QUINZAINE THÉÂTRALE- ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE
Op^ra PAR oinxE. — Iphigénie en Tauride^
Ce mot, par Oindre, est au jourd'hni , pour les grandr théâtres , un talisman dont l'effet est plus puissanit .sur l'affiche que les noms des auteurs les plus célèbres, et àt9' pièces les plus vantées. Sous la tyrannie de Bonaparte ^ oet usage n'était pas adopté ; les ministres ne faisaient pa$' imprimer leurs ordres sur les affiches de nos théâtres ^ ilr les donnaient en secret > et Teffet en était à peu prèirk
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même. A pt^sent, par ordre ^ signifie que le souverain, viendra au spectacle , et que tous ceux qui voudront venir lui payer un juste tribut d'amour et de reconnaissance , peuvent , pour trois libres dix sous , acquitter cette dette de leur cœur. Cette légère rétribution esf si peu de chose pour des cœurs français, que chaque fois que le mot pn^ ordre est sut raffiche , la salle ne peut suffire à contenîx* le nombre des spectateurs ; les avenues de l'Opéra sont de bonne heure encombrées de curieux , d'oisifs et de bons Français qui rivalisent de zèle , d'adresse , d'activité et d'empressement pour arriver des premiers sur les banquettes du parterre. Bonaparte partageait avec Louis xiv le ridicule ou la faiblesse de venir humer en personne l'encens qu'on brûlait en son honneur. Esmenard , qui était le Quinaultde l'ex-empereur , au talent près, était chargé, de lui arranger des éloges en 'grands et en petits vers , en cavatines et en polonaise , en arriettes et en cœnrs. Je ne sais pas si Bonaparte avait placé l'obligation de se faire louer au nombre des charges de la dignité impériale ; mais je sais bien qu'il avait l'air de se prêter à ces cérémonies avec une modestie qui ressemblait beaucoup à de l'ennui ^ il est vrai de dire aussi qu'on ne les lui rendait pas amusantes. Il fallait être empereur pour supporter la représentation de Trajam^ qui est , à mon avis , presque aussi ennuyeux qu'un prologue de Quinault. Félicitons Louis xvirt d'avoir su se soustraire à cet usage ridicule: les véritables louanges d'un Roi sont celles qui lui sont données par son peuple *, et toutes les hyperboles poétiques ne valent pas le cri de Vive le /{ot/ unanimement prononcé par trois mille spectateurs. Je doute que le Retour de la paix , que l'Opéra nous annonce , vaille la représentation d'fphigem& en Tauride donnée vendredi dernier. Nous sommes revenus de toutes les fadaises de MM. les auteurs drama* tiques*, on nous a blasés sur les allusions depuis vingt-cinq ans 9 et nous avons appris à nous tenir en garde contre toutes les préparations oratoires de ces messieurs \ nous sommes fatigués de leurs affections , assez ordinaii'e* ment déterminées par l'espérance d'une pension ou d'une
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place , et le bonhomme La Fontaine nous a dit depuiâ long -temps:
.... Que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui Fëcoute.
Les pièces de circonstance sont usées, le public ne veut plus qu'on lui dicte les sentimens qu'il doit avoir*^ et , quand le peuple veut*célébrer son Roi , il n'a pas besoin d'emprunter l'organe d'un poëte à titre d'office , qui chante avec la même facilité les douceurs de la paix ou les charmes de la guerre, l'empereur ou le Roi , Bonar» parte et Louis xviii. Si j'en juge d'après la dernière représentation de l'Opéra, je crois qu'il n'y a pas dé pièce • de circonstance qui puisse faire éprouver au Roi les douces émotions dont j'ai été témoiru De pareilles preuves d'amour doivent lui avoir fait oublier bien des malheurs , et c'est peut-être la seule consolation qu'il ait eue depuis son l'etour dans sa capitale. L'enthousiasme que sa présence excitait ne sera pas porté en compte dans les dépenses secrètes de la police. Ce n'était pas les cris mercenaîTes de quelques affidés , c'était l'explosion de la joie et du bonheur. Que ne doit-on pas attenc!i e d'un peuple auquel la présence de son souf«rain fait oublier tant de calamités , tant de défaites et tant d'humiliations ?
