Le fantôme s'avança • lentement sous la protection d'une étroite ombrelle de papier sur laquelle était tracé en caractères persépo^ litains , un mot qui équivaut au mot latin charta e% eiu mot françaia chiffon^ si j'en crois l'interprétation d'une ombre de savant qui avait le tort de ressemblée «u célèbre Gaii, lecteur au collège de France.

Le Fantôme marchait pesamipent et danases nom« fcreux faux pas s'appujait sur la pointe d'une épée que lui présentait un de ses satrapes f il aiTÎva enfin au pied du tribunal. Roi de la grande ville » entends-tu les peuples, déposer contre toi? Tes promesses n'ont été que des pièges; tes serments que des parjures; tes décrets que des arrêts d'ezi)^ de spoliations et de pros-^ criptions; tes pardons que des assassinats!: éf'ait-ce donc pour venir tyranniser le pays qui t'a vu naître

( i) Voyez le liyrc t8. de Télcmaque , par Mss«. François Lamotte Salignac de Fénëloi^, archevêque de Cambrai, prëee[j|p liiir da doc de Bourgo|Oie«

iA' que tù BTais déserté ; était-ce done pour rtnlt nojer ta patrie dans les pleurs et dans le sang, qu<f tu as quitté Tantique Tabropane oh tu passais pour un sage^ où tu vivais du moins sagement en savourant Tèsprit d^ vins et celui des poètes ? J*y vivais en politique , répondit le tjran , avee un sourire hypocrite» Sans cette active- oisiveté , je ne songeais qu*aux tnoyens de me ressaisir du bien qui m'était échappé* Persépolis est à moi : les peuples de Persépolis sont h tnoi. rai usé de la ville comme le pasteur use de lal>ergerîe^ j*ai gouverné le peuple comme le pasteur ^uveme son troupeau. Né pour tégadr^ je devais régner, j*ai régné.

Tii n*âs paisr^gné, répondit Mînos ; hothme non adoins coupable envers les rois qu'envers les peuples } en abusant du pouvoir royal tu l'as compromis, tu n'as pas régné. Le glaive remplaçait dans tes mains le sceptre et la houlette : tu n'as pas été un roi mais un tyran; tu n*as pas été un pasteur mais un boucher*

Minos qui alors me parût ressembler au président At M&htesquiéu ^ expliqua comment les peuples ne sont pas la propriété d'un homme \ comment dans l'état de civilisation, s'il n'y a pasf oppression, tout individu ap-» partient h la société qui ne peut appartenir à personne *, comment la plus précieuse propriété de l'homme est sa liberté, dont il sacrifie une partie pour Tinté-* rét de la société qui en récompense lui garantit de la jouissance du reste. Quoique partisan du despo^ ti&me , je Pavoue , je n'entendais pas sans plaisir le développement de cette doctrine gébéreuse sur laquelle ont été fbndées;la gloire et la pi-bspérité de la Grèce; il est vrai que je rêvais. Le sort deHes sujets, poursuivit Minos, ne devait pas plus dépendre de ton caprice, queton^ sort du caprice de ft$ sujets. Vo$ droits ' réciproques étaient réglés par des loix que tu juras de respecter , que ta as violées. C'est pour régner que tu as fait tous ces crimes; quQ {9, pRiûtion pour touf

«es aiacs i^it ia ^ r^gaen

n dit! et un diable Hibemoîs , t^empare du ro! de Persëpolis. A{5rës lui avoir mis dai^s la bouche, en guise de mors , un bâton de commandement auquel se rattachaient des rênes de cuir de Panonie , cet habile ^cuyer lui saute sur le dos et le gouverne à son caprice , soit avec de longs ëperons semblables à ceux dont les Teutons sont armes , soit avec ce fouet tout-puissant , dont le» peuples qui boivent le Tanaïs et le Borysténe , se ser^vent pour faire marcher les chevaux et les hommes* Ce . fantôme de roi ne parut ni humilie ni afHigë de porter . un pareil fardeau et d*obeir à de pareils stimulants*. Gourbi sous le faix , il sortit du tribunal d'un air sa- . tisfait en disant je vais rëgner*

