‹ Le Nain jaune réfugiéChapitre 31 sur 88 · VOYAGE EN ENFER · texte numérisé non relu

VOYAGE EN ENFER

Traduit du français de F. A* de ChateaubriUant ; par A. F. de Bicùgueteme.

GRA»1TRX 4«™*

' Im •télérali, triompKe de la mélodie , le paradif desf ots , rÉIytée, les hérof , le canchemard , le ré?eil.

Plus fatigua dés tortures du roi de PersëpoKs que lui-même , je me dérobai aux angoisses de ce spectacle , et je continuai à parcourir le Tartare. Il ressemble asses il la description que Fénëlon en a faite d'après Virgile , là cela près que les supplicias qu'y rencontrèrent le pieux Enée et le sage Tël^maque, y sont remplaces iiu bout de quatre mille ans par des scélérats encore plus grands ; ce qui prouve que même en enfer , il ne faut désespérer de rien. Ainsi , l'insatiable TcMale a cëdé sa place Îl l'insatiable Marat. Il y a toute foiscette différence dans leur supplice, que pour ce dernier l'eau s'est changée en sang , et que loin de le fuir , cet horrible breu- Tage vient continuellement chercher ses lèvres. Noi^ loin dé loi Hyde New^ille est torturé sur la roue dixion ; €*est Barrabas qui entretient dans un éternel mouvement le rocher de Sysip^e ^ et Prometh/e lui-même a quitté •pn lit de douleor oii Blacas^ en proie à mille vautours, leur livre, à défaut de cœur , ses entrailles toujours re« naissantes.

Ces pauvres Danaides qui après tout n^avaient chacune assassiné qu'un homme , encore était-ce leur inari , ces pauvres Danaïdes sont relevées par cinquante autres filles qui ont chacune empoisonné plus de cin^ quante hommes , sans avoir la même excuse. Je crus reconnaître dans ce groupe avide des physionomies que l'avais rencontrées soit aux promenades , soit au théâtre, soit ailleurs \ telles que ceUes des Folnais , des Nonac et antres*

lies vicfM capitaux tels que la luxure » l'avariée ^ la.

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fraude , r«mbition , Fonvie, rorgneil, ioM punis dan^ des cantons différents , où règne leur démon particulier. Quel fut mon étonnement de trouver à chacun de ces vices une ressemblance parfaite avec des personnages connus ! Tenvie,^ par exemple , aux yeux rouges et creux , aux joues pâles tt décharnées , aux discours amers et dédaigneux , me rappela à ^el point M* Suard, que j'aurais cru M* Suard parmi les morts si je ne savais M. Suard immortel. L'avarice a plus d'un trait d*un pe-^ tit fils du grand Condé^ Qui voit le duc de Virginie a vu la luxure, \a fraude resseml^lc «inguliërement à Tef*figie empreinte sur la mauvaise pièce refusée par Caron , à ee louis dont personne ne veut. Paurais pris l'ambition pour le duc de Reggio si je n'avais la certitude qu'il se surfît et commande encore la garde nationale* Et Tor» gueil , me direz- vous , à qui rpsse];nble-t-il? Je ne sais ; je ne vis sur son trône qu'une glace qui m*ofiHt ma propre figure. Au pied de ce trône est la vanité , petite personne aux courtes jambes « à l'aide desquelles elle croit .tout escalader , et aux bras non moins courts avec les^ quels elle veuttout étreindre^ enflée, gonflée, boursouflée comme M. de Laliy , elU ne marche pas , elle roule ; elle ne saute pas , elle rebondit i elle est tout vent et se croit tout esprit *, l'air qui la remplit s'échappe de tous les côtés , même de sa bouche avec un bruit qu'elle prend pour des paroles ; et ce bruit est quelquefois celui des tempêtes quand il sort par les piqûres que la gaîté lui fait même innocemment. Les ouragans qu'Ulysse tenait renfermés dans ses outres , n'étaient pas plus bruyants ^ heureusement ces derniers sont moins formi«» dables.

