‹ LE NAIN NOIRChapitre 12 sur 99 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Winter , et , ma foi , ils parlaient fort bien tous deux. Le prêtre disait que maintenant il était contraire à la loi d'épouser sa couine, mais il m'a semblé qu'il ne citait pas les passages de l'Évaagile à beaucoup près aussi bien que notre ministre, qui passe pour être le meilleur théologien et le meilleur prédicateur qu'il y ait d'ici à Edimbourg. Ne croyez-vous pas qu'il soit probable qu'il avsdt raison ?

^ Certainement, le mariage , répondit Earnscliff, est reconnu par tous les chrétiens protestants aussi libre que Dieu l'a établi dans la loi lévitique ; ainsi, Hobbie, il ne peut y avoir d'empêchement, soit légal, soit religieux, entre vpus et miss Armstrong.

— • Oh ! trêve de plaisanterie , Earnscliff, dit Hobbie ; vous qui êtes si prompt à vous fâcher, lorsqu'on vient à vous parler sur un sujet aussi délicat ! Dans ma question , je n'avais nullement l'intention de parler de Grâce. Elle n'est pas ma cousine germaine , d'ailleurs, puisqu'elle est la fille du premier mariage de la femme de mon oncle ; il n'y a donc pas de parenté entre nous, mais bien mie simple alliance. Nous voici maintenant à la colline de Sbeeling. Je vais tirer un coup de fusil ; c'est toujours ainsi que j'annonce mon arrivée , et quand j'apporte un daim j'en tire deux , un pour le gibier et l'autre pour moi. »

Il déchargea effectivement son fusil , et l'on vit les diverses lumières traverser les appartements et même quelques-unes briller devant la maison. Hobbie en fit remarquer une, qui paraissait sortir dans la cour et se diriger vers quelques-uns des bâtiments qui l'entourent. « C'est Grâce, dit Hobbie ; elle ne viendra pas me recevoir à la porte, je vous en réponds ; mais elle n'en ira pas moins voir si l'on a préparé le souper de mes chiens , pauvres bêtes !

— Qui m'aime , aime mon chien , dit Earnscliff: ah ! Hobbie , vous êtes un heureux mortel !» ^

Cette observation fut accompagnée de quelque chose qui ressemblait à un soupir, qui ne parut pas échapper à l'oreille de son compagnon.

« Mais enfin , il peut y en avoir d'autres que moi ; oh ! comme j'ai vu miss Isabelle Vere tourner la tête pour regarder quelqu'un qui passait près d'elle, aux courses de Carlisle ! Qui sait la tournure que prennent les choses dans ce monde. »

Earnscliff prononça tout bas quelques mots qui eurent l'air d'une réponse , mais dont il ne fut pas facile de saisir le sens , et il est probable que le jeune laird lui-même ne fut pas fâché

qu'elle demeurât enveloppée dans le doute et l'obscurité. Sur ces entrefaites, ils se trouvèrent au bas du vaste loaning , qui , par un sentier, côtoyant le pied de la colline ou du Heûgh escarpé, les conduisit en face de la maison couverte de chaume, mais d'une apparence agréable.

Le seuil de la porte était déjà garni de Qgures joyeuses ; mais la vue d'un étranger émoussa la pointe de plus d'un trait de raillerie que l'on s'était préparé à lancer contre le manque de succès de Hobbie dans sa chasse au daim. Il y eut un moment de tumulte entre les trois jolies demoiselles , dont chacune s'efforçait de faire retomber sur l'autre le soin d'introduire l'étranger dans la maison , tandis qu'il était probable qu'il tardait à toutes de pouvoir s'esquiver pour aller faire quelques changements à leur toilette avant de se présenter devant lui dans un déshabillé qui n'était destiné que pour les yeux de leur frère.

Hobbie , cependant, après avoir lancé quelques sarcasmes cortre le sexe en général ( Grâce ne se trouvait plu3 là ) , prit la chandelle de la main de l'une des coquettes villageoises qui se di<Kinait un petit air en la tenant , et précéda son hôte dans le parloir de la famille , ou pour mieux dire, dans la grand'salle; car la maison ayant été autrefois une place forte , l'appartement dans lequel on se tenait habituellement était une chambre voûtée, pavée, humide et assez triste, en comparaison des habitations de nos cultivateurs modernes, mais qui, éclairée par un feu pétillant de tourbe et de menu bois des fondrières , parut à Earnscliff un excellent échange contre l'obscurité et le vent froid de la montagne. U fut accueilli avec des expressions affectueuses et souvent répétées par la vénérable vieille dame , la maîtresse de la famille , qui , avec sa coiffe à barbes , sa robe de laine, filée chez elle , décemment serrée autour de son corps , mais portant un large collier d'or et des boucles d'oreilles du même métal , avait Vairde ce qu'elle était réellement, la dame et la maîtresse de la ferme. Elle était assise dans son fauteuil d'osier , au coin de la grande cheminée , dirigeant les occupations de la soirée des jeunes Glle3 et de deux ou trois servantes qui filaient leurs queaouilles derrière leurs maîtresses.

Aussitôt qu'Earnscliff eut été accueilli , et que les ordres eurent été donnés à la hâte pour faire une addition au repas du soir, la grand'mère et les sœurs d'Hobbie commencèrent leur attaque au sujet de son peu de succès à la chasse au daim.

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