LES SI
Si les suites d'une mauvaise administration contrai-» gnaient le • gouvernement légitime à preudi'e un arrêté, qui suspendît le payement des créances dues par le gouvernement de l'usurpateur aux sujets Belges, tant civils que militaires ^
Si la pénurie des finances le forçait a réduire encore au tiers, le tiers consolidé^ ce qui intéresse plus d'un Belge ^
Si, par impossible, une chambre plus mauvaise que la chambre dissoute*, ordonnait la restitution des biens nationaux, ce qui compromettrait la fortune de pla& d'un Belge ^ ^ . '
Si , à la veille d'une disette , une prime d'encouragement était accordée aux négociants français pour faire des accaparemens en Belgique ^ il faudrait que les 'journaux de la Belgique se gardassent bien de signaler toutes ces mesures •, parce qu'en les présentant sous leur véritable jour , il leur serait difficile de ne les pas présenter sous un jour odieux.
Enfin , il faudrait liien que ces mêmes journaux s'abstinssent scrupuleusement d''oiïrir le tableau des humiliUations et des vexations de tout genre qu'éprouvent
les raîlîtaîres en France; de Tétat de souffrance tft de dénûment auquel ils sont condamnés : car biea •que ce tableau soit Je raoyeu le plus efficace d'arrêter les, progrès de la désertion , et de prévenir Tembauchage, il n'est que la conséquence des actes du gou* Ternement : or , plus on mettra de vérité dans le tableau, plus on présentera les actes d'un gouverne^» ment ami sous un Jour odieux.
Le désir que nous avons de ne point enfreindre d'un iota les di^positious de la loi dans le cas oîi elle serait sanctionnée , nous engage à supplier les états- généraux de vouloir bien mettre les points sur les I.
L'article 3 du projet de loi porte: Ni les auteurs ou rédacteun , ni les imprimeurs , éditeurs ou libraires ne seront admis à alléguer comme moyens d'excuse a ue^ les écrits ou les articles d'iceux if ui donnent lieu à la pour^ suite sont copies , extraits ou traduits de papiers étranger» ou ctautres écrits imprimés.
On pourrait au premier apperçu tirer de cette dis-*position la conséquence qu'à l'Angleterre sera réserv<f le monopole de la pensée *, mais de Pexamen sérieux des termes de l'article dérivent une foule de conséquenceg qui embrassent les écrits de toutes les nations et de tous les tems , puisqu*il ne s'agit pas seulement des papiers étrangers , mais aussi d^ autres écrits imprimés^ ( Ce qui , pour le dire en passant , nous laisse une ample latitude relativement aux manuscrits. )
Kous nous bornerons à deux exemples.
Pourra -t-on citer à l'appui des devoirs d'un prince constitutionnel , en parlant d'un prince qui ne l'est pas, cette ingénieuse comparaison traduite d'un autetûr alle^ mand : u La constitution est une grande route sur laquelle il est facile de conduire le char de l'état; mais du moment que l'on s'en écarte on court le risque de verser avec lui dans les précipices qui bordent cette •route. »
Pourra-t-on ii propos de la conduite de tel ou tel monarque , sans ojjenser ou outrager son caractère per-^ sonnel , sans contester ou révoquer ey doute ' la leg'Ui^ mile de sa dynastie et de son gouvernement , sans irprésenter enfin sous un jour odieux les actes de son ad* ministration , copier ou extraire le passage suivant con-
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rigné dans un écrit imprimé fpx* on nomme viilgairem«iif Télcfmaque.
« Soayenez-Tous que les pays oh la domination du sou- Terain est plus absolue , sont ceux où les souverain» sont moins puissants. Ils prennent, ils ruinent tout, ils possèdent seuls tout Fétat ; mais aussi tout IVtat languit , les campagnes sont en friche et presque de* sertes , les villes diminuent chaque jour , le commerce tarit. Le roi , qui ne peut être roi tout seul , et qui n*est grand que par ses peuples , s*an^antit lui-même peuà-peu par Tanéantissement insensible des peuples dont il tire ses richesses et sa* puissance. Son état s'épuise d'argent et d'hommes : cette dernière perte est la plus grande et la plus irréparable. Son pouvoir absolu fait autant d'esclaves qu'il a de sujets. On le flatte , on fait semblant de l'adorer , on tremble au moindre de ses regards ; mais attendez la moindre révolution : cette puissance monstrueuse^ poussée jusqu'à, un excès trop violent , ne saurait darer ^ elle n'a aucune rerrsource dans le cœur des peuples % elle a lassé et irrité tous les corps de l'état ^ elle contraint tous les membres de. ces corps de soupirer après -un changement. Au premier coup qu'on lui porte , l'idole se renverse , se brise , et est foulée aux pieds. Le mépris , la haine , la crainte , le ressentiment , la défiance , en un mot toutes leà pas* sions , se réunissent contré une autorité si odieuse. Le roi qni dans sa vaine prospérité , ne trouvait pas un seul homme assez hardi pour lui dire la vérité , ne trou« vera , dans son malheur , aucun honune qui daigne ni l'excuser , ni le défendre contre ses ennemis. »
Certes les tribunaux en prenant les choses au pied de la lettre , trouveront \h , matière à une triple con-* damnation. Il est donc essentiel de s'expliquer clairement sur ce point comme sur les autres , car s'il est une fois décidé que des citations pareilles à celle que nous venons d'emprunter au vertueux, archevêque de Carabray , doivent être mises à l'iudex, il* ne restera plus à chaque auteur d'autre moyen , pour faire con— naître sa pensée' sur certain prince étranger que d^iiser du subtertiige dont parle Boileau.
» Puisqu'il n'At plus permis de 1« dire aa papier ^ » Il faut creuser la terre , et comme ce barbier , V Faire dire aux roseaux par un nouvel organe y m Midaf^ U roi Midas, a act oreilles iPànê,
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— « Tûut individu qui se troWe sUr 'te ierrttoité du n royaume , soii regnicole soit étrangtr Jouit de la pro^ 1* tection accordée aux personnes et aux biena n 4)i8cours de M* d'Otuhoe aux Etats->Gënérauti
« La loi fondamentale ne sera point the% nous UÛ • \>ain formulaire i n
(Voyez pour Texéraclitidn de Simon, le if^*, Yblutiie dti NaÎA Jaune, page i^^ et fuîrantes; pAg< l^ot et tuÎTMitët.}
« bans rarifltdcratie , les mâgistfats soiit dé petite » souverains qui tie sont pas asseï grands pour paé'* » priser les injures. Si dans la monarchie qudque trait a» va contre le monarque , il est si haat que le trail » n'arrive point jusqu*^ lui. Un seigneur atistocraiiqu^ > ta est percé de paft en part. »
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