Si j'avais cent bouches , cent voix et une poitrine de fer , j'entreprendrais de vous nommer tous les réprouvés que je rencontrai dans le cercle de chaque vice. Comme je n'ai qu'une bouche , qu'une voix et qu'une très-faible poitrine , je vous parlerai seulement d'un homme qui , présent dans tous ces cercles en même tems , subit, en même tems dans tous , les diverses peines attribuées à

êH œuTTts diverses. Cest le prinee de» Bien É^eniit^

Apostat I adultère , concussionnaire y agioteur , conseil-* kr perfide , agent infidèle , ici il figure en bonnet carre ^ là en mitre épiscopale , ce qui ne t*empéche pas d*étre torture ailleurs en hab4t de ministre , et ailleurs en* core en habit de prince» Effroyable prodigue ! par lequel Vhomme est multiplie pour le chitimeat dans la pra:portion oh il s'est multiplie pour le crime*

JiCS traîtres à la patrie ne sont rares nulle part et sont odieux partout* Mais Rourienne , F^sitre et F'eau^blane aont ceux que renfer voit avec h plus d*horreur et de aoiéprîs* Vétos comme les bedeaux , d*habtt de deux couleurs, ils portent les livrées de deux partis* Quant à leur supplice, modelé sur c^Jui de la yestale Tarpeia^ il consiste dans des tourments éternels dont le prix même de leur trahison ^st l'instrument. Bourienne le spéculateur qui a voulu de l'argent, est continuellement la pidé parnne grêle d'éous. EnsevéU dans un vaste porte-feuille , Veau-blanc le ministre , qui s'est vendu pour un porte-feuill^ ^ étouffe sous des liasses de papier \ quant à f'eltre *, comme c'est pour ^le bâton qu'il fit tout, excepté la guerre, ^'e&t avec le bâton qu'il est payé de toutes ses félonies.

Je ne pouvais sortir du Tartare sans la permissioi^ de Satan. Arrivé au pied de son trône , je la lui de* mandai , en lui prouvant par de nombreux passages de non ge'nie du christianisme que je ne pouvais lui ap* partenir* Un démon qui avait encore plus d'esprit que Tabbé More/Ut théologien de l'encyclopédie, tranchant aussi du théologien , ne prétendit -il pas prouver que mon livre n'était qu'un tissu d'opinions hasardées , mal sonnantes , hérétiques et sentant l'hérésie , et qu'en coa«» séquence j'appartenais de droit au diable. U est des nôtres, ajouta le roi cornu , en justifiant cette assertion par plus d'iui trait de ma vie dont je ne me suis pas en-< tore confessé. A ces mots , les démons qui me fermaient le passage, s'apprêtaient à m'entrainer *, menaçants de la griffe et des cornes , déjà ils s'élançaient sur moi*

f/jg eonîseils de la sib jlle et Feieniple d*Orphtfe m re*^ pf^sentèrent heureusement k ma mémoire- Je n'ai ja« mais touché la lyre ^ comme chrétien , j*ai toujours eu une secrète répugnance pour cet instrument pro-* Ane ; mais en revanche , j'ai toujours eu une pré-dilection {mblique pour l'instrument sacré qui fait retentir les voûtes de ma paroisse , pdur le serpent qui par sa forme et ses accents nous rappelle l'éternel ennemi dé dieu huriant malgré Itii les louanges de dieu. Je le porte partout avec moi ^ il me tient lieu des pt« peaux champêtres v de la flûte éiégiaque , du galoubet de The^psicore , du chiron de Bellonne , de la trompette de Ciio ou de Caliiope ^ et j'en joue, sans me vanter , assea passablement. Après avoir fredonné un court pré« lude que Pçnfer n'entendit pas sans surprise , je me mis k moduler y sur cette flûte tonnante, un des plus terribles morceaux de la terrible musique de notre plus sa^ cré musicien , de l'abbé Lesueur , qui est le Gluk de l'en glise comme j'en suis PHomère. De même qu'à la voix de l'Onagre, les habitans des bois s*enfuient épouvantés^ de même aux sons formidables du serpent se dispersèrent les démons dont les accens étaient couverts par des aocena plus barbares que les leurs. Satan lui-même n*y tint pas -, et en me criant à ret/oîr, il me livra le chemin de l'Elysée.

On ne parvient à l'Elysée qu'en traverss^nt le paradis des sots j innocente contrée peuplée de moines , d^ musards , d'érudits, de vierges , de badauds et de visionnaires. U est divisé on autant de districts qu*il y a de béatitudes. Je ne les parcourus pas tous. A la tête dés bienheureux qui pleurent, je reconnus Bouilfy le lac/ymateuTy qui , vêtu de noir, en baptiste , en pleureuse et^e mouchoir Îl la main, fesait à chacun des bienheureux qui l'entouraient lecture de leur oraiaon funèbre. Dans le district. des pauvres ttesprit , il y a des cantons à part pour les . traducteurs , les commentateurs et les poètes. Les prédestinés de la dernière espèce entre lesquels domine le poëte Danchei, passent leur éternité à dormir aux chaiv-

s^iift des S/i^nn , des DespreaUx [t] , des Caupigni, on aux chaui£ des Coriolis , des FilUir , des Aignant , qu> ont encore plus de tit<*es pour entrer là qu'à Tacadë^inie* L'atmosphère qui les entoure est si épaisse ^ que le son et la lumière œ la pénètitent qu*à demi. Elle est surtout extrêmement assoupissante» Je me hâtai de la traverser * en dirigeant naes pas vers le point d*où venait sa clarté» A mesure que ^*appro€lMiis de co point , les brouillards se dissipaient , et la lumière la plus douce comme la plus pu«e m*éclairait lorsque |* arriva i dans l'EI jsëe*

