CHAPITRE XIIL fi
grince du gouyeraement, &e discontinoons pas jusqu'à ce que nous ayons fait quelque chose pour la mériter... Quoi! peraonne ne parle? Alors je franchirai le pas le premier. » Aussitôt il se le?a , prit un verre à bière , qu'il remplit entièrement de vin de Bordeaux, et, faisant signe de la main, commanda que tout le monde se levât et suivit son exemple. Tous obéirent , les grands personnages d'une manière à peu près passive, et les autres avec enthousiasme. « Eh bien, mes amis! dit-il, je vais vous donner le toast du jour : A l'indépendance de TÉcosse, et à la santé de notre légitime souverain , le roi Jacques YIII, maintenant débarqué dans le Lothian, et sans doute en pleine possession de son ancienne capitale!»
Il vida son verre et le jeta par-dessus sa tête.
« Au moins il ne sera jamais profané par une santé moins précieuse, ajouta-t-il.
Tous suivirent son exemple, et au milieu du choc des verres etdes applaudissements de la compagnie, prirent l'engagement de rester fidèles aux principes et aux intérêts que le toast avait exprimés.
« Tous avez sauté le fossé, ma foi ! » dit Eilieslaw à part à Malesdial ; « mais je crois que tout est pour le mieux^ dans tous les cas , nous pouvons maintenant renoncer à notre entreprise. Un seul homme, » ajouta-t-il en regardant Ratclifie, « a refusé de porter la santé; nous en parlerons plus tard. »
Alors se levant, il adressa à la compagnie un discours plein de virulentes invectives contre le gouvernement et contre ses mesures, mais particulièrement contre TUnion, traité par lequel, assurait-il, l'Ecosse avait été indignement dépouillée de son indér pendance, de son commerce et de son honneur, et abattue, comme une esclave enchaînée aux {ûeds de sa rivale , contre laquelle, pendant une isi longue suite de siècles , à travers un si grand nombre de dangers, et par la perte de tant de sang , elle avait si honorablement défendu ses droits. C'était toucher un sujet qui trouva une corde correspondante dans le sein de chaque membre présent.
« Notre commerce est détruit, « cria le vieux John Newcastle, contrebandier de Jedburgh, qui était assis au bas bout delà table.
« Notre agriculture est ruinée , » dit le laird de Brokert-Girth Flow , « territoire qui, depuis Adam , n'avait jamais produit que de la bruyère et de Tairelle.
« Notre religion est entièremeiit bouleversée , » dit le pasfear,! au nez bourgeonné, de ia chapelle épiscopate de Njrkwhistle.
» Nous n'oserons bientôt plus tuer un dakn , ni eniln*asser uneî jeune fille, dit Maresetial-'Wdlls, sans un c^ificat du presbytère etdumargoiilier. -
—Ou faire un jéroboam d'eau-de-^ie dans unematinée d'biver, stons une licence du commis de l'exdse, dit te con trebfin<fier.
— Ou faire une premenade à cheval dans une nuit obscure, dit' Westbumflat, sans en avoir obtenu ta permission du jeune Earas*^' dtff ou de quelque juge de paix devenu Anglais ; c'était le bon^ temps sur ta frontière ,. lorsqu'il n'était question ni de pais, ni de^ justice! ^
— Souvenons-nous de» injures que nous avons sooflfertes, è Dàrien et à Gleneve, continua Ellte^aw, et prions les armes pour défendre nos droits, nos propriétés, nos vies et nos ftmiitites. j
«^ Songez à la pure et véritable ordination épiscôpale, sans ià-* qu^Ie il ne peut y a^ir de ctei^é légitime, dit rtiomme d'église.'
-^Songez aux pirateries commises sur noitre commerce âes laides Orientales par Green et les corsaires anglais , » dit Williafli^ WfHieson , propriétaire pour une moitié et seul armateur d'un l»4clc, qui faisait annuellement quatre TOyage» entre Godqpod €t Whitcbawn.
— Souvenez-vous de vos libertés, ^ reprit Mareschal, quisem-' blait prendre un malin plaisir i précipiter les mouvements de Fenthousiasme qu'il avait excité, comme un jeune espiègle, qui, ayant levé récluse de l'abée d'un moulin , jouit du plaisir d'entendre le bruit des roues qu'il a mises en mouvement, sans songer au mal qu'il peut avoir occasionné : « souvenez-vous de vos libertés, s'écria-t-il, et que le diable confonde taxes, presse et presbytérianisme , ainsi que la mémoire du vieux WBîe , qui nous les apporta le premier î
— Au diable le jaugeor ! » cria à son tour le vieux Newcastfe « je rextèrminerai de ma propre main.
— Et que maudits soient le garde-champêtre et le constable T répéta AVesburnflat; je leur ferai passer une couple de balles â travers le rorps avant demain matin,.
— Il est donc convenu , » dit EiUeslaw , lorsque le calme fut un peu établi, « que nous ne voulons pas souffrir plus long-teoip^ cet état de choses ?
