‹ LE NAIN NOIRChapitre 2 sur 99 · A LUISTOIRE DU NAIN NOTR · texte numérisé non relu

A LUISTOIRE DU NAIN NOTR

L'être îdéid qoe Tob n^résenle ici commi résiitent dans oiM: Aiiîtode^ et toonnenté par le sentîiiieBt intériecir de sadifitbnnité» ainsi que par l'idée qu'il s'était faite qu'il était l'objet général dei» vsUkms» insullntes dé ses semblable», n'est pas tout à liiit im- ^B«re. L'auteur se rappeBe que 7 de son temps ^ quoiqu'il 7 ait. bRDdesanttéea, ilaexislérmi ladivida qui loi a serri de aiodète^ pow le eanractère qu'il a tracé. Le nom de ce pauvre infortuné était Ba?ie Ritctne, nattf de Tweeddale. Son père travaillait dant^ kl carriète dfankHie de Slobo^ el il est probable que l'enfont ap*»^ poafa eft oaiSBaot la difformité de corps- et de figure qui kr renébtitf si remarquable, bien qu'il l'attriboAt qoelqoetois aoa: maiivaif' traitement» qu'il avait éprouvés dans son enfence. Il avait été^ Aev é dans^ Fétat de broMier k Edimbourg, et avait long^tempa^ einé de vtte en viUe, totijourseterçant te même métier, mais tcn»» jaws resvo^é de ebez ses miAresà cause de Fattenticm désagréa^ ble qu'il attinnt parUmt par la bidense aîagifcpité de sa iMflfe efc àmma visage. L'auteur croit méraea?^ eaitendu dire qu'il av^ éléjoaqu'àlHibUn.

Fatigué ,.à la fin ^ de se vcir étemdlement en butte aux cria^ an moqueriea et aux inaultos) Davîe Kite^ résolot, i l'iBHtaliotf dftdsm» que le chassenr a séparé de se» trocq^ean , de ebercbér «■0 retraite âai»qaetque solitude eè il pAt avëif le^ moins de com^ sanei^ion ptnatbfe avee le inonde qoi L'aocaMait desearaillema. Bans^ eetle vue,. 11 i^élabtit aor un petit coin d& terre sauvage ek aarénagauee, au tK» d'un tertmdela fermede^ Weodhooao, an vallon solitaire de la petite rivMre de Blanof ^ dn» le PeeUfia»anre. Qiselqaies personn» qni enrent œeasion de paaser psr là iSarent trè»M»iirpdsesiy et fl »'€» trouva desuperstitœnseaqiii ftHrent aUmées en voyant une figure aussi étrange que ceUe de Boweè Sa^ (Baviele tortu )eBipto]Fé à une tàcbe qu'il était abaolumeni incapable de rempHr^ cette de bâtir une maisoti. La cabane qn'il aaiisâniiait était aEtréBBinMBt petite; anaîsleamarB, ainsi queceox da petit ÎAfdfo qui tégrait autour, monteaieflA un cettaiii désitf

ambitieux de leur donner de la solidRé, car ils étaient composas de grosses pierres et de mottes de gazon ; même quelques-unes des pierres placées aux angles étaient tellement massives, que les personnes qui les voyaient ne pouvaient concevoir comment il avait été possible à un pareil architecte de les élever à cette hau** teur. Dans le fait, Davie se trouvait grandement aidé par les voyageursqui passaient en cet endroit^ et par les personnes qui étaient attirées par la curiosité ; et, comme aucun d'eux ne savait jusqu'à quel point il avait été assisté par d'autres, l'étonnement de chaque individu ne diminuait point.

lie propriétaire du terrain, feu sir James Naésmith , baronnet, passa par hasard devant cette singulière construction, qui, ayant été faite là sans aucun droit , sans aucune permission demandée ni obtenue , était exactement le pendant de la comparaison que fiiitFalstaff « d'une belle maison bfttie sur le terrain d'autrui » « en sorte que le pauvre Davie aurait bien pu perdre son édifice pour l'avoir élevé sur une propriété qui n'était pas la sienne. Mais sir James n'eut pas môme l'idée d'en exiger la confiscation , et sanctionna au contraire cet empiétement sans conséquence.

La description de la personne d'EIsbender de Muckiestane-* Moor a été généralement regardée comme un portrait assez exact et nullement exagéré de Davie de Manor-Water. Sa taille n'était pas tout^i fait de trois pieds et demi , puisqu'il pouvait se tenir debout à la porte de sa demeure qui avait justement cette hauteur. Les détails suivants relatifs à sa personne et à son caractère sont extraits des Scots Magazines pour 1817 , et il est à présent connu qu'ils ont été fournis par le savant sir Robert Chambers d'Edimbourg , qui a recueilli avec beaucoup de talent les tradi<* tiens de la Bonne-Ville , et qui a publié d'autres ouvrages dans lesquels il a grandement et agréablement ajouté à nos connaissant ces en antiquités populaires. Il est originaire du même district que Davie Ritcfaie,et par conséquent a pu mieux qu'un autre rassembler diverses anecdotes sur son compte.