De même que Timagination n^ peut rien inventer de plus gracieux, de plus riant, de 'plus suave que les tableaux qui mVtaîent offerts de tous cdtës dans ces heu*reuses «ampagnes , de même elle ne peut rîen inventer de plus doux, de plus pur et de plus lumineux que le [onr qui les embellit. Cette lumière surnaturelle comme les objets quVUe^aire, diffère autant de celle qin affecte noft sens, que l*hommc débarrasse de son corps diffère de lui* même ^ c*est une émanation de la divinité \ cVst le ^r qui luit da'ns la conscience du f uste , dans l*iQteUigencedu çénie*

les grands hommes des tems anciens et modernes partagés en groupes divers se promènent disséminés sur le gazon et sous Tombrage. Leur bonheur est de se rappeller le bien qu'ils ont fait aux hommes et de pardonner le mal que les hoilimes leur ont fait. Là Numa , Henri IV et Salomon raisonnaient avec Pla-» fan y Montesquieu et Rousseau, Ces grands esprits me parurent, soit dit sans les f&chcr, un peu faibles eo politique • ils blâmaient quantité d'actions que }*ai louées, et louaient quantité d'actions que j*ai blâmées , ils prétendaient qu'on ne peut être grand roi sans bonté > bon roi sans justice , et roi juste sans bonne foi* Morale de l'autre monde ! Toute fois je dois l'avouer, les intentions de ces honnêtes-gens étaient pures« ^ f ' '

(t) €e Ddspréaux-lk nV'st pas Bdileaa.

Qae font Yk haut , mes héritiers, me dit le dief de la maison de Bourbon ? Sire ib ne s'occupent qn% faire b^nir votre mémoire. Ils feraient mieux de s'occuper ^ faire ch<Frir leur présence, me rëpondit-il, av«c sa vivacité gasconne» -

Sous de^ lauriers je reconnus lé maréchal Ne^^ Ju^ das Macfuibéc et le général Labédoyère* Les héros français ne regrettent pas la vie*, nous jouissons, di« saient-ils d'une félicité éternelle, non parce que lé ciel u exaucé les prières du roi, mais parce que le ^roi n'a exaucé les prières de personne* Notre bonheur aérait plus grand cependant si comme vous, fiis de Matathias j nous étions morts en combattant pour la liberté de notre peuple. Vous êtes morts, dît Judas, pour épargner k voti*e peuple les horreurs de Ja guerre civile \ vous êtes morts en héros 1 Votre mort , par cela même qu'elle a été injuste sera utile à la France* Votre sang a rav^é dans ses racines l'arbre de la liberté. Si Ja France gémit sous les Antiochus^ elle aura aussi ses Machabees* Il dit : et les héros grecs et romains applaudissaient !

Parmi les Cttrlius ^ les Décius ^ grands hommes morts pour leur patrie était le général Desaix , auprès de Boyard^ qui, n'en déplaise au Journal Générât^ ne» ressemble nullement au général Macdonald \ je fus fort étonné de n'y point voir, le général Moreau\ il pas<» •ait pour si bon Français à Londres et h Gand!

Non loin d'eux, Archimède , Ax^eroës et Euclide^ s'entretenaient avec Fourcroîy Lagrange et Laifoisier. ïh parlaient de grandes et de petites choses*, £?e la mé^hanique céleste et de son auteur*, ils pailaientde Laplace et témoignaient autant de mépris pour son caractère qu'il a d'estime pour sa science. Des aocepts mélodieux frap-» pèrent mes oreilles. C'étaient ceux des poètes les plus sublimes de tous les peuplés et de tous les âges. Uomèrv , Virgile , Horace^ mêlaient leurs voix à celles du Tasfe t de Foliaire^ de VAri^stc et de JUdton*