Entraîné par la curiosité ^ je le suivis ; et du lieu terrible où se rendent les sentences ^ je passai au liea plus terrible oïl elles s'exëciitent. A Tentrée sont les, harpies qui ne sont plus des Aello , des Celceno , des Alopes mais des Bolly ^des Guizot ^ des Bourgo in. Elles prennent le titre de Madame^ Du reste , à présent commtt autrefois , importunes , criardes , malfesantes , elles ont plus que jamais le privilège de gâter tout ce qu'elles touchent , et elles touchent à tout. Ces vilains oiseaux, en ^voltigeant sous les sombres voûtes , étourdissaient l'enfer de leurs caquets glapissants. Ils sont portés sur des ailes de chauves-souris ^ et de leur corps de levrette , revêtu de poil de louve , sort une vieille tête à fà«e presqu'humaine , et ombragée d'une touffe de plumes de pie mêlées de plumes de bécasse.

Je cherchai en vain les trois Parques. Elles sont dcs« tituées. Le roi des ombres trouvant' qu'elles remplis-» «aient leurs fonctions avec trop de négligence , a chargé trois agents plus alertes de peupler les noirs états. L'un e^t un président de conseil de guerre} le second grand pré* vôt , le dernier accusateur public. L'enfer gagne beau-coup h ce changement. Autrefois le concours des trois parquas était nécessaire pour la mort, d'un, hpmmç ; aujourd'hui chaque parque peut expédier son homine sans avoir besoin dé ses sCiurs , ce qui atCTOÎt le bé^

îi?ftce ie la tombe élans les rapporlâ de trois 1^ tiii , W «e que m'assarait en riant k raathématkîen Ltiplcecmm Ces agents de mort ont laissé la quenoaille, le peloton «t le.s ciseaux pour prendre des instruments plus actifs» IDans les mains du premier qui s'appelle Cannuei est ua fusil ^ une corde se noue entre les doigts du second qui «'appelle Saignant de Serre (i)*, de k bouche du troisième noTumé BeUardy sort un glaive a deux tranchants qa'ilfait agir avec une mobilité égale à celle de la langue dix plus bavard des avocats^

p^oulez-i^ous être remué ? me crièrent tout-là-coup les larpies ^ voulez-pous connaître la poésie des tortures et Us hymnes de la chair et du sang ? descendez en enfer (!]• Je ne me refusai pas îi cçfte invitation , et je m*en* fonçai dans les profondeurs de Tabîme , conjointement Bvec ces dames qui en effet sont très-remuantes*

Les furies s'offrirent bientôt h moi« No» moins activés mais plus redoutables que les harpies , «lies parcourent incessamment le Tartare , poursuivant les ombres avec des cris féroces et les flagellant avec des vipères irritées» Leur nombre était augmenté. Je te félicite , ô terre , je te félicite ! peut-êti'e y a - 1 - il sur ta surface une furie de moins , puisqu'il y a dans le sein de l'enfer une furie de plus. Plus cruelle à elle seule que toutes les autres , cette cadette accuse ses aînées de douceur et d'humanité. D'après sa volonté , Mégère , Alecton , Tisiphone , ont changé leur nom contre ceux ^ Induis gence , de Clémence d* Amnistie , elle les appelle sans crsse et dans l'autre monde comme daus celui-ci , c'est en fesant retentir ces mots menteurs , que l'on mul** tiplie les tortures et les supplices.

Je ne veux pas dire quel était le nom de cette furie ; je ne veux pas dire de quelle figure ses yeux rougis des pleurs de la rage , ses joues tantôt pâles , tantôt en«

(i) Nom da grand preyôt de Tlsère. Saignant ne convient pas DQoins à j»u grand prévôt que le nom de Griltandus , nom de &imiUa aussi f ne convenait à on inquisiteur qui Ta porté.

(il) Voir 1« G^OM du ChriitiaQÂsmc. ( \ii. V. Ghap. XIV. ) V. 4. 29

tûmmées de co!%re , et ses lèrres agi't<^es par dVternelles i^onvulsion^ , /m'offrirent sa ressemblance. Quant aux autres , elles me rappelaient les traits des duchesses d% Ipuras 9 de Mouchi , et de la RémusaU

