CHAPITRE I. ttt
mmt delà beniitéde ce tertre couvert de genôts, c'était aussi un excellent abri pour les agneaux dans une matinée froide comme celle-ci.
' — Oui » dit son patron ; mais vous sa?ez qu'il nous faut des navets pour les brebis a longues jambes , et que pour les avoir, il nous faut fièranent travailler avec la charrue et la herse, et il nous siérait mal de nous asseoir sur ce tertre et de faire des coûtes au sujet de nains noûrs et autres sottises pareilles, comme on le faisait autrefois» lorsque les brebis à jambes courtes étaient en vogue ^.
— Oh bien I oh bieni maître, dit le bei^er, les courtes brèbig donnaient de courtes sommes pour loyer^ je pense. » . Ici mcm diçne et sanani patron s'interposa de nouveau, et déclara qu'il n'avait jamais pu apercevoir aucune différence matérielle^ en fait de longueur, entre une brebis et une autre.
Ceci occasionna un grand éclat de. rire de la part du fermier et un regard d'étonnement de la part du berger. « C'est la laine, monsieur, c'est la laine, et non la bête elle-même qui la fait ap* peler longue ou courte. Je crois que si vous mesuriez leur dos, la courte brebis serait celle des deux qui aurait le corps le plus long ; mais c'est la laine qui paie le loyer au temps où nou9 sommes, et nous en avons grand besoin.
— Ma foi, Bauldie a raison, dit le fermier ; les courtes brebis faisaient les courts loyers. Mon père payait alors 60 livres sterling pour notre ferme, qui m'en coûte aujourd'hui 300 tout compris S et cela est très-vrai ! Mais je n'ai pas le temps de m'amuser ici à conter des histoires ; voyons, l'hôte , donnez-nous à dé« jeûner, et ayez soin que Ton n'oublie pas nos chevaux. Il faut que j'aille chez Christy Wilson, pour voir si nous pouvons nous mettre d'accord sur le luckpenny (pot-de-vin) que je dois lui payer pour ses agneaux d'un an. Nous avons bu six pintes peu* dant que nous faisions le marché à la foire de Saint-Bothwell, et je ne sais comment cela s'est fait , mais nous n'avons pii nous entendre exactement sur quelques détails, malgré le long temps que nous y avons mis; j'ai bien peur qu'il ne faille eh venir à plaider. Mais écoutez, voisin, » dit-il en s'adressant à mon digne
f Les montons à jambes longues sont de Pespèce anglaise, arec leur laine longue et fine; les moutons à jambes courtes sont de l'espèce écossaise, avec la laine courl«
et rude. ▲. m.
S Le texte parle de placksand (aicZ^ie^, anciennes monnaies d'Ecosse qui n'existeni
plus que dans les sourenirs. A« x.