Jamais ]e nVi entendu musique (Domparable k cellt que produisait cet accord de tons les chaots du génie* Ne pouvant contenir mpn admiration , je Teihalais pat des. phrases plus belles encore que celles qui ont fait la réputation «T^to/a, et ma gloire. « Dieux immortels l quel jargon est celui-là ? Quel fils de Marsjas ose mêler ses rauques accents aux chants des nourrissons des Muses ? Ce n'est là ni la , langue de Racine , ni celle de Fénélon^ c'est celle du père Lemqine^ du pire Auhri ou d'un Algonquin. Se moque-t-on de nous, de nous débiter ce galimatias dont je me suis tant mo* que et dont M. de FonUmes se moque lui-même quand il oublie d'être homme de parti pour être homme de goût ?» En disant cela , le £k d^Apollon me Serrait la gorge et arrêtait au passage ce qui me restait de sublime à expectorer. C'était Chénier, Son discours exprimait l'opinion générale. Les huées dont je fus accablé ne me permettaient pas d'en douter. Sur sa pro*> position , les poëtes décidèrent en chœur , que je se» rais traité par lui, comme jadis le Satyre avait été traité, par Apollon. Déjà la critique avait remis entre ses mains son terrible scalpel. Où' fuir? Comment éviter l'opprobre et le supplice? Mes genoux se dérobaient sous moi. La sueur inondait mon visage. La terreur op* pressait ma poitrine haletante. Je voulais citer, la voûi me manquait ; je me débattais sous le poids du plus pénible et du plus long des couc^ma/v , quand l'excès de mon m»l même le fit cesser. Je me réveillai, et apr^ avoir ramassé mon livre qui ne me paraît pas moins bon qu'auparavant , je me hâtai de jetter sur le papier les rêves que l'on vient de lire. jEgrisomnia^

BIOGRAPHIE GENERALE

DES CHEVALIERS DB LBTEIGifOIR.

B^aTHKLÉMT I» ( banquier , frère du précédent ). tJn bon principe une fois posé suffit pour toute une fa-» mille \ M. Barthélémy applique) au ooimnerce , cette

telme tVorîtf d'obscurantisme «j^ieson (V^^rè a.cru ilé^^ voir ^js^ter aux înstituliDos politiques ^ il est de ceux qui professent hautement qu*il importe peu que la balance dû cdrAo&erôe sOit ou non lavoràbte au reste de là France , pourvu que quelques villes mariiiAie's ou même simptenient quelques individus Fassent une fortune coosidd'rablé. En elTet de quoi se compose lé bonheur public ? Du bonheur parlfcuner : or je fais le mien y ifàités le Vôtce , que chacun en faàse au^ tant , et ^ut le monde sera heureux : donc Mï Barthë-r lemy raisonne très-juste ^ donc il fau^ le ffiire ministee dii coitomerce : c^est ce qu'il ^tait utile de démontrer»

fikissAC* ^l?el est le d^sintéressébdent de bet illustré duc , qu*ii à soutenu iWdonnanCe de M. Beugnot , çomtne^ s*il avait eU encore Une préfecture, à deman*^ der , c'est le plus vigoui*eux logicien de la chambre des pairs; Il est 91 attaché aux choses d^a.utreiois qu'on ne * dirait pa$ qu'il, eût administré sôus Tempe^reur , il est si de voué au régime introduit par l'empei'eur qu*on ne dirait pas qu'iji eût rien de commun avec le temps passée

Çamémxi.i. ^ ( m. ) , semainier perpétuel tet non éter-^' nel du théâtre feydeau, (i) y le doyen de tous Us pan« talons du monde*) ce n'est point à çé double titre que liôùs lui donnons place dans ce dictionnaire d^où nouft avons exclus tous les J^èns excommuniés ^ mab pouf rendre hommage h cette aVersion , K ce mépris , sC |ùsté,.si ^raisonnable 4(îi'il professe pour les auteurs vivants k qui lès comédiens sont forcés de payer une rétribution pour leurs ouvrages. Aï. Ca^eràni observé Hvec beaucoup de raison qu'il est l*inventeur d'un potage célèbre qui pbrtf son ijom et que cependant il n'a pas m«^me le droit 3c l'aller manger gratis cher I<*s resta.urateurs qui Vexf^cutent , d'où il conclut forÉ^ |.udicieuseméiit que les auteurs, devraieht se trouver fort heureux d'avoir leurs enli'^es au spectacle le jôur^ où Ton joue leurs pièces.

