‹ Le Nain jaune réfugiéChapitre 32 sur 88 · TABLETTES HISTORIQUES · texte numérisé non relu

TABLETTES HISTORIQUES

«• Voyez quais sont ses dons ! Les prisons dVtat , la 9 déportation , le meurtre public et clandestin , la cons» ^ cription , des impots ^cablans , votre commerce fine-* 3» anti.,...*.

Tel était le langage que Louis xviii du fond de sa retraite adressait aux Français par une proclamation du a décembre i8o4« C'est en peignant, de ces noires cou^ leurs y l'administration de celui qui ^ de l'aveu de l'Eù-^ rope , plus encore que de l'asseotiment du peuple , te* Bait un sceptre acquis par la victoire et perdu depuis par l'ambition ; qu'il s'efforçait d'armer cpntre Ih) U haine des citoyens et celle des soldats.

Voici comment il tentait de se concilier à lui-même ^ l'amour de la France , et d'étouffer les craintes qui ^'pp», posaient à soD retQur»

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V On ose vous dire que nous ne pouvons recouvrer î» le trône qu'en désolant \'(Ps foyers , en versant des Jlots » de sang /•.. (i) Français nous en appelions à vous. Ces » terreurs -sont-elles les vôtres ? Pouvez- vous douter du i> cœur de votre roi , des engagemens pris par lui et êous n sesproc/tes à la face de l'Europe ?• [^] Le frère de Louis » XVI traîner après lui la d<^solation ! marcher sur vos caî» davres î. (3) ( Voir les preuves à la fin de cet article. )

Les paroles des rois sont gravées «ur l'airain. L'histoire les recueille , et c'est sur elle que la postérité fonde son jugement. Mais ce droit appartient aussi aux contemporains. La vcritd n'a pas toujours besoin de l'appui du tems , pour répandre ses clartés redoutables.

Il n'est pas de dissimulation dont la soif de régner ne soit capable , et s'il était besoin de prouver que la volonté des peuples est le vrai moyen d'acquérir justement le suprême pouvoir , on trouverait cette preuve dans le besoin qu'on a de les flatter pour y parvenir.

Au moment oh cette proclamation pénétra furtivement dans l'empire français, son auteur n'était connu en France que par une faible coopération aux premiers travaux de rassemblée des notables , et pour s'être présenté à rhôtel de ville de Paris avec la cocarde tricolore^ lorsqu'en 1789 il se détermina à désavouer publiquement le malheureux B^avras, h le laisser jSérirstiruninfôme gibet. On savait que depuis il avait suscité la première coalition dont les fondemens avaient été jettes à Piluitz , qu'il avait armé les rois confre sa propre patrie alors gouvernée par son frère , qu'il avait placé ce prince in* fortuné entre son peuple et sa famille , que par là il était parvenu à se rendre suspect aux yeux de ceuxlà même qui naguères l'avait proclamé restaurateur de la liberté Jrançaise \ et qu'en mêlant aux désordres inséparables d'une révolution , les dangers de la guerre extérieure , il avait aigri les esprits , irrité la volonté, nationale par la résistance et préparé la sanglante catastrophe de la chiite du trône.

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En r790 les princes français entouras d'une partie de 1b noblesse , chefs d'une petite arm^e , et protèges par les puissances, avaient aussi fait entendre leur voix et connaître leurs desseins. On se croyait alors à la veille d'une facile invasion ; on n'imaginait pas qu'un peuple au nii-^ lieu de tous les ëlémens de la désorganisation pût trouver • en lui-même les moyens de se défendre et de rejetter sur ses ennemis tous les périls d'une vaine entreprise. •Ivres d'un succès qui paraissait infaillible , on s'expliquait sans contrainte. Il ne s'agissait rien moins que de rétablir tous les privilèges, d'effacer jusqu'à la trace des 4>lus utiles réformes , de détruire cette assemblée nationale dont tous les sages de l'Europe avaient admiré les travaux , de punir du dernier supplice les orateurs qui avaient tenté de régénérer la monarchie , en un mçt d'étouffer dans le sang tous les germes de la révolution*

On parlait ainsi parce qu'on s'estimait fort.

En i8o4 les puissances avaient désertera cause des Bourbons et reconnu successivement la république et l'empire. La guerre n'était plus de leur part , qu'une guerre défensive. L'armée des princes était dissoute. Leurs preux chevaliers avaient imploré de l'usurpateur* leur pardon , les débris de leur fortune , et enfin des emplois et des dignités. Quelques-uns s'étaient' tellement retrempés dans les rangs de nos braves , qu'on les àv^lt vu se montrer véritablement nobks sur le champ de bataille.

Les temps étaient changés! Il fallait substituer

aux menaces deX^oblentz , les artifices de Mittau. Il fallait prodiguer les insinuations, les promesses captieuses , faire envisager le repos à un peuple fatigué de "gloire , et mon«trer le port à àes hommes brisés pas une longue tempête.

Le langage était plus donx •, mais la penséie était la même , c'est ce que les événemens ont prouvé.

Dix ans après , Louis xviii est miraculeusement rétabli sur le trône de son frère. Lequel des deux systèmes suivra-t-il ?- S'il s'abandonne h sa propre impulsion , il &e

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crée une puissance orageuse , il s'expose à être iéaaittftié par ceux-là même qui lui ont rendu la couronne , il at^^ taque une masse imposante d'intëréts consoHdëSé £d roulant opérer une révolution subite , non dans les choses^ mais dans la peosée ^ il prépare une explosion nouvelki et plus terrible , et livre aux coups de la fortune le^ biens que le haauird lui a rendus*

D*un autre c6té s'il s'identifie francheraent ^ la pensés publique , s^ii maintient les institutions formées en son absence , il devient iafidMe h sa propre doctrine, il fait avec le peuple un pacte qui lui ferme à jamais l'accès du pouvoir absolu. S'il maintient cette noblesse récem-* ment conquise au prix du sang dans mille combats , il déshonore l'ancienne noblesse et force à rougir ceux qui ont besoin de remonter à leur trisajeul pour ti*ouver Une action d'éclat. S*il emploie des hommes de la ré^ Tolution I il désespère les deux ou trois cent vieillards qui lui sont restés fidèles ; s'il tente de rebâtir l'antique édifice, il s'expose k manquer de matériaux.

Eh bien ! il saura se faire un chemin entre ce double ëcueil : il posera des fondemens et les cachera d'abord dans la terre peur ne pas inspirer de trop promptes nllarmes« Puis , chaque jour et d'une main lentement habile , il posera une pierre , ensorte que l'édifice s'élèvera insensiblement, sans blesser lesi'cgards d'une nation ^u'on sait être facile à distraire. Des réserves générales aeront le contre-poids des concessions que la nécessité lui impose* S'il a l'air d'approuver ce qui s'est faitsan^ lui i il datera ses actes de la vingtième année de son «ègne j afin qu'on puisse en tout tems révoquer en doute la légitimité de ceux qui ne iseront pas l'émanation immédiate de sa volonté* La France veut -elle une constitution f il se gardera de la lui donner sous la forme d'un cônti^at t»éciproque ^ parce qu'alors il serait inviolable des dent parts : il roctroyera , afin de pouvoir Ja reprendre. Il préludera à la restitution des biens vendus ^ par des indemnités adjugées , il exercera II cet égard sur les ckonsciences une influence sourde ^ pour

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êé dispenser de faire usage de son aatorit^, Potif rendrt son administration moins suspecte , il tolérera la con-^ duite imprudente des princes de sa maison , il se laissera gagner par eux de vitesse^ afin que tandis qu'on blâmera leur fougue , on admire sa prudence» 11 s*dtabliri| entre eux et le peuple, comme un arbitre^ un mode-* rateur ^ la haine qu'ils inspireront , lui tiendra lieu de confiance et d'harmonie ', et la crainte de lui voir de tels successeurs , fera désirer la durée de son rëgne.

