LES AVEUX
tn ira ifét^tàt. Les deut partis (fui divisât là coUr et pat* laltf le gouvernement sont en arraes. Les idtra^ ëtourdin pat ûti coup hnpi*évu', se telërcnt plus furieut^ La guei^e entr^eUx et les ministres est une guerre à iHortj Leur dmtbltf ^ {)ôl)Ge s^obserte 0i se d^ndn<5e *, leUrs ^gens respectti!^ H fendent auprës des eollèges ëlècrtorauxi Si les tninié^ ^ ires ont paut etxt l^autoritë ^ l^argetit ^ la ttrloili» m^ blldtfe da foh ^<^ <^^^ (^t ^^ niiWites qut kror ti4' ^
46i^éHt Veiislètktt f le fanatisme poUtiqne et religieilt, Tactivité : ils osent même s'étayer de la volonté secrète du sonrerain. -^L^ premiers se sont exclusivement - empaoés de la presse : les seconds y suppléent pac les nouvelles à la main , par les brochures clandestines* Enfin si la marche d'une organisation avouée est j>Ais facile i celle des sociétés secrètes est plus sûre et plus dangereuse. Lu chambre nouvelle décidera de la victoire ; aussi les deux partis n'épargnent^ils rien pouf influencer les élections : il y va de la ruine des royalistes, il y va de la tête des ministres. Cependant la nation qui ne saurait former tia parti contemple en silence unspectacle dont les scènes, si diverses en tr'elles , contrastent beaucoup plus encorie avec les scènes qui les ont précédées ; dont les interlocuteurs, dans le feu du dialogue, révèlent des^ vérités si étranges ; 'dont l'intrigue enfin n*est pas tellement obscure qu'il soit impossible d'en prévoir le dénouement.
ije& journaux , de gré ou de force , sont les instramens du parti des ministres : le Moniteur dont toutes les autres feuilles ne sont pluà que les dociles échos , frappe également sur les amis et sur les enpemis trop ardens de la légitimité^ et cherche le vœu national dans la classe mitoyenne. Da reste il ne tarit pas .sur les avantages du régime constitutionneL Les ultra in-^ voquent aussi à grands cris la Charte. Enfin les uns et les autres se réunissent à peu près quant aux mots i puisque leur cri de ralliement est la légitimité \\di coni* tiiution !
Mais quant au sens , quant aux faits , ce n'est plus la même chose. On <tn vient alors aux reproclies ^ aux récriminations. Vous avez mis la charte en pièces » disent les ministres : n'est-ce pas sur votr^ proposir tipn? répliquent les uitra* -*- Le peuple vous réprouve. — En faveur de qui existe la loi des prévenus ? — Vous avez 'établi un i*égifn^ de .terreur. — N'est-ce pas la police qui en était l'instrument? — Vous ne dcmaB-^ (lez que des vi^i^s. — L^ chambre est-^lle l'auteur
Googk
Âes d«ux listes? -^ Mais Tordonnance du 5 septembre, vous condamne* — Mais des ordonnances contrair«ii nous justifient. — Cest la volonté du rou — Est-ce bien vous qui , h la honte du nom français, aves; fait intervenir l'étranger dans vos intrigues révolutionnaires, est-ce bien vous qui osez parler de la volonté royale ^ de cette volonté qui , depuis a5 ans , ne s'est jamais démentie *, de cette volonté que la connaissance individuelki des principes, de la conduite, de la personne du roi nous a toujours montrée invariable , constante , en un mot ^ digne de lui et de ses ayeux ? — Que parlez-vous d'éf trangers , vous qui ne seriez pas ici sans les étrangers ? — Vous conspirez contre le roi. — C'est vous qui conspirez contre lui en conspirant contre la natioa* — Clestavec ces grands mots que Ton a perdu Louis xvi , et que l'on perdra Louis XVII !• -— Oubhez-vous que la loi des séd^tieut peut atteindre ses auteurs ? -^ Vous voulez un noyveau 20 mars , nous le dirons , nous l'écrirons par-tout : il faut éclairer la chambre nouvelle* — La censure saura vous réprimer. — Vous parlez de constitutions et la presse n'est pas libre! — Qui l'a enchaînée ? — Qui a voulu qu'elle fût enchaînée ï — N'importe, elle l'esté — Nous verrons à la chambre prochaine. — A la cham))re pi*ochaine.
