‹ Le Nain jaune réfugiéChapitre 37 sur 88 · LES MODÉRÉS · texte numérisé non relu

LES MODÉRÉS

n ne s^agit point ici des victimes du délire révo<» lutionnaire -, j'emploie cette expi*ession , non dans le seni détourné qu'elle dut ail crime et au malheur ; mais dans le sens propre et naturel \ les modérés dont je parlé ne sont point tués , et ne tuent personne ^ mais ils laissent tuer fort tranquillement : ils voient le mal , le , blâment quelquefois ^ ils désirent le bien , l'indiquent tout au plus , et ne feraient pas une démarche ^ur l'obtenir. Ce n'est pourtant pas chez eux précisément de l'égoïsme ; car ils obligeront un ami, un étranger même ^. mais la patrie est un être moral qui ne saurait les affecter *, quand vous leur parlez delà chose publique ils vous renvoient à la force de choses , et décorent €çtte indifférence du beau nom de lagesse et de xnt ^

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d^ration. Ces êtres impassibles ne seraient pas dange^ reux , car on pourrait les considérer comme absens ou comme non avenus , si , toujours concenti*es en euxmêmes , ils s'abstenaient de juger comme ils s'abstiennent d'agir, et si modérés sur tous les points ils «l'étaient également sur Particle de la modércUion.

De TimpaiHialité , de la modération î interrompait à cbaqqe pause un homme de ce caractère avec lequel jCrm'ientretPnais dé politique 5 cela est trop foit , beaucoup trop fort! — Mais, monsieur, cela est -il vrai? voilà l'essentiel%*-i-i-'IV^ts quand cela serait, ne pouyi^B - ,>^us le .dire froidement ? La modération est le cac)i<Bt de la.^ venté : la modération seule persuade : il n'est point d'impartialité sans modération. — Ne coa- * fondons point , je vous prie •, quand vous dites : il faut.^ser de modération , entendez-vous qu'il ne faut pas ,user d'exagération : dans ce cas je suis de votre avis^ et de. plus je me crois , à cet égard , exempt de toqt reproc^ie. — Vous rédigez le Nain Jaune ? — Sans doute , et je persiste. — Je vous écoute.

— Est-il vrai que le retour du roi ne se soit êiFcctu^ qu'à l'aide de combats meurtriers , d'une invasion désastreuse , qu'au prix de la ruine et du massacre d'une nombreuse portion de Français ? Est - il vrai qu'une fois replacés sur le trône , les Bourbons aient incarcéré , proscrit , exilé , mis à mort une foule de citoyens ? Esti) vrai que tous ces. actes aient eu lieu en dépit ou plutôt en vertu de la loi d'amnistie ? Est - il vrai qu'il j ait ^ dans la série de ces actes qui se renouvellent encore tous lejs jours , des détails plus révoltans les tins que les autres ? Est - il vrai , en un mot , que la double iterréur d'une police insidieuse et du glaive Avs bourreaux comprime en ce moment la nation ? Tout cela, je le répète, est -il vrai, positif, avoué ?

— Ce sont des faits : l'exposé que vous en tracez aujourd'hui est simple , et renti^e dans le domaine de l'iiistoire. Ils ne me pénètrent pas d'une douleur moins

vive que tOus*jném« -, mm vous êtes -• vous toujours

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contente de les présenter avec cette modération ? JTe», avez - vous pas, au contraire, accompagna le^^^cit,^ souvent re'petë, de réflexions acerbes , d^injurieusç?, personalités , d'ironies sanglantes ?

— C'est ici que je vous attends. Vous m'avez accorde les faits', et il n'est pas facile de les contester,^ vous m'avee tout accorde. Nous touchons au V4^rital>Ie point de la question , et pour la niettre dana^ tout son jour, je me contenterai de la poser d'une manièrje plus^ précise*

Le n^ême fait , évident pour tous , produit cependant: sur chacun une impression différente qui tient a la diffé-r rence d'organisation et de caractère : de cette diversité d'impression ne résulte - 1 - il pas nécessairement âufaiit d'expressions diverses ? En d'autres termes , chacun n'a--: t-il pas sa manière de sentir et d'exprimer ce qu'il éprouvé ? ' Ce fait qui m'émeut ou m'irrite et que je peins sous lè»^ couleurs du sentiment ou de la colère, vous le i^àcontéz aussi , et vous dites d'un ton froid et laV^onique i ' c'est ùû acte touchant, c'est un acte cruel: qu'est i- ce que cela pi*ouve ? la dififérence de nos caractères j mais le' fait n'a pas changé de naturc% *-'"

' — Cela peut être vrai dans le cours ordinaire de fâ^ vie privée ; mais la politique est d'dn ordre ^i élevé î * les personnages que' nous jugeons àlprs^ sont d'un rân^ si éminent ! et parini ces personnages , h*èn e^t « il pas ' qui mél*itent dans tons \%s Cas , srnon l'estime du Bioiiis des égâirds et des j nénagemens ï k souverain p^t>i^ exemple ?...• ^

— Amsi , plus les crimes qu^'on Hoàthie a commis sdnt grands, plus il en peut commetti^e , plus Jeurs conséquences sont terribles, moins je dois en être aflTecté^ ou, si Ton veut, it^oins je dois ftre énergique et vrai dans mes peinttires î Ainsi Te^tpression doit s'adoucir ' eb rais<>iï de rénormité du forfait , je dois m'envelopper dans de nouveaux ménagemcns k mesure que les victimes se multiplient 5 et , par une conséquence naturelle, si le despote croit à<lii-%fois en pouvoir et en cruaut4{ ,

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1^' Verrai passer clés ïn^nagemcns aux respects et des respects à l'admiration ! Sans doute la sphère politique est d'un ordre bien éle\é\ les personnages dont nous signalons r^pouvan^able tyrannie sont places dans un rang bien ëminen't ^ et c'est pour cela même que nos tl-^its plus acérés sont lancés d'une main plus vigoureuse: c'est parce que nos ennemis sont puissans et puis^ sans cour le mal, c'est parce qu'ils ne connaissent dans leur àâreux système d'autres bornes que leur puissance , que . nous ne devons , à notre tour , connaître d'autres bornes que la yériié , llnûexible vérité, et user de toute la puissance de ses armes»

Eh. quoi ! fe . puis ,^ selon vqus., défendre un intérêt privé et l'intérêt général dpit me trouver indifférent , etch^uecitpyeq ne peut s'armer pour la querelle do, t9us,! Ce qui serait devoir lorsqu'il ne s'agit que d'un indivi4ny.4cvi^^di*aittémérité quand il s'agit d'un peuple. Que signige cette /hrce, de choses à laquelle vous me re^voyez^ .sans cesse, §i non l'opinion générale que cha* cv|i partage et foftîEe , et qui éclate enfin par une trop , longue et trop forte compression ï Si cK^cun suit votre «xeqiiple » ^ quand écla,tera-t-ej[^e cçtte opinion , pu plutôt y i^ura-t-il une opinion? et que devient alors cette force de choses qui nous dispense , à votre avis, de soutenir la chose publique ? Mais revenons.

' .De quelle douleur ne seriez -vou«' pas saisi en-appre* n^Atla mort d'un ami, d'un £i*ëre ?. et si ce Crère ou cet ami étaient morts dans les supplices? et si. la haine , < en dépit ^e Içur ipi^ocenee les eutr csonduits h l'échafi^ud ? et s'ils eussent été entraînés dans le piège par la foi qu'ils auraient ajoutée k la parole de leurs enne*mis? Vous frémisses !;.• Eh bien ! cet ami, ceifrère^ c'est pour moi le brave , le patriote , le vrai Français que depuis un an on immole chaque jour et à chaque heure du jour ; ce sont les deux Faucher , ces modèle|i sublimes d'amitié fraternelle/, c'est Travot , cet infortuné vieillard qui au momeiit p)j je vous- parle , expie au fonds des cachots le crime de n'avoir pas voulu faire

Qoe bassesse ; c'est Pleignier... car sei bburteaàx eax- -mêmes le conduisirent par la main sur le bord de Tabyme, le torttrrèrent pour un complot en idrfe dont iU étaient les premiers inventeurs ) puis enfin » par un raGnement de cruautë, versèrent son sang goutte h goutte^ pour prolonger etmultiplier la mort de éette victime d'une infôme politique*

De la modération l Encore une fois ces faits ont-ils Ou n'ont-ils pas existé , et ne se renouvellent-ils pas, tous les jours? et i^ous Voulez me condamner moi Français , moi pour qui la patrie est tout , à rester spec* tateiir indifférent ou à devenir froid historien de pareilles atrocités ! Vous voulez , sous le nom de modération , faire passer dans mon ame la sécheresse de la vôtre ' Mes expressions sont violentes! G*est que j'éprouve à la vue des crimes de la tyrannie une violente indigna* tion , à la vue des malheurs de la France une douleur profonde.

. Tant que dans sa politique apparente le gouvernement garda quelque mesure , mes expressions furent mesurées ; mais il a franchi toutes les bornes ; mais nos. tyrans marchent la tête levée ; mais ils violent impudemment leurs propres serments -, mais ils joignent la dérision à la cruauté^ mais des lois de sang qui ne. sont que trop ponctuellement exécutées , ont remplace» lê pacte que le souverain lui-même avait solennellement juré, mais les têtes de mes compatriotes tombent, journellement sous le glaive de la légitimité ^ mais lesi prisons sont engorgées , mais le gouvernement lui-même» Cet épouvanté de répouvante qu'il inspire..*. ^Te ne suis donc que trop disculpé du reproche que ra'a'dressent les mtkiérés qui n'osent eux-mêmes , tant les faits par?*? lent ! m'accuser d'exagération \ et si vous appeliez mode* ration \^ sang-froid avec lequel vous contemplez le spectacle de la patrie mutilée , je rends grâces au ciel de ]l!étre pas modéré , /

Pour coAsei^erfeilbor quelque chose d^huoiain.

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f 358) BIOGRAPfflE GÉNÉRALE

DES CHEVALIERS DE* l'ÉTEIGNOIR.

. Bo^fiLD, ^prffcurseur de M. de ChateaubriUant. Sa ie^ gisiaiion primitive fut la véritable voix criant dans ce posie désert d'hommes»

Si l'alîîme dans lequel Citrtius s'est précipité , était réellement sans fond comme Iç raconte Ïite-Live , il est certain que Tinforluné roule encore dans ce moment pour le plus grand bien de la défunte république roliiaine en suivant la loi de progression de la chute des grui'ès reconnue par Galilée •, il serait à désirer que quelque grave voulût bien se dévouer ainsi tête baissée dans le gouffre des pensées de M. de Bonald , car enfin il n'est nullement démontré que le salut de la patrie ne soit pas Ih , et il y a bien long-tems que nous le cherchons ailleurs.

' Cet illustre écrivain a profondément médité sur la nature de la société, et il Ta trouvée toute entière dans la famille*, aussi a-t-il fait un livre sur le père , la mère , V enfant et le préirt ; u n autre sur le prêtre , le père , la mère et t enfant ; un troisième sur \ enfant , le prêtre , le père et la mère. Les mathématiciens seuls peuvent déterminer combien il nous doit encore de volumes.

Chazet i»( M. le chevalier , le comte , le marquis de ad abitum ) , voilà ce qui s*appelle une réputation ferme , inébranlable , fondée sur des principes, établie sur des' titrés , et quels titres encore ! Soixante-trois quarts de Taudeville > un éloge de la Hai*pe en bouts rimes et une fiistoire de la Pologne en huit pages in-8.^ î La postérité sans doute n*cu demandait pas tant *, mais M. de Chazet ainsi que César, m'I actnm reputans siquid su^ peresset ngènclum , s'est dévoué dans la Quotidienne auT. ti'avanx des Danajdes : il y travaille jour et nuit ^ combler un abîme sans fond. M. Desmazures n'avait pas plQ# d'espiit et ne l'employait pat d'une manière aussi

iionoraJJe ; cependant le premier allait en voiture , ef à la honte du siècle où nous vivons, Pauteur des Inno^ cens va encoi'« à pied- A chaque session, il ne foit qu'un. 6aut de la chambre* des députés dont il rédige le^ séances, à la salle des variétés dont il a enrichi le ré* pertoire» Tant de tiavaux patents et de services cachés n'ont pas été tout-à-fait sans récompense ^ ils ont valu h leur auteur ua petit ruban bleu qu'il a quitté pour Un petit ruban blanc et pour un petit ruban rouge. Un ruban n'est pas upe fai>eur quand on a mérité Je cordon.

Feuillant à ( M. Etienne). A quel métier, quand oa est né sans un sol ; quand on a tout juste ce qu'il faut d'esprit pour ne faire envie ni pitié à personne^ quand on est jette dans la foule sans aucun moyen de s'y faire; faire place *, à quel métier , disons-nous , ))eut-on amasser cent raille livres de rentes ? A faire et à vendre eu 179a et 1793 un Journal du Soir de Pimprimerie des J) ères Chaigneatuc, au moyeu duquel en poussant de toutet ses forces à la roue révolutionnaire , on parvient à ramasser une centaine de mille francs en gros sols , après quoi on change ces gros sols en assignat! que l'on convertit en biens ïiationaux , lesquels vendus et revendut en tems utile finissent par laisser entre vos mains un domaine patrimonial d'un revenu égal à votre premièrt mise de fonds.

Cette fortune une fois acquise , s'il advient qu'une comédienne en mange la moitié et que des procès vous fassent craindre de perdre le reste , comment s^ prendre pour rétablir ses affaires et remonter au point numérique dont on «Uait descendu? établir enjujn 1814 un Journal Général Anxïs les mêmes principes que ceux du Journal du Soir de V imprimerie des frères Chaigneaux , avec cette seule différence que vous prêchiez en 1792 en faveur de l'anarchie , et que vous déclamerez en 181^ en faveur du despotisme •, que vous proscriviez les émigrés et les royalistes en 1792, et que vous proscrirez les républicains et même les constitutionnels en i8i4* Nous indiquons la méthode*, pour l'application , s'a«

dresser rue Ste* «flyacinthe , près dn marché «des Jecobins.

Leroi ^ ( m. ). Quel est monsieur Leroi ? Un de ce© hommes que le siMe présent peut opposer avec orgueil aux siècles passas , avec confiance aux siècles à venir, le dieu du goût, l'oracle des belles, le g^nie.«....« de la mode. Que de remerciemens les hommes lui doivent l Sans lui ne fallait-il pas c^der la paime aux femmes dans tous les genres. Peinture, musique^ romans^ comédie, poésie, philosophie; tout est maintenant à la bienséance de ces dames. Indigne de Tenvahissement des femmes gur )es domaines mascuiins , M. Leroi s'est présenté pour Venger Fhonneurde sonsexe. C'est sur leur propre terrein qu'il ose attaquer les femmes , et c'est là qu'il remporte une victoire complette. Grâce à lui , l'homme tient le foeptre delà mode. Gïntinuei , mesdames» cultivez en paix les .arts et la littérature , tandis que nous prononcerons en dernier ressort sur la toque , le chapeau , îè turban , le schall * la tunique , le spencer , les gar-

nHures , etc. etc. . ^. . ^

Richelieu i (Le duc de). Le dernier Fleury vient de Aiourir -, le cardinal de Tencin n'a pas même fait souche d'enfans naturels , comme sa sœur -, le ciel n'a point daigné bénir le mariage du cardinal I>ubois. Madame la duchesse de Richelieu ne nous promet pas de re-. lettons V il «e»*»'' ^^^° ^^^ ^^ ^^"* eussions des cardinaux V» emiers ministres , pour réparer les brèches de notre ancienne noblesse, laqueUe ne peut être légitimement recrutée , que par la voie du népotisme.

C'est fort bien fait d'avoir civilisé les bqf ds de la Pro- * pontide, porté l'humanité et les humanités dans les lieux oh Iphigénie faisait pièce aux voyageurs , et oîi Pangloss termina ses jours en prêchant inutilement le libre arbitre et la volonté déterminée , tout cela nott», aurait donné fort bonne opinion de IVL le duc de Riche-^ lieu, s'il ne s'était montré depuis plus impitoyable que les anciens habitans de la Chersonèse et plus entiché de •• noblesse que le barpA jésuite de Xunder-Ten-Trunk.

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(36i) DES DITS ET FAITS DÇ GARGANTUA , (i)

ROI DES PAEPAILLOirS«

Dissertation par Messire M icbaxtd de toilette , imprimeur^ chevalier , libraire et colonel à Paris^

Bien de plus utile que la critique appliquée à l'histoire ; elle est pour la véritë ce que la chimie est pour l'or. Grâce aux procèdes du chimiste , ce précieux métal dégagé des substances hétérogènes auxquelles il était, mêlé dans la mine , finit par briller dans tous son éclat* Grâce aux procédés du critique, la vérité dégagée de toutes les fables , de toutes les erreurs dont elle est trop souvent accompagnée dans l'histoire , finit aussi par briller dans toute sa pureté. - x

Cette opération à laquelle le commandeur Michaud y mon illustre frère , a soumis plus ou moins rigoureusement les matières dont se compose son histoire des Croi" sades , je veux la répéter sur celle de Gargantua. J'ai lu et relu avec attention cette histoire que nous devons à maître Rabelais \ elle est amusante, instructive, édifiante même , et plus spirituellement écrite encore que la vie de Louis le désire^ par M. Antoine* Mais il faut convenir que si M. Antoine n'est pas tout-à-fait aussi spirituel que maître Rabelais , maitre Rabelais n'est pa9 à beaucoup près , aussi véridique que M» Antoine. Ra-hélais est quelquefois aussi incroyable qu* Hérodote^ et n'est pas toujoui*s aussi croyant que M» de Châteautriant 'y raison plus que suffisante pour ne croire ce qu'il dît qu'après avoir pris ses précautions , adhibitis legi^ tùnis cautelis ; raison pour l'éplucher avec la plus scrupuleuse attention. C'est ce que j'ai fait dans un gros in-quarto dont j'offre ici le résumé.

Cette critique faite , suivant l'habitude de ma famille, avec autant de courage que* de bonne foi, contrariera quelquefois trois hommes respectables : le curé de Meudon,

(i) Voyez Rabclaîa. Tom. i. Liy. Oiap. 9.

le seigheur àe Femey^ et le sous-biblioth^caîre, autenr d'un vaiid«vrl*e oh tes h^ros de Rabelais soni jau^s ne plus ne moins que^ d^iM 1a Xi^édm 90i|t joués les héros d'^fuère Y^'^^ wa^ 4^s bconvénients atta^chés h mon entreprise, le pe l'eu, pp^ii;$,uivrai pas moins , tout en protestant de mon estime pour les doctes susnommés et particuliërcment pour îte bibliothécaire de Mersant ou du Mersant^ galant homme, assez drôle, qu'il ne faut pas confondl-e avec le référendaire de Mersant , lequeV n'est que ti^op drôle , et ne f^iit pas dts rapports seulement pour la chambre d\ss comptes. Je sais ce que je dois au génie *, mais je sais aussi ce que je dois à la vérké» Arfiicus Plàto , sed magù arnica u&nias^

D'après ces autorités , Gargantua , fib de Grangousier ^ serait père de PeniagrucL Première eri'cur. Jte ne nie paS'que Gargaittua Aoit le fils de son père \ mw je nie qu'il soit le p«I^^ de son fils. Gargaktita qui a porld l'habit militaire oomme l'ennuque. Nopsèa-^ ne Uissait pas dé lui pessomblcr , quoiqufîL n'ait: pas commandé les armées^ Non plus, que ce héDOs , il n'a pas (ait souche , ce qui( peut arrivep aiv plus grand roi quand il n'est pas puissant sous tons les rapports. Sa femme est morte TiergCk Peniagmel n*est pa&^on filst, mais son neveu, héritier de Gargaussua , et du virant de soa oncle W représentant déjà par sa chasteté , ce neveu n*a luimén^e été qu'un onc|e«^ Mais avouons le mpiUeqr, porant encore que son oncle, il a. été le plus tondre des irèi^y XD^e- dans l'état da maiùage*

Voilà ce <^e les auteura précité» sauraient conuDA moi , si comme moi , ils avaient puisé aux v^ûtabios sources; si, au lieu d^encipireles hiitoviens, ik avaient consulté les mémoires secrets \ car Suétone est plus vé^ ridique que Tacite ; s'ils avaient consulté lés valets de chambre, comme Fa ftÂt Ml Antoine^ qui a. su prêter tant de grâces artifioieHes aux gvaces naturelles qui caractérisent l'esprit et les r^citS' de AL Hue , de M^* P«rpillon et du père Élifte'e.

Hais pquriuivons. On rapporte. force merveilles de

ftA«6A5m. Il se panades choses merveilleuses )>enciPa«t sa vie , il est vrai ; mai» il n'-est pas prouva qu'elles appartieouent à son règne. Les epinioBs Y€irienl y au reste, sur Vépo^iic a laquelle eommeit^a'Ce règne , et Terreur n'est guère que d'une vingtaine d'annëes. Ricu de plus facile que d'eclaircir ce point d'histoire* Il suiHt pour cela de rappeiler et de discutei* les faits»

D'une pert , d'après les actes publics et parUcuIiers il coQsfe que Caroantva , par la grâce de dieu •, roi des Parpaillons ou de Parpaillome , ce qui n'est certes pas la même chose , comptait déjà dix-neuf ans de règne en i5i4- D'autre part , d'après l'histoire, il apert qufe dcpt^is i5oo jusqu'en ï5i4 , les Parpaillons ont^té soumis an conquérant Pichrocole , qui n'a pas toujours imanq^é de tétc , et que Ic^ grands et le pcitpïe ^«ppelaicnt l'oint du seigneur, ainsi .q^e le. témoigneBt ()an& leui-s homélies plusieurs dévots personna^s , tek que dom Lîllalotendal le bénédictin , le carme père Louis de Tonfâne , et frère Fi-ancofs , dit Cas tel Luisant te capucin , qui sont quasi des pères de l'église* Be plus, il est notoire que ledit P/cAroco/e , lo'ng-toms arbitre des destinées des peuples , a stipulé des traités - contracté des alliances , provoqué des lois , renclu des dé*crets diamétralement opposés aux intérêts de GAUCAifxuA «t quelquesfois même expressément et noraîhâïivement dirigés contre sa personne» feiei^ <Jué tous ces acleis soient faits au nom de GjkJkCAïvTrA , peut-on les regarclèr comme constatant le règne de GARGAKxrA ? (^argàhtûa , roi des Parpaillons^ a-t-il réellement rendu des décrets pair lesquels il était défemlu aux sujets de GaRgakiua (ro* béir à Gargamtita ? GârgawtuÀ a-t-îï remporté réellement sur les alliés de GAUGAîiTrjL cent victoires qui. ont ruiné cent fois les espérances et ïe parti de Gargantua ? J'aime mieux en croire iel la vérité que la vraisemblance. En vain m^allègue-l-on (|uetous lefe COutrrtts passés par-devant notaire pervJant <îè5 dorfie éttiviit^ sont tous datés du règne de Gargantua. Veti conclus )iic tes contrats sont faux ûu que les DOttûi^S 80^

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fous; antrfment il faudrait qne-GAmGAKTVAeât^tëfâinr et fou , ce que je suis loin d'affirmer; car j'aime mieux me brouiller à jamais avec tons les notaires du mondé , qu'un quart dlieure seulement avec le moins redouté des rois.

Gargantua d'ailleurs n'était pas un prince ordinaire, U fut pacifique , clément et pieux.

Pacifique , à tel point qu'il fit deux fois la paix sans avoir fait une seule fois la guerre. Par un premier traité , il céda la moite de son royaume pour avoir le plaisir de régner en paix sur l'autre. Par le second, il paya de tout l'argent de son royaume , cette paix qui , disait-il , ne pouvait se payer trop cher. Il est vrai que le trésor du prince ne se ressentit pas de ce sacrifice. Son peuple en souffrit plus que ses commensaux. Sa table royale fut toujours largement défrayée. Un roi doit sacrifier à la représentation. Aucun monarque n'a plus sacrifié que Garga7(tva pour représenter la royauté h table. Du reste , pour ôter à ses ennemis tout pré* texte de l'attaquer , il s'ôta tout moyen de les cora- I>attre : il licencia son armée. Aussi vécut-îl en paix avec tout le monde ; et ses ennemis se tcouvaient*ils chez lui comme chez eux.

Gargantua fut clément ; les actes . de justice qui signalent son règne le prouvent : il n'a jamais signé un arrêt sans pleurer , et il a pleuré tous les jours. Pour employer sa plume et son tems c'était à la fois Néron et Titus.

^ Gargantua fut pieux ! Jamais il n'a manqué la messe. Quand il n'allait pas chez dieu , dieu venait chez lui , et sur un meuble à trois fins qui servait de bureau , de bufiet et d'autel , ses aumôniers la lui disaient dans sa chambre ses jours de goutte ou d'indigestion. Dévot à la vierge comme Louis onze , il la priait souvent et jamais en vain. Il croyait à l'efficacité 'de ses prières à tel point , qu'il pria un jour pour le repos de l'âme d'un homme, tué qui n'était pas mort. Un père de Toratoire qui Ta vu de près , le soupçonne d'avoir été

tin peu jésuite. On peut vérifier la possibilité du fait , à l'aide de TAtlas de Lesage»

Gargawtua aima les lettres. Un prince n'est véritablement grand qu'autant qu'il protège les lettres. Cette vérité a été affirmée de poëte en poëte par tous les poètes de tous les âges et de toutes les nations. Gargantua en était si persuadé , il aimait avec tant de passion les lettres , qu'on dit humaniores , qu'il abandonnait volontiers le soin des affaires , et retardait même l'heure de son dîner pour écouter les vers que le premier venu composait en son honneiir. Quoique plus libéral d'ordinaire en applaudissements qu'en argent , il prodigua ces doubles preuves de sa royale satisfaction à Janolus de Bragmardo (i) ^ docteur, qui savait le fatin comme Merlin de Cocdie , l'astronomie comme Mathieu Lansberg ^ et n'excellait pas moins que le chevalier Çhazet dans, l'art de tourner le calembourg qu'alors on nommait coq^h-tâne \ bel esprit , orateur et versificateur de nos jours , il ne l'eût pas cédé soit pour la délicatesse des idées , soit pour la fierté des sentiinéns , soit pour l'élévation du style , ni au susdit chevalier Citazet , ni au chevalier de Piis , ni même au , chevalier de Martin-i^ii. '

GxRGAvjvA possédait ses auteurs et les citait au bal comme au conseil , ce qui déroutait quelquesfois son chancelier qui ne pouvait pas dire le reste. On conserve à la bibliothèque , ditp du roi , deux belles et savantes dissertations de ce prince , l'une intitulée de utUitate patepelutationis (i) , et l'autre , de dijfferentiis soupanwi (3) ; ouvrages pleins de sel et de goût , la première en latin macaronique , la seconde en latin de cuisine , et l'une comme l'autre écrites avec une excessive élégance. Le savant M. Millin me les a communiquées ^ il doit en faire au premier jour une édition

(i) Voyez Habicais. Tome ^. Liy. Ghap. 17. (a) De riitilité (la patelinage.

(3) Des diflSreBtes soupci .

f ^GG )

aux frais du gouvernement et à son profit , ciwi noiii. Rcdte à parler de Gargjlktujisous leâ rapports physiqucs.On Ta fait d'une stature colossale. Il y a exagération de moitié au moins. Un colosse est ua individu dans lequel les formes particulières à. son espèce « sont exagérées dnns toutes les proportions. ïel n'est pas Gaecaictua. Rien ne ressemble moins h un grand homme que ce prince ; rien ne ressemble plus que ce piince k un gros homme. Si j'dtais artiste et, que je voulusse représenter d'une manière héroïque soit en peinture , soit en sculpture, Gargantua qui est tout ventre , je mettrais sa tête sur le vase qui portait «celle du dieu Cfmopc , vase égyptien dont les nobles formes se rapprochent de celles de nos marmites , et dont tes anses ne représentent pas /nâl les deux bras gros et courts qui se replient et se rattachent sur les cotés de GAf«

C^VTUA.

Ce que maître Rabelais dit de la quantité dVtofle em« ployée aux chausses de Gabgakt&a , est d'autant plus vrai qu'il les portait très-arâplcs et à ifueue demerlusm Il est faux qu*il ait porté des cottes ou des cotillons , ainsi que l'ont répété certains chroniqueurs , pour faire pièce aux deux sexes.

Us ont aussi débité beaucoup de contes au sujet de son appétit qui fut réellenxent des plus insatiables. Voici la vérité. L'em^pire entier contribuait pour satisfaire ine besoin toujours renaissant, toujours croissant^ les bœufs, les moutons , le gibier , la volaille , abondaient continuellement par les cent portes de sa capitale , pour s'en* gioutir dans la capacité de l'estomac royal. Gargautua qui ne connaissait que le feu du rôti , avait fait de son palais une cuisine et de ses courtisans des cuisis niers. La première place de l'empire était celle de premier moutardier •, le chancelier ne vendit qu'ensuite. Les fonctions de toute nature étaient presque exclusivement accordées à la science des flleot^ des ta Reynière , des Bcaiivilliers ^ excepté pomtant quelques places de coniiauce , co mmc celles de procurew-g^nénU , de

grand^p4yurvûyeu,r et de grand-prevèt , qtie ce prhtee judicieux r<fservait à ses bouchers , et pour cause. Gaa-^ oATiTUA attachait ua grand prix à Part de cuire et d'assaisonner* Il avait le goût plus fin encore en cuisine ^l'en |>oë$ie. Nul dans le royaume ne se connaissait mietix 911e Imi en sonpe et en ragoût: gourmand et gourmet, ï\ en park»t avec enthousiasme , avec gënie ; il avait même inventa unesance. Maiâ sont-ce ih. des motifs peur ai^iriùer qu'il avalait les feœufs comme les œufs sans les mâcher \ qn'il d<^vorait les viandes sans qu'il fût t^esoin de le& bouillir , de les rôtir on de les griller ? Gar^ CAicnrA n'a jamais mange en chair crue que des huhres ; I^ pluâ fojrte raison B^a~t»il: jamais ma^nge de chair Khmainc, comfne il en a été accusa* par de mauvais plaisans* Il fit tuer , je le saià^ eotnme tout le monde , quelcpies honnêtes gens qu'il n'aimait pas ; mais cela seulement pour les faille mourir \ mai» loyalement , mais juridiquement \ non par des cuistres , mc^s par des j\)gcs , comme cela- se-fkit tous les jonrs', humains jusque élans la clémence , Gargantua n'a mange personne , mém« <Vc ca4Tesseft.*, il aurait mieux ainu^faii^ mourir cent mille hommes que de goûter d'un seul* Renvoyons donc aive« riiistoiri» du petit Poucet et du petit Chaperon rou^^ les anecdotes qui font un antropophage , un cyclope»/ un ûgre d'un &l bon vivant , qui de fait n'a pointaiin^ les hommes même en fricassée.

Gargantua est- il mort? Les uns disent que oui 5 leja autres disent que non. Moi , je ne dis ni oui ni non. Douter qu'il soit mort , c'est porter \g pirrhonismc moin$ • loin qi>e ceux qui doutent s'il a* v^cu. £n cffot» soit de vive voi:^, soit par ëcrit, maints témoignages' oquai^ ^tent sa naissance , aucun ne constate sou décès. Kf maître Rabelais , ni M. de Voltaire , ni M. do ^fb/v sani ou du Mersant ^ n'en parient. La mort d'un roi n'est pourtant gas une chose de si peu de conséquence ^ qu'il eu puisse disparaître un sans qu'on §'cn apperçoive. Ce petit événement qui change d'ordinaire les atfaires d'un peuple du blanc au noir » les ch^ingequi»^-

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^esfots aussi du noir au blanc; or , je ne sache pas oue les aiFaires des Parpaillons aient changé de couleur. Gargantua vivrait-il î* peut-être est il encore au château d*Aifalon où Rabelais le dit avoir été translaté par la fce Mordue , avec le roi Artus jcX Ogier le Danois (i). Peut-être enlevé comme Enoch et EliCy. est^il allc en calëche au ciel , où 11 vit sans vieillir , en attendant le joiir du jugement* Peut-être bien aussi est'il immortel comme les quarante , comme M. Suard le perpétuel , qu^aucuns disent éternel. Ce fait mérite d*être éclairct. Si jVtais en fond , je fonderais un prix ad hoc , lequel serait donné à Tauteur du meilleur mémoire , au jugement de l'académie des inscriptions et hfilles lettres* Gueuse comme je suis (2} , je ne puis qu*in •» Yiter les petites a/Jîches à annoncer à mes frais qu'on désirerait savoir des nouvelles de Gaaga^tua qu'on croit perdu , et qu'il est promis à celni qui en donnera , recompense honnête.

Adresser les renseignemens chez les frhrQs Michaudj rue des Bons Enfants.

N. B. Nous donnerons dans tune de nos prochaines lii^raisons le Gargantiana , recueil des apoiJiégmes , apho^ rismes, maximes , sentences , plaisanteries et -salsè dicta seu dictorwn de Gargatitua. '

BOUCHE DE FER

— Le iS de ee mois , le roi doit célébrer l'heurçnx anniversaire de sa fête par un grand nombre d'actes de clémence* En attendant S« M* vient de procéder à la nomination d'une foule de prévôts.

— ^ On a fait venir une légion à Nîmes , sans doute pour arrêter le cours des massacres ; mais n'est-ce pas appeler le médecin quand le malade est mort ?

(i)\oye7. Pantagruel. Liv. 11. Chap. a3.

(a) Cueua. ! Mousicur le colonel clioisi l>icn mal ses expressions.

^^ VOrficle sollicitait det>uis long-tems ^autorisa-»' taon (Pouvrir tn. France un bureau d'abonnement. f.e gouvernemén't paternel a daiâiié enSn lui accorder cette ^t^wr. C'est, dit-on , après trois pages de c'ànsUdérant oh les taiâonnemens lés plus absurdes sont pr^< sentes sous les formes les plus ridicules , que le ministre de la pbNce a pris k demande de YOracle en con-* sidétxUiùiu H est bien tiaturel t|ue ce Journal trouYV en France' xie qu'il' a entièrement perdu en Belgique*'

— f N0uwlh recette pour aiimenler les toum prés^à^ talés. Lorsqu'après un an d'exercke tous les procède» ordinaires de l'inquisition i\>yalé sont uses*, lorsque les dëaonctations ministërielle^ %t privées , \th correspond dancesles plus intimes saisies et perfidement interprétées^ les promesses et les garanties insidieuses^ sont devenues des moyens insuf&sans ; on s'adresse à un citoyen dont la tête est exaftee qt le cœur ulcëré par les humiliations ^ on Penvironne de traîtres qui le stimulent , l'irritent ^ Texcitent à la vengeance et lui en tracent le chemin ••••« Mais ce serait trop peu d'une victime : elle-même doit entraîner dans le prcfcipice ses propres amis ; on pousse rinroriunë à des démarches auxquelles seul il n'eût paf songe ^' on prodigue Por^ on lui crëe des complices *, et lorsque le complot /est ametië \ ce point où lès preuve» sont faciles et le danger apparent , le premier insliga-; teur disparaît , le citoyen que Pon a rendu coupable est arrête avec s^s amis , atteint «et convaincu d'un crime qu'on lui y sucité , traTii^ à Pecîiafaud comme auteur d'une trame dont H a^âiiraît pas nléme conea l'idée. • • \

Pour avoir les détails de ce»Vafiiieraens înWâtés sbtls le règne du meilleur des rois \ on pt^ut consulter les pièces du procès des patriotes ^e 1816, et suivre celles de la conjuratinn de Troyes qui offrira cela de plus odieux encore qu'un fils s'y trouve dénoncé par sa mère*

— Un pauvre officier rencontre ou jardin des plantes un de ses camarades encore plus pauvre que lui. — Que fais-tu .ici ? — Je suis des cours de botanique pour apprendre à végéter.

— Le jour où M. de Richelieu annonçait .le retour de la liberté de la presse , M. de Case supprimait le Nain Veit pouf avoir dit que cette libeité était dangereuse dans les. circonstances actuelles. Est^oc un dé* jnenti donné au rédacteur ou au premier ministre i

ÇjOo^z

Oh*)

— ÇQtnmç il p< peut y çvoîr de malheureux en Franct ifous le régime d'un gouvernement paternel , le du» de Berry exerce sa libéralité sur les indigens de Londres., S* A. R. a d on pé d'abord 200 liv. sterling, puis, il a assuré 5o liv. par mois tant que Tindigence durera daii4 cette ville hpspitalière.

. — Sir Sidn^y' Smith a fait mettre dans les journanr anglais que .('expédition d'Alger avait pou» but prin* cipal de donner une leçon de mormle aux barbaresques. On se rappelle que c'était aussi pour donner une leçon de ntotale à la France que les Anglais ont assisté Ganova> pour le dépouillement àxx musée>. Depuis l'envahissement^ des états de Xyp.po-Saëb,'quede leçons de mùraie ce» Qiedsieurs ont données an monde !

• — De ce qu'un homme ivre a été condamné en Itelgique à t^ois jours de prison pour avoît- Tait entendre' un cri sr'ditieuœ^ les journaux de Paris infèrent qu'bti ne peut se refuser à livrer 'k ses juges' ou pour mieux dire à ses bourreaux, le S. Simon réfuté Fi'a lirais en Belgique. — Entre un acte ridicule et tfn acte infâme, le gouvernement français est le jèulen Eui^ope'qni ne connaisse point de distance.

' -^ Le duc de Bcrry rencontra le colonel Moncey, fils du maréchal qui a été incarcéré ûu châteati de. Ipfam pour s'être récusé dans l'affaire du prince de la Moscowa. — Eh bi«x> colonel , dit le duc , quand pren-^ drez-vons du «ci-vice r ~ Quand mon père aura ootenu, satisfarfion. — Mais nous verrons ça , nous verrons ça j ^enez toujours me voir.'. ^ DSs que vous le. voudrez , l^non priaoe ^ nous nou» vendons*

TABLETTES d'ur llULADE.

— En me conseillant les eaux de Spa ,

e'est le moral qu'on a vi>ulu guérir. L'avilissement, \e^ maux de ma patrie , m'ont plongé dans un éfat de mélancolie noire qu'aggravait chaque jour Tappareil des supplices, et qu'a porté au dernier degré le spectacle récent des tix>is mallieureux torturés et mutilés avant de périr avec une barbarie dont vingt-cinq ans de* révolution n'ont point offert d'exemple. Depuis mon .arrivée en Belgique je me sens déjh mieux, Tair de la liberté produit sur moi l'effet de la rosée et du soleil sur des plantes étiolées, lorsqu'elles sont hors de la serre s

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le téjonr Je BruxclUs aurait stiffi à mon r^tabtîss^nieâl •i je n*j étais passé au rooment où une expédition d^ gendarmerie m'a fait douter si j'étais en Belgique.

A Spa tons les hôtels sont remplis , je dis hôtels , car. la moindre bico<}ue est décorée de ee titl*e pompeux écrit en lettres d'or au-dessus d'une porte bâtarde. Pour* quoi cette afYlaence ? est-ce la santé , le repos , la distraction même qu'on vienty chercher ? Je demande miellft est l'espèce de Toyageurs qui prennent les eaux? On me remet la liste imprimée des princes , seigneurs et personnages dé Haute distinction qui honorent la ville ^ etc. Des hôtels ! une* ville ! des seigneurs ! Comme l.ea eaux de la Garomne et du Mançanarès , les eaux de Spa ent donc aussi leurs propriétés morales.

Un petit nombre de ]^rançais , quelques Prussiens , beaucoup d* Anglais , qui là comme ailleurs voyagent par économie. Autrefois les Anglais hors de leur île cherchaient le plaisir à quelque prix que ce fût \ maintenant Tennui ne les enraye pas plus ailleurs que chc^ eux , pourvu qu'ils le trouvent à meilleur compte.

Le goût de la promenade est poussé à Spa jusqu'à la manie. On passe une grande pai*tie du jour sur le dos d'un Escalin ^ c'est le nom des chevaux de louagCp Est-ce pour jouir de la beauté des sites ? ^interrogez le plus intrépide promeneur ? demandez-lui quel est le vallon le plus riant , le coteau le pins pittoresque , la chute d'eau la plus rapide? Votre curiosité ne l'embarrassera pas moins qu'elle ne l'éfonnera.

C'est un Arabe ! non c'est un Anglais ! il est de pure race. Je me retourne pour savoir queb étaient les in^ terlocuteurs de cet intéressant dialogue. J'apperçois au milieu d'un groupe de maquignons un hommfe d'une figure commune. Chacun le traitait de prinee , d'altesse» J'ai ou depuis que ce n'était pas une plaisanterie.

Encc rc un prince ! J*ai eu le malheur de prononbe* quelques mots d'allemand devant lui. Il m'a fallu entendre le récit de sa seule et unique caihpagne , pendant laquelle il a franchi toutes les palissades , réduit tontes les places , passé au fil de l'épée toutes les garnisons. Après ^x ans de victoires nos militaires parlaient aicec moins d'assurance \ il y avait d'ailleurs dans leur forlimterie même quelque chose de spirituel, et d'élégant

qui la faisait excuser. Ici c'est delà fànJGsironade lonte. ci'ue ; entre un homme à bonnes fortunes de Paria et un homnie k bonnes fortunes de provioce, il y a cette dilTérence que le premier n'est qu'un fat»

'. iPlus d'urbauiti^ ^ les liens de la sociët^ paraissent bri* ses ici comme eu France. Chacun vit à part et n'en est pas plus gai. Que sont devenues ces causerie 9 fa-» milières , charme principal des anciennes réunions de Spa ? PoHrquoi les étrangers ne cherchent- ils plliâ comme autrefois la société des Français ? est-ce la diversité de langage ? la différence d'opinion ? Comme j'y ré* fléchissais , mes yeux se portent par hazard sur les murs de mon hôtel ^ et je lis ces caractères tracés au crayon : u Une courtisanne qui se fait appeller ma-* dame de.^,* Son mari ancien mouton des prisons révolutionnaires , et qni se donne pour un officier supérieur > son Sigisbé qui fut le complice de M.... et qui tranche au|ourd'hui de l'homme comme il faut : tel est Taimable trio soldé par M. de Caze pour reprélenter aux eaux la bonne compagnie de France. »

Je dînerais tous les jours à table d'hôte , si j'étais «ûr d'y voir se reuouveller la scène dout je viens d'être témoin. Toutes les places étaient remplies uire seule excepté. Un homme fort bien mis s'en empare ^ aussi* tôt à l'extrémité de la table, se lève avec humeur, ua autre homme d'assez mince apparence. Comme il allait sortir , te dernier venu lui adressa ces mots : C'est fort bien fait h. vous , monsieur ,' \e suis flatté de vous donner cette leçon ] les tables d'hôte sont instituées pour les gens de moii espèce et non pour ceux de votre rang. '— Quels sont ces deux hommes demandais je tout bas au

E arçon. — Le dernier est un marchand de chevaux fort rave homme du reste , généreux 'et pas -fier. U n'en est pas ainsi de Tautre , on le nomme le comte Thibaut de Montmorency. — J'ai voulu savoir le lendemain «i la leçon lui avait profité ; il avait déjà pris la poste.

Deux cabinets littéraires \ pas une feuille de Paris* On ue trouve que des journaux .anglais et de. la Belgique..• On les lit publiquement sans crainte d'espiona ni de prévôts. Je ne retourne plus en France.

La danse n'est pas ce que j'aime. Il faut que ckac^m en dise autant, car la redoute est déserte. En revanche la salle de jeu est remplie. La roulette et le treuteet quarante y font passer des heures bien tristes à en juger

par la figure de ceux qui s'y amusent le plus. Il paraît

Îne moins on joue gros jeu plus on est mauvais joueur» ai vu un lord risquer en pâlissant des pièces de 4^ sols , tandis qu'un jeune officier belge perdait sans trop se fâcher quelques centaines de napoléons. J*ai vu ua homme , les coudes sur la table , et cnmme absorbé dans le calcul des chances et la progression des pontes , cet homme , se disait-on tout Las , est un moraliste profond , un écrivain célèbre.

Somme toute , dans ce siècle de légitimité , on trouve aux eaux de Spa ce qu'on chercherait vainement à celles de Vichi , de Plombières , d'Aix , de Tœplitz , de Carlsbad , voire même de Sheltenam..«% la liberté*

— On lit dans le Moniteur français f germinal an 61 que le comte de Lille protesta au parlement de Pana contre la légitimité des enfans de Louis xvi , ce qui prouve que Louis xviTi n'a jamais varié sur le principe der sa légitimité.

— Bobèche déclarait l'autre jour vouloir absolument une place* Son ami lui demande quelle place il vou^ lait? — Ça m'est égal, répond-il. — Veux- tu la place de la 3astille ? — Non. — La place Loui^ XV ? — Non- — La place Vendôme f — Ah! oui , c'est une belle place celle-là , elle doit rapporter' gros. ^ — Mais , il y a un petit inconvénient , c'est qu'elle est occupée par ia colonne. -— Eh bien , répond Bobèche , je dénoncerai la colonne^ et f aurai la place ^

'" — Chacun 3ait ou doit savoir que l'héroïne de Bor* deaux est un ange envoyé sur la terre pour le. bon heur •t la réconciliation des Français. Voilà pourquoi elle a daigné promettre d'intercéder auprès de son oncle en faveur de quelques déserteurs , que , par respect pour la dignité nationale , on lui a présentés à Dijon , la tête et les pieds 'nuds, les mains jointes et à genoux.

— En attendant que sa majesté très-chrétienne ou très-clémente en revienne au système de douceur et de modération dont les journaux de Paris nous annoncent incessamment le retour, on va traduire à laeour prévôtale un^ directeur de spectacle de marionettes atteint et convaincu d'avoir donné l'exemple de la révolte et de la sédition au moyen d'une scène de polichinelles. \jR pauvre homme au contraire avait arrangé une petite parade tout exprès pour faire allusion au triomphe de

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)a bonne eau3e< Apris une dispute de tr^taux^ ui^poli» chinctle portant cocarde bJancbe devait terrasser on autre pantin déooré d*une cocarde tricolore. Malbeureusemeot celui qui tenait les fils se trompa de roaiu , il plaça à droite le polichinelle qui devait être h gauche et fice versa , de sorte que ce fut rbomme aui couleurs na- - tionales qui remporta la victoire* Cette méprise fit grand effet , et tou& les spectateurs d'applaudii* , eicepté ce^^ pendant le grand prévôt qui ayant appelle à son aide et mouchards et gendarmes^ fit conduire en prison Ift pauvre batteleur et les marionettes.

-^ Entre Louis le désiré Et son ayeul le révéré On établit maint p*rallelle r La différence , quelle est-elle ?

On immola les Francs sous Tune et l'autre loi » Lors au bon Oieu , nunc au bon roi*

— Lt jour d&l'anniversaire du vœu de Louis' xiii d'oîi résulta Louis xjv « Louis xvin a supplié la sainte vierge d*ezauoer les désirs de Madame et de la France* Le duc d'Angouléme , ^uoiqu*absent , a joint à leur pri^e ses oraisons ferventes. Il est très- louable , sans doute , de remplir le vœu de la religion , mais il faudrait ea* core accomplir le vœu de la nature.

— Le tribunal de Meaux vient de mettre en délibération , si les victimes de la guerre qui se sont retirées dans les forêts voisines ne doive ut pas payer les dégâts qu*elles y ont causés. De pareils juges ne seraient-ils pas plus divines que leurs accusés d'habiter avec les loups r

— Une quatrième amnistie doit être proclamée le jour de la St. Louis. Rédigée toute entière de la main d*uA prince célèbre par son érudition , elle portera , dit-oo ^ pour épigraphe ce vers de Phèdre :

Habent iruidias hominis blanditkt malL

— Quand on a connu les membres du gouvernement à^s Bourbons, on se demande s'il a jamais existé une aggrégation d'hommes d*une ignorance , d'une im-

^ périti'e , d'une sottise plus consommée..... Leur tête étroite ne concevait d'autre ordre de choses "que celui qu'ils avaient vu , d'autre moven de renouvcller la France que de la vieillir ils se retirent enfiâ

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avec Pindîgnation dei gens dé bien , la haine des tîo*times qu'ils <H>t bleaséea et le mëpris de tons»

Ces phrasjes sont eitraites du Journal de Paris i .«r «vril tâi5, aiticlé de M. »Sarlgucs qui rédige maintenant la feuille ultras-royaliste^ intitulée le Bon Français; de M. Sàlgues* qui notis accuse aujourd'hui d^avoir û^ gor^ papmi les révolutionnaires de gS \ nous à qui no* tj*r âge donne le droit de répondre.

'Cookitieitt Vcns^îom-tioxis fait , si nous u*étioo9 pas ncs ?

L*Oracïe s*èst empressé de se rendre l'écho -de ce» dîatribç^ que nos principes bien connus ont déjà réfutées. Incessamment nous mettrons l'Oracle aux prises avec lui-mênle coraftie nous venons d'opposer M. Salgues de iSiS à M. ^algues de i8i6.

-^ Un étranger attribuait à la crainte , l'usage adopte par un monarque de ne se montrer au peuple qu'à une fenêtre et à travers les vitres. Vous pourriez biep avoir raison répondit une dame ; c'est moins un roi de cœur qu'un roi de. carreau.

— On demande pourquoi le cachet de l'ambassadeur de France en Angleterre n'est pas apposé d'une manière uniforme sur tous Jes passeports ^ on demande pourquoi , lorsque le cachet est éloigna de la signaiui^, le voyageur peut circuler librement en France ^ pourquoi , lorsque le c,aQhet touche à la signature , le voyageur se trouve , en arrivant , sous la surveillance de la haute*

Î police; eu6n pourquoi , le porteur d'un passeport oîi e cachet couvre la $ignatu^*e , est mis en arrestatioof ^u moment de son débarquement. , '

•— 11 n'est bruit dans les journaux que de Tentré- Tue miraculeuse de S. M. T. C. -et d'Ignace-Thomas Maitiri , laboui*eur envoyé de dieu. Ce prophète qui n*est pas sorcier a révélé ait roi la cause des maux qui désolent la France. Il faut bien que la divinité .in teivieoine là où l'humanité n'existe plus.

-- On raconte qu'Alexandre le grand avait la tête de travers , et ' que pour lui plaire ses courtisans ncr la portaient jamais droite. *

Serait-ce aussi pour faire la rour à »on maître qui n'est rien moins qu'un Alexandre, que le rédacteur «lu Journal de Paris demande pour le théâtre royal de Feydeau un Colin d'opéra du poids de deux ^uin^ tmux.

RÉPOIME ftioATtyX A LA QUE4TI0V

proposée dans notre dernière liitraison»

Quel est celui qui joue le mieux la comédie en France ?

NVst-ce pas THlstrion quî , impassible lai-méme , saif feindre toutes les affections \ qui , dans la vie privée comme en public est toujoui*s en sc^ne ; dont les paroles , les gestes , l^s regards sont calcules ; dont le talent pour la pantomime , au sein même des excès ou de la douleur , ne s'est pas un instant démenti ?

Quel est donc le nom de ce comédien auquel les per^ fionnages de tyran et de père , de Cassandrç et de rai* sonneur , de niais et de plaisant ; auquel les; rôles à manteau , à travestissemens , la livrée- même sont égar lement familiers?

€e n*e5t pas Tâlma quoiqu'il sache affecter t^nt de sérénité lorsqu'il est dévoré de la soif de "la vengeance ;

Ce n'est pas Fleury dont le masque est si heureux' dans le Tartuffe;

Ce n'est pas Volnais qui a toujours des larmes à sa disposition;

Ce n'est pas Bourgoîn quoiqu'elle brave les huées tt les sifflets avec tant d'intrépidité ;

Ce n'est pas Perroud qui excelle dans les scènes k tiroir ;

Ce n'est pas l'arlequin du Vaudeville , si insolent quand il est le plus fort, si poltron au' moment d\i péril ;

Ce n'est pas Baptiste cadet qui semble né pour le rôle de Trissotin ; ' '

Enfin ce n'est pas Huet quoiqu'il ait' jout^ la comédie i Gand.

; Devine si tu peux et choieU si ta Toees.

QUESTION- . Fixer le terme probable du règne des B(Mirbons soit qu'ils persévèrent dans leur politiqae actuelle , soit qu'ils rabandonnent pour adopter un système constitutionnel et modéré,

(Le prix,' après rnccomplisscment do la propbi'tie, s^ra le bonbcnr ai la reconnaissauce de la Franaa toute entière. )

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