LrAtooucETTE lp{ le baron )• Ce nom senl est Un portrait ^ et l*6n ne doit pas s'étonner de IrdUyer dans Torlgi-i tial qui le porte toutes les vertus champêtres d'uh Berger de l'Astrée jointes aux qualités précieuses d'un cdurtisail

(\) La table et le théâtre ont depuis quelques iiigiai à dépiotëé «a perte ;'uous lui consabrous b«t artioU iiiographiqae en iàxm^

' ri 4. 35

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joncerenx : éltré dans une ^cole àe cîiîrnrgîc , M. La Doucette passait déjà pour un grand saigneur avant d*être baron, pour un bon intendant avant d*étre pré>let et pour un grand écrivain avant d'étr^ poète. Il débuta dans Ja carrière politique |>ar cette partie mystérieuse de l'administration ob Ton agit dans Tombre. Se distinguer par son zèle ténébreux , renverser ses ennemis , s'asseoir à leur place \ tout cela fut pour lui TafTaire d*un cIin-d*œiK Nous l'avons va depuis justifier cette noble ambition pour tous les sentimcns a'un sultan généreux. A chaque levée de conscription c'est lui qui répondait \ l'usurpateur par ces vers d'Orosmanec u Au lieu de dix conscrits que je crus t'accorder •• » Je V*m veux donner cent : tu peux Ict demander. » Tant de dévouement pour la patrie fut récompensé, par les bienfaits d'un maître reconnaissant •

Un directeur comique séduit parla tournure de ice )Vune amoureux qui semblait être échappé de sa tronpe , le *' chef des comédiens de la porte 8t .-Martin résolut do se rattacher pour toujours en lui donnant sa fille uni^ que , mais M« La Doucette accoutuitoé à fouei' sur un plus grand tbéfttre n*en voulut pas changer*

Au milieu dé ses travaux administratifs ce préfet poétt n*a cess^f de sacrifier aux muses sons toutes les espèces. Nous devons li son talent littéraire plusieurs opuscules poétiques parmi lesquels on doit distinguei^ un ouvrage en prose, intitulé : Z>m ouieidunondani la boiêcl^ de9 femmes / ài^ee cette e'ffigrapfie : Réf iste-moi , belle AsDâ'sie, Tu me charmes quand tu dis non.

Nous ne pouvons résistei^ au plaisir de citer le pas^* sage suivant :

M Un jour je composerai sans doute un solfège pour » le non \ en attendant je prends un violon et je m'a- » baisse aux dénominations connues. Le premier non n de Florise peut être comparé au soi sur la grosse W corde qu'on appelle bourdon ^ le son en est fort , W grave , austère *, le second non serait le n^ à la seji eonde corde du violon , elle a des vibrations plus » douces, aussi vous ^^vezvu que, craignant d'en avx>irti'op N dit , Florise voulut s'enfuir. J'entendis le ia déjà plus » gai , plus animé , promettant davantage , dan» un » moment plu5 tendre nous en viornes au mi ^ ce fut y la corde du plaisir. »

BOUCHE DE FER

tft irAIIf JAVICS SV% LA fELLBTTE*'

De quel 4^1it sui^-je accusé ? cher lecteur , je vou# le donn^ en cent^ je vous k donue en mille.

Je suis accusd , direz-vous , d'aroir fait une peinture Traie mais tant soit peu satyrique du gouvernement paterneL — Non%

D'avoir |a*racbé le masque de douceur et de clémence sous lequel là vengeance se flattait de dissimuler long<» teras ses fureurs? — Point du tout*

CVst donc d*avoir tracé le tablei^u fi.d^le du gouver-» nement des Pays - Bas , d*oii il résulte une comparaison plus dangereuse et plus perfîde que les épi-* grammes les plus ingénieuses et les satyres les plus san^ ^lantçs ? — .Vous ft*y êtes pas%

IVFy voilà maintenant ; vous êtes attaqué par la ligue furibond.e des Ghazet, des Marta^nville , des Ki. Ki« Ki., deè Lubin » des Cafardo ? — On ne saurai^ calomnier |>areiUe enceance.

Ma foi j y renonce. — Il faut ddnc vous I« dire* Je suis traduit eh justice par deux graves maaistrats que jjft n*ai jamais vus , et dont ta réputation même n*était pas parvenue jusqu'à moi. Ik ont bien voulu se re^ connc^tre sous les noms de Leai Béte et de Jemi Sucre»

Souvent notre amour propre éteint notre bon sens.