Telle est l'analyse fidèle des discours • et des écrits qui circulent* h la cour , dans les salons , clans toutes les provinces» On assure même que l'on ne s'en tien* d^fi pas aux paioles ^ que tout s'oi*ganise ,. que le parti .des ultra , qui compte des h^fros de plus d'ui^ sexe , s'é* ci'ie par- tout : vaincre ou mourir / IJ y. va de noire salut, du salut de sa majesté ^ du salut do la France. On dit encore , mais nous sommes aussi loin de l'affirmer que de le croire , on dit que les pcinces sout ré5oIus , s'il le faut , à protester contre les actes for- , ces du poi dans l'intérêt même du roi^ comme le fit à Une époque semblable, Louis xviii, alors Monsienu^ contre les actes forces, de Louis xvi claj2& Tiuléic^ da- Louis xvu .
En attendant, M* le vicomte de Èh&tftaubriant sja déclare chef littéraire de la fsiction vendéenne. Il vient 8e fulminer une brochure oui a )eté Teffroi dan9 I9
?iarti rainistérîeh C'est une bombe d^nt les éclats ré** aillisènt jusqu'au trône.. Faible et incohérent comme système politique , ridicule et contra dietoirc comm# apologie , ce Jhctum porte un coup funeste au gou-« vernement pai* les révéiat^ons. et les aveux que la force de la vérité arrache ^ son auteur , f^x \^^ principes qu*il cposaqre ei) les f^écl^nis^nt, par les intrigue^ çt les tnrpitudes dont il dévoile le niystère aux français et aux étrangers , . qiie (es mensonges dea journaux avaient trompés sur les mesui^s ^^ les inten* tiens de la cour et sur la véritable situation de 1^ France, Hahemus çonfiientcm reum. Nous nous empres* aons de prCndve actes de ces aveux.. On ne verra pas sans intérêt d^^ns un moment QÙ Ton attaque «iUeura qu'en France la constitution, les gi*an4es vérités cans'^ iieutlonnelfes reconnue^ et invoquées pav leuys plus grands ennemis^ C'est ainsi qi^'e le vice lui-même vaincu* pa|* l'ascendant 4^ 1^ vertu çstibrcé de lui rendre homœaye^
}1 7 a trois m^ni^res de vouloir le roi^ *
l^« Ayec l'i^nci^n régime,
a^. Avec le despotisme,
3^. Avec la Charte,
Aveo l'ancien régime , il y a impossibilité,
Avec Ifi despotisme, il faut avoir, cohime Buona-r |>arte , sin cent mille soldats déifoués , .tin bras 4e fer, Vn esprit tourné Vcm la tyrannie,
fiesta 4^"^ M monarchie î^vec !a Charte,
C'est la seule bonne aujourd'hui.
Ne fût-elle pas bpnqe , ç'^st [^ «eyle çossiblç \ ^q\% tranche Ic^ question,
Qepuis que npus vivons sous l*empire de la Charte, I^Qua en «voçii tellement m^'çqnn^ V^spvH et Iç cv^o* Uve* «fMQ P'ess^ ^peç\eiUe^ - A quoi col^ tien vil ? A ce qu'emportas par nos pas.
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que lamais ' voulu nous soumettre à la cons€quenoe, tout eo disant que noua adoptions le principe ^ a ce que nous prétendons maintenir des chose* conrtradic* toires et impossibles ^ à ce que nous résistons h la nature du gouvernement établi, au Heu d*en suivre le cours; à ce que, contraries par des institutions encore nouvelles, nous n'avons p^ le courage de braver de légers inconvëniens , pour acquérir de grands avan^ tages ; en ce qu'ayant pris la liberté pour base de ces institutions , nous nous en effrayons , et nous sommes tentés de reculer jusqu'à l'arbitraire , ne comprenant pas comment un gouvernement peut être vigoureux, mns cesser d'être constitutionnel «
Sait-on ce qui arrivera si nous ne sommes. pas pluâ décidés dans 'vos vopux, pas plus d'accord avec nous^ mêmes ? Ou nous détruirons la constitution ( et Dieu sait ce qui en résultera ) , ou nous serons empoHés par. elle : prenons -y garde, car, dans l'état actuel de& phoses , elle sera probablement plus forte que nous.
Notre chambre des députés serait parfaitement cons*tituée si les lois sur les élections et sur la responsabililé de^ ministres étaient faites.
Si on laisse passer cette grande phrase que les mi* nistres du roi ne doivent compte qu'au roi de leur administration , on entendra bientôt par administration tout ce qu'on youdra.
Mais ce qu'il faut surtout , c^est la liberté de la presse* Que la chambre se bâte ck la réclamer: je vais eiv donner les rnsons. • ^
Point 4e gouvernement représentatif sans la liberté 4e la presse* Voici pourquoi :
Le gouvernement représentatif s'éclaire par l'opinion publique , et est fondé sur elle. Les chambres ne peuvent connaître cette opinion , si cette opinion n'a point d'organes«
Dans un gouvernement représentât! f^ il y a deux ti'ibunauj^ ; celui de« cbatubres , où les intérêts par^
ticnKers de la nation sont \ûgés ; celai de la tiathiB clJe-niéme , qui juge en dehors les deux chambres.