« Son crâne, dit l'auteur^ qui avait une forme oblongue, et un peu hors de proportion , était tellen^ent fort qu'il pouvait enfoncer le panneau d'une porte ou le fond d'un baril. Son rire était ^ dit*on, horrible, et sa voix de hibou , aiguë, dure et discordante , correspondait fort bien à ses autres singularités.

« Son costume n'avait rien de bien extraordinaire. Il portait har bituellement un chapeau à bords rabattus lorsqu'il sortait , et

qaand il était chez iQi , un capuchon ou bonnet de nuit. Il n'avait point de souliers, parce qu'il n'aurait pu en adapter à ses I»eds^ qui ressemblaient presque à des nageoires de poisson ; ses jambes et ses pieds étaient enveloppés de morceaux de drap. En marchant, il s'appuyait sur une sorte de perche ou de pique beaucoup plus haute que lui. Ses manières étaient singulières sous plusieurs rapports , et indiquaient un esprit qui s'accordait avec la tournure désagréable de sa personne. Il était d'un caractère extrêmement jaloux, misanthrope et irritable. La connaissance qu'il avait de sa difformité le poursuivait comme un fantôme ; et les insultes et les railleries auxquelles cette difformité l'exposait, avaient empoisonné son cœur de sentiments de férocité et d'amer-* tume que, sous d'autres points de vue, la nature ne paraissait pas lui avoir donnés en plus grande abondance qu'aux autres hommes.

« 11 détestait les enfants, à cause de leur penchant à l'insulter et à le tourmenter. A l'égard des étrangers , il était toujours réservé, bourru et même brutal ; et quoiqu'il ne refusât nullement un secours ou une aumône, il était rare qu'il exprimât ou qu'il montrât beaucoup de reconnaissance. Même envers ceux qui avaient été ses plus grands bienfaiteurs , et qui avaient la plus grande part dans sa bienveillance, il avait fréquemment des moments de caprice et de jalousie. Une dame qui l'avait connu depuis son enfance , et qui a bien voulu nous fournir quelques détails sur la vie de cet homme , disait que , bien que Davie témoignât autant de respect et d^ttachement pour la famille de son père qu'il lui était possible d'en témoigner pour qui que ce fût, cependant on était obligé d'être très-circonspect dans la conduite qu'on devait tenir envers lui. Un jour , étant allée lui faire une visite avec une autre dame, il les mena dans son jardin , et leur montra avec une sorte d'orgueil et beaucoup de bonne humeur toutes ses plate-bandes et bordures arrangées et diversifiées avec goût ; tout à coup elles s'arrêtèrent devant un carreau planté de choux, que les chenilles avaient un peu endommagés. Davie, remarquant qu'une des dames souriait , prit à l'instant son air dur et sauvage, se précipita au milieu des choux et les mit en pièces avec son bâton, en s' écriant : « Je déteste les chenilles , car elles semoquentdemoi. >»

« Une autre dame, qui était également une de ses anciennes connaissances, cbmmit, bien contre son intention, une offense envers Davie dans une circonstance semblable. Après l'avoir intro-

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-duite' daotie jaiiekB, M atardiBi^ devant die, il te neÉoumft pour |0ler aweUe tm regard ^de jalousie , et ee ignea ^u'il t'avait F»e inacher. ÀuMtAt fl s'écria avec nae eKtrteieférôtiié : « Suis^ un ^spaad, fesame, qu€f vans c^naditeE sw aiûî... , oiû, que ^voii^ ^«nehiez «trinei? » Et, ssqs éooiiter ai réfKmse ni exeuse^ îila ictessa éa fardin, m fOfmisaBt œiii^

îBgsrai. iionsqu^ii étaHirriÉé par des pecsonnes pour lesqntitoiil «paît peu de respe^ , âaniîsaniiinipie se décbatoait en parotes ^t flfuœlqttefoiseQ actions eoeoite |Aas grossières , et dans ees noe»- .mm à •emplofait un langags d'iaEipréQations et de meaaees içs fiiis «tiïBMNNliiiaires et kss ptas erarages. »