Je ne dirai pas grand' chose dVphigenie en Tauride^ J'avoue que j'ai peu vu la pièce, et je crois que pour la grande majorité des spectateurs , la belle musique de Gliick et les vers de Guillard n'étaient pas la partie la, plus intéressante de la représentation: on voulait voir le Roi , et les regards étaient bien plus souvent fixés sur sa loge que sur la scène ; les malheurs de la famille des Atrides n'ont jamais offert moins d'intérêt ; de plus grandes pensées occupaient toute la galle. On assure que l'empereur Alexandre assistait à cette représentation: le spectacle d'un peuple ivre d'amour pour son souverain ^ n'est pas nouveau pour lui , il a pu se croire à Pétersbourg : il sait comment le peuple exprime son enthou^ siasmc et sa reconnaissance.
Première représentation de fHenreux retour 5 dit^ertiâ'^ sèment en un acte.
L'opéra a renonce pour cette fois an privilège de mettre en jeu toutes les divinités de l'Olympe ^ les auteurs de ce théâtre commencent , )e crois , à s'apper— eevoîr qu'il n'y a rien d'ennuyeux comme les allégories snytologiques : pour peu qu'ils s'apperçoirent do ridicule des pièces de circonstance ^ le public n'aura plus tien à désirer. Il y a long-temps que ce genre de spec«> tades est usé^ la police en a fait pendant plusieurs années un commerce trop honteux pour qu'il ne soit pas tomb^ en discrédit dans roplnion publique , et aujourd'hui une pièce de circonstance est regardée comme une flagor*-» nerie «ans but et sans résultat. Le ballet de M* Biilon , qui avait été composé , je crois , pour 4e premier re-» tour du roi en 181 4 9 a trouvé tout naturellement $a pl;«:e au second retour en i8i5 ; l'auteur a eu peu de chose à y changer; il a très-bien calculé que l'arnoor pour le ILoi étant le même , on ne trouverait pas que aon sujet eut vieiUi ; il a seulement fait quelques sacrifices aux circonstances : il a substitué un soldat anglais à un soldat russe , peut-être la bataille de Waterloo à celle de Paris ; et au moyen de ces petites capitulations historiques , son ballet a eu toute la fi^aîcheur de Tà^ propos* Ces hypothèses sur la date précise de ce di* vertissement sont peut-être bazardées ; mais , si elles ne 's'appliquent pas exactement à celui-ci , je ne serai pas embarrassé d'en citer plusieurs auti*es auxquels elles con** Viendraient parfaitement Au surplus , qu'il soit d'un, an plus vieux ou plus jeune , l'ouvrage de M. Milon n'en est pas moins agréable : c'est un petit tableau bourgeois bien arrangé ; l'action est tout juste ce qu'il faut pour une composition chorérographique; des gardes nationales , des soldats de la Vieille H&arde , des dames de k Halle j des invalides, dcii étudians forment lesper*^
•onnages qui viennent se grouper autour du sujet ave^ autant de grâce que d'adresse. La seconde partie du ballet , qui se passe aux Tuileries , est d'un effet pi-« quant et vrai ^ un pas de deux sur Tair charmante Ga^ hrielle , danse par Albert et mademoiselle Gosseiin , a produit le plus gi*and effet, je dirai même l'enthou** siasme le plus vif', soit l'air , soit le pas , soît la danseuse , toute la salle ëtait en extase* Quant \ moi ^ tout en rendant justice aux variations de M* Schemitt Hoëffer , au génie de M* Milon et au talent de made^ moiselle Gosseiin , je n'ai pas pu partager le délire de mes voisins , qui découvraient des allusions dans chaque pas , et qui étaient fort scandalisés de ce que je n'ap* percevais pas beaucoup de royalisme dans une pirouetto et de dévouement dans un entrechat.
