‹ Le Nain jaune réfugiéChapitre 77 sur 88 · QUELQUES MOTS AUX FEMMES · texte numérisé non relu

QUELQUES MOTS AUX FEMMES

Les Vestales jouissaient à Rome d'un singulier privil^ge^ elles occupaient dans l'amphithéâtre une place particu^ lière; et spectatrices de ces jeux barbares qui faisaient les délices du peuple Aoi , elles pouvaient d'un geste décider du sort des gladiateurs vaincus : le pouce de la maia droite élevé leur sauvait la vie ; le pouce rei^vers^ était le signal de leur mort. Les historiens ont observé que les sensibles prétresses de Vesta usaient rarement du droit de faire grâce. Fort heureusement nos spectacle* ne res-* semblent en aucune manière à ceux des Romains, et nos aimables Parisiennes n'ont pas la cruauté des Vestales } cependant elles ont failli dernièrement, par un zèle au moins indiscret, transformer la paisible enceinte di^ théâtre Fejdeau en une arène sanglante.

A son retour de Gand, le modeste Huet reparaissait pour la première fois dans le rôle de filondel, et recevait pour sa conduite et non pour son talent de nombreux appiau« dissemens , lorsqu'au milieu de la représentation on sifflet qui s'appliquait à son talent , et non à sa conduite , osa se. faire entendre au milieu du murmure flatteur des brayo8« Aussitôt éclatent de toutes parts, avec des signes non éqai« voques de vengeance, les cris , à bas !•••• Il la porte !•••• tuez-le !•••• tuez-le !•••• Cependant, grâce au tumulte et à la foule, le siffleur demeurait inconnu, le calme allait se rétablir, lorsque des femmes placées aux galeries in*» diquèrent du doigt celui qu'elles soupçonnaient coupable; soudain les cris redoublent avec plus de fureur , on se jette sur le malheureux , on Tinsultë ^ on le frappe , dtê individus en uniforme ^ s'élancent l'épée à la main âur Taccusé dont la gendarmerie et l'ofBcier public par-iiiennent , avec peine ^ à préserver la vie« Quelle scène t et quelles pénibles réflexions elle fait naître ! Des hom*»

* Plasîeurs joamanz ont dit qne ces milit|iir«i appartenaient k 1» inaison du Roi ; les costumca étrangera que cet mtaaiturt ont adofyt tu BOUS cin(hêcheiit d'afimcr la fait*

iMâ «m^ , des militaires » des officiers françaif se pr^ eipiter plusieurs sur ud seuH.... lever le fer «ur tin iHmime d^sefm^ !•••• en prësence des ëtrtingers !•••• Mous nous abstenons de toute réflexion sur un sn|et aussi grave ; il y a trop à dire , et notre intention n'est pas d*ai]grir les esprits. Mais vous, mesdames , TOUS qui avez reçu de la nature les grâces et la doucem* pour modérer les passions fougueuses des hom* mes , vous dont la faiblesse a tant de force y dont la modestie, la sensibilité ont tant de pouvoir, vous ne èraignez pas d*ootrager les l^is-roême de Thumanit^ ^ de compromettre la vie d'un homme peut-être inno-eeni! vous osez d'un geste cruel désigner la victime aux glaives dont il vous appartenait d'arrêter les coups!. •• Et si par Tefiet d'une méprise funeste vous aviez fait rouler le sang d'un ami , d'un époux , d'un fils !!!.••• Vous frémissez à cette horrible idée ! Abjurez donc l'esprit de parti , revenez h votre véritable caractère , femmes, qui devez être le charme et le lien de la société, comme vous en êtes Tornement; faites entendre votre douce voix si puissante sur des Français ; venez guérir les blessures', calmer les rcsscntimens, proscrire Jes vengeances , et montrez-Vous , au milieu des partit irrités , comme des anges de paix envoyée par le ciel pour rameaar le bonheur dans notre infortunée patrie*

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