‹ Le Nain jaune réfugiéChapitre 81 sur 88 · SEUL MAITRE DE SA CONSTITUTION · texte numérisé non relu

SEUL MAITRE DE SA CONSTITUTION

La liberté d'un peuple , pour être édifiée sur des bases solides , doit reposer sur des institutions qui soient propres il la garantir de toute volonté arbitraire. Les bons princes meurent ^ mais les lois restent. Sans le frein d'une constitution forte et libérale , Titus peut être 4es délices du genre humain ; mais une année voit passer le règne de Titus , et Domitien , pendanf un quart de siècle , épou* Tante le monde de ses fureurs.

Ces institutions , ou ces rapports du peuple avec son gouvernement , ne peuvent être fixées que par un pacte libre, passé librement entre le prince et ses sujets. Une charte octroyée par grâce , par le chef de l'état, ne remplit les vœux ni de la raison ni de la justice , et ne répond pas à l'attente d'un peuple noble et éclairé. Cçst

pour l'hit^rét des homnies que la société sVtablIt ; t'csl pour leur intérêt qu'elle subsiste : ainsi le peuple , qui 5e choisit un chef, a droit de ne le choisir qu*à des conditions que ce même intérêt détermine. Celui qui a le principal a ausèi les moyens. Si le pouvoir a sa source dans la volonté du peuple , k plus forte raison les con* ditions du pouvoir. Une constitution accordée n'offre aucune garantie \ car elle n'oblige que le peupte. La volonté du prince en demeure indépendante , puisque le prince l'a accordée, non parce qu'il le devait , mais parce qu'il l'a bien voulu , et en partant du principe que sa volonté est l'unique règle de son gouvernement , le seul arbitre de la destinée de ses sujets. Mais le roi , qui est homme, et par conséquent changeant de sa nature , persévérerait- il datts sa volonté , et , s'il y persiste , la volonté de son successeur s'accordera-t-elic avec la sienne ? De tels principes une fois adoptés , que r<^ pondrons-nous à un prince qui , tout gonflé des privilèges divins par lesquels il prétend régner , viendra nous dire : Ma voix, pour mes peuples , est la voix du Trcs^Iiaut \ mfi conduite , indépendante de leur justice, ne relève que du tribunal de Dieu. Mon prédécesseur, par la souveraine indépendance de sa volonté vous a donné une charte , et moi , par la souveraine indépendance de la mienne , je vous la retire à jamais : car tel est mon bon plaisir.

Une longue suite de rois pnt gouverné despotiquement Bos ancêtres ; mais , dans l'origine , le despotisme de ces rois ne fut qu'une usurpation : ce fut le droit du fort sur le faible, le droit du vainqueur sur le vaincu* Les Francs furent nobles et libres •, les Gaulois , les Romains subjugués furent serfs ,et vilains. Il n'y eut point de pacte qui légitimât la condition des uns et des autres; toutes les stipulations furent entre les Francs et le monarque. Mais ce pacte eût-il existé, nos droits en seraieàtils moins sacrés aujourd'hui ? Des rois barbares ont méconnu les droits d'un peuple barbare \ est-ce urte raison pour qu'ua.prÎMce éclairé méconnaisse les droits d'ua

peuple ^claîrif ? Les hoBuned deê ailles passes, et ley hommes de notre siècle ne se ressemblent pas : Les Français de Clovis , de Saint Louis et de Charles IX , sont à la dis^ tance de mille siècles pour les Fiançais de i8t5« Nos aïeux n'étaient pas mûrs pour la liberté: ils n'étaient pas plaa capables de jouir utilement de leurs <lroits, que ne léseraient aujourd'hui les Africains ou les Moscovites* Avant cl*étre libre, il faut être homme, il faut avoir une raison dégagée des préjugés serviles; il faut connaître ses droits ; il £aut sentir le besoin et la douceur de la liberté: mais tout cela ne s'accomplit pas en un jour^ Ceux qui, dans nos temps modernes , ont entrepris d'éclairer les hommes , n'ont pa posf r les hasjes d'un si noble ouvrage que sous François premier. L'édifice s'est accru, sous ses successeurs, par dea progrès assç3 insensibles jusqu'au dix-huitième siècle, oh des mains hardies le portèrent à sa perfection , avee nne étonnante rapidité ; et maintenant, telle est sa solidité , que sa masse imposante peut défier les efforts réunis de Ions les hommes et de tous les ^iècles.

Que le roi d'une nation instruite et fîère, s'il est sage et S^il aspire à la paix, ne soit pas rebelle à sa /conscience et à ses lomicres ; qu*il ne se laisse pas entraîner à la voix insidieuse de quelques flatteurs, bien moins amis de sa gloire que jaloux, de ses faveurs ^ qu'il méprise les extravagantes déclamations de quelques vils folliculaires,' éternellement vendus au pouvoir qui peut les payer. La fortune lui offre «ne gloire à acquérir , qui a été refusée à Louis XII et à Henri IV. Il est beau sans doute de faire le bonheur de stB sujets , sans y être autrement forcé que par le sentiment de la^ justice. Mais qu'est-ce qu'un bonheur qui est borné eommc la v^e du prince à qui il est dû , et dont l'effet le plus sensible eslpeut-étre de rendre plus insupportable l'op^ pression qui ne vient que trop souvent ensuite ? Mais d'as* curer ce bonheur en rétablissait sur les droits et sur la U* faerté des peuples*, mais de l'éterniser, en quelque sorte , en le rendant indépendant des caprices , de l'orgueil ou de l'ignorance de tous ceux que l'aveugle fortune peut un jour appeler à occuper le trône : voilà une glqirç encon-

^u*uae ombre*, voilà des titres kernels à hi reo^fltiuÔMai^'è

Oa TOttdriitît en vàinse ie^Hë^nâsèi'^ 'eàeir oUipéup^ ëdatré et jâlo«x d« «es draitSTy^VR gqureilMment ne aeim jamais .soUdèmeat établi titaal .^uc; te» prétei^tioiià teicont opposées à celles de là natwf >> Si h^gaarfàrutmÉàfA lét ià tiatioa dslDSi un état de gui^rre liéceasairé av^ lui^ la nation plus' forf a ifiniâ-a par tridiAplier. Si la trôae braire i'opinîoni^ ' ropihiôn reaversera le trdnea «lU a bien renversé, Napdiéob y ce redoutable «onquératit qxii a (ait trembler, le^aioiB^de* SiNapoIéop eûtiitut marcher iaonj^o^d». Toir en haMàok; a.vec iejs dr^t» dn peuple , Napoléon aerr i/attenc!0irerfdQled«U France^ vingt roitf li(|ués nâse^e^. raient pas fj^éoipités des bornes deTEuropepour lui arvaf eheîr le sceptre, on; s^ils Teussent osé tenter , ilsn^auraient remporté dans leurr palais qu'une nouvelle honte^> etiilé laurier ne icroîtf-ait encore que poitr les Françaii* • . ••» , • . • ■' ' .1 '■

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