Toutefois la liberté de la presse pourrait bien fair4 iJchouer ces profondes combinaisons , tenir l'opinion en éveil , donner aux peuples des avertissemens utiles et découvrir la tranchée où Ton a besoin de s^ensevelir pour marcher sûrement. La presse sera donc enchaînée ^ mais avec des ménagemens tels , que Ton ne verra qu'un sacrifice momentané dans la perte irrévocable de cette inappréciable garantie* Assuré du silence par la censure , il devient certain du succès par la lenteur et la persévérance. La contre-révolution s'opère -à tâtons,. seul moyen de la consommer si elle était possible*

Ce système de temporisation active , aurait pu réussir en effet , si la nation eût été moins éclairée , et moins intéressée à en arrêter les progrè»» Déjà l'alarme était répandue \ la minorité de la chambre des députés en avait donné le signal. L'orage se formait , il allait éclater ^ et Louis aurait été forcé de renoncer à ses desseins ou à sa puissance, lorsqu'un de ces événemens impossibles à prévoir , vint brusquer le dénouement , ouvrir une nouvelle carrière aux esprits et préparer des calamités d'un ai^tre genre* Napoléon reparaît.

On sait avec quelle rapidité commode il ressaisit un empire mal occupé par les Bourbons ; mais ce qu'on ne sait point encore assez en Europe , c*est que le peuple applaudissait plus sincèrement à la fuite des Bourbons ^ qu'à l'invasion de Bonaparte. On fut si follement satisfait d'être délivré des uns , qu'on ferma les yeux sur les dangers que la présence de l'autre amoncelait sur

la France. Elle n'eut point le temps de s'interroger* Entre deux maux , ette choisit celui qui lui parut le moindre. '

Privé dé son pouvoir , relégué à Gand oîi il régnait entre Chafeaubriant et Bellart , Louis eut de nouveau recours aux proclamations. Il avoua des fautes , il promit de les réparer. Il menaça la France de la colère des étrangers , moins redoutable que sa clémence. Il se fît un mérite du mal qu'il n'avait pas eu le tems de faire...» Le canon de Waterloo lui rouvrit les portes. Mais le peuple était encore en armes , les desseins des alliés n'étaient pas arrêtés , les chances de la guerre sont variables. Il crut devoir dissimuler encoi'e, et la fameuse proclamation de Caisbrai fut lancée.

Paris est livré. Louis est aux Tuileries. Il s'est donné des ministres propres à rassurer. Il caresse encore les esprits , parce que la fermentation n'est pas éteinte

Mais bientôt il a retrouvé la chambre introm'ablc , il a rallié le petit nombre des siens, le ministère est réorganisé, Taimée est licenciée. Cent cinquante mille étrangers veillent sur lui.

Cette fois il renoncera à une expérience \ dont le succès passe SCS forces ', et tout en s'en veloppanl d'une mwfe'rieuse bonté , il donnera un libre essor à des passions trop péniblement é(ou liées.

C'est là que commence l'histoire du règne.

Un an s'est h peine écoulé. Par ce qui est arrivé , qu*on juge de ce qu'on doit attendre. (4) Fidèle à un conseil qui lui avait été donné par M. d'Avaray y Louis a tourné contre la révolution , les formes de la révolution elle-même. (5) C'est pourquoi il existe en France, un âiniulacre de rdjprésentation qu'on ne peut appeler nationale. Encore- quelques mois et l'on verrait tomber

CCS signes dérisoires d'une liberté qui n'est plus. Déjà le sang a coulé sur Féchafaud, sous le poignard. (6) L'œuvre depuis si long- temps fnédités'accomplit parla violence. (7J On emploie , à vieillir la France , les moyens à l'aide

desquels lc3 filles d'Eson tentèrent de rajeunir leur pèrc.%,. Il ne reste plus qu*à savoirs! U cruauté sera plus heureuse que rLypocrisie l

. PRF.rVES.

(i)- Ordonnance du a4 juillet qui exile 38 individus non^jugi's.

Labédoycre a été fusillé ^n août i8i5.

Le maréchal Moncey a c!ô coiidairinc le 29 août i8i5 , par une ordonnance royale , à trois mois d'emprisonnement.

Les frères Faucher ont élé fusillés le 26 septembre i8i5.

La Valette a été condamné ^ mort le ai novembre 181 5. Son épouse a demandé \aincment sa grâce.

Le maréchal Ney a, été fusillé le 7 décembre i8i5. Son épouse tï*» rien pu obtenir de la clémence royale.

Le général Boyer a été condamné à la peine de mort le la mars 1816.

Le général Travet a été condamné à la peine de mort le 3Z mars 1816.

Le géoérnl Debclle a été condamné Si la peine de mort le ^4 mars 1816.

Commutation pour les dcu?t premiers en vingt ans de détention et pour le troislèmo en dix années.

Wilson , Bruce et Hutchinson honorent la cour d^assises de Paris de leur présence , .eu avril 1816^ et sont condamués à trois mois dVmprisonnement.

Le général Gruyer a été condai^né à la peine de mort , cq mni 1816. Acte de clémence, commutation en vingt années de détention.

Le général Chartran a été fusillé le aa mai 1816.

L^ aide-de-camp Miéton a été fusillé le 39 juin 1816.

Le général Bonnaire condamné ^ la déportation par TappUca^ lion d^un des plus atroces décrets de Tusurpateur est dégradé le 39 juin î8i6, etc. etc.

■Le maréchal Bertrand , le général Gilly , et plusieurs autres ont été condamnés k la peine de mort , mais par contumace.

Le aQ juillet , Pleignier , Tolleron et Carbonnean sont mutilés pnis exécutes pour avoir conçu Vidée d^m attentat. En mémo tevis le brave Moutoo-Dnvemet est fusillé k Lyon pour avoir eu la générosité de se constituer prisonnier lorsqu'il ne tenait qu^à lui d'échapper an« fera de ses. bourreaux.

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(a) Charte conttitutiotinelle de i8i4 , promesse de Poobli da passé , conservation des emplois et des honneurs.

(3) La France a été envahie en i8i5.par un million d^étrangera. Elle est aujourd'hui occupée militairement par cinquante mille foldats de diverses nations.

Le licenciement de T^rmée , la France n'a plua de firontièrea que pour les douanes.

Le la avril x8i5,une ordonnance royale supprime l'école po« ly technique.

LVpuration des administrations civiles , de Tinstitut , l'armée , etc. etc.

Le dépouillement du musée , etc. etc.

(4) La guerre de la Vendée est aujourd'hui reconnue légitime. La bataille de "Waterloo, et les résultats qu'elle a produits ,

coûtent à la France plus de soixante mille de ses meilleurs guer« riers.

(5) La loi qn*on peut appeler des suspeets est du 29 octobre i8i4» La loi sur les cris séditieux est du 9 novembre 181 5.

La loi sur la cour prévôtale est du i5 décembre i8i5.

La loi d'amnistie est du 1 a janvier 1816.

Le 18 janvier , ordre k !ord Kinnaid de quitter la France.

L'expulsion des militaires k demi -solde des villes où ils n'étaient pas domiciliés.

Pendant le mois d'octobre i8i5 . 9^4 officiers et a3i4 souf« officiers ou soldats à demi-solde sont forcés de quitter Paris.

(6) Le maréchal Brune a été assassiné k Avignon

Le général Ramel est mort , assassiné le 17 août i8i5. Noua ne connaissons pas la oondanmation de lemrs assassins.

Nismes pendant les mois d'août, septembre , octobre , 18x6, « été en proie aux fureurs des royalistes ou def assassins.

(7) Il est question en France de mettre en activité la conscnp^ tion de l'an t8i5.

La France doit payer 700000000 fr. en cinq ans. La contribution extraordinaire de guerre de cent millions. Kn septembre 18 15 ,• traites à domicile pour le payement df cette contribution.

Leê droits réunis sont maintenus.

