CHAPITRE IX. m
portée de pistolet de la porte ; ce n'eât pas que je n'aie confiance en votre parole, mais il vaut mieux prendre ses sûretés.
— O mon ami , pensa Hobbie en lui-même , si je te tenais seulement à Turner's-Holm , et personne autour de nous que deux honnêtes garçons pourvoir que tout se passe dans les règles , je vous ferais souhaiter que vous vous fus»ez^ cassé la jambe, avant d'avoir touché à quelque animal , ou à quelque personne qui m'aurait appartenu.
-r- Il a une plume blanche à son aileS ce Westblirnflat , après tout, » dit Simon de Hackbum, un peu scandalisé de ce qu^il s'était rendu si facilement ; « il ne mettra jamais les bottes de son père. »
Pendant ce temps^là , la porte intérieure de la tourelle s'ouvrit, et la mère du flibustier parut dans l'espace qui était entre cette porte et la grille extérieure. Willie lui-même parut ensuite, conduisant une femme, et la vieille, tirant soigneusement les vérroux derrière eux, resta à son poste, comme une sorte de sentinelle.
« Qu'un ou deux de vous s'approchent, dit le' brigand, et la reçoivent de moi saine et sauve. »
Hobbie s'avança avec empressement pour recevoir sa jolie fiancée. Earnscliff suivait plus lentement, pour se garantir de tonte trahison. Tout à coup Hobbie ralentit sa marche avec l'air de la plus grande mortification ; tandis qu'Earnseliff précipita la sienne avec l'impatience de la surprise. Ce n'était pas Grâce Armstrong, mais miss Isabelle Yère , dont la délivrance avait été effectuée par la présence de la troupe devant la tour.
« Où est Gr4ee? où est Grâce Armstrong , » s'écria Hobbie au comble de la rage et de l'indignation.
« Elle n'est pas entre mes mains , répondit Westburnflat ; vous pouvez visiter la tour, si vous ne voulez pas m'en croire,
— Maudit coquin, tu me diras ce qu'elle est devenue, ou tu meurs àTinstant, » dit EUiot en le couchant en joue.
Mais ses compagnons , qui accoururent aussitôt , lui ôtèrent son fusil en s'écriant, tous à la fois : « Main et gant ! foi et honneur I Prends garde, Hobbie *, nous devons tenir la parole donnée à Westburnflat, fût-il 4e plus grand coquin de la terre. »
Fort de cette protection, lé maraudeur reprit toute son audace, qui avait été un peu intimidée par le geste menaçant d'EUiot.
1 Formule proTcrbiale équiyalente à celle-ci : «ill d^ est pas aussi noir qu'on le croit. » A* M«
^ J'ai tenu BM pftTQte « iaes»iwrs > dUrJ) I d î'esfiàre qvi'tt bq me sera fait aueaoe ii^iire de U part d'aoeuii âe vous. Si ee n^es* pas^là la priaoBAÎi^e que wiis etiercheB ^ Youaallex ve ki rendre ; 2'e& $uy» respcttsable ewers cei» à qui eUe^ayiKtftiettC.
-^Fonr raixxmrdeDieu» OMHisîMr EamatÛV, profcégeMBml li iik ms& Yère ea ae seirent eonAre &m lAératetur. N'abaadoimw IP» iiM îftfortfiBiée qui aeoiUe ètr» M
—Ne craignez rien, >* dit tout bas Earnscliff; « je vous pvaCè« fMrai au périk desM Tîe. » Pttia> s^ iMmuA vers VFefikbumflat : M Seélteal ^ dîtilt > OQBUMDt avez-Tcma oaè insulta eetle dame> ?
•^Quaiil à eata, EarneetiS, répondit Weatkaniial , je sauçai répondre à ceux qui ont plus de droit de me le demander que VO«i& JREais^sîvoosTeneaaveeuBe fipice armée pom* FeDlever à eettx ekei qui ses «nis Favaieat idaeée» eoBwnwt répcadreK-Toos 4eela?MabQ*eslTQtreaffaîfe. Un homme seaioe peut détoadie iQfi toor cODtie> vûigt Tous les hommes dea Mearsa ^ aa fimt pas plus qu^iib ne peitYeiit K
^ C'est «n iMBSca^e abominable , dit IsaibeUe { il m'a enlevée avec violence des bras de mon père.
