‹ LE NAIN NOIRChapitre 34 sur 99 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

vala que nous fussions lombes dans le gouffre le plus profond àa Tarras. »

Il fut interrompu par la plus jeune de ses sœurs , qui vint à lui en courant et parlant d'une voix contrainte , comme si elle eût voulu cacher quelque émotion : « Que faites-vous donc là , Hobbie, à vous amuser avec le cheval, pendant qu'il y a quelqu'un arrivé de Cumberland , qui vous attend depuis plus d'une heure. Dépêchez- vous d'entrer; je vais desseller votre cheval.

^ Quelqu'un du Cumberland ! » s'écria £lliot ; et mettant la bride du cheval dans la mainxle sa sœur, il s'élança dans la chaumière. « Où est-il, où est-il? » s'écriait-il en regardant de tous côtés , et ne voyant que des femmes \ « a-t-il app(»*té des nouvelles de tirâce ?

— Il n'a pu attendre un instant de plus, » dit sa sœur aînée en étouffant une envie de rire.

« Oh ! fi , mes enfants, » dit la vieille grand'mère avec un air de douce réprimande ; « vous ne devriez pas tourmenter ainsi votre Billy Hobbie. Regarde autour de toi , mon enfant , et vois s'il n'y a pas une personne de plus que celles que tu y as laissées ce matin. »

Hobbie regarda avec inquiétude. « Vous voilà vous , puis les trois petites filles. .

— Nous sommes quatre maintenant, Hobbie , mon garçon y » dit la plus jeune qui entra en ce moment.

En un instant Hobbie serra dans ses bras Grâce Armstrong , qu'il n'avait pas reconnue en entrant parce qu'elle s'était couverte du plaid d'une des sœurs de Hobbie. « Comment avez-vous osé agir ainsi ? » dit celui-ci tout ému de surprise.

« Ce n'est pas ma foute ! » répondit Grâce en cherchant à se couvrir le visage avec ses mains , pour cacher sa rougeur et pour éviter le torrent de tendres baisers dont son fiancé punissait son petit stratagème ; « ce n'est pas ma faute! Hobbie ^ vous devriez embrasser Jeany et les autres , car ce sont elles qui sont coupables.

— C'est ce que je vais foire, » dit Hobbie ; et il embrassa cent

fois ses sœurs et sa grand'mère, tandis que toute la famille , dans l'excès de sa joie , riait et pleurait en même temps. « Je suis le plus heureux des hommes , » dit Hobbie , presque épuisé , et se jetant sur un siège ; « je suis l'homme le plus heureux qui existe dans le monde.

•— Alors, mon <;lier eiafant, » dit la bonm vioiHe dame, qui nre laissait jamais échapper roccasion de donner une leçon de rdChgion, dans les moments où le cœur est mieux disposé à raecoeillir ; <* alors , mon Sis , adressez vos louanges à celui qui change ainsi les pleurs en joie , comme il a tiré la lumière des ténèbres et le monde du néant. Ne vous avais-je pasprév^m que si vous pouviez dire : Que sa volonté soit faite , vous pourriez avoir des motifs de dire : Que son nom soit glorifié !

— C'est vrai, grand'mère, et je le glorifie pour sa miséricorde, et pour m^avoir laissé une seconde mère quand je perdis la mienne , » dit le bon Hobbie lui prenant la main ; « et qui me fait rap^ pelerde penser à lui dans le bonheur comme dans le malheur, )>

Il se fit un silence solennel d'une ou deux minutes, «nployées à l'exercice d'une dévotion mentale , qui exprimait, dans la pureté et la sincérité du cœur, la reconnaissance de cette fomille affectueuse envers la divine Providence qui avait rendu si ino- (>inément à ses embrassements l'amie qu'elle avait perdue.

les premières questions de Hobbie furent de prier Grâce de raconter ce qui lui était arrivé. Elle fit un long d^aii, qui se iréduisait à ceci : « qu'elle fut réveillée par le bruit que firent les brigands en entrant dans la maison et par la résistance devenue bientôt inutile qu'opposèrent un ou deux domestiques ; que s'étant habillée en toute hftte , elle était descendue , et qu'ayant vu , dans la mêlée , tomber le masque de Westbumflat, elle avait imprudemment prononcé son noîn en implorant sa pitié ; que le brigand lui avait aussitôt fermé la bouche , l'avait entraînée hors de la maison , et placée sur un cheval , derrière vn de ses compagnons.

« Je lui casserai sa maudite tête , dit fiobUe , n'y eôt-il pas un autre Grœme dans le pays , hors lui. »

Grâce raconta ensuite qu'elle avait été emmenée du côté du sud avec la troupe, qui conduisait le bétail devant ^le, jusqu'à ce qu'on eût dépassé la frontière ; que tout à coup une personne, qu'elle connaissait pour être un parept de Westburnflat , étaitaccourue à toute bridé à la suite des maraudeurs etavait dit à leur chef que son cousin avait appris de bomie part que les choses tourneraient mal si la jeune fille n'étaitpasrendœâ ses parents; qu'après quelques moments de discussion , le chef de la troupe ayant paru y consentir, on l'avait placée derri^ un auire cavar lier , qui avait suivi, en silence et avec rapidité, larooto la moins

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