‹ LE NAIN NOIRChapitre 46 sur 99 · CHAPITRE Xm · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xm

— Oui, mais je ne sais jusqu'à quel point tous m'aurez obli* gation, répondit Maresebal, lorsque je vous montrerai cetteiettre que j'ai reçue précisément au moment où nous allions nous mettre à table. Mon domestique m'a dit l'avoir reçue d'un homme qu'il n'avait jamais vu auparavant et qui était reparti au grand galop , après lui avoir recommandé de me la remettre en mains propreis. »

Ellieslaw ouvrit la lettre avec un air d'impatience et lut à haute voix :

Edimbourg.

Mon très-honoré monsieur,

« Ayant des obligations à votre famille , dont je ne vous don* nerai points le détail , et apprenant que vous faites partie de la compagnie d'aventuriers qui font des affaires pour la maison Jacques et compagnie , ci-devant négociants à Londres , et maintenant à Dunkerque, je crois devoir vous informer promptement et secrètement que les navires que vous attendiez ont été repoussés de la côte sans pouvoir débarquer la moindre partie de leurs cargaisons, et que les associés du pays de l'ouest ont résolu de retirer leurs noms de la société; attendu que l'entreprise ne présente que de la perte. Dans l'espoir que vous profiterez de cet avis et que vous prendrez les mesures nécessaires pour mettre vos intérêts â couvert ,

Je suis votre très-humble serviteur ,

NiHIL Nàmeless^.

A RêLfH HiKBscHAi, de Mtreschal-WeUi, aTee soin «t promptitude.»

Le visage de sir Frédéric s'allongea , et sa figure devint sombrer à mesure qu'il entendait la lecture de la lettre et quand Ellieslaw s'écria : « Eh quoi ! si la flotte française, ayant le roi abord, a été repoussée par les Anglais , comme ce maudit griffonnage semble e donner à entendre , ceci détruit le but principal de notre entreprise ; et où en sommes-nous maintenant ?

— Exactement où nous en étions ce matin, je pense « dit Mareschal toujours en riant.

« Pardon , monsieur Maresebal , et trêve , je vous prie , à votre g aielé déplacée ^ ce matin nous ne nous étions pas publiquement

.4 C'e8t-l-dire,fitVii sans nom, a» H*

130 LE NAIN Nom.

«ompromû , comme nous ranrons fait depub , gràee i votre acte d!'tnei>fi8équem6 , surtout lorsque vous, aviez dan& votre j^ocfae une lettre qfiïi von» av^tisaiil que votre entreprise éts^it désesfc* pérée.

*- Oui, oui, je savais qœ voua me diriez eela, répondit Mareaehal ; mais ^ d'abord^ mon ami , Niiiil Nameiees et sa lettre > tout cela peut fort bien n'être qu'un conte, et d'un autre côté jesuâi bien aise que vous saefaiezr que je suis la» d'un parti ^i ne fût autre chose que prendre le soir des résolutions hardies, et qutle^ oublie en cuvant son vin pendant la nuit. Dans ce moment le gouvernement est dépourvu d'hommes et de numitions, en quelques semaines il aura abondamment tout ce qui lui sera nécessaire. Présentement il a tout le pays contre lui, dans quelques semaines , soit intérêt personnel , soit crainte , soit timide inififl^ rence , cette première ferveur sera aussi froide que Noël ; ainsi ^ comme fêtais bien déterminé à faire le saut périi)eu:s, f ai eu sois de vous entraîner dans ma chute. Vous voilà complètement enfoncés dans le bourbier , et il faudra bien que vous cherchiez à en sortir.

— Vous vous trompez à l'égard de l'un de. nous, monsieur Mareschal, >» dît sir Frédéric ; puis tirant le cordon de la sonnette , il pria la personne qui entra de dire à ses gens de se tenir prêts à partir avec les chevaux.

— Il ne faut pas que vous nous quittiez , sir Frédéric , dit Ellieslaw, nous avons notre revue à passer.

— Je partirai ce soir , monsieur Vère , dit sir Frédéric , et je vous écrirai mes intentions lorsque je serai arrivé chez moi.

— Oui , dit Marescbal 5 et vous les enverrez de Carlisle par un escadron d^ cavalerie pour nous faire prisonniers ? Ecoutez , sir Frédéric, pour ma part je ne veux être ni abandonné ni trahi, et si vous quittez le château d'EUieslaw ce soir y ce [no sera qu'en passant sur mon cadavre.

— Allons donc , Marescbal , dit M. Vère , pourquoi être aussi facile à donner une fausse interprétation aux sentiments de notre ami ? Je suis sûr que sir Frédéric n'a fait que plaisanter ; car , en supposant qu'il fût assez peu homme d'honneur pour songer à déserter notre cause , il ne saurait oublier que nous avons des preuves évidentes de son adhésion y et de l'activité avec laquelle il a favorisé nos projets. Il ne peut non plus se dissimuler que la première information sera accueillie avee aTidité par le gouver-

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