Comment le ministère et les chambres connaîtront ils ropintoQ' publique qui fait la volontë générale , si cette ojiinioA ne peut hbremeut s'exprimer r
Qu*aiTive*t- il lorsque les journaux sont, par le moyen de la censure , entre les mains du ministère ? Les ministres font admirer dans les gazettes qui leur appartiennent tout ce qu'ils ont ^it , tout ce qu^ih ont dit , tout ce qu*a fait , tout ce qu'a dit leur parti intrà nun'os et extra. Si, dans les journaux dont ils ne disposent pas entièrement , ik ne peuvent obtenir les mêmes résultats , du moins ils peuvent forcer les rédacteurs à se taire».
J*a( vu des jdDrnaox non ministériels saspendas , poav «voir loué telle ou telle opinion.
J'ai vu des discours de la chambre des députés mutilés par la censure , sur l'épreuve de ces journaux*
Tzï vu apporter des défenses spéciales de parler de tel événement , de tel écrit qui pouvait influer sur Topioipn publique d^une manière désagréable aux mi^ nistres.
G*est ainsi qn*à la manière de Bnonaparte on> trompe les provinces ; c'est ainsi que l'on fait naître une fausse opinion en France qu'on abuse celle de l'Europe* ( yoilà ce que ton dit; ettjue dis-je autt^e chose ?)
Soyons conséqaens : ou renonçons au gouvernemeal représentatif, on ayons la liberté de la presse*
L'opinion publique doit oti*e d'autant plus indépen^ dante aujourd'hui que l'aiticte 4 ^^ '^ Charte est sus« pendu. En Angleterre, toi'sque Vllabeas Corptis dort ^ la liberté de la presse veille : sœur de la liberté individuelle t elle défend celle-ci tandis que ses forces sont enchaînées , et l'empéchc de passer du sommeil à la mort.
Les ministres seront harcelés , vexés , inquiétés par k liberté de la presse -^ chacun leur donnera son avis^
£i>(re les louanges , les conseils et les ontriges , il n*/ aura pas moyen de gouverner.
S'ils ont tant de susceptibilité, il faut qu'ils quittent la place. Des ministres véritablement eonstitutionoeb ne demanderont jamais que pour leur ^pai^ner quel* <|ues dcsagremens , on expose la constitution. fCeUe maxime est de tous les pays.)
Lorsque six à sept cents hommes ont le droit de parler , que tout un peuple a celui d'ëcrire , il faut se résigner à entendre et à lire bien des sottises. Se fèclier contre tout cela est d'une pauvre t^te ou d'um enfant.
Un homme dVtat ne considère que la fin : il ne s*em* barrasse pas si la chose qu'il désirait , et qui était bonne» a été produite par les passions ou par la raison , par le calcul ou par le hasard. Si vous sortez des faits en ' politique, vous vous perdez sans retour.
.Que les ministres se persuadent bien qu^ils ne sont pas des seigneurs aristocratiques. Ils sont les agens d*nfi roi constitutionnel , dans une monarchie représentative. Les minî$tres habiles ne craignent pas la liberté de la presse : on les attaque , et ils. survivent : il n*y a pas de mal que cette liberté nous débarrasse du médiocre et de l'incapable. ( A bon entendeur salut» )
Sans doute les ministres auront contre eux des jour-* naux qui leuf rendront la vie dure , mais ils auront aussi des journaux pour eut ; ils seront attaqués et défendus , comme cela arrive à Londres. Le ministère anglais se met-il en peine des plaisanteries de TOpposition et des injures du Morning^Chronicle ? Que n*ar t-on point dit , que n^a - 1 ^ on point écrit eontre M* PItt ! Sa puissance en souffi*it-elIe ? sa gloire en fut-elle éclipsée ?
Que les ministres soient des hommes de talent ; qu'ils sachent mettre de leur parti le public , et les bons écrivains entreront dans leurs rangs , et les fournaux les mieux faits et lea plus répandus le6 soutieodront.