Opéra comique. — Rentrée de Jausserand.
Jausserand n'est pas un acteur nouveau pour Paris ^ son talent y a été apprécié il y a plusieurs années \ il a joui à Fejdean d'une réputation justement méritée ^ il a laissé un souvenir agréable dans plusieurs rôles , et on se rappelle encore que dans celui de MonveliL contribua beaucoup au succës de la première reprise de Richard. Je ne sais pas quel motif détermina Jaus-« serand , il y a douze ans , à aller chercher des suc<^ en province ; mais je me félicite de celui qui le ramène à Paris. 11 peut devenir à Feydeau un sujet précieux dans un emploi qui manque absolument à ce théâtre* «Solié n'a pas été remplacé \ Chenard , si bon , si franc , si naturel dans les rôles à tablier , dans les paysans et dans les pères qui ont une petite teinte de comique , n'est pas supportable dans ce qu'on est convenu d'appeler les pères nobles : voilà les rôles que Jausserand est appelé à jouer. Son âge et son physique ne 5e prêtent plus aux jeunes premiers , il est même un peu njiarqué pour les premiers rôles , quoiqu'il pui^ ce* pendant en trouver encore quelques-uns qui rentrent dans la nature da son talent. J'ai retrouvé , dans cet
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■cteur , le» qualités que je lui avais reconnues il y a donze ans •, sa voix a conservé toute son étendue sans avoir ce-* pendant conservé toute sa fraîcheur^ sa chaleur est tou-* jours la même, mais ses gestes sont devenus un peu forces ; il a besoin de secouer la poussière de la province , et de reprendre les habitudes nobles et aisées de la capitale* Son premier début a été satisfaisant , et le public a voulu le traiter en enfant de la maison. Nous verrons ce qn^il va faire pour mériter cet accueil.
première représentation de la Sonrde Muette , opéra comique en trçis attes.
Je viens , sans doute , un peu tard pour parler d'un ouvrage dont le public ne se souvient plus ^ et dont , à coup sûr, je ne me souviens guère. Mais ce n*est pasma faute si je n'ai pas dit plutôt à Tauteur ce que je pensais de sa pièce. Quand je suis soi*ti de la première représentation , je ne savais pas qu'il plairait , à je ne sais qui^ d'arrêter ce pauvre Nain Jaune : j'avais préparé une belle diatribe contre les opéras ennuyeux. Je sais bien qu'elle n'aurait pas corrigé certains auteurs d'en faire, etks comédiens de Feydeau d'en jouer; mais au moins j'aurais épanché ma bile sur celui-là , sans préjudice de ceux à revenir. Je me rappelle que je reprochais à l'auteur d'avoir (ait une mau« vaîse imitation de Camille ^ ou le Souterrain*^ d'avoir filé trois actes sans une scène , sans un mot comique , sans une intention spirituelle ; d'avoir gâté une situation qui , dans les mains d'un homme habitué à la scène , aurait pu être d'un grand effet, et qui n'en a produit aucua , par la manière mal-adroite dont elle a ,été préparée. La Sourde Muette^ qui n'est ni sourde ni muette , aurait pu devenir très-intéressante , si l'auteur eût su laisser du doute sur la position de ce personnage. Je voulais lui reprocher la tyrannie de Lorenzo envers Fe'licie , qui est ridicule et absurde; ridicule, parce qu'elle est sans motif suilisant; absurde, parce qu'elle laisse Félicie, qu'ilaleplus grand in^ Uvét à dérober la tous les regards^ presque toujours encon-»
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veirsation arec une trenlaine de vassalité Te me rapj^elle aussi que je voulais garder le silence sur la manière dont là pièce ^tatt écrite , et que je voulais me l>orner \ faire Juger du style par ces quatre vers , qui sont répétés trente où quarante foie dans un ckœur c
Pour vûîr oette Sourtié Mutttè^ Vous accourez tous \ rinstant \ Modères cette fougue indiscrète, Vou« «Uex effirajer cet enfant.