On emploie tous les moyens , soit promesses , soit menaces ponp faire offrir des dons voiontaim k la garde nationale et k ioutof bs corporationst

BtÔGteA^Hm GÉNÉRALE

bBS CteSVALISRS DB L STtfGNOUK;

^EETok , k professeur àu conservatoire. Dans Vèigtf oh Ton ne connaît point encore les avantages àe Tobscorité f il dël>uta par un ouvra([è qui fit beaucoup da bruit de toutes las manières , /et dans lequel On re-^ marque les d^îTauts 'd*une fin'a([iQati6n brillante; Mais depuis il a su r<j(parer ce tort en prouvant combien lin cèmpositeur économe peut faire d'opéra^ avec les mêmes idées ^ Soit ' en les 'répétant àoit en les empruntant. Ces titres joints à beaucoup d'kutireSt Font fait nomtnet cliévalier de Pétei^hoir \ bonneiir qu'on pou<« valt d'autant moins lui refuseV que la nature ià \u% avait a^oordé d'avancé , en plaçant là décoratioà de Tordre au milieu dé son visage;

BèuiLÀîroEa « ^inspecteur des postes et jelais pont l'usurpateur et pour le roi , toujours poudré , toujours content, foufour^ prêt à partir pour Tun et pour l*au« tre , à préparer le Service pour entreï* en ^France oik pour en sortir. U est de là famille des inamovibles e^ avec juste raison ; quand on passe >â vie ^ courir la^ poste àû n^a pas le tems de prendre hn parti;

Caxuzat k ( M») , notaire connu dans la èociét^ par quelques poésies légWes qui font attendre avea impatience un gros poèaie dé sa conception; lîn. de ses anciens confrères avait mis bn vers la coutume de Paris { M. Camùzat va rendre le même service au code'civih

Cassài^s ^ (M; de). Beau danseur^ beau parleur ,| grand tacticien ^ grand politique ^ surnommé jadis à. Toulon le beau Cassàns. Là beauté passe , mais les ta^ lents restent. M;* de Cassans danse supérieurement lu fandango. On parle de lui pour un régiment* -

CAviLuçk ^(M^. de] , chief de divisioh à la cliancel<« lerie de France , chargé d^ Téipédition des brevets dé réteiguoir , autrcditBt appelés lettres de o^bleèse , tA V. 4. 33

•Uèndânt ^*tl cfbtienne pour lui un cle ces lioiMrab^ dliplomes, nous nous emjpressdbs de lui consacrer utt purticle dans notre recueil , ce qui vaut pour le moins des lettres -de noblesse^

Cbauveun ^{marquis de }• Si Phomme qui sait borner tes désirs à sa fortune nous paratt un sage ; combien , devons nous plus admirer encore celui dont Pambitioa êoutenue n'aspire qu% descendre ! D*abord ambas^ Badeurf apr^s cela tribun , epsuite préfet, puis intendant ^t enfin conseiller d'état honoraire « M. de Cbauvelin ^cst constamment fait distinguer dans ces difiérens grandes , par une conduite mâle et un courageux dévouement pour Pautorité* Ses discours au tribunat sont autant de modules de cette éloquence badine , où Part de parler sans rien dire se fait remarquer à chaque |>hrase« Il est à regretter qu'un si précieux talent ne trouve point d'héritiers , mais c'est un malheur atta<«ché k la stérilité du genre»

On don». promet de M* de Chauvelin un ti^aitésa^** Vant sur Pinutilité des visites.

Dalvassy ^ ( M« } , ex-Iégistateur distingué par son élo-* «uence peu commune et digne du plus laconique spar-« tiate : deux mots , sans plus , composent son dictionnaire» fort bien , dit M« Dalmassy dans les cas ordinaires ^ fort bUii yjbri &iie/t, quand les choses en valent la peine» On n'a pas d'idée de l'effet qu'il produit avec ces deux mots , qui expriment tout y qui répondent à tout , et toujours si admirablement comme on s'en doute» Pen^ dant que nous rédigeons' cet article , M. Dalmassy est «lié essayer le pouvoir de son éloquence dans son dé* {>artement et dire ses deux mots. Avec lui les discussions ^e sont pas longues et l'on ne perd pas son tems en naines paroles. On peut d'ailleurs compter sur \c fort "hiem, toutes les fois qu'oq proposera d'éteindre les lumières; la trop grande clarté lai fait mal aux yeux%

Dksfoktes^ ( ^^ ) 9 ancien conseiller à la chambre des icomptes , et depuis -jugft ati tribunal de première ins* ÂMUQt à Orléans^ SI Pon voulait peindre ^ sous une figure

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Btimatne , la routint » le jan^^Bisunê et tes YÏeiix pré^ jugés , on né pourrait choisir un module plus accomplf^ C'est dans la gazette de France à Tombre des lettres £• B« que ce père des ténëbres précke depuis une dizaine d'années contre cette philosophie audacieuse qui ne ridé è rien moins qu'à éclairer les peuples et à régentelr les rois. M» E« B. qui pourrait sans inconvénient prendre Une lettre de* plus à la fin de ses articles , est tin vied ami du despotisme qu'il regarde , ainsi que M. Bonald » comme un gouvernement d'institntion divine , attendu que dfeu n'est autre chose que le grand despote des inondes. Il faut que cette idée mère soit bien féconde puisque M. Desportes , qui n'en a pas d^^atitre en politique , en littérature et en morale , y trothre le texte d'une douzaine de colonnes de journal qu^il noircit tous les mois.

Gallais ^ (M.), ancien prêtre, bon père, excellent époux , modèle de toutes les vertus domestiques \ les réputations qu'il a cherché à faire aux autres ont utt peu nui à la sienne ; il a noirci plus de papier qu*a«^ «un homme vivant, au service^des journaux.

Et Gallais qui n'a pas , mais qui donne la gloire, Croit que le tort du monde est dans ton Méritoire»

au demeurant pas la moindre malice : il fait le mal innocemment , on ne lui en veut pas plus qu'an pavC contre lequel on se heurte^

Marigué ^ (M. inspecteur de Tex-universîté ). Gloire & Fun des vétérans de la littérature. Son quajtrain pour M. de Saussure lui a fait un honneur indni ^ il a mis six jours à cette création , et s'est reposé jusqu'en iSif'» A cette époque il est rentré dans la carrière par une lettre à Femperetir de Russie , dans laquelle il prouvé clairement que la France n'a pas besoin de constitution; idée hardie qui ne pouvait tombév que dans une forte tête *, malgré tout le talent qui brille dans cet ouvrage , BOUS croyons que l'auteur a plus de disposition pour le quatrain \ nous lui cojueillons de publier Bt% idées

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foUtkpeê sons c«tt« formje» «t de se reposeï^ meor^ une vingtaine d'i^in^es*.

MERCIJs&^(M^ k^, mem)>re de Tinstitnt : eniDor^mne brebis ramenée an bercail : Nëpopincènjs s'est four-* Tojë dans sa. )^un.esse v ^ tragédie à^Agamemnon sentait son anjtîqoité d'unjBr iiene ; il en a fait ptfniteiice;, Opàis ,. Pùiio. , Cafomb. , fAtlafilide doiyent obtenir • grâce, pour quelipies spènes ^e çoH^e et pour quatre métamarphoscA j Qh le malin se iait encore sentir : n*eûtr-iL fait qne SQ^ poème. physiçO'ckctricO'^himicoT' 4idactico. e'piquc , Mv Mercier ser.ait. déjà fort supérieur à Lycophrop. pour la. densité de la pens^» etàRonr aaird pt uc4'faarmonie. des yers.

PoKTALis. h M. PprtaUs est. de la coalition- d^s ténèbres. ^. depuis qu'il en eiiste une ; ce qu'il a étouffé de Iu:t jnièr.es.t. ce qja*il a empêché d'^olorelorsqiif il. était diree» teur. de la librairie est infini; mais malgré tout son zèl^. et tout ses e%rti&j Un'o. pas pu réussir encore à obsçur^cî^

SEaMENT PB& MARÉCHAUX.