En vérité cçtte étrange application d^une plaisanterie dont ils ne peuvent se croire Tobjet , mVngage àtairft

cette fois , leur véritable nom. J^attendrai Du moins

ne pourront - ils pas m*accuser d*avoir , le premier , donné un éclat scandaleux à un procès dont le rîdiculç ne saurait), en aucun cas, retomber sur te Nain Jaune*

Au reste , pour leur prouver qu'il n*y a pas dans |ne| intentions autant de malice qu'ils en supposent, je m'en* gage à rayer de mon dictionnaire tous les mots ana* logues à ceux qui ont paru les efTaroucl^er ; tels que JLanterne , Jean farine , Lantimèche ^ Jean Logne , LàTk-* iurliirette , Jea>fi de Nti'eiies , etc. etc.

Quoique Tiin des candidats au trône de France | on voit quç je suis bon prince* ,

•^ Un sacrist^ÎA,» cji^rg^clc lire , tons Us matfns , KVi tacle à un^hàiiaî<4^dQAlli4)nea,iiouseju*it le kiliet suivant^

36 juillet*

Ouf! je n*^n piuU. plus, ^. encore une phrase commecelle-1^ , et je SHis mprt« Je dëfie au plus robuste chaQf ro ^ Ste Gudùie de tire tout d*un trait ^ sans, étouffer^ la phrase-article on Vartich-phras^ dont nous assomme liujourd'hui l'Oracte. Par pitié pour mes poumons ne & mettez phis en colère, ou indiquez-lui le moyen de 4:ouper ses interminables périodes.

N^ È. La plante du sacristaiti est mal ^ndée ' ea bâiUant on reprend haleine.

. — Çest à tort qu'on a traité de^Jhgat ta découverte r si ppmp.eusement aauoncée par la Quotidienne ) d'unç^ fleur de Hs. dai\s l'intérieur d'une pi^ce de bois •, cha-» cyn sah que depuis long-tems ce signe ne^ se trouve plus que dans le cœur deg buches«.

— Eh. bien 1 disait ironiquement S. M. %JJ prhice Talteyrand, vous aviez j^ur^de ne pas quitter Paris: — ^ $h îsire , ne parlons pa^i^ de cela ,^ c'est mon 20 Mars*

^uite des notes au crayon que renferme le pojçîe^feuill^ tfrouvé'tur la» route de Loun/ain.

— Outre Ite cachemAre; }*aî d^onné ^5 Kiuis ^ madame

Je N pour retourner à Paris. Elle est chargée de

Bia lettre <hi 28 juin, contenant deux alphabets en chiffireif et un patron en papier tleû que T . • .^; n. m*a f^rocuré et qui donne la ole£ de la correspondance da Cousin avea «on ami de Bruxelles. Il ne faut rien ménager pour se procurer des. intelligenceis suces dans les portât d'Ustend^ et de IX)uvre9,

tin portrait f^it par... f^Ici du hlanc^ h trayon est

if/face /j 11 hésite Quelques garanties {Le tesi^ e^t

imiéchijfrahle.j (1)

A présent if faut attendre au moins quîjnze jours

Cour savoir par quefte voie \e Naîix ^aune pénètre eu 'rance. Des offres trop ûhligeamtes ont inspiré de la méBaDce aux rédacteurs,- A. .'. . d. que S^ E. avait en>-!voyé sans m'en prévenir est nn sptquisVst fait berner.

Il serait absolument nécessaire d*avoir pous agens dt$ Finançais capables dp soutenir la conversation ;

(i) Qiioiqu'il nous titt éî*r fh'cilo de soppféer ee qoî est eflkcé'^ liçus B« y^ulons ctr« qu« timpU^ eopt#tc<.

en, I d^fkut, dw rftrangers que Ton ^conte arec plas de ^mplaisance : sous <« rapport , D. serait parfait s'il ^tait de meilleure compagnie.

Dans ma tournée ^ Liège je n'ai pu , comme je l'es^ parais , m^assurer'des nouvelles dn Nord* Les deux femmes que f avais avec mol n^ont cependant négligé aueun moyea 4e séduction. Je m'en suis ven^ sur le colonel.

J'ai obéi à des ordres supérieurs et réitérés en en-p voyant Ch.«. à Spa. S.... dont^je réponds m'assure qu'il travaille pour le Petit. La véunion de Spa oûre plus d'inconvénient que d'avantages ^ an y découvrira peut de choses, et les esprits inéme les plus indifférons no pourront a» préserver dn poison des éerits et des nou« velles*

Hemîs à H.... 4oo fr. pour les dûi|i«stiques de place. Ua

tripot eût été bien nécessaire........ Madame D« serait

mieux là qu'à Londres.

^.Comment n'^i-je pas reçii d'instruction pour Aix^la^

Chapelle ? J^w^ signifient toutes ces rumeurs?