Voil}^ tout ce que jje me rappelle de la pièce tt des d^-;^ lauts que j'y avais remarqués4 mais ce qui me serait plua difficile y ce serait de me rappeler quelque chose de la musique: {e crois que Tauteur a eu la prétention. de la fUre fort chantante. On doit lui en savoir gré : je veux méma croire qu'il y a du chant , quoique je n'en aie pas retenu l^n seul motif *9 mais j'oserais affirmer qu'il n'y a que des notes dans l'air de mademoiselle Regnault, et rien que daé âccompagnemens dans les choeurs \ cependant, pour être moins juste que bienveillant , je dirai que j'ai entendu uû duo au premier acte qtti ressemblait à quelque chose d'agréable ; mais j'ajouterai aussi que je n'ai rien entendu de plus lourd que les couplets de CfaeQai*d sur ce joli refraitt t
Où trouve l>xen sotitent
plus fin que soi y vraîmenik ,^
Le puUic a été d^une patience au-dessus de toUt <^oge{^ il a subi, sans sourciller, l'éù^uve cruelle de deux heures d'ennui , je crois même qu'nH^ serait retiré avec le calme de la résignation, sans la malseillance de quelques ennemis qui ont voulu demander les auteurs. Le parterre leu^ a con« serve, jusqu'à la fia, soii indulgence, et a empêché, ))ar de nombreux sifflets , qUe leur nom fikt prodatué* L^affiche ^ eu le tort de trahir V incognito de l'un d'eux: je le rtspec^ terai ^ car ]e serais fiché de payer, par un mauvais pro*^ cédé , le plaisir que m^ont souvent fait éprouver s^ ja^ lies romaoces*
Thédire de FOddon. — Reprise de Charhs et Caràline* Je parkrai inoeasamment de cette reprise qui a opér^ 1^ prodige d'amener une centaine de personnjés payantes ati théâtre de POdéon \ ce qui fait qu'au moyen des bUlets donnés, la salle se trouve presque pleine. Cette bonne for* tune peut prouver à Tadministration de ce théâtre qu'avec de bonnes pièces eUe pourrait espérer de ramener le pu^ blic et s'élever , comme le Faudevillt , à des recettes de 4 eu 5oo francs.
VA^ihiviLLÉ. ** Première représentation de Ti?tkittpe bkxHclie.
Avant derendre compte de cette bluette, je dois dire deux mots d'un nouvel acteur qui a débuté à ce théâtre, par let rolasde^f. GuiUcuimeetàe Gcupardr avisé* IlsenommePhi* lippe, et je crois qu'il a déjà figuré dans la ti*oupe du F'aude^ i^i/Ze. 11 nemanqpepas d'intelligence, mais i! manque de phj- 8ionQii}ie^enfin,quoiqu'Âln'aitéprbuvéaucundésagrémentf il nous a semblé plus content de lui-même que le public ne paraissait rêtre. Il continuera sans doute ses débuts, et nous auroûs alors ^occasion de l'apprécier h sa juste valeur.
L*£charpe blanche est une petite pièce àssee ingé^DÎeuse, et Tonne conçoit pas qu'elle puisse être l'ouvrage du même M. Henri Dupin, qui s'était déclaré l'un des auteurs d'une rapsodië jouée sut^Aè théâtre delà Porte Saint-MoHin^ stous le titre ^Spectxiëlk demandé ou rien ^u*enjamille. tiousp^r^ lér#iis tout à l'héitre de cette triste production.