. le style bitaire de cette formule surannée estceqnj; fcappe d'abord,, et^ cette^première impression. , lorsqu'on s'y arrête , déguise , sous le rid^^iUe , ce qujs le ser*» ment a, d'odieux et de perfide. En l'exhumant df^ lat poussière des archives féodales le gouvern.CQient a ob.^ tenu. le. triple avantage d'en dérober l'intelligeoce ai) peuple , d'entretenir l^e cujlte de la vieille monajfxhîe , ft d'pSrir aux maréchaux , sinon, cpmme expuse , du: moins comme prétexte , Texemple de leurs prédéces^ feurs., et cette vénération pour les usages, qui se perdant dans la. nuit des tems* Qu'on ne nous accuse point ici, àp tourmenter le. sens des ijiojts pour y puiser des argumena contre les Bourbons v ces. argumens jaillissent du plu^. simple examen* Au reste cet acte n*est ppinlt MXf^ crim^ nouveaia : c'est l.a ^uitt néce^aire d'une^

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j^thttfUe crhninette «/ cie n^est donc point ceux qnî ont txigé serment qui en portent l'ignominie \ mais ceux ' ^ui Tant prêté ^e serment qui , dépouillé de ses for^ mes gothiques et traduit en langue vulgaire^ les eût épouvantés e^x-méme». Mais «kvant d'arriver ^ ce qu'il y a de funeste et de honteux dans ses, conséquences ^ relevons jcapidement quelques détails ridicules , équivo^ ques , contradictoires, , çt complèteii^ent inapplicsîbUft aux mœurs actuelles^'

Vous [ures à Dieu sur la foi tt Ui ^ue tenez de tuù Quelle est la foè que nous tenons de Dieu ? Ua catholique , «h protestant , un juif, promus à la di-» fnité de maréchal, tieiment^ils également leur foi dé Dieu même l Et sî ceux* là qui furent sur la foi font profession de n'en avoir aucune , leur incrédulité , ^'infirmeot-^elle pas leur serment ? £e roi ci - pré-^ sent. Ci •* présent \ On n'est donc pas engagé envere son successeur quelle que soit sa légitimité? Ou bien Von n'est engagé envers le roi même, qu'en tant qu'il est présent , et si la fuite du 20 mars se renouvelle oa ^•est pas tenu 4e 4^^^A4re le rpi qui n'est plus présent ? Vous veillerez à la forme de aivre des gens de guerre* Puisqu'il est dit plus haut ; P^ous les forez vivre en bon ordre , justice çt police \ il faut donner à cette locution ifotme de viure une interprétation différente de bon ordee , Justice et pojice^ Or si l'on remonte au tems oU ce serment était ei\ vigueur ^ on verra que forme de viure pe signifie autre chose ici que pratiques reli^ieUfSes. \ \ts, niilitaires qui se rappellent quelles étaient alors les pratiques d'une religion exclusive et persécutrice , doivent compter , si les maréchaux sont fidèles h. leur serment, sur uAe discipline d'une espèce bien nouvelle pour eux. Terminons cette analyse fastidieuse , car il n'est pas un mot qui n'offre un texte aux' plus pstes critic^ues , en faisant observer cette con< tinueye répétition : ledit seigneur , de lai , de son royaume , chose qui lui soit prc^jndiciable , à sa solde , ^çs ordonnances et , ferez et acco/np lirez entièrçnieni

Digiti

ÈÊUt «f fut ^féus sera ordonna selon ieettés , iit^ ^ etc. y. etc.

Qtioi fut î encore hii l toujours lui î et , pas un mot ie la patrie. Mais , dites-rou5 ^ on prêtait bien autrefois ce serment. Outre que ce fait n*èn fustifîe pas la teneur , outre qutia abus ne cesse pas cTétre un abus, parce qii*it est ancien , nous trouvons dans son ancienhetë même ^argument <|ut en démontre ta perfidie» S'il convenait aux mœturs et à la politique d'autrefois , il est absurde d^n faire usagé aujonrdTbui que ses mœura et la politique sont changées^ s'il convenait i^ des prin^ ces absalus et il des sujets serfe , U ne ccmvient plua à de^ princes oonstitutionBcb et ^ des boinmes^ libres : ainsi oa cette fonmile n'a pas de sens et n'engage % rien , on uous devons la> considérer comme un» déclaration autbentique par laquella les institutions noi»* ▼elles abrogées de fait ^ le sont aussi de droit ; pai^ kqueHe la cbarte octroyée elle-diéme est regardée eonme non avenue ^ par laquelle enfin renaît en 1846^ Fantique monarclwe de Louis XL

Aussi le mot charte n*est pas prononce une seulo^ fois : e'est le prince , c'est Itii , c'est lui seul , c'est lui individu dont les maréchaux ont juré d'esb^cuteret de faire exécuter non pas les lois , mais les ordonnances. Les maréchaux ne sont donc pas de Leur pro^ pre aveu , les hommes dé la patrie , mais les hommes, iea satellîtés , /es gens du souverain. Bonaparte lui-même n'a^ avait pas osé pousser l*impudeur à ce point : les maréchau!t juraient fidélité à l'empereur et aux constitutions de Tewpire. Aujourd'hui Louis xviii peut à son gré disposer des. maréchaux et les réduire à ralternaiive de violer tous les droits de leurs concitoyens , ou de violer leur serment ^ de marcher en armes contre les représentans miême de la nation , ou d*étre parjui'es audit seigfieur. Elk un mot les maréchaux ont déclaré h la face chi monde ^ par ce serinent , qu'ils n'étaient plus que les exécoteoG^ des hautes oeuvres «

Googk

Uartfcle par lequel ils s^en^agent 3i Remplir les fone^ tions de délateurs , serait maintenant un sujet de re-^ proche frivole; ce qui est ignominieux pour des miKtaire^ français devient u» devoir pour des complices à Tégard 4^ leur cheïl

CHRONIQUE LTITÉRAIRR fiiks ; par A. F^ Amault , (i) cC aucune académie^

IV AATIGLE» '

Faîtes tout vot v«r8 à iPaHs , Et u^allez pliu ea AUemagn6%

Quand Voluire donnait à> Jean - l^aptiste • Rousseau «et avis plus spirituel que fondé, il était encore permis de fcire des vers à Paris sans.cotirir le risque d'éti*etrtf- Am\ devant une cour prévStale , ou iacaivéré comme auspect. Le despotisme de Louis le J^/en^aiVne était tem^ pire du moins par des chansons* Mais hélas l ces beaux Jours ont fui loin de nous ! on ne citante plus depuis la dix-neuvième année du règne de Louis le désiré ; le despotisme n'est tempéré aujourd'hui que par la c/e'mence ^ M. de Case occupe la place de M« de Saisines , et les poètes français n^nt plus le droit de prendre la plume que pour célébrer les vertus de la famille royale. Il est donc évident qu'il est devenu ab- •olument impossible dejiure ses vers à Paris , et que le principe posé par Voltaire n'est pas applicable à notice époque. Ce n'est pas assez *, il faudrait prouver encore qu'on peut faire d'excellents vers ailleurs qu'à Pari&..«.« Me voilà arrivé aux fables de M. Arnault. .

Laquelle citerai-je ?•••• faigle , Paiglon et te so/eil au roi de Rome ? Non. L'Oracle m'accuserc^it d'être un bonapartiste* Le bon grain et le mauvais grain aux 0mis qui ine restent P M. Auger serait homme à

(i) A Brufelltfs^, chez Lecharlier , libraire, montngne de Ift Cour , De Mat , Grami' Place y 9t Waklcn , roa de r£véqut. Prix : 4 £raocs*

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croire qne f ai votdvi jouer an mauvais tonr \ cem qa\ dînaient chez M. Arnault en i8ia ^ et qui l*ont dé^ Doncé çn i8i5. Ferai-je connaître là fable ite taigh

et du chapon ? qu*il se trouve par hasard à la Chiné

bu dans je royaume de Afaroc quelque prince qui ne soit pas un ai^le, et me voilà une mauvaise affaire sur les bras. Si ]e transcris ia crOcht et hi hcnueilU , M; Hubin va d'abord nàe demander raison de cette in* suite personnelle. Comment faire ? Ne trouverai-je donc pa& dans ce recueil une èeule fabfe dont le titre même fie soit pas une épigramme ? Voyions , feuilletons bien.. •» le ciel sôit loue ! £n voici une qui ne saurait offenser les plus susceptibles t Us tlieux jouant au colin nuUt^ iard II\.n.. Je ne risque rien de citer celle-là. Les dieux sont en gënëral d'assez b^ns diables \ on ne se com<^ promet guères avec eux \ ils n'ont pùiht ici bas d'am^ bassadeùrs charges de persécnter en lenr nom lès écri^ Vains qui disent la vérité.

