REPONSE
 ta Quéétiôli proposée dans lu uingt-huîtième UpfaUoik du Nain Jaune.
« Le sort de la Belgique ayant été lié pendant: vingt ans à celui de la France ; les habitudes ^ les institutions , les mœurs, le langage et le ca-^ ractèré étant les mêmes dans les deux pays , Comment se fait^il que leur situation politique soit- si différente ?»
CW Une question d'une haute importance 'que'eellâ dont l'examen nous offre une double et vivante leçon 5 dont la solution qui dérive de Pordre immuable de la raison et du droit , 6e fonde encore sur des faits pi'ésens , sur des monumens irrécusables. Qn^elle est touchante et vraie eeite théorie si étrangement combattue >^
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dotkt les preuves, tout à-la-fois morales et mat^i'fetle^i parlent à Tesprit par d'inTincibles argumens, au cœur^ par tant et de si nobles bienfaits !
Loin de nous t'id^ de rabaisser m» eonctto^^ens dans un parallèle, «dalateur , et de payer aut dépens du patriotisme la dette de l'hospitalité ! Qiipique nous ëcri* YÎons sous la protection du gouremement belge , nous n'oublierons pas que nou^ sommes Français : nous ferons plus •, en parcourant ce sol feHile en productions libérales » nous ne ci'aindrons pas de signaler quelques ronces qui le hérissent encore ou qui menacent d'y reparaître. Un homme libre témoigner à des hommes libres sa reconnaissance par sa franchise , et cette franchise même est leur plus bel éloge.
tînie pendant un quart de siècle îi la France, la Belgique déjà française par ,1e caractère et par le Tangage, s*était identiOée avec sa nouvelle patrie. Avant i8i4 toute la génération active et forte , la jeunesse, û'avait pas connu d'autre gouvernement , et la nation toittc entière avait partagé de droit et de fait les erreurs , la gloire et les revers de la France. Les institutions , lesloi^ , tesmceursv la sympathie , les liens qui unissent \ù plus étroitement les hommes, et au nombre de ces liens je placerai le malheur , tout était coijfimun à la France «t k la Belgique , lorsque celle-ci futsubitement et violemment détachée du vaste empire par xâne de ces cornmetiçns politiques , qui , pareilles aux tremblemens de terre , renversent ou déplacent, en un clin-d'œil, les plus immenses comme les plus solides édifices. Le même peuple» ainsi divisé , passe sous les lois de deux monarques différens , tous les deux long-tems exilés , tous les <feux de^ccndans d'une antique famille qui avait constamment occupé le trône oîi chacun d'eux remontait enfin. Jusqu'ici Fidentité de situation est parfaite -, voyons si elle se prolongera. Mais si lorsque les circonstances sont les mêmes , lorsque les **'lémcns avec et sur lesquels on agit sont les mêines , ies résultats sont opposés, il faut que- l'action soit bien différente, il faut que le système
dt l*ttn soit évidemment contraire au système de Tautre ; et si ces résultats désastreux et lignes de larmes à regard d'une poi*tion de cette masse de citoyens si long^ tems liés entre-eux , n'offrent à l'égard de i*autre portion qu*un sujet de bénédiction et d'espérance , la conduite des deux monarques est jugée par ce i^it même , et Ton peut à coup sûr décider quel est le plus habik et le meilleur.
On ne nous accusera poiot de chargen. le tableau de la France lorsque nous dirons qu'elle se trouve dans un état d'irritation toujours croissante , que les partis , loin de se calmer , sont continuellement en présence , qxie le commerce est mort , que le sang ruisselle sur des échafauds toujours plus nombreux , que les révoltés se multiplient , qu'une crise violente et prochaine est attendue par l'Europe en armes* On ne nous accusera pas de flatter le tableau de la. Belgique lorsque nous dirons qu'elle goûte une paix profonde , qu^elIe jouit d'une liberté entière et qu'elle voit se développer ra-pideraent les germes de sa prospérité. D'où peut naître un pareil contraste chez deux peuples homogènes ? Osons parler ici le langage de la postérité*
L'un et l'autre souverain ne reprirent la couronne qu'en donnant une constitution dont la forme pouvait être plus régulière y mais qui , au fond , contenait des garanties suffisantes pour être consfdérée comme un bien* idil. De son observation religieuse dépendait en mêmetems et le bonheur des peuples et la sûreté du trône : Toyons lequel des deux souveraine} sut la faire respecter*
A la cour de France il était de bon ton de plaisanter sur les idées libérales « la clmrte elle-même fut traitée de hochet populaire , de concession momentanément utile et qu'il était facile d'éluder en attendant qu'elle tombât enjdésuétude : les prîncesprotestèrentassejD hautement contre cette innovation dérogatoire aux prérogatives royales* On ne s'en tint pas aux paroles : des faits pf ivés , isolés , démentis au besoin , suis bientôt
VtnotiTcWs (i) préparèrent pei^-2k-p«a hs espittsliâet y iolations d'abord insensibles , puis à une abolition complette : car 1^ suppression de la liberté de la presse étoîl celle de 1^ constitution elle-même , puis€(u*il n*y a pliMi ^e droits constitutionnels là où le droit de plainte et de réclamation est anéanti; puisquVn un mM, toute liberté est illusoire sans la liberté de la presse : cela n'a pas besoin de déngionstration. Le contrat que le prince avait rédigé , présenté , signé , a donc été violé par le prince lui-même : la nation , si elle était engagée , a donc cessé fie Pêtre: les sujets ont donc pu, sans être parjures^ cesser d*être fidèles à un monarque qui , le premier « ^yait cessé d^tre fidèle à sa parole.
Quelques atteintes , disons mieux, quelques attaques ^ ^nt pu être portées à la constitution des Pays - Bas ^ niais ces actes arbitraires et passagers n'ont point été janctippnés et consacrés en principes ; mais des récla-r cations aussi justes qu^énergiques n'ont point été étouffées; mais le rempai:t d,e la constitutioi^ , la garantie de la^ liberté politique et individuelle , la liberté de la presse s^çst maintenue dans toute soi^ intégrité; mais le roi et sa famiUe ont donné les premiers l*€xemple du res^ pect que ron^ do.it à la loi fondamentale de Fétat. Aussi^ dçms fe péril, les sujets ont-ils protégé le trône qui levait protégé leur indépendance* N'bésitons pas à le dire : li^ constitution a éié le bouclier du monarque : en la^ brisant, il eût, comme liouis xviii , bri^é d'avasçe lejL ^pées de ses défenseurs.
'Telle est la double cause , la cause première et sou-, ye^aine du contraste frappant que l'on remarque dans la situation politique des Français et des Belges ; une cause secondaire qui peut n'iêtre que la conséquence ^'une administration constitutionnelle, mais qui tient beau-, ^oup ail caractère personnel de eekir qui administre , tine cause de détail , si je puis m'exprimer ainsi , est* aujourd'hui la double source d'oîi s'échappent pour lea
(i) Voy«z les quarante causes^ de la chute clés Boui^boDS daiu le.. 36". âo. du Nain Jaune publié à Paris. ( to juin iSi5 ).
nos. ces eaux fëtides qui ont tout corrompu , qui 7>orté partout le poison et la mort, et pour les autres «es eaux pures et vivifiantes qui rajeunissent et fécondent une terre de libertés
On a dit des Bourbons quUls n'avaient rien appris ) on peut dire à plus juste titre encore qu ils n*ont riea oublié. Leur apparition a été le signal de la résurrection de tous les partis : toutes les dénominations effacées par une politique habile ont été rappellées avecaffeo« tation par la vengeance : tous ceux qui avaient joué un rôle depuis vingt cinq ans ont -été individuellement si*» gnalés : la cour s^st fait une foule d^ennemis actifs et déclarés de tous ceux qui ne demandaient qu'à se dé*» rober à ses regards : elle a ulcéré les braves par d*in-i» furieuses défiances et par d'injustes récriminations \ elle n*a pu sortir du cercle étroit de 'ce qui lui était peis sonnel \ et celui qui devait être roi de France ne s*est montré sur ter trône méine que le chef des émi^ Çrés.
Qu'a fait, au contraire, le souverain des Pays-Bas? // ne s*est pas soutenu , il ne s'est pas appercu. Vous livez servi sous Bonaparte-: qu'importe? Etes -vous boa soldat , ofïicier distingué , magistrat intègre , adminis^ tracteur fidèle ? Qui : vous êtes donc excellent citoyen, ^e ne prétends pas dire que personne n'ait intrigué ^ et n^ême avec succès , que de vieux titres n'aient été jplus d'une fois préférés '^ de nouveaux et d\itiles ser-i vices ; que tel individu n'ait obtenu en faveur de soa ^om la place d'un rival qui n'avait que du mérite \ ce sont des abus , sans doute , n\ais i^ls ne sont point le résultat d'un système de vengeance et de réaction ; l'immense majorité n'a pu en concevoir et n'en a point conçu d'allarmes; pour u^e place dpnnée h l*intrigue, .^ la faveur, à l'opinion même , il en est mîlle obtenues et conservées sans faveur , sans intrigue et en dépit ^ l'opinipn*
Les trois mois du second règne de Bonaparte offrent ij^ne preuve s^^osible d,c la tolérance du gouvernement
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iftie l'appellerais paternel si ce mot nV&t été praêiitué. A lt| nouvelle du dëbarqaeraent de cet homme extraordinaire , au r^cit de sa marche paisiblement triomphale , de cette conquête du trône tout à la-fois miraculeuse f t facile ; au bruit de l'approche de ce foudre de guerre ; les têtes s'exaltèrent , il y eut des cris séditieux , des r<^unions coupables , des actes de révolte. ••••• Le colosse tombe sous les coups de FEurope qu'il menaçait ; les rois vainqueurs sont tou impuissants pour venger lear> autorité méconnue .., Que fera le souverain philosophe ? Il connaît la nature humaine et Tempire de l'habitude: il est , dirait-il, des impulsions auxquelles on cëd« en dépit de «oi : tout ce qui est prodigieux frappe , ément, •ntraîne les imaginations ardentes : c*est une fièvre politique dont Taccès est passé , et que les* inritans rallumeraient et rendraient peut-être contagieuse: il fermera donc les yeux, et toutes les haines s'éteindront, et tous reuT que leurs allarmcs même aUraîent rendus plus muhns , deviendront sujets dociles et repentans , et il n'jr mura ni bonapartistes , ni royalistes , ni bourreaux , ni victimes •, car , qui osera murmurer au se venger, lorsque le prince tie s*esi pas s^ouyetiu ^ farsqu^U me s^esi pas appcr^'U?
Louia^ au contraire, est rentré en France le cœur plein de souvenirs amers ; il a vu des coupables où it n*y avait que des vaincus: encore n'avait-il pas sur eux les droits de la victoire ; et tandis qu^l se venge sur sessujets de ses propres fautes, de ses propres infidélités^ SCS agens exercent feurs fureurs particulières à Tombrede la vengeance royale : un an s*est écoulé depuis fe retour des Bourbons,, et de tous les points de la France
s'élève un cri de douleur et de rage Cependant la^
Belgique voit ses plaies cicatrisées , elle ne connaît ni les factions ni les supplices , et si tous ses vœux ne sont pas encore remplis , du moins peut- elle les cxprimei? librement , sans que la sûreté du trône oii la tranquillité publique reçoivent Is^ plus légère atteinte.
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Ifaîntehânt , nobles avocats dû (lespûtishte , renouvelez vos captieux argumens \ mes argUïn,ens à tnoi sont de» faits. Les tems sont trop critiques , avet-vous dit ^ pour que la liberté de fa presse soit illirtiitéé sabs com** promettfre le «alut de Pétat ; la presse est Hbre en Belgique, et les temS &ontteS mêmes. La prudet)cé commande rT épurer FadminislrMiùrt ^ et de n^emplôyer • que de« sujets recommandables par kur d^ouement et paf \m pureté de leurs priilCTpeS : je ne sache pas que le
fouvernement belge ait à se repentir d'avoir préiferé expérience à Popiniôn etletalent su fanatisme; Punissez, exilez, égorgez les séditieux, ou c'en est fait de la France : je ne vois pas que c'en soit faitdela Belgîqueparce que \ti têtes des séditieux ne sont pas tombées. Qn*un effroi gétiéral et salutaire comprime la licence française, ou lé trône va s^écrouler : hier encore la Belgique était française ; aucune loi des prévenus n*a comprimé Teffer- Veseence des citoyens : chacun d^eux a dit sa pensée toute entière et l'a dite tout haut; le trône a-t-ii chancelé un seul instant ? Mais qu^ai-je besoin de prolonger une discussion où nos adversaires ne sont pas de bonne foi ? Au lieu de défendre un système oîi ils sont écrasés ^ par les preuves ,. qa^ih nous dévoilent leur véritable politique : si elle est affreuse , du moins elle est con-*séquente. Sans doute les mesures sanglantes du gou-* vernement des Bourbons , loin d'assurer la paix de l'état , l'ont compromise ^ abssi tel n'était pas le but où l'on tendait • Ces mesures étaient commandées par la soif de la vengeance et par la volonté constante de rétablir sur les débris de nos libertés la monarchie absolue de nos pères.
Ainsi se trouve résolue la question proposée : ainsi d'un côté la politique astucieuse et vindicative du gouvernement , sa marche d'abord tortueuse , puis franchement tyrannique , ont versé sur la partie de la France ^ue les Bourbons occupent, tous les fléaux de Thumanité \ tandis que de l'autre la Belgique dont le sort fut silorj-tems lié à celui de la France, doit à l'oubli du
fusi, ^ ^^ régime doux et constitutiennel , tunion § la paix et la force.
A un régime constitutionnel! Ainsi donc cliaque atten-^ tat (2} contre ce palladium &acrë est un attentat contre le peuple» est un attentat contre la personne du souverain. (Jue les ministres aient cette pensée toujours présente , que la double leçon qu'ik ont sous les yeux ne soit pas vaine pour eux ; qu'ib choisissent ! Un exemple touchant leur offre dan^ un prince consxitution^ nel le conquérant des cours 9 non pas seulement dé ses sujets , mais de se^ voisins qui jettent au delà dé leurs frontières des regards d'envie et de regrets: un exem-^ pie effrayant leur montre un despote qu'une armés 4e délateur» et de sicaires rassure à peine conthe U Iiaine universelle qu'il attise en voulant Téteindre dans le sang , qui n'aspire à régner que pour se venger sans Toir que le monceau de cadavres dont il croit étayei^ le trône , se grossit et «^élève pour rendre sa chute plua terrible.
(2) Et le prebiicr et celui qui entrtiioerait tous les autras ^ c'e#t Fatteinte que Ton porterait à la liberté de la presse^ Lejugement qiM rendra le tribunal de cassation dansTaffairedu Surveillant aura donc les plus grandes conséquences. .Aussi tous les Belges fixent-ils sur ce tribunal des regards inquiets. On peut partir de ce point pour asservir la presse. Je ne dis pas que Ton en ait l'intention , mai< ce serait beaucoup trop d^ avoir un prétexte fondé sur une tripU condamnation. Principiis obsta*
Jusqu^ici du moins si des abus se sont glissés , on s'^en est plaint ; »i Timpàt ou le mode de perception a paru vexatoire , on Ta dit ; •i la situation précaire de» juges allârme sur leur indépendance , On ne 8>n caclie pas ; si quelques arrestations arbitraires ont en lieu y ou a réclamé. Un grand nombre de feuilles , et TObserva-* tenr surtont ont conservé leur fronc-parler , et en usent dans touto •on étendue ; nous-mêmes aujourd'hui , quoiquVtrangers , noua ne montrons pas moins de franchise , et sans prétendre nous initier dans des aflaires qui ne sont pas de notre ressort , nous signalons les abus qui sont d^un intérêt général , et nous donnoni ainsi la preuve la plus édaUnte dt Fexistcncti a«tu«Ue d« U liberté de là presfn»