Voici l'apaljjSP de la pièce du Vaudevilie*
« La guerre d«^1ii fronde touche à sa fin. Le grand Condé, qni voyage* incognito , descend dans une auberge de Saint- Germain, et donne la main h. une jeune et belle personne, Ad^)aïdeD4rcourt,quetoutlem«odeprend poursa femme. C'est une orpheliae que son père mourant a confiée ^'ox
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fmtSè ck ce pvltkée. Vn jeiip« officier» Ibiifri <}* K^^pn i
Amant Aimé d'Adélaïde 9 s^ trOu^ dôo» la mêm9 aiibe^rge* J&ien n'égale sa douleur, qua«d il apprend que^ multr^^we jMt mariée. Ilpa don&é rende^-rous à quelques miM^ircf g fes amis* Ces messieurs.se mettent è déjeuner* 9 ^^^ |;ffand Condé , que personne n!a reconnu t pa^tag^ i^wp repaie U apprend pai* les discours de ces jeunes gens qu'Henri de Gassion lui a sauvé la vie dans un. eonbat , .«an^ le con** naître. Après avoir fait cet acte de courage , Henri a ra- MTassé l^harpe blanche de celui qui lui doit la vie«
Les demiëres scèneîs de l'ouvrage se passent en con- "Versations ; on annonce au dénouement l'entrée du RoW dans Paris. Adélaïde Darcourt épouse Henri de Gassion ^ le grand Coudé ne garde plus V incognito m
H serait ridicule de juger avec sévérité une bagatolla qu'on ne doit regarder que comme un cadre à «oupieù* On en a fait répéter plusieurs qui m'ont paru spirituels et bien tournés. L'éloge y est placé avec délicatesse 9 et les ipectateurs électrisés ont crié souvent dan^ la salle 9 vim h Roi /• comme on le criait sur le théâtre»
Viif7DeviixE. r- Première représentation duMhim ^omhB JDeux ingénues.
Je lié^ depuis vingt ans sur l'affiche de ce th^ftti^ :
L< FrânçiÔB né malin créa le vandeviU^ ;
iliaîs il est plus facile de citer un vers que de suivre le prfcepte qu'il renferme. Le législateur du Parnasse 9 c[ui n*% pas dédaigné de s'occuper du vaudeville , ajoute :
Cet enfiint. du plaisir Tetit naître digoala joio»
Or je le demande ànz^jnarante ou cinquante oonrafemip habitués qui n'ont pas encore déserté ce ihd&tre 9 est - il possible de rien Toîir de plus trisie que les trois ou quatre
iionvAnifÀ qvi y nflîuent et meurenl tans tes mors T les ^ort presque toujoars à des eiifans aa à des yieiUardk tombas en enfance. Le théâtre de 1» nie de Chartres enfi» est 4'ëcole /irî^Tiaire des> ans et les int^ides des autres* Letf admtDÎstrateursde ce spectacle , si fréquente jadis ^ deTrmi^ donc prendre aujourd'hui pour épigraphe t
Quantum mutatms ah UiaF- *
Je ne crois pas queie Marin ramène la feule au Vdinde--' TÎUe : il est certain qu'il n'attirera pas les gens de goût ^ qui exigent dans une comédie un peu d'originalité ^ u« peu d'esprit et surtout de la gaîté*
Deux jeunes sœurs, Emflie et Laure, sont au moment de recueillir la succession d'un oncle riche ^ qui a mis pour . clause principale dansson testament, que l'une d'elles épouserait un marin qui s'appelle Dartimon. Mais eesdemoi* selles n'aiment point les marins ; elles cherchent tous le» moyens de déplaire au prétendu qu'elles ne connaissent point encore. Celui-ci qui a lu probablement lei Jeux d^ t amour et du hasard , imagine de se déguiser , non pas en valet , mais en ami> du capitaine Dartimon , pour étudier le caractère de Laure et d'Emilie ; il se présente aux deux sœi^irs s6us ce travestissement, qui fait merveilles* Nos deux aimables personnes se dispatent maintenant la possession d'un si joli cavalier*, L'une, pour le séduire, pince de la harpe \ l'autre , dans la niéme intention , touche du piano, II en résulte un petit charivari fort agréable. Enfin mademoiselle Laure, qui est la plus dégourdie deces^riJ? ingénues , cousent à se laisser enlever par un homme qu'elle ne connaît que depuis une heure. Cette singulière conduite fait cesser l'irrésolution au capitaine , qui revient en habit de marin épouser la belle Emilie,
Il n*y a rien de plus commun au théâtre que ces déguisemens d'amans délicats qui i^u^tH être aimes pour eux-mêmes* Il faut être fort adroit pour retourner encore ettte< viciUe friperie dramatique , et la broderie iâ.gtos
lA^gante est nécessaire pour faire passer tin pareil fondw Ici le fond et la broderie sont également pâles. On trouva Ik peine un trait d'esprit dans le dialogue, et Ton cher« obérait en vain un couplet bien tourné. Nous ignorons si M. Théaulon , qui à étésouvent beaucoup mieux inspiré , a composé sa pièce en Belgique \ si cela était^ nous' lui dirions , comme Voltaire ,
FaitM tous vos vers à Paiïf •
Seveste , Mlles. Arsène et Minette ont mis les spectateurs dans l'impossibilité de décider lequel des trois a chanté le plus mal*, mais Mlle. Minette ne leur a pas laissé 4e doute sur son talent comme comédienne.