Dans roiympe on s^ennure, y praset-Ttms , gmidi dienxl — Oui, messieurs , oui j'y pense et je Teàx lé redire : Dans rOlytnpe on s^ennuie ainsi qu'en d'autres Ueox

Qui souffircnt peu le mot pour rire.

Dieux d*en mut , «lieux cl^en bas , yous jettes qnefqatfoit Des regahls éuvieux sur la Csinge où nous'sommes^ U est beaU d'être dieux , U est bon d*étre rois i Mais il est doux par fois d'éUre hémmeè. Jupiter le pensait ainsi ; Un soir libre de tout souci ^ Voulant se divertir sans user son tonnerre ^ Or ça , dit-il aux dieux , amusons nous ibi

Gomme on s^amuse sur la terre.

Momus , un jeu bien gai ! ^ bien gai ! dit 1 «griilAr<l ^ Qui des j^ax dans sa tcte a iôut le k*<fpertoire. Jouons un jeu d'enfanâj si vous voulbi m^ett troir« ^ous ferons un colin maillard.

En quatre mots il fait connaitro Le jeu leiresire à la céleste cour ; Comment on prend , comment ou est pris tour-à-tout. Junon prête un mouchoir \ c^est au plus jeun« k Tétrç^ Le plus jeuuc c'était Famour. -^

LVufaut <£ui dêjtni'y \oit gouttf 4

yG#ogle

tJn voUe de pla« «ur lef yeux > , ^

Va tl'u^ cAt6 , de Tautrc ; et les éclats joyeû* ï)c l'Olympe ctônoé font r«teutir la voàtc. Les di«ux qui riaient fort , comptaient rite encore pltlt Quand notre espiègle eût mis la mka sur la justice» Cet autre aveugle au jeu n'entendra pas malice ; £1U est U pour long-tems , disait sur-tout Homiift*,

11 se trompait , elle entre en lice , >

Et dèi le premier pas elle attrapa Plutui.

Celaî-îà devait-il s'attendre

A sortir jamais d'embarras ?

Il est quelque peu lourd. Venus , ta m^'approtadras

Gomment il a fait pour te prendre.

TèA relu dans Lafoûtatoe la icharmante fablô de Pà^ mour et la folie , et je ne sais pas décider de quel €Ôtë est l'avantage , soit pour la délicatesse de l'allé*gerie , soit pour IVlégance de l'expression , ou la finesse de !a moralité. '

Les fables de M. Arnault ont touteà un cachet origi* nal', ce qui ne veut pas dire qu'elles aient toutes lô mèoit degré de perfection. La médiocrité seule n'est jamais inégale. Lafontaine a fait la cigale et là fourmi^ le renard et le corbeaa , et quelques autres encore que àes critiques sévères lui ont beaucoup ti'op reprocbées*. Il n*en est pas d^utt recueil d^opuscules détachés comme • '4d'ùne composition unique^ Telle feble de Lafontaine vou» parait faible et triviale. Supposez qu'il ne Tait pas faite; fen sera-t-il moins l'auteur dû clhêné et du roseau ? La. fable du Jrofnage est indigne de figuirer k côté de (Jello que j'ai rapportée plus haut : j'en conviens^ C'est donô la seule que vous ne i-eiirez pas ^ mais vous relirez^ dix fols tes sabots d\s polichinelle ^ la plume et tépée ^ te hanneton , la débâcle , lajeuille , le colimaçon , /<?i lieux bambous , et cet épilogue aussi noble qu'in^é-^ iiieux où l'auteUr paye le tribut de sa reconnaissance '%. nn peuple libre et hospitalier gouverné par un prince tiberaL

J'ai dit que les fables de M. Arnault avaient le mé^ rite d'offrir des moralités absolument neuves -, je doia • V. 4. 38 '

excepter r insecte utile et t insecte nuisible qui m*a^a?a reproduire un appercu saisi dé\k depuis loag-tems ] d*un iiutçe €Ôtë la moralité qui se déduit de Penfant ^t du /re/9/1 «ii'offre-t-eUe pas une contradiction réelle avec la leçon tirée de la fable du lésard et de la vipère f J'abandcmne ces observations à la sagacité de M. Arnault , dont je ne crois pas pouvoir mieux louer le nouvel ouvrage qu'en le signalant comme le plus distingué de tous ceux qui sont sortis de sa plume.

L'auteur a placé à Ja suite des fables un assez grand nombre de notes : une analyse de journal les ferait mal connaître \ il iaut les lire : elles font rire et penser. -

VHermite du Brahant.

BOUCHE DE FER

[ — Nous ne voulons pas la mort du pécheur , et nous consentons de bien bon cœur à ne plus nous moquer , de rOracte. On nous apprend qu'il a mis tous ses ou* vriers et ses rédacteurs à demi^ solde. On nous assure tnéme qu'il est convenu avec cette grâce simple et naïve qui caractérise la plupart de ses articles , que depui»- 'trois mois il lui est survenu 800 abonnés de moins.

La discussion obligée des journaux de Paris sur le

sens qu'on doit attacher au mot ultra-royalisme prouve combien Louis xi + vu veut en revenir à un système de modération et de douceur. Ce qui le prouve. bien mieux encore c'est que la justice , pour me servir de la J>elle expression du meilleur des rois , continue â^ax*olr concours et qus les poignets et têtes tombent tout à-la-fo«

Les journaux français qui ont conservé un reste

de pudeur, particulièrement le Constitutionnel, ontrapporté en peu de mots l'horrible exécution de Pleignier , ToUeron et Carbonneau. La Gaiette de France et la Quo- Cdîenne se sont complues dans tous les détails du sup-^ ^lie*. L'Oiâclè a fidèlement copié ces deux feuilles.

— Xa ChroniquiK de Parîfl a eopi^ mot)^ mot, popi' donner une idée de l'esprit public eu Frçince , un da nos articles du Journal des Bruits absurdes. C'est un plagiat que nous lui pardonnons d'autaut plus volontiers que la Chronique^ de Paris est la source principale oii nous puisons ordinairement ces sortes de bruits.

— Le rapporteur du second conseil de guerre , le sieur Viotti, vient de recevoir pour prix du sang de Labé^ do j ère , la décoration de Tordre royal et militaire de Saint^Louis.

Tôt on tard le métù» a son juste salaire*

— On a regclrdé comme un acte de justice et d'hu«* fiiiauitë ( nous dirions, nous, de repentir j la permission accordée par le gouvernement au général Wilson de sortir de la force pour aller voir sa femme qui était daa<« gereusoment malade. Quelle errçur I C'était un marcbë qu'on voulait faire. Il n^est sorte de démarches que le duc de Richelieu n ait faites pendant ce tems pour ob-tenir de la part du général une lettre de remercîment au meilleur des rois. Par là on aurait prévenu l'effet de toute publication ultérieure. Mais sir Robert Wikoa s'y est constamment refusé ^ il aurait dit plutôt comme cet ancien au tyran de Syracuse : qu'on me rerriène aux carrières*

' — Il ne tient pas à la police que le système de du-, plicité et de mensonge organisé pour la France ne s'étende chez l'étranger. A la poste on décacheté toutes les lettres qui sont adressées hors des frontières et l'on brûle toutes celles qui donnent les moindres détails sur la situation» de la France. Aux seuls journaux est ré^ serve le droit de faire connaître l'esprit public des Fran-» «gàîs. Delà toutes ces jongleries des feuilles publiques pour donner le change. La dernière , celle qui fait Je plus (fhonneur au génie inventif de M. de Cazes ^ c'est la publication d'une correspondance saisie entre le soidisant colonel B. et un agent des troupes alliées. — JLe rédacteur de oet i^rticle a |^u n^e franes de grati"-^ dation..

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^-Lef fonmanx de Parîs et en particulier le Jouira Hal Général, racontent d'un ton moitié grare moitië plaisant , les grands détails d^une conspiration imaginaire , dont le siège était la Vendée , et l'inventeur un nonimé Slanchart. Aux noms près le fait est exact. Cette conspiratfon nVst autre que celle dont il est question dans le poi*te~feuille de Louvain , qui a été concertée entre Mr. de Caze et le propriétaire du porte-feuilleat Mêmes termes , mêmes offres , mêmes moyens. Allez ^ allez Mr. de Caze , le piège est trop grossfer y percez» jnou5 en d'une autre

" — Le ministre Clarke qui a reçu tour-à-tour les noms de comte d*Hunebaurg et de duc de Feltre , vient d'être surnommé 4e maréchal d^Ancre. — Est-ce une plaisanterie ? Est-ce une prédiction ?

— La Gazette de Franjcc prétend que les Franç^ais réfugiés à Bruxelles ne sont reçus nulle part \ que personne ne veut les voir *, qu'enfio ils sont astieiats aux mesure» les plus rigoureuses de police. La gazette est bien sure de son fait. Elle tient cela d'un personnage de la plus haute distinction. La gazette a choisi pour nou» conter cette nouvelle le moment même oii les gouverneurs des provinces belges recevaient iineinstrnctiontoutecon^ traire. Un personnage dek f^lus grosse distinction est parti pour le lui annoncer.

— Un particulier s'ennuyait dernièrement à l'éternelle partie de chasse de Henri IV et bâillait de tout son cœur. — Que faitesrvou^ , monsieur , lui dit on de ses voisins ? Je bâille monsieur. — Celte pièce apparemment n'a pas le don de vous plaire. — Que tou& importe ! — Les allusions en faveur de notre bon roi àe sont pas du goût de monsieur. — Pas pbis que vos remarquer et notre homme dç bâiller de plus belle* — Il vous serait facile d'être plus poli. — Et vous si^ns importun. — Savez-vous qui je suis ? — Dieu ïn'en préserve! — J'appartiens à fa famille des Montniorency. — Et moi, répliqua notre bâilleur à cellft des Ba^ard^

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HENAGERÏÊ AMBULANTE.

Les nouvelles de Paris annoncent qu*uae ménagerie qu'on y voit depuis quelque tems, en partira incessamment pour faire une nouvelle tournée en Europe. Elle est nombreuse et composée d'animaux singulier^ , mais plus curieux par leur monstruosité que par leur beauté. Aucun d'eux n'est de nature franche. - f^. Une espèce de solipede participant comme le mulet de la nature du cheval et de l'âne. On le croirait neutre comme lui , s'il n'avait eu long-tems la faculté de se reproduire. Quoique vain et entêté , il se laisse mener par des femmes et des valets ; on n'a jamais pa cependant le mener à la bataille. Il a des allures de cheval anglais et porte au vent, mais il n'est pas sur et est ruiné sur le devant. Sa tête est toute ganache. Il a été élevé^dans les écuries de Versailles. Ce n'est pas un Normand comme quelques gens voudraient le faire croire* Mous savons ii n'en pas douter qu'il est d'Artois. Si vous ne tenez pas cela pour vérité, prenez-Iepour ua conte.

2*^. Deux espèces de gallinacées. L'une de ces volatilles ou de ces volailles ressemble à une poularde qui n'est pas grasse , et l'autre à un chapon maigre. Leurs cris sont désagréables. Ils ont des goûts plus tracassiers que belliqueiix , et se battent avec plus de fureur que de courage , et de perfidie que d'adresse. Il leur faut pour vivre de la chair indépendamment du grain. Ils mangent beaucoup et ne pondent point. La femelle , si l'on en croit les savants , est de l'espèce des chouettes , et le mâle de celle des ducs.

3^. Un papillon à couleurs changeantes qui parle , mais qui h la vérité ne raisonne* pas. A tout ce qu'on lui dit, il répond (^/Ve le roi» Je ne sais si cet insecte ami des plaisirs , a été décrit par les entomologistes ^ an reste , ce n'est pas dans les gros qu'il faut le chercher , mais dans les menus.

4^* Un Jïssipède , espèce de bélier à poil de bouc , à cornes de cerf, autant qu'on peut en juger sur les apparences , ses cornes ûe faisant q^e poindre j anipaai

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bnttml , lascif ^ Tôrte« , frugirore , eipiÎTore ^ avide de liquf ars fermentëes , mais hjdrophobe même en état de santë. Il faut se garer de ses coups de tête et de sea coups de pieds , quoique dé fait il ne soit pas da tout malin. ' Il a des goûts abjects et ne se plaît que sur le fumier. Quelques personnes ont entrepris de le dresser. On n'en a )amaîs pu rien faire. Il n'est propre à rien.On a. pourtant trouvé utile de l'appareiller. Beau-* coup de gens spéculent dé]k sur la fécondité de la pauvre brenis qu'on lui a livrée , et fondent leur fortune à venir sur la multiplication de cette nouvelle race de Berri.

5^. Un autre mouton k toison noire , aux denta efgiies , aux pieds armés de griffes et divisés en doigts» ce qui lui donne comme aux procureurs et aux chats Wfatculté de saisir, et de retenir. Il prend vdlontiera Fattitude d'un bipède ; doué comme l'homme et le singe du mouvement de rotation , il agite souvent sea pattes de devant h l'instar de l'avocat qui plaide» et rend des sons quasi articulés, comme ceux de l'avocat qui pade.^teêler est sa manie , comme plaider était celle, de M. Patelin. C'est ce qui a probablement déterminé les naturalistes à le nommer le bélard , comme on nomme un avocat qui parie trop un bavard^ et pour le distinguer des autres bêlants et particulièrement des mautons avec lesquels il a de nombreuse» aflinités*

6^. Une • bête de somme noire » aussi aux oreilles longues , h l'échine forte» à la voix rauque et retentis^ santé. Souple avec Fon maître » auquel elle rend toutes sortes de services , elle est rpgùe et récalcitrante avec tout le monde. On Ta pendant quelque tema chargée au-*delà de ses forces ; ce qui a obligé son pro^ priétaire de Tenvoyer paître pour se refaine avec la mule du pape. Ce quadrupède qui a vécu long-tems en Angleterre, a r}uclque ressemblance avec l'/^nimal que le» poëtes épiques appellent onôgre-, cette conformité et sa couleur lui ont sans doute valu le nom de hlack as (âne noir) qn*il n'a paà perdu en France.

7^. En fhît de ctnards on sait qu'il en est de mu^ ^ues. En fait de dindons, il en est àiAmhrayl (*) On voit dans la ménagerie eu question , un dindon de ce genre, qui ne glousse jamais que pour finir le gloussement commeneé par un autre ^ ce qui rappelle cette phrasé bannale, mon chancelier 90us dira U reste.

8^, On y voit aussi une espèce de veau qui beugle dès qu'il voit une figure nouvelle , lèche les pieds de tous ceux qui se présentent, et cela pour ne pas changer de place. Cette pauvre bête ne peut pas se soutenir quelque effort qifelle fasse. On ne sait pas , vu la litière et le foin qu'elle gaspille , pourquoi on ne Ta pas tout-à-fait mise à la porte. Sa robe e^t assez sale. C*est probablement parce qu'elle n'est pas de couleur décidée et que le bianc est une couleur négative , qu'on l'appelle le Veau-blanc,

9^. U y a plus d^un âne à la foire qui s'appelle Martin; on ne s'étonnera donc pas de trouver sous ce nom y dans la ménagerie française, un âne de la race la plus ignoble, li descend» dit-on, de celui de Silène; aussi boit-il, brait-il à outre mesure, suifit-iL de lui montrer une pinte pour le faire chanter. lisait, «u fait, plus d'un tour, escamote assez habilement, connaît l'heure qu'il est, et aime mieux le pain que le chardon , et le vin que l'eau , ce qui le fait passer aux yeux de quelques personnes pour âne d'esprit. Il y a entre lui et i^s ânes cette ressemblance qu'il porte la croix. Mais il y a entre les ânes et lui cette différence qu'av Jieu.de la porter comme eux sur le dos, il la porte sur la poitrine comme le chevalier Gail ou le chevalier Jaquelin* C'est pour Iç distinguer du commun des Martini que l'on a ajouté au npm générique une épithète assortie à ^^% mceurs et qu'on le nomme Martin-Vil*

lo^. Un vilain roquet écourté , efflanqué, et hargneux. Il a passé long-tems dans le nord pour enragé; X^nu en Françç on l'a laissé vivre parce qu'on y |i

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reconmi qti*il buvait» Cet animal s'attaque ik tout 1«^ diunçle et ne craint pas le bâton* L'odeur de la jpoudre seule le fait trembler. Au reste avec un morceau de pain , on en fait ce qu'on veut , on le fesait sauter pour l'empereur, on le fait sauter pour le roi, on le ferait sauter pour le diable. Il se dpnne pour Da-^ nois j mais il n'est au vrai qu'un pauvre chien de Malthe brun*

II*'. Un ruminant ^ m^sse ëpaisse et informe, rivalisant sous ce rapport avec le rinoc^ros, Thippopotame et l'éléphant. Il n'a pas une trompe comme ce dernier, mais un pied de nez; d'ailleurs, plus rusé qu^adroit, plus dissimulé que doux, plus lourd que grave, il n'a ni l'habilité ni la générosité qui caractérisent l'autre colosse. Doué du don des larmes comme le crocodillej, il en use dans le même intérêt. C'est une image vivante de l'égoïsme duns toute sa moufitruosité. Condamné par la nature à la condition du bœuf qui ne peut être qu'onc/e , il n'a pas d'enfant •, il est omnivore et d'un entretien ruineux. On ne savait depuis' long-tems ce 'qu'il était devenu, lorsqu'un beau jour on l'aWu reparaître. La gravité de ses attitudes jointe ^ l'énormité de sa cprpulance en impose à beaucoup de personnes qui croyant que le génie d'un animal est en raison directe de sa masse , se prosternent devant celui-ci comme le Siamois devant l'éléphant blanc et l'ont proclamé roi des animaux. Peut-être ont-ils rai** son! On montre celui-là pour un Louis.

Suit une foula de bétes, grimpantes, rampantes, vo«* lantes, bétes de volière, bétes de cages, bétes de loges* bjétes de cases; et surtout quantité d'étournaux de buses , de butprs , de dindons et force bécasses ; animaux bavards, criars, piaillards^ pillards; animaux qui n'ont rien de curieux et ne sont propres qu'à figurer dans une basse-cour, oïl ils font nombre et cortège. Comme ils ne valent pas ce qu'ils coûtent , le maille f;st disposa à s'en défaire à la première occasiop^

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nr— VOLUME, — uaiB iSiC

LE

RÉFUGIÉ

Le petit bonhomme TÎt eooore!

SOMMAI&E

tTrst an moment du partage que Us vainqueurs se désu^ nissent. — Lecture séditieuse» ~ Berchoux , Brîcogne^ Cuvelier^ Piis , Ro^ , Royer^Coitard ^ Sémonville. • Désaveu iPun pairm — La condamnation des braves» •— La grâce dun brigand» —^ Quelques caUmbourgs»

— Naiveté i un soldats — Nouveau plan de finances» -— Quelle est la plus grosse iéte P — Chalet défrise^

— OiâU prophétique»

TABLETTES HISTOBIQUES.

Dans un avenir charge dVvënemens j chactin place hardiment ses conjectures , et les conjectures se ressen-* tent de la trempe du caractère de chacun*««*.LapoU«-> tique moderne a enfanté tant de résultats disparates , ifuele cercle des possibilités semble 8*être agrandi. Commo depuis un quart de siècle on s*ejt plus attadié à étonner ^*à satisfaire , on dirait que les présages les plus outr(^ «ont ceux qui doivent s'accomplir* Comment arriverait* il quelque chose de naturel et de juste , après ces bou<« leversemens successifs , qui ont trois fois changé la face de l'Europe ?

Voilà par quels raisonnemens les esprits vulgairtt •e laissent entraîner à croire vrai , ce qui n^est pas SCQ^ lement vraisemblable.

Ils ne sentent pas qu*ij s'est &it depuis peu uM Hit

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t'olutîon d.ans le système européen et qnc rambîtion elle** Étiéme a dû changer de route. La gloire militaire est usée. Biea ne peut faire désormais oublier les grands succès et les grands revers dont nous avons été témoins. Une victoire n'ajouterait rien à la réputation d*un prince, et né distinguerait pas un général de la foule de ceux qui ont triomphé avant lui* Le courage est devenu si commun que ce n'est presque plus une vertu. La vertu est deyenue si rare , que le vrai courage consiste à la pratiquer* Les hauts faits d'armes peuvent Lien un moment faire absoudre , par les hommes faciles à éblouir, la violation éclatante des traités , les surprises , le mépris de la foi publique et l'abus de la force^ mais le prestige cesse , quand la fortune, par un de ses caprices, nous fait voir en poussière le colosse qu'elle avait élevé. Ces grandes leçons n'opèrent que pour un temps , il est vrai : leur souvenir s'affaiblit , et l'on voit , à des intervalles marqués se reproduire, sur la scène du monde, l^ mêmes passions , les mêmes catastrophes. Mais <;'est seulement lorsque la cendre est refroidie , qu'on ose reporter ses pas. Quand les événemens se touchent , ils y diffèrent nécessairement.

La guerre a eu pendant dix ans pour objet , un sjs^ tême déréglé d'envahissement et de destruction. On jouait les empires sur le champ de bataille. On vendait les bommes pai* les traités. Les résultats d'un pareil systêmeue pouvaient être stables. La force est toujours re^ lative : dix opprimés sont plus forts qu'un oppresseur ^ et comme l'oppression fait naître la nécessité de s'unir , tôt ou tard on parvient a lui arracher sa proie.

C'est ce dont une expérience récente a dû convaincre tous les bons esprits. Aussi a-t*on vu d'autres idées présider aux dernières transactions politiques , et com-» mander la conservation des traités. Si une égale sagesse avait été apportée à leur organisation , l'Europe aurait déjà retrouvé son équilibre , et de nouvelles allarmeg n'empoisooaeraieut pas ujae pnix êi péniblement oli^ (eaui*

Il ne sûflît pas de respecter l'intégrité du territoire »• iâ faut encore ne pas offenser Tindépendance des nations et leur laisser choisir un régime convenable. Un peuple n'est pas moins humilié de se voir imposer un soave^ Min qu'il désavoue , qu'il ne le serait de voir sts prt>vinces passer au pouvoir du vainqueur. Ce procédé n'est pas un moindre abus de la victoire. Prendre pour soi ^ eu donner à un autre , c'est toujours disposer t dans l'un ou l'autre cas on trouve les caractères de l'usur-^ pation ; ou bien il faut dire que Napoléon n'avait pas «surpé Napies , et l'Espagne et la Westphalie.

La faute est donc toute entière dans le rétablissement' forcé d'une maison qui n'avait, pour régner , d'autre titre que d'avoir régné autrefois , et qui , par l'emploi qu'elle fait de sa puissance » prouve; bien qu'elle n'était pas digne de la recouvrer.

Cette faute est sentie , et ceux qui l'pn commise ont eux-mêmes à s'en plaindre, parce que du défaut d'accord entre le prince et la nation résulte l'impossibilité d'ac^ quitter des engagemens Solemnels. On achète la libertéavec joie, et rien ne coûte pour l'obtenir. Mais payer

l'esclavage ! c'est un sacrifice auquel on ne peut se

résoudre.