** Gonvemi ; hch» raamea^toos d'^Kaocmd |iiÉi<i«i%iu tternier^ rér pendirent ies ^eDorives.
«-Il n'eift est pi^ tout à faitaûisi, étt M. Ralcliffe ^ ear,quoiqu<r jene piitsse*«spârep de eatoser ces violefiis transperts^çui semUent s*4tre eospaarés sisubiteaieat des membres de eotte assemUée^: cependant, autent que peuisrvoir de peids Pq)iiuoQ d'oa i»&ttl, je^ vous prie de reçoarquer que je ne partage pai^ eelièreaieDt votue; a?ts sur réaianiératioii des abus dont vaiM venez de vôua^ainâfe, et qse je proiestte de k maniée la frfiis fermeHe cootx^ les loe^ sures insensées que vous paraissez dispeeés à adc^er ponnr en qIh tenir ia réforme. Je putis «isàseni ««apposer qu'une grande partie de ise q«ii a<été dit était Teifet de la ehatenr da moment, ou peiatétre avec rintenlèon d'en faire une {feûafinterie. Maïs il y a 4Êd$ pUrisantanies qm smt de nature A avoir des eonséqu^nces au dier hors, et roas àemft, vet^ rappeler -, «tôSSieiATS , cj^e tes mors ont fesor^lles.
-^Lesmnrspe^^^avoirdesomllea? » répiiqiiaEi^^ ea
teîegafniaiitd'un air demaVgnièé triomphante; «< maêlesespkHUl domestiques , monsiemr^Ratcliffe , <se trourerent bientôt sanseft afvoflr , ^ ifue^u'im d'eus ose t2oi^»Bu«* plus longtemps son séjeor dans une fnniBe, eè son arrivée a été une mtnasiofi mb als^ torisie, isa conânite cette d'mi iKHanie présomptueux fui se méJto (te ce qui ne le regaide pas, ti d'oè sa «ortie sera erile d'un varlet désapp(»até , «'il ne sait pas prafitor de T^ertiss^n^t qu'on lui
V^èare, « répandit Ratdjffs avee un saag froid dé~ (big^un, « je saisparMiemeirt que, dumomeot qm ma préseii€fr ^ws aéra inutâe, ce qui éoU. néoessaireimiit airtvèr par suite û^ U démsH^e émprodestie que tous veiss proposa de faire, ette <)^0iidm «asisi da^sereose poar moi qu'elle a toujonus été' (>âKuse pour roei& Mais f ai nne^folecëon, etelte est puissante f et vous ne seriez sans doute pasMea abe dem'-enteiidre détailler ^ant ces messiem-s, cievastdBS liemmes d'honneur, tes dreoost^tvees purtkalières «fni funwt le principe de nos liaiscms. Au l'esté je auis cbaiiné d^ vdt la fin^, et «omme je pense quô M. MaresdiJd et quelques aigres laessneuirs vendront Uen me g»* ra&tir pew eette «mt surirat n^ss <iretiles et omi gorge, pour la- 9ielie j'ai pLuBderaism decnincfa^e, jea^<|tMiterai vetretMteaû que demain matin.
—Soit, mmnâairyrépiiqi» M. Vàre; veusétespar&itemeaten
im LE NAIN NOIR.
sûreté) parce qae vous êtes aunlessotis de mon ress^timent , et non parce que je crains que vous ne révéliez quelque secret de fomille, quoique je vous engage pour votre propre intérêt à avoir grand soin de if en rien faire. Vos soins et votre intervention ne sauraiait être d'une grande importance pour un homme qai a tout à perdre ou à gagner , suivant que le droit légitime ou l'usurpation injuste l'emportera dans la lutte qui va s'engager. Adieu. »
M. RatcUffe se leva , knça sur lui un regard que Yère parut avoir beaucoup de peine à soutenir, et saluant les personnes qui étaient autour de lui, quitta l'appartement.
Cette conversation fit sur plusieurs membres de la compagnie
ne impression qu'EUieslaw s'empressa de détruire en renouvelant la conférence sur les affaires du jour. Le résultat de leurs délibérations précipitées fût qu'il fallait organiser sur-le-champ une insurrection. Ellieslaw, Mareschal et sir Frédéric Langley en furent nommés les chefs, avec pouvoir de diriger les mesures ultérieures. On Qia un lieu de rendez-vous , auqu^ tous promirent de se trouver le lendemain de bonne heure , avec les amis et les partisans de la cause que chacun de son côté aurait pu réunir.
Plusieurs des convives se retirèrent pour faire les préparàtib nécessaires , et Ellieslaw s'excusa auprès des autres qui , avec Westbumflat et le vieux contrebandier, continuaient à faire circuler rondement la bouteille, de ce qu'il quittait la présidence de la table, attendu qu'il fallait nécessairement qu'il eût une conférence sérieuse et séparée avec les collègues qu'on lui avait donnés dans le commandement. Cette excuse fut acceptée d'autant plus volontiers qu'EUieslaw les invita en même temps à continuer à user des rafraîchissements que les caves du château pourraient leur fournir. Leur retraite fut suivie de bruyantes acclamations ; et les noms de Yère , de Langley et surtout de Mareschal furent proclamés en chorus et leurs santés arrosées de copieuses libations pendant le reste de la'soirée.
Lorsque les principaux conspirateurs se furent retirés dans un appartement séparé, ils se regardèrent un instant avec une sorte d'embarras , qui donnait aux traits sombres de sir Frédéric Texpression d'un violent mécontentement. Mareschal fut le premier qui rompit le. silence , en disant , avec un éclat de rire : « Eh bien ! messieurs , nous voilà décidément embarqués... vogue la galère !
— C'est vous que nous devons remercier , dit Ellieslaw.