Vaehétiss. -^ Jean qui pleure et Jean qui rit.
Un chansonnier célèbre , dont les chants avaient cess^ depuis trois mois à Paris , et qui vient de régaler les heu« reux Normands des couplets qu'il fait si bien , et qu'il chante encore mieux y le joyeux président d'une société qui n'est pas trop joyeuse , M. Désaugiers, enfin , a fait une chanson, dont le sujet est ^Jeanqui pleureet Jean qui ritm M. Brazier, éleyé à la même école chansonnière , mais qui est encore en sipème , quand depuis long-temps M* Désaugiers est en rhétorique, a pris le même thème. Mais Il ne s'est pas contenté de rimer le moins mal possible cinq ou six petits couplets, il a trou vé dans le refrain de son confrère le sujet d'une comédie. C'est une chose prodigieuse* que la fécondité de M. Brazier, et si nous ne craignions pas de nous attirer une méchante affaire avec les descendans du bienheureux Scudériy qui pourraient bien avoir l'humeur belliqueuse de leur parent , nous établirions un parallèle entre le commensal du Cai^eau moderne et le gouverneur de Notre-Dame de la Garde ,
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peut 9 tous kt mois , timf peiii« fnfaatfr «a totuvfv
Digiti
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Tant coarert àe lauriers, qu'il doit à Sage et Coquette^^ U« Brasier vient en moissonner de nonTeanx \ et c'est ap^ pqy^d*unç main sur M* Guilleret et de Vaiutre^nrM^JeaFw le Piteiuç, qu'il se présente à radmir;^tion publique-. Des gens plus ciairvojans que d'autres assurent que M. Sewrii^ le pousse par derrière ^ mais qpe , cachi^ sous, te roîle de l'anonyme, il lui laisse toute la gloiite du triomphe , et oa réclame que la moitié du profit.
Nous dirons , eb quittant le style fîguré, qne cette non* Telle production de MiM. Brazier et Sewrin n'est ni meîl-leure, ni plus mauvaise que la plupart des antres ouvrages des niémes auteui^s : on y trouve par-ci par-1^ quelques intentions comiques ^ l'opposition de lliommé beureuK . qui pleure et de i^homme malheureux: qui rit ^ est asses plaisante , et fournit k Bosquier-Gavaudan et à Potier l'occasion de montrer beaucoup de talent ^ mais il faut convenir que , daus celte pièo« ^ -cgipi g^i pl0iure>st bien plus amusant que celui qui rit.
AiÀviGir CoMTQiTE . — Ce ûTétaitpoînt tasez que fcs personnages qui ont acquis quelque célébrité vinssent faire ameude honorable sur la scène du Vaudeville , an s*ei^>o- «ant aux sifflets des étontneaux du parteTi*ey on les fait monter aujourd'hui sur les trétieaux consacrés jadis exclusivement h la paratde j et le législateur iies Etats-Unis , le s^^ëfVashington, partage avec le Pèlerin hlanc et Pffommet à trois Visages l'honneur ^e divertir la tourbe plél>éienne ^uî garnit ramphfthéâtï*ede V Ambigu Comique. On croit> peut-^re, que l'auteur du mélodrame nouveau 9 observant cette sage maxime, nec Tfeus intersit, n'a présenté sur la scène le héros américain que pour lui faire jouer un rôleet' tenir uti langage digne de lui. On se trompe. Le premier, général américain ferait atissi bien, et même beancoup' lÀietix/tout ce que fkit Washington dans l'ouvrage auque) il donne son nom» , * .
