‹ LE NAIN NOIRChapitre 56 sur 99 · SURPRISE · texte numérisé non relu

SURPRISE

Ceci n^a pas Pair d^une noce.

SHAUTBàBB. Beimeovp de bruit pour rien*

La chapetle qui était dans le cbflteau d'ElUeslaw était un bâtiment beaucoup plus ancien que le château lui-même, quoique la construction de celui^i remontât à une haute antiquité. Avant que les guerres entre l'Angleterre et l'Ecosse fussent devenues si fréquentes et si longues, que les bâtiments qui se trouvaien t des deux edtés de la frontière fussent destinés à des forteresses, il s'était formé un petit établissement de moines à ElUe^aw , dépendant , à ce que croient les antiquaires , de la riche abbaye de

iM LE NAIN NOIR.

Jedburgh. Leurs possessions avaient depuis long-temps subi tous les changements occasionnés par les guerres et les ravages de l'un et de l'autre parti. Un château féodal s'était élevé sur les ruines de leurs cellules , et la chapelle avait été renfermée dans son enceinte.

L'édiGce , par ses arches arrondies et ses piliers massifs , dont la simplicité reportait leur, date à ce que l'on a appelé l'architecture gothique, présentait dans tous les temps un aspect sombre et lugubre, et il avait souvent servi de sépulture à la famille des lords féodaux, comme autrefois aux religieux de la communauté. Mais cet aspect était maintenant rendu doublement sombre par l'effet d'un petit nombre de torches qu'on y avait placées , pour Véclairer dans la circonstance présente, et qui, répandant un éclat de lumière jaunâtre autour d'elles, étaient entourées un peu plus loin par une haie rouge pourpré , produit par leur propre fumée, et encore au delà p^r une zone d'obscurité qui agrandissait l'étendue de la chapelle , en sorte qu'il était impossible d'en distingaer les limites. Des ornements choisis sans goût par une occasion semblable ne faisaient qu'ajouter à la tristesse de ce lieu. De vieux lambeaux de tapisserie , arrachés aux murailles d'autres appartements, avaient été disposés à la hâte dans diverses parties de la chapelle , autour de ceux qu'elle avait déjà , et se mêlaient d'une manière ridicule avec les écussons et les emblèmes funéraires. De chaque côté de Tautel, qui était en pierre , on voyait un monument, qui formait avec la cérémonie qui devait avoir lieu un contraste non moins étrange. Sur l'un était la statue en pierre de quelque ermite , ou moine , à mine refrognée , qui était mort en odeur de sainteté ; il était représenté ayant le corps penché, revêtu de son scapulaire , et la tête couverte de son capuce , le visage tourné vers le ciel, dans une attitude de dévotion, et les mains jointes , tenant un chapelet. De l'autre côté était un tombeau , dans le goût italien , du plus beau marbre statuaire et regardé comme un chef-d'œuvre de l'art moