‹ Le Nain jaune réfugiéChapitre 46 sur 88 · HK · texte numérisé non relu

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ftiitastrophe xne pardisibit prochaine', intfvltabk » fe v^a?^ lais réunir tous mes concitojreDs tfigris pak* le mal'» heur afin de donner à leur esprit une direction uni-» forme et de les empêcher ainsi, au mcxment d!une révo^ lution , soit de commettre des ekcbs , soit de se laisser séduire par le premier audacieux qui aurait voulu établir une nouvelle^ tyrannie militaire. Mais à peina la police eut- elle connaissance de cette as^ciation . qu'elle me détacha des a^gens de toute espjbce ^t en particulier un nommé Schenetien qui m'entraîna dans Tabîme. C'e^t lui qui me suscita tpus les projeta d'ex<« plosion et d'assassinat dont on a fait semblant au tribunal de me croire l'inventeur* Je 1 avouerai ^ né aviec yn caractère inébranlable , une imagination .forte , j'ai eu un moment d'illusion; fai cru pouvoir rendre, la liberté à mou pays; mais l'idée d'un crime m'a dessillé les yeux, et je n'ai' jamais commencé une seule tentative qui ait pu amener ce que nous attendiops du tems et de la force des choses* Or, je vous le demande^ n'est • ce pas une injustice , une atrocité de m'avo^r condamné à mort moi et quelques * uosde-mes camarades abusés comme moi , après nous avoir poussés par des insinuations de toute espèce à des complots qui n'é^ taient point de nous et qui n'ont jamais reçu un com« mèncebient d'exécution.

* Pahgloss. J'en tdrhbé d'accord ; mais c*est précisémènfT {(arce que cela eét odieux qne cela est à merveille j cluF votre but n'était - il pas de servir votre paya ?

Pleignier. Je n'en eus jamais d'autre.

Pangioss. Ne desiriez-vous pas éclairer vos concî-» toycns sur la cause des maux dont ils étaient vic^ times ?

PletgnUr. C'était l'objet de tous mes vœux.

Panglos. N'aviez- vous pas l'intention de leur pron^ ver, que la tyrannie ne frappait pas"^ seulement sur les. riches , les militaires , les chefs de parti ; mais qu'elle atteignait eki<6oi*é les hommes dé la classe la moins <^ifuie0te ? " .

- Plefgniêf\ Ttn bfiîre ua exemple 'frffp]>tiit pnîs^ftre' jji tiVtais qu'un cambrenr de tiges de bottes , et que Toià n'a coupé la tête et tranché le poignet.

Pangioss. Eh bien , si Pou n'avait pas vioté, pour TOUS juger» toutes les formes de ta {w^tlce , si la police ne vous avait tendu un piège si grossier que tout le inonde a pu l'apperceroir , si fa prétendue conspi^ ration oh vous avez figuré en première ligne avait été conduite ]!»ar un homme d'un rang plus élevé , si TOUS n'aviez pas enfin été torturé , mutilé et guillotiné , ayeo la plus insigne barbarie, tout ce que vous disiei «ux patriotes àer 1816 vos associés , pour exciter leur zèle et soutenir leur courfirge, n'aurait paru que des décla* snàtlons, et nul n^aurait été convaincu delà nécessité d^nn changement. Vous ailrez donc été ta raison suffisante de tout ce qui ne peut manquer d'arriver très-inces* éamment. '

Pteignier. Peste î. docteur vous en parlez bien à votrtt aise ; mais j'admets pour un moment la justesse de Votre raisonnement. Il n^n est pas moin^ vrai que ceux qui commettaient de pareils actes de barbarie n'agissaient pas dans l'intention d'amener un résultat plus avantageux pour le peuple.

Pangloss.Y\k\ qu'importe leur intention s'il n'en poa-> Tait être autrement. D*ailleurs, il ne m'est point dé* KbOntré que 1^ roi se soit livré de gaîté de cœur k l'esprit de vengeance et de réaction dont se plaignent vos compati'Iotes ^ il ne voulait que donner une petite leçon à sa fauiille et à ses serviteurs qui ont une toute autre ^^nière d'envisager les choses, et auprèà. de qui toutes remontrances auraient été vaines.

Pleignier* S'il en était ainsi , ie roi n^aurait pas re tu$é de m'entendre, lorsque je demandais à lui par«- Jer. Je lui aurais confessé la vérité, )e l'aurais per— . âuadé , attendri.

Panglass. £hi voilà justement ce .qu'Jl fallait éviter^ aar^.M. a, m'a-t-on dit/uo penchant irrc:iistib)e puiut

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le pardon; ûaf le rifsoltat n'aurait plus été le 'même ; car vous aurrez obtenu votre grâce , et ,1e peuple aurait co^itinuë de supporter patiemment un joug qui lui devient de jour en jotir plus insupportable* La France^ comme je vous Tai déjà dit, est une nation corrompue par IVgoïsme 9 elle a besoin d*âtre régénc^rée par un baptême de sang , et c*tst le roi qui s*est charg^f de te lui faire administrer dans l'intérêt seul de la patrie* Remercie^donc ce bon prince de tendre vers un but que vous vouliez atteindre et de s'être servi de vous pour y arriver plustôt*

Pleîgnier. Moi le remercier ! Moi qui ai vainement répété pendant quinze jours : J£ parlerai (iu roi ! J'aimerais mieux être repris , rejugé , retorturé , avoir l'autre poignet coiipé , recoupé , bâché menu comme cbair--àpâté-/que de commettre une pareille bassesse.

Pangioss. V ous ne croyez donc pas à mon système ?

Pleignier» C'est une folie.

Pangioss. £h bien ! avant peu je passerai des ombres qui ne vous laisseront aucun doute sur ce que je vous ai dit, car rappeliez- vous bien que c'est de l'eioès du^ mal particulier que doit naître le bien général. ^

— Pleignier allait répondre lorsque Caron le força de débarquer*, une foule d'ombres attendaient celui-ci sur l'autre rive-, c'étaient autant de raisons suffisantes pour Arriver au résultat prédit par Pang^oss.

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