-*- Peot«âtre a-t*il Hotcsnti^Na à» vous lelaire croire, ma petite, fépUqua le brigand ; mais ce ae sont pas mes affaires ; il en aà* tiendra ce qui pourra. Vous ne vocdez donc pas me la rendre ?
— Yoiis la raadre, miséar^le! ass»rém»ftt non, répondit Eams* (diff ; je protégerai m^ Yère y et je Tescorterai jusqu'à rendrcriit où il lui pbkdL que je la conduise.
~ Oui , oui ; peut-être tont cela est-ik déjà convenu entre tous deux , dit WiUie de Westboraial.
— Et Grâce? » reprit Hobbie en se dégageant du milieu de ses amis , qui lui raf^telaie&t la sainteté du sauf-conduit sur la foi duquel le flibustier s'était hasardé à scH*iir de sa kiiaT. «Oàest Grâce ?» Et il se précipita sur le maraudeur , le sabre à ta main.
Westburnflat , ainsi pressé , s'écria : « Pour l'amour de Dieu ! Hobbie j écoutez-moi un instant. » Et se tournant tout à coup , il se mita fuir. Sa mère tenait la grille entr^çoverte; mais Hobbie porta un coup si violent au flibustier , an moment où il entrait, que le sabre lit une fente considérable au linteau de la porte voûtée ; on ta montre encore aujourd'hui y comme une preuve de la force extraordinaire de ceax qui vivaient dans les anciens temps.
i ProYiiKe d^jleoM«b a. ic ■ ,
2 C'est-ànUre, « leur brayoure doit céder au nombre.» A. m*
Ava&t qu'Hobbie eût pu porter un second coup , la porte fut fermée et mise à l'abri de toute attaque , et il fut obligé de retourner yers ses compagnons , qui se prépttf èrmt à lever le siège de Westburnflat. lis insistèrent pour qu'il les accompagnât dans leur retraite.
tt Tous avez déjà rompu la trêve , Hobbie , dit le vieux Dick du Single^ et si nous n'y preoions garde, vqu$ joueriez de nouveaux tows , et Bonnseulement vos amis seraient accusés d'avoir commis ua meurtre contre. la foi jurée , mais encore vous vous rendriez la fable de tout le pays. Attendez l'entrevue du Gastleton , jomtnB vous en dtes co&vem» , et s'il ne vous donne pas une satisiMtion , alor» vous aurez^ raison d'ra tirer une vengeance saur glante. Mais marchons GOBHne des g«ns raisonnabtes y soyoïtt Alèles à notre parole » rt je vous réponds que aoas retrouveroofi ^râce , irotre bétail et tout ce que vous avec perdu. »
Ce froid raôscmnement ne fut p«a très-goùté du aialheurwx amant ; mais comme il ne pouvait obtenir d'assistance de la part de ses voisins et de ses parents qu'en subissant leurs propres ceoeditions , il fut forcé de partager leurs maximes , d'y mettre de h bonne foi , et de procéder d'une manière régulière.
EamsclifF pria alors quelques gens de la troupe de se joindre à lui pour accompagner miss Yère chez son père » au château d'Ellieslaw, où elle voulut absolument être conduire. Cette demande Alt accueillie avec empressement , et cinq ou six jeunes gens se présentèrent pour lui servir d'escorte.
Hobbie ne fut point du nombre. Le cœur presque déchiré par les événements de la journée et par le désappointement qu'il ve^ nait d'éprouver , il s'en retournait tristement chez lui pour preur dre les mesures nécessaires à la subsistance et à la protection de jsa famille et convenir avec ses voisins des nouvelles démarches à faire pour retrouver Grâce Armstrong. Le reste 3e la troupe se dispersa de différents côtés, après avoir passé le marais. Le bri^ gand et sa mère les suivirent des yeux du haut de la tour, jusqu'à ce qu'ils eussent entièrement disparu.