‹ LE NAIN NOIRChapitre 22 sur 99 · CHAPITRE V. tt · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. tt

pu-aiflB6iit et disparaiasefit sans Mre annoncées soas aucun nom , par f emfN'esseniBnt qne Pon met à rassemUer et A nettoyer des amies , par Tair d'inquiétude et de tumulte qui semble agiter toot ee qn*it y a d'hommes dans tecbAtean , il n'y aurait pas d'impo»* sibilité à ce que nous aussi , «ei supposant toujours que l'on poua* sftt les choses à l'extrémité , nous en vinssions à organiser une petite conspiraticm, pour servir de supplément il la leur. J'espère que ces messieurs ne se sont pas réservé toute la science de la pcv Ktique, et il.y a un associé que je serais bien aise d'admettre dans notre eonseil.

— Surtout que Cène soit pas Nancy , dit miss Yère.

— Oh!non^ répondit miss IMerson ; Nancy, quoique excel» lente GHeet tendrement attachée à vos intérêts, serait un insipide conspirateur , ausâ insipide qœ Renault avec ses conjurés subal*» ternes dans Venise $auvée. Non, celui*ci est un JafBer, ou vm Pierre, si voiis préférez son rôle; et cependant, quoique je jsache que je vous ferai plaisir , je n'ose vous dire son nom, de crainte de vous contrarier en même temps. Ne sauriez-vous deviner? quelque chose qui a rapport à aigle et à rocher ; il ne commence pas par aigle en anglais , mais par quelque chose qui y ressemble beaucoup en écossais ^.

— Ce ne peut être le jeune Earnscliff, que vous voulez dési^* gner, Lucy , >» dit miss Vère dont le visage se couvrit d'une forte rougeur.

«Qui donc voudrais-je dire ? répliqua Lucy; les Jaffieretles Pierre sont rares dans ce pays-ci , quoiqu'il devienne facile d'y trouver un assez bon nombre de Renault et de Bedamar.

— Comment pouvez-vous parler d'une manière aussi folle , Lucy ? Yos pièces de théâtre et vos romans vous ont positivement tourné la tète. Tous ne connaissez pas d'ailleurs les inclinations de M. Earnscliff ni les miennes; vos conjectures et vos idées bizarres ont pu seules les suggérer ; et mon père , sans le consen* tement duquel je ne voudrais pas me marier, ne consentirait jamais. .. indépendamment de tout cela , il y a la fatale querelle.

— • Lorsque son père fut tué ? répliqua Lucy. Mais il y a trèsh long-temps de cela, et j'espère que nous ne vivons plus dans ces temps d'animosités féroces , où une querelle entre deux familles se transmettait de père en fils , comme une partie d'échecs en Espagne, et où il se commettait un meurtre ou deux à chaque gé-

1 L'interlocutrice joue ici sur le mot Earnscliff, qui a été expliqué plus haut. ▲. m.

nératioD , seulement pour empêcher l'affaire de s'assoupir. A l'égard de nos querelles nous en agissons de même maintenant que pour nos yêtements; nous les taillons à notre mode, et les usons de notre temps ; et nous ne songeons pas plus à venger les querelles de nos pères qu!à porter leurs pourpoints et leurs hauts* déchausses tailladés.

-» Tous traitez ceci beaucoup trop légèrement , Lucy, dit miss Vère.

» Pas du tout , ma chère Isabelle. Considérez que , bien que votre père fût présent à cette malheureuse affaire , on n'a jamais cru que ce fût lui qui porta le coup fatal. D'aiHeurs , dans les an-* cîens temps , lorsqu'il survenait des massacres entre les clans , les alliances subséquentes étaient si loin d'être impossibles , que la main d'une fille ou d'une sœur était souvent le gage d'une réconciliation. Vous riez de mon érudition en fait de romans ; mais je vous assure que, si votre histoire était écrite , ccMnme celle de plus d'une héroïne moins malheureuse et moins digne d'être célébrée, le lecteur judicieux vous déclarerait la dame et l'amante d'Eamscliff , d'après l'obstacle même que vous regardez conune insurmontable.

— Mais nous ne sommes plus au temps des romans, dit miss Tère, mais bien à celui des réalités, car voilà le cbftteau d'EIlieslaw.

— Et voilà sir Frédéric Langley à la porte, ajouta miss Ilderson, tout prêt à aider aux dames à descendre de leurs palefrois. J'aimerais autant toucher un crapaud, mais je veux le désappointer et prendre le vieux Horsington, le valet d'écurie^ pour mon grand écuyer. »

En parlant ainsi, l'enjouée jeune dame donna un coup de houssine à son cheval, fit en passant un salut familier à sir Frédéric, qui se disposait à le saisir par la bride, continua à aller au petit galop et sauta dans les bras du vieux palefrenier. Isabelle ea aurait bien fait autant si elle eût osé ; mais son père était là , et un sombre mécontentement se manifestait déjà sur une figure particulièrement propre à exprimer des passions plus acerbes ; elle se vit donc forcée de recevoir les soins de son odieux adorateur.

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