Cependant .il est juste que les traités s'accomplissettt. La France n'est pas au-desaous de sa dette j mais le gouvernement est au-dessous de la France. Il ne peut exister entre elle et Inique des rapports de contrainte qui sont exclusifs de toute volonté. Chaque citoyen s'i* . sole et refuse à une famille* les tributs qu'il offrirait avec empressement à la patrie. Ce ne sont pas les condi«* ttons du traité de Paris que l'on repousse^ c'est la domina* tion des Bourbons. Leur honneur seul est engagé envers les puissances , parce que c'est à eux que k Franee a été livrée , parqe qu'une stipulation souscrite en leur nom n'est point une obiigatîou nationale. Or dans leur» mai ns la fortune pubiiqiie n'est autre chose que le produit des recettes ou des opérations du fisc. Un gouvernement est toujours pauvre ^ quand U ne peut pas coBipter^

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^«iiâlesmomêiits eritiqnes, Mr Tappal des Ibrtiitief ptr» tiealiires. Le discrédit croît tous les jours , i'exportatioit des capitaux s'opère dans une eCrayante progression ^ bientôt an don de la couronne, il faudra joindre le don d'une besace, et telle est Taversion du peuple' pour iea mattres qn'on Ta forcé de recevoir, qu'il n'y a pas même de place k la pitié«

An milieu de la stupide ivresse qui préside aux dé«* libérations des Tuileries , on a pourtant fini par s'ap-* percevoir de ce danger* Les Bourbons ont beau dire ^ue les peuples iontjhits pour les rois; le moment vient cdr les rois éprouvent qu'ils ont besoin des peuples* Ce noment est venu. On voudrait déployer un appareil mt-* litaire ? on ne trouve pas un soldat» Les vieux braves préfèrent une mort volontaire ii la honte de les servir* On voudrait subvenir aux besoins énormes du trésor? IiWs*enfonit , chacun déguise sa richesse , les plus vives excitations demeurent sans effet* Point de générosité sans patriotisme* Les Bourbons ne sont que les conducteurs d'un troupeau d*esdaves* Il n*y a rien ït attendre d'une nation avilie* La France l'a été, non parles Aé^ eastres de ses armées ; assez de trophées avaient pré« paré la consolation de sts revers \ non par l'occupatioâ xnomentanée de ses provinces ) assex , et trop long-temps ses légions avaient inondé l'Europe \ non par sa détresse Hctuelle; la nature et le génie de %es habitans lui ont tnénagé les moyens d'en sortir; mais parce qu'elle a été contrainte \ subir un joug abhorré , et que les promesses des souverains ont été éludées par une ignoble in«i trigue*

Pour vaincre cette léthargie , on a imaginé de semer répouvante d'un mal plus grand* On publie qu'à dé-^ faut de paiement des indemnités , la France sera démem-hrée^ Dans d'autres tems et sous une autre domination , eette mesure aurait excité un soulèvement général. On aurait vu la France se grouper autour de ses Lares et vouer tous %eÈ enfans à la défense de la patrie* Mais %ia donc est la patrie f oU sont Ici signes révérés qui

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ge drfployalcint nagn^ve» pour sa gloire et «on faliitf II n'y g plus que des maîtres et une livrée. La France sent bien qu'elle existe; mais elle sent qu*elle n'existe pas pour les Bourbons* Elle a bien le sentiment de sa di-* gnitë; mais elle le comprime, parce qu'il contrasterait trop avec sa servitude présente» Sa pensée est \outtt dans revenir,

£n proie à des douleurs Intestines , la France peut-» elle être sensible aux affronts qui lui viendraiendt du dehors ?

D'ailleurs si elle est privée de sa liberté , elle ne l'est pas de sa raison* £t il ne faut pas de grands efforta pour se convaincre que ce bruit n'est qu'un stratagâmo employé par la cour pour exciter une haine plus forte que la haine qu'elle inspire. Elle n'y a point réussi » et si elle explique bien le silence profond dont cette ru« meur a été suivie , elle doit savoir que si on peut fléchir devant elle , on aura du moins le courage de ne pas la défendre» Autre chose est la France , autre chose rhéritage des Bourbons*

Cette chance du démembrement est évidemment im-^ possible. " '* '

Quel en serait le prétexte ? l'infraction du traité du ^ novembre? Mais à qui pourrait^on l'imputer? au gouvernement seul* Eh bien I qu'elle soit vengée. C'est aussi Iç rœu des Français. Il serait injuste de les rendre victimes de l'impuissance du gouvernement , qui devrait prévoir que le despotisme engendre la stérilité. Dira* t*on que la nation était obligée par le fait , à indem* niser les vainqueurs ? Mais les vainqueurs avaient aussi promis de respecter son indépendance , de ne point s*i« nitier dans son organisation. lia avaient proclamé qu'ils ne faisaient la guerre qu*à |in seul homme , et qu'ilsprotîïj[eraient le vœu général. A cei conditions , la France reconnaîtra quelle est obligée ; elle se précipitera au^ devant de tous lea sacrifices » elle croira i>*y soupetire

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cti retour d'un bienfait , et les étrangers emporteront k la fois ses trésors et sa reconnaissance. En un mot c[uVn taisse à la Franee ses immunités , ses lois , ' les

souvenirs de sa gloire, la liberté é elle sera toujours

assez riche et n^aura rien à regretter. Mais qu'on lui enlève tous ses biens , les seuls dont elle soit avide ; et qu^on lui reproche de ne pas livrer le peu d*or qui lui rçste!

Avant de prendre des provinces il est juste d'examiner s'il n'existe pas d'autres moyens ^de se procurer le paiement de la dette. Qu'on se reporte au moment oii, après la seconde abdication de Napoléon , la France offrit de stipuler pour elle-même. Etait-ce pour les indemnités que l'on insistait ? ne convenait-on pas qu'il fallait supporter les frais de la guerre? n'a-t-on pas dans cette occasion manifesté une sage résignation ? Il n'j a qu'une

condition h laquelle on n'ait pu se résigner et c'est

celle-là qu'il a fallu subir. Qu'on la supprime et les autres seront Cdèleraent accomplies , parce que le peuple et le Souverain qu'il aura choisi n'auront qu'une seule volonté, et qu'alors les moyens abondent.

Le démembrement serait aussi funeste à l'Europe qu'Jk la France. Il n^enrichirait personne et diviserait tout le monde. L'exemple d'une, grande nation effacée , serait , dans un siècle belliqueux, un aiguillon pour Fambition et un prétexte pour l'audace. Il .n'y aurait bientôt plus de limites , et chaque peuple devrait trembler pour ses foyers. On n*a point assez dit que la France est un contrepoids indispensable , et qu'on ne peut remplacer. I>ans la chaleur du ressentiment , on a pu concevoir une pareille idée; mais née de la vengeance, elle s'est évanouie au retour de la raison. Des quatre grandes puissances , deux ne peuvent y prendre part , et les deux .autres doivent éprouver le besoin de se concentrer au lieu de s'étendre. On se plaint aujourd'hui de n'avoir pas encore trouvé le point de repos. Que serait-ce si Ton ouvrait cette souree nouvelle de débats et de ri- ▼itités i

. Enfin de ce que le démembrement s*op^rera!t au jôqF'-^ 4*hui peut-être sans opposition , il faut qu'on se garde de conclure qu'il serait durable. Pour quiconqu^'oon* sait la France , il est évident qu'il est plus facile de la détruire que de la démembrer.

L'homogénéité des différentes parties de son teti^itoire , la conformité des mœurs , des habitudes , la communauté d'intérêts , tout concoui*t k donner à la France, ai elle était divisée , une tendance invincible à se réunir* L'Europe serait forcée de rester en armes pendant plus d'un siècle , pour maintenir les nouveaux possesseurs. Les dissentions et les haines particufières qui seules ont affaibli la France , seraient bientôt amorties : elles- fe^ raient place au besoin de recouvrer une existence ^ et ce besoin enfanterait plus de prodiges , que n'en a produit récemment, en Espagne , la résistance à l'introduo* tiôn d'une dynastie étrangère.

Ce n'est donc là qu'un péril imaginaire, dont la crainte est semée , pour faire supporter la tyrannie actuelle. On veut diviser les braves , créer un faux point d'honneur , égarer la loyauté , et faire servir l'amour de la patrie à la défense de ses oppresseurs. C'est un piège tendu à la nation. C'est en même-^temps une insulte faite aux puissances alliées , qui dans un tems , où la guerre encore allumée aurait pu servir de prétexte au démembrement , ont cependant proclamé que la France de-* vait conserver le rang que lui assurent le nombre et le génie de se$ habitans.

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