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un jeune officier anglais qui lui a sauvé la TÎe, et qui se nomme Seyoïour* Wilson , chargé de défendre le fort de M^rclaud contre lequel les Anglais dirigent une vigou« reuse attaque , confie , en partant, sa fille à son ami Washington. Lord Butler , qui pendant un armistice a eu Toc* easion de voir Louisa , a demandé sa main. Un refus , ea irritant son amour , a allumé chez lui la soif de la ven^ geance. Ce Butler est chargé de diriger Tattaque du fort de Marcland-, 11 se rend maître de la place , et son pre-^ inier soin est d'ordonner la mort de l'infortuné Wilbon. Le përe de Louisa péi*it stir un échafaud.
Washington, justement indigné de cet acte de barbîu'icj tiiemande qu'on lui livre le cruel Butler. Le che^ de Tarmée anglaise est disposé k le satisfaire \ mai» les partisans du jaloux rival de Seymour excitent une révolte dans le camp* Washington, usant alors de re* présailles, ordonne qu'un des ofEciers anglais prisonniers subisse k même sort que le malheureux Wilsôh. Par une infâme trahison de Butler , le fatal billet noir tombe sur Séjmour, et le vertueux amant de Louisa va payer le crime du farouche Butler^ mais comme il faut toujours que l'innocence triomphe , Butler est arrêté et arrive au moment même où Seymour allait être con^ duit au supplice : les deux rivaux changent de rôle ^ Seymour se marie et Butler est mis à mort.
Ce mélodrame dont l'intrigue n'est pas nouvelle , est beaucoup trop long. Le public a souvent témoigné soi» ittécantentement en entendant répéter jusqu'à satiété les mêmes phrases. Il a cependant voulu connaître l'auteur, et a même demandé après la pièce l'actrice chargée du rôle de Louisa. Quelques personnes pensaient que c'était une mauvaise plaisanterie ; mais Mile. Adèle Dupuis a pris la chose au sérieux et s'est rendue aux désii*» da cet mâsiieurs du parterre.
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TwATtr DE PomTE Sàiht- Martiv* «^ Première repr^ •eatation de RienquUn Famille ^ ou Spectacle demandé*
' n paraît que M. Henri Dupin a l'entreprise générale des pièces de circonstance , car son nom se trouve en même temps siu* l'affiche du Vaudeville , et sur Im, pièce iraprimëe dont je vais rendre compte. Aimer soa £oi est un très-noble sentiment , le cl^anter est ce que peut (aire de mieux un homme d'esprit qui sait tourner des couplets *, mais se charger d'être sur plusieurs thé« &tres à la fois l'interprète de la joie publique res-» semble un peu à une misérable spéculation ^ un homme qui aurait encore plus d*esprit que M. Henri Dapin ,. ne suffirait pas k ce travail*
Aussi , qu'en est-il résulté ? M. Dupin , fournisseur du yaudesfille et de la Porte Sainl-Éîartin, r'a point fait entre ces deux théâtres un partage . égal d'esprit , et se figurant sans doute qu'au boulevart on était moins difficile sur cette denrée, il n'a mis, dans sa pièce intitulée, SpecUu' le demande', que des lieux communs, que de mauvais lazzis, de fades madrigaux, et de grossières allusions. Nous ne savons la part que son associé, M. Delestre, a dans cette fourniture^ mais nous le défions d'y réclamer un jo|i couplet, un bon mot, une pensée délicate. Les acteurs ont été plus mauvais encore que l'ouvrage.
BOUCHE DE FER-