lia nature conserve dans tous ses <Mivrages u&eertaifi «nb« te bien et le mal, et il A'estpeut*étrepas4e peskion si eœifiéieaaent fldtsérafetequi «e possède quelquesofiHpeedeflaiér peattr Ml sdoiioir lie désagrément Ce pauvre honoane, dont kffîisanttiropie était fonéâe (e(^ le seniiaieat de sa difformité extraorcfoaîse, îaffsit néanmoins ses jouissances particulières. Forcé de se retirar dans une soiîtude , il devint un admirateur des beautés ée la oatmre. Son Jardin, qu'il cultivait avec le pli^s grand som, «et ^, idHin mauvais terrain de tiruf ères et de maréca^ , était^defsemi atn sol très-productif ., iui ofiGrait un «iqet d'orgueil et de déliée; -naais il était également enfanté de beautés phis naturelles; ia pente douée d'une verte coUine , le murmare d'une source limpide, o«i lelabyrinthe eQiiq)iiqué d'un bosqort sauvage, étaiaot des scènes qu'il <H)ntempli^ iUsait-il, avec un plmsir inesprwa- Ue pendant des heures entières. C'est pmt-étre pour eette raison >qu'il aimait à lire les poésies pastorides de Sbenstone et quelques .passages du P«radf$ |>erdu. L'auteur l'a entendu répéter d'une voixdisccmiai^ la fameuse description du Pur^dk iermêre^ et îl parais^t en smtir toute la Wùté. Ses autres études étaiwt d'inn igmre différent et avaimt principalement rapport à la polémique religieuse. Il n'allait jamais à l'église de sa paroisse, ce qoi faisait ifu'on le soupçonnait d'avoir des opinions hétérodoxes, qucH^'il soit probable que sa répugnance avait pour motif le désagrément d'iexposer sa tournure diffdrme aux regards d'un nombre coneî'dévable de personnes. Il partait de la vie future avec un sentiment profond de piété , et môme en versant des larmes. Il ne pouvait soutenk l'idée que ses restes seraient mêlés avee hs oréuree du tmeH/ère comme il appelait les ofisements du vulgaire : aussi, avec Mn goût orcfoaîre , Âtiil ^boix d'un endroit idimnant et agreste

ttort. Bans bi «lile cependant il diMiieaid'wîi,«t(Qiiît!ptr'lÉie entorré dan leciin0tiàm>eQmBMiB de iaiNUN>îMe de.liaMr*

I^Mleiir « dMtté « «âge EMiie ^pieifiM ^^1^ Mîmt pasaser irax7«aK du migaire |iMr«n hanvae dooé aKin ponveir a w raa l qr d, Baw IBiehie jooiaMtiUteto m ênwrt pM talia», lenr •^^cpMBrmiis des fayams pauvres et igaora&ta, êmm Mea qnetoM les €iBiaM t8,'daiisies^epvigooa, te^regwdaieBit'eDanMiie ^^ik^ppelamitimcMiisiy, non bon, «méebant. I^méaie uB^tm- «hait tpee ji déiriim 4mit à Enttcelto idée; «Ue 1^ taèa^étpoitea de mu pooroîr , et am «aour -«propffe a^en ilranfiit «aalbiaEri^ d^aiitant ; eie toaniait auaaii r« ^e, efi ee ^^^le iui donnait des noyena plna nenfcpeux âliiB|iyerteleirenr •et.f «xepcer aa méolianeeté. MaÉS'délà, depnia tpeofte 4Bni, la fieor des aoraeva avait eon^dérableamit diminué , mêiie dans les eantms les plus aaoïmgeB de rBooaae.

Bavie iRiicbîe infectait de ^«nfenœr dans les lieux ^le plus nafitaives , surtout dans eeux que Ton croyait fréquentés par ias espitB, et )l«e fiàsait un grand mérite du courage qu'A onmlraît dans 'GeBtoecasîcms. Il est sûr qu'il courait peu de chance de raaooBtreruaMre qui fût pins effinayantque luinaiénie ; mais ,«i fend, il étttit ^superstitieux : anasi amilril planté un grand nenibre de frênes autour de sa cabane comme une protectien aiaurée 4X01136 4a néorommieie ; c^est aussi , sans doute , pour la n^me yftÎBoa qu'il ordcmna que l'on en raft autour de satonAe.

Mous avons dit que Sayie RitcMe aimait les objets de beauté natureHe. Ses seuls hwm vivants étaient un cbîcHi et un>c(hat , auxquels il était singuUèpemrat attaché , et ses abdtles , -dont 41 «?aît le piusgruid soin, fians les dernières aimées de sa ^e^H prit«vec lui «ne de ses sœurs qu^il logea dans une hutte attenante à la iâenne) amûs A^qui il ne permit jmnais d'entrer cbezlcâ. Bile était faible d'esprit , mais non difforme dms sa personne ; simple, ou {Autét bète, mais «on d'un caractère bourru et fantasque oomne son frère. Davie n'eut jamais une grande affei^on pour elle, ce n'était pa^ dans son caractère, mais il l'endurait. Us fournissaient à ieurs besoins par la vente du produit de leur jardin et «de leurs ruohes, et dans les derniers temps ils obtinrent une petite pension de la fabrique de la paroisse. Au fait, dans l'état de fiimplieité patriarcale où se trouvait àiors le pays , <^eux qui étalait «hms la positien de Bavie ^ de sa soeur étaient sûrs ^e

tO LE NAIN NOIR.