On se croit bien sur à Paris du valet de chambro

de^. ... Mais on •• Y If^nque* J Pourquoi cette ep—

^evue ? *

On nes^entend point avec La Haye. Di?c lettre^ avant de recevoir une réponse. Cet autre promettait monts et merveilles. Ce n'est pas assez de parler chaudement , il fe'ut agir de €>oncert. Le premier est dégoûté. Là lea femmes ne* devraient être qu'en seconde ligne, -v Leg princes en savent plus que le duc. — C'est par l'indiscrétion d'an de leurs agens que j*ai appris la nouvelle d^ Leyde«

f Ici se trotêi^ent deux pages de chiffres enirepié/és de quelques mots sans suies et que nous offrons à la sag<i'-^ 9ité de nos lecteurs, ji

Anoienae confédération « — X4icencîei:« -:- Protection. — * En argent. .

S 00,000 hcimmes. — Galli.. .6 — Dan\ibe^ tarbarie. — Change. — Bi^ltique^ — Vendée. — Mont-» mélian. — Se hâter^

Quoi e^ent e^t-ce là...« soa esprit est commun \ sa S|;ure est vilaine. ^

'T^. DaQs rOracIe , M, Petit de Mons crie au loup.. Il ferait mieux de çriejf au ^nard i car ceUii-ci est poAir les dindons ce que l'autre est pour les agneaux^

Qoo^^

— On dît mie le |[éiiel'al Beurnottvine arant reAiié ée rendre h j'ancienne propriétaire Tbâtef de Sabrais Oii il ^enienre , et qu'il s*est fait donner pendant li^ rovolutioo en indemnité de ses bojis et layaux services ^ S. M« vient de lui accorder le bâton , aM qu'il j ail un inar(^al de Francç dans ta maison d<^ Sabra n.

— Sur la foi de som baromëtve ^ sa majestë' trèa« ehrëtienne s'est décidée à intinicr aux vicaires généraux , Tordre d*inviler le cief à devenir plus pur et plus se* ^ vein. Certes ^ ai dieu rnesiire la sincérité de la foi do vioqarque sur ta véraeké de ses assavtioiM, U ne peut maucfiier d'exaucer les prt^res du nieiHeur des rois et du' plus Heureux des peuples^^-On lit dans la lettre agi S. M. : Notre royaume /ouit de toutes lesjaueuts <jue la proi^idence se phiit à repemdre sur les états -qt^eïte affee^ ttanne^ Xe cédoie ei Cuaign renaissent / enoo*r qkeiquçé jours ; un rayon de soleil , et tout ira bien.

On a renîaTc|ué qn*fiussitôt la nfceptibn de la présente la pluie avait redouble et anccjues depiui^ 6^a discoa* tinué.

— On assure que si le roi tr^s-cîirétien a repoussé dureînent la femme du général Mouton -rlXuvernet , c*esé qu'il était absorbé pnr la rédaction, d'une priire toit-' chante po«r implorer la bonté de Dieu.

— On a remaraiW que la seule voiture qu^ ait tra^ vei'sé la place Vendôme pendant la dégradation de TitH fortuné |*énéral Bonnaire , est celle de Madame , du-^ chesse d'Angottlême» J^rahit sua quem/que i^oltspias»

' — L'Oracle prétend qu'au lycée on ne se moaue pasi de M. Hubin *, qu'on trouve même du sens ci oe l'es • prit dans ses fables • il le fait dire au moins aux élèvea de cet établissement. Mais qu'est-ce que cela prouve i sinon que la uérUe ne sort pas ioufi^w^ de la bouche des en/ans^

— Aprîîs la i^présentation d^Adéldldo Ihegueschn sur le théâtre de la cour , Ha Seigneurie , qui avait beau* coup de pcrne^ h se contenir , élatt sortie fort mécon-^ tente. Les membres de ta famille royale se réunirent incontinent dans une salle voisine de la'^chambre dik roî. Encore tout étourdis de ce qui venait d'arriver^ ils eurent entre eux le dialogue suivant :

Le duc de Berrî.

Comurent diable notre oncle qui est tin savant, notre oncle qui a publié |>lusieurs ouvrages sous des noms supposés , a - t «> il pu choisir une pièce aussi incoa* venante ?

Le duc d^Angouléme.