Qoo^q:
Us seront cent fols plus forts ^ car ils marcheront alot» avec' FopiDiou ^nërale*
Enfin 9 tout n'est pas lait dans un gourernément poul* .des ministres : il faut Vouloir ce qui est de la nature des institutions sous lesquelles on vit 'y et encore une Ibis; ,il n'y a pas de liberté constitutionnelle sans ii<« ]>erté de la presse*
Une derhière considération importante pour les inilustres y c'eàt que la liberté de la presse les dégagera d^une responsabilité fâcheuse envers les goovernemens étrangers*. Ils ne seront plus importunés de toutes ces notes diplomatiques , que leur attirent Tignorance des censeurs , et la légèreté des journaux ; et n*étant plus forcés d'y céder , ils ne compromettront plus la dignité de la France*
Un avantage uicafculable de la monarchie représen* tative , c'est d*amener leâ hommes les plus habiles , à la tête des affaires , de créer une héi^dité forcée de lumières et de talens*
Sous un^ monai'chie constitutionnelle , les ministres jienvent et doivent changer jusqu'à Ce qu'on ait trouvé les hommes de la chose y jusqu'à ce que les chambres et Topinion aient fait sortir l'habileté des rangs oîi elle se tenait cachée. Ce sont des eaux qui cherchent ik prendre leur niveau; c'est un équilibre qui veut ••établir.
Comme il y a des ministres qui né peuvent Pétre sous nue monarchie constitutionnelle , il y a des mw nistèi*es qui ne sauraient exister dans cette sorte demonarchie : c'est indiquer la police générale^
Si la charte qui fonde la liberté individuelle est anivîe y la pblice générale est sans action et sans bqt^
Si la liberté individuelle est suspendue par nne loi transitoire , on Va pas besoin de la police générale pour exécuter la Ipi. ^ .
Kn effet , si les droits de la liberté eoiJstitniiolIneOe Sont dans foute, leur plénitude ^ et que nétfdmoJaa la foih^ généfaie H perioette les icks aiUtrwn» tfai smt
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de ' sa nature , tels que suppression d'ouvrage , visttéf domiciliaires , arrestations , emprisonnemens , exib , la Charte est anéantie.
La police génëraie est une police politique ^ elle tend il étouffer Topinion ou à l'altérer -, elle frappe donc au eœur le gouvernement .représentatif.
Je le répéterai toujours: donnez-moi le Code de Cons.» tantibople si vous voulez; mais si j'ai la Charte je pré-» tends qu'elle soit exécutée.
La police intervient en matière criminelle : elle attaque les premiers principes de l'ordre judiciaire, comme nous venons de voir qu'elle viole le premier principe de l'ordre politique^
Si quelques-uns des agens de la police se trouvent mêlés dans une affaire criminelle , comme complices volontaires, afin de pouvoir devenir délateurs; si dans Finstruction du procès les accusés relèvent cette double turpitude qui tend a les excuser, en affaiblissant les dépositions d'un témoin odieux ; là pc^ice défend aux' journaux de parler de cette partie des débats. Ainsi rentière publicité n'existe que pour l'accusé , et n'existe pas pour l'acciisateur ; ainsi l'opinion que la loi a voulu, appeler au secours de la conscience du juré, se tait sur le point le plus essentiel ;' ainsi la plus grande partie du public ignore si le criminel est la victime de ses propres complots , ou s'il est simplement tombé dans un piège tendu à ses passions et h sa faiblesse, f Témoin le procès des patriotes de 1816. y Et nous prétendons avoir une Charte ! et voila comme nous la suivons !
Que faut-il pour que la police soit habile? Il faut qu'elle paie le domestique, afin qu'il vende son maître^ qu'elle séduise le fils , afin qu'il trahisse son père; qu'elle tende des pièges à l'amitié , à l'innocence. Si la fidélité se tait , un ministre de la police est obligé de la persécuter, pour le silence même qu'elle s'obstine à garder , afin qu'elle n'aille pas révéler la honte des demandes qu'on lijfi a faites. Récompenser }e crime , punir
v. 4* Cï
Ift Tertn , c'est toute la police. ( P'oir U serment Jet êkevalien de St. Louis et des mar^chauj:. ) ^
Si à ces aveux dous joignons les aveux du parti, oppose, nous o&irons au lecteur précisément la substance et le texte de nos articles les plus vigoureux : car les ministres après avoir accuse* les ultra de folies subversives de Tordre et de 4a constitution, confessent ingénument à leur tour, que la France e'tait dans un état de stupeur , qu'une crise prochaine était inévitable , que des fautes ont été commises , que la cbarte , ' a été mainte fois violée , qu'on en est bien facbé , qu^on ne le fera plus désormais que cette fois-ci la parole royale ne sera point vaine , qu'il ne faut plus songer au passé : ce qui veut dire qu'il ne faut pas relire les journaux qui, sous riniluence directe des roinisti'es, ont précédé Tapparitiou de Vordonnance provoquée par les ministres , journaux qui ne parlaient que de l'allégresse publique et de Tapprebation donnée par la France à toutes les mesures dirigées contre les Français, journaux dont chaque colonne était chaque jour ensanglantée du récit ou de Papologie de quelque nouvelle exécution. Soit , dit la nation, ne songeons plus au passé ^ mais avant tout, faites que le présent ne nous le rappelle pas sans cesse.