trouver des secours. Il ne s'agissait que de s'adresser aux premiers propriétaires et fermiers un peu à leur aise , qui étaient toujours disposés à subvenir à leurs besoins d'ailleurs Irës-modjârés. Davie recevait souvent de la part des étrangers de petites douceurs , qu'il ne demandait point, qu'il ne refusait point, maïs pour lesquelles il ne se croyait point obligé de montrer de la re* connaissance. Effectivement il se considérait avec raison comme un des pauvres de la nature , à qui elle avait donné pn titre pour être entretenu par les membres de sa propre espèce , lequel titre était justement cette difformité qui le privait de tout autre moyen de se suffire par son propre travail. En outre, il y avait un sac qui était suspendu au moulin pour être rempli au profit de Davie Ritchie , et ceux qui remportaient leur farine manquaient rare^ ment d'en verser une poignée dans le sac éléemosynaire du pauvre estropié. En un mot , Davie n'avait jamais besoin d'argent , excepté pour acheter du tabac à priser, seul plaisir qu'il cherchât à se procurer, et dont il jouissait amplement. Lorsqu^il mourut, au commencement de ce siècle , on trouva qu'il avait amassé une somme de vingt livres sterling , manie qui s'accordait parfaitement avec son caractère \ car être riche c'est avoir du pouvoir , et le pouvoir était ce que Davie Ritchie ambitionnait le plus de posséder , comme une compensation de son exclusion de la société humaine.

Sa sœur lui survécut jusqu'à la publication du conte auquel cette courte notice sert d'introduction. L'auteur a appris avec peine qu'une sorte de sympathie locale et la curiosité que le public manifesta dans le temps concernant l'auteur de Pf^averley et des sujets de ses contes , ont exposé cette pauvre fille à des recherches et à des questions qui lui ont causé des désagréments. Lorsqu'on la pressait de donner quelques détails sur les singularités de son frère, elle demandait pourquoi on ne voulait pas lais^ ser les morts reposer en paix , et lorsque d'autres personnes lui demandaient des renseignements au sujet de sa famille , elle répondait avec le même sentiment de mauvaise humeur et d'impatience.

L'auteur vit ce pauvre, et Ton peut dire malheureux individu, dans le courant de l'automne de 1797^ Étant alors , comme il a le bonbeurde l'être encore, intiœement lié avec la famille du vénérable docteur Adam Ferguson , le philosophe et rhistorien , qui résidait à cette époque à la maison seigneuriale du Halyards, dans

la vallée de Manor , à environ un mille de l'ermitage de Ritcbie » Tauteur se trouvait à Halyards, où il passa quelques jours , pendant lesquels il fît la connaissance de ce singulier anachorète, que le docteur Ferguson regardait comme un personnage extraordinaire 9 à qui il rendait service de diverses manières , et à qui il prétait , de temps en temps , quelques livres. Quoique le goût du philosophe et celui du paysan ne s'accordassent pas toujours ensemble^ comme on peut bien se l'imaginer , cependant le docteur Fei^uson le considérait comme un homme d'une grande capacité et plein d'idées originales , mais dont l'esprit avait été entraîné hors de sa pente naturelle et juste par un excès d'amour-propre et de ténacité d'opinion, rendu plus violent par le sentiment amer du ridicule et du mépris, et vindicatif contre la société, du moins en idée , par une farouche misanthropie.

Davie Bitchie , outre qu'il a vécu dans une obscurité totale , était mort depuis plusieurs années, lorsque l'auteur conçut l'idée de faire de ce personnage le héros d'un roman. En conséquence il esquissa le caractère d'Elshie de Mucklestane-Moor. La narration devait être plus longue , et la catastrophe amenée avec plus d*art ; mais un critique de mes amis , au jugement de qui je sou* mis l'ouvrage , pendant que j'y travaillais encore , fût d'avis que ridée que je donnais du solitaire était d'un genre trop révoltant et dégoûterait le lecteur au lieu de l'intéresser. Gomme j'avais des raiscms de croire que celui que je consultais était un excellent juge de l'opinion publique , je me débarrassai de mon sujet , en précipitant le plus vite possible la conclusion de l'histoire ; et en serrant péle-méle dans un seul volume les matériaux destinés à en remplir deux , j'ai peut-être produit un ouvrage aussi dispro« portionné et aussi mal tourné que le Nain Noir qui en est le sujet.

1,1 ^▲IM Koià.

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