Nous voilà étrangement compromis ! Un homme à içài nous devons tout , le blesser de la sorte ! Le duc de Berrû £ncore ai nous n'en avions plus besoin» Monsieur, . Avez-vous rémarqué Timpatience et la colère qui se « pei|paient sur son visage en entendant ces vers ; Je Yois que des Anglais la race est peu chérie , • Que leur joug est pesant, qQ^on aime la patrie. Savez-vous qu*il est oe mauvais too.de dire ces choseslà en fac« des gens i

Madame.

Le rouge lut montait au visage; il se mordait les lèvres \ j*étais furieuse* L'acteur n'aurait - il pas dû passer ces horribles vers f II faut l'arrêter* Le Duc de Benù Il iant le sabrer* Le misérable l'a fait à dessein ; il est impossible que M. Papillon n*ait pas donné cîej ordres.

Le Dut (PAngouléme.

Je ne peux veiller .h tout*: j'ai bien assez du corn- ^andèoient des armées.

Le Duc de Berri.

Sans doute :, on ne devient pas littérateur dans les Bùmps : je ne connais que mon épée , moi ; tout le monde sait cela ; mais notre oncle qui , depuis trente ans y est enseveli dans les livres....

Le Roi , attire par le bruit.

Qu'est-ce ? qu'avez- vous , mes chers en fans ? épanwhez vos douleurs dans mon sein paternel.

Toi^.

Sa Seigneurie est d'une colère cela est très-

impolitique cette pièce est absurde*

Le Roi.

Je suis instruit de tout ; mais qui pouvait s'attendrç

à des applications aussi forcées , lorsque celte trageMie

en offre de si naturelles ? vous «îoimHiss<*z mon cœur ;

je n'ai vu que les pacages dont Tulluâiou vou^ était

fië^Vorat)Ie. Qui pourrait ne pas reconnaître les Èonr-' bons dans ces ve^s admirables et doublencient vrais ? ' Que dcl coeurs sans faiblesse et des princes j[>a)i^^its ...; . . . . . oset 1« nommel' roi ; ^

Il l'est, ilic mérite....; * ,

Un mmas de mutins , troupe indigne de vivr* , Vous méconnut assez pour oser vous poursuivre. ...x

Sue vous donnez au monde un rare et orand e&emple I«*b.. os guerriers sur vOs pas marchaient à la victoire ,

£t éuivre les Ëourbous , c^est voter 2i la gloire

Le dttt dfÀhgouléfne.

La justesse dé ces citation) ne f^iit p^s mbin^ d*h6nheur à l'érudition qu*au discernement de votre majesté ; Inais malbeûreUs^m'ént quelc}ues autres passages n'ont pas ébé saisis thoins ûvidemetit* Ceu5c'-ci ^ par et^mplë^ Ont généralement produit un mauvais effet : Je vois avec regret la France désolée , A no$ dtssentîons la nature immolée ; Sur nos conmiunA débris l'Anglais trop élevé ^ Menaçant cet état par uous-niéme énervé. Madame.

C*eBt utie hdrretit*; j^ai toujours détesté Vôltâit^e* C^était iin révolu tionnairew Mais ce qui a excité un murmure général d'indignation c'est ce Vers qu'il faut absolu*» ment faire disparaître de toutes les éditions?

£t ce bi-as c|ui n'est teint que du sang des Françaiii ifonsietir.

Comment ! est-ce qu'il s'applique*4«....«« ie Roi rinterrompanU . Ce qu'il y a d'urgent c^est de réparer le iual qut est fait* Quel moyen de ramener?*. ••• Le duc de Èerri.

Ventre saint gris ! je ne bois pliis que du porteri

Le duc ttJhgouiérne.

Ce h'est pas le moment de plaisanter* Il faudrait petite être suspendre les massacres des protestans* Madamei Mauvais expédient ! Il vaudrait béctueoup miei^x mettre eu jngrment fies gens tels que Ney ! Pourquoi a-t-oû jlaissé écbappcr le marécbal Soult { Monsieur» C'est pout-t^tre multiplier un peu les exécutions? ]V*aurions-uou8 pas encore quclaue place forte peu utile? Le matériel est plus considérable qu*on ne pense***./^ Vecitycr trane^iant coupa couit à P entretien «H •'t* nOifU annoncer le souperé

IV»» VOLUME. -. ANNÉB 1816.

RÉFUGIÉ

Le petit bonhomme vit encore! ....

SOMMAIRE

jnet-'Sfous^y ! — Accumulation de preuifâs* — Nouvelles têtes à perruque coiffées d^un éteignoir. — Toujours les scélérats ont recours au parjure. — Laquelle citer f — L'Oracle aux abois. — Les conspirations^ — Refus. ^- Les bêtes curieuses* — Qu'une épizootie s^iendrait à propos.

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