he spectre qu'un décret infernal condamnait 2i régner leur a^aît ^té livrë% Elles ne semblaient pas le haïr , tt pourtant les éloges qu'elles lui prodiguaient étaient plus injurieuT que des reproches , comme les soins dont «lies Fentoiiraieut , plus pernicieux que des outrages» lia furie qui n'a pas de' nom , tourmentait surtout, le ipialheareux de son infatigable activité-, et dans les apprêts de son couronnement h4tait ceux de sou supplice. Chacun des attributs royaux en devait être Tinstrument. Voici le trône , règne, dit la furie : Quel supplice ! dit lie damné eu s'asseyant sur ce trône de fer rouge* Voici la couronne , règne , dit la furie : Quel supplice ! dit Je damné en plaçant sur son front cette couronne de fer rouge« Voici le sceptre , règne , dit la furie : Quel supplice ! répéta le damné en saisissant ce sceptre ardent qmi était aussi de ftîr. Torturé par l'appareil même de la royauté , ce malheureux ne pouvait cependant s'en 4étacher* De sa main droite il serrait le sceptre que la douleur ne pouvait lui arracher, et de la gauche il rafermissait, sur sa tête répi'ouvée , la Couronne prête h tomber à chaque convuUion dont son règne doulou>reux était agité* Il demanda à manger. On lui servit avec «mpressement un brouet amer el bouillant. Il se jetta avec avidité sur ce mets qu'il repoussa soudain avec fureur. L'infernale cuisine! s'écria- t-il ;, et le déplaisir qu'il en éprouvait lui fut une peine plus insupportable que toutes ses autres peines. Il avait demandé à boire: on lui versa un breuvage composé des larmes , des sueurs et du sang des peuples. Ce breuvage lui plut. Il le but avec délices et en telle abondance , qu'il finit par s'enivrer, le sommeil le saisit au milieu des tortures. Il rêva , sans doute , car tout en dormant, comme s'il eût ^té au conseil , il dictait un édit , qu'il datait de la Vingtième année de son règne. Gomme à son réveil il

Tipétait la mime chose i roi de Férs^pôlis , quel rév« avez-vous fait ? quel rêve faites-vous , lui dis*|e ? il n'y a pas encore vingt minutes que vous êtes sur le trône ^ et vous datez de vingt années. Hélas I s'éoria-t-il en soupirant : sur le trône ce sont donc des années que les minutes ? Mot de Ténigme !

^yviYriYiniYnr>Yir>rinvi*V'"^"i'i'T^vi'^nn*i*****n****'>viTviTir>fv>fifr^

BOUCHE DE FER

— A quoi nous réduit la nécessité ! Ia couverture de notre n^. est marquée du nombre qui nous est lé plus anthipatique* On voit bien que ce jour est un)ou4r de malheur. €*cn est fait: notre dernière heure approche: c*est aujourd'hui la fin du monde» Mais le Nain Jaune du moins , en vrai soldat français , ne mourra que \té armes à la main (i).

— Un pair qui ne reconnaît point d'égaux s'était rendu à La Haye tout exprès pour demander Pexpulfiou des Français qui sont établis en Belgique* Il fon*dait sa demande sur un article du code I^fapoléon en vertu duquel aucun étranger ne peut acquérir domi-^ ci le dans Tem^ire sans s'être préalablement conformé à telle ou telle disposition» On a trouvé ibrt plaisant ^ à ce que la chroni^|ue nous rapporte , d'entendre un agent du pouvoir légitime invoquer ^ en faveur de sa eause et contre la loi fondamentale, le code de Pusur*pateur*

— Gare à ceux qui ne sont pas fermes sur leurs étrlers ! Un homme de manège vient d'arriver , m6nt<^ sur ses grands chevaux.

(i) Comme avant tout «t uiéme après tout il faut tenir ses engage» neus , uous préyenons ceux de nos lecteurs qui seront damBés aved nous y que dans Fautre monde, comme dans celui-ci , nous conti<» Muerons à uous moquer de tous gvu^l qui n$ igut pas hpm diables»

Qoo^^

L. Le {>am retiGh^rÎMciiit et la solde dîmînnafit toiiSi les jouFS , le ministre de la guerre vient d'ajouter h l'uniforme une ceinture afin <|ue la soldat puisse se •errer le ventre»

— M. le comte de Pradel , directeur de la maison du roi , a bien recommandé au peintre chargé d'exécuter le portrait de Pichegru , de mettre des fleurs de lis a l'uniforme ef une cocarde blanche au chapeau dtt général , quoiqu'il soit représenté au moment d'une des batailles de la révolution» Quelque ridicule que soit c» petit anachorisme ^ il trouve des imitateur^ autre part quVn France.

— Pourquoi ne prenee-vons donc pas cette magnifique épée , disait un ancimi militaire à un officier de^ gardes-du-corps ^ il fait nuit , répondit ce dernier ; on pourrait me la voler.

— Tous les journaux s'accordent à faire l'éloge de* qualités morales de la duchesse de Berry , et se tai* sent sur le reste. Nous savons ce qu'on doit penser des filles d'un bon caractère.

— • ,N. B* Des personnes qui n'ont pas fait leurs études au théâtre des Variétés aiment mieux chanter les couplets de Ki ki ki Turlupin , s.ur l'air : Ça ne durera pas toujours •

— Diaprés une înstrnction ministérielle , tous ceux qui possèdent en France dts portraits de Napoléon ne seroRt plus tenus de les jetter au feu , s'ils s'empressent de faire peindre une cocarde^ blanche sur le chapeau de Tusurpateur.

— On a trouvé dans les environs de Lonvaîn un porte** feuille oîi sont tracées au crayon les notes suivantes. Si ce porte-feuille ne donne aucun indice sur le nom du propriétaire, il laisse peu de doute sur sa quahté' et sur sa profession.

— Reçu de S. E. i^^oc\o fr. en or — Dît en confidence au bavard R. . . que je me rendais à Londres» — Doûné

Googk

1^ plnsieurs personnes mon adresse dans cette ville»

— Parti ostensiblement lé 3o mai , et réellement le 2 .juin.

Quievrain. — Ecrire à M. de Barente pour qu'il intime aux douaniers l'ordre secret d'une surveillance toute particulière à l'égard des officiers anglais.

Mons. — On ne saurait trop multiplier ici le nombre des hommes dévoués. — L'esprit est détestable , et les relation^ continuelles de cette ville avec les villes fron« tières ont déjà eu des conséquences funestes. J'ai communiqué à cet égard mes observasions à L • • • qui est excellent.

Bruxelles , nulle communication avec les si3 agens. — Benoué d'anciennes liaisons qui ont complettement

donné le change. — Ce pauvre C comme il a été

dupe de mes protestations y il me croît compromis au dernier point. — D.... mettrait sa main au feu que je suis pour le cousin. — .Ce diable de G.... est le . plus méfiant des hommes! Il m'a fallu perdre mille écus au club pour m'en faire bien venir. — Malgré toutes les tentatives faites jusqu'à présent, les réfugiés continuent a être généralement vus avec intérêt.

J'ai sondé plusieurs militaires. Leur exaspération est au comble. Je leur ai communiqué Iç plan de conspiration concertée avec S. E. Hommes, argent , moyens «le toute espèce 9 rien ne manquera, j'allai jusqu'à préciser les faits , nommer les personnes, désigner les lieux. Je les trouvai sourds à toutes mes propositions. Ils ne craignent pas d'exprimer leur .vœu pour un changement ^ mais ce genre de guerre leur répugne.

— J'ai vu les autres classes de réfugiés , je leur ai fait part de divers projets égalemen.t vraisemblables^ j'ai gourmande leur apathie : ils attendent tous de la force des choses une catastrophe prochaine.

Vingt-cinq louis pour un dîner où j'ai obtenu les détails qui sont le sujet de mon rapport coté M. :— Deux mille cinq cents francs pour un cachemire dont

fai fait présent..*.**. CoDjSrmation de ma nanyene du 17 juin.

Toutes dépenses nouvelles en courtisannes ; abso^ lument superflues. * ^

Nécessite de faire des mutations parmi les agens. — Beaucoup de mal-adroits » la plupart uses , plusieurs mal traités » quelques-uns gagnés. On doit particulier

rement se défier de G i et de P n. Ce

dernier a fait faire son rapport par un réfugié qui s*est moqué de lui.

On peut compter sur TOracle ', mais il faut envoyer de Paris les articles tout faits.

Les individus chargés des mesures de rigueur sont surveillés de ti*ès-près. L'enlèvement est presqu'impos-

siblc Il faudra recourir aux derniers moyens -, des

gens bien déterminés sont indispensables.

-^ Lotwain. J*ai choisi cette ville pour point cen-^ frai de mes opérations : il y a trop d'yeux à Bruxelles*

— N* B. Les traces du crayon sont ici tellement effiieées que nous avons beaucoup de peine à les déchiffrer ; nous remettrons à uno autre livraison la suit» de ces notes.

— Le premier ouvrage qui doit sortfr sous peu de jours des presses de l'imprimerie royale , porte pour titre le Machùn^elisme en action ; par Antoine , histo* riographe, biographe et nécrographe honoraire de S. M» Louis XVII I.

•— Pour le coup voilà bien les bruits de guerre solemncHement démentis. Le roi de France vient de nommer quatre maréchaux y savoir ; deux hommes de la vieille cour et deux courtisans de Napoléon. Un tems arrive , où la lie de tous les partis se confond pour ea former un troisième.

Les nouveaux élus sont : MM. le duc de Coignî , le eomte de Vioménil , le duc àc Feltre ( Garkc } et le comte Bcurnonville.

On ne peqt nier qu'ils ne totént aussi digues 4a Jbâton les uns que les autres.

— Prouver que les trois couleurs , bleu , blanc et rouge n'existent pas réellement dans Tarc-en-ciel : tel est le prix prijposé par racadémie des sciences. On donnera une rac^daille en sus du prix à >celui qui demon-i trera en même - tcms la non existence de la couleur orange ati nombre des couleurs primitives» *

-.— La cour de France a une telle aversion pour le drapeau tricolore , qu*elle consentirait à donner une moitié de sa marine pour que la marine hollandaise cessât de hisser le pavillon honoré par l'intrépidité des Tromp et des Ruyter.

— L'expédition des Anglais contre les Barbaresques sera vraiment phi lan tropique , si nous ne sommes pas obli«:;és d'ajouter avant peu les noms d'Alger , de Tunis « de Maroc et Tripoli , h la lij>te des établissemens coloniaux escamotés.

(c Timeo Danaos et bella fcrentea. »

— On assure que le roi en envoyant au comte de Viosnénii et au duc de Coigny le bâtdn de maréchal, leur « fait présent de deux chaises à porteur afin qu'ils puissent passer la revue des troupes dont ils doivent prendre le commandement. 11 paraît qu'en cas de guerre le ma*tériel de l'armée consistera principalement en équipages ^ savoir: calèche pour S. M. qui commandera en personne , diligence pour Monsieur , coupé pour le duc d'Angoulcme et casse- cou pour le duc de Berry.

— Les paysans s'accoutument difficilement aux noms nouveaux , et il est rare qu'il ne les écorchent pas. En parlant de Pont-sur-Seine que Ton appelle depuis quel^ ques jours Pont-le-Roiy il leur arrive souvent de dire le Rùi'Pont.

— Les médisans prétendent que le duc de Fcltre n'a pas eu grand peine à escamoter le bâton de maréchal , parce qu'aucun ministre de la guerre ne oonnaîl mieuJK ^ue lui le tour du )>âton.

Qoo^^

*— Je n'aî me pas Monsieur , disait Potier. — Et pourquoi ? — Oïl ne sait jamais à quoi s'en tenir avec luu — Explicpiez-vous. — Soit qu'on l'irrite , ou qu*on lui plaise , il montre toujours les dents.

— Sa majesté a choisi , pour appeler la garde nationale , garde sédentaire , fe moment oh chacun s'empresse de quitter la place. '

— L'Oracle a mis à la question tous les lecteurs qui ont l'haleine un peu courte , et lui-même s'est mis à la torture pour établir sur un échafaudage de grands mots un délit d'une nouvelle espèce.

Il demande dans une petite phrase de quinze lignes si la couleur du papier sûr lequel on imprime ne doit pas , dans certains cas, constituer un délit de la presse : les rédacteurs de l'Oracle ont bien leurs raisons-, ils ont appris enïlspagne et en France à dire comme Frontin : il n'y a point de si belles couleurs que celles de la li« yrée.

— Nous avions proposé la question suivante : — Quels doivent être les résultats du mariage du ducdeBerry? liC tems setrl peut nous l'apprendre , plusieurs de nos souscripteurs ayant demandé neuf mois pour accoucher d'une réponse.

QUESTION

Le sort de la Belgique ayant été lié pendant vingt ans à celui de la France 3 les habitudes , les institutions , les mœurs, le langage et le caractère étant les mêmes dans les deux pays , cornment se fait-il que leur situation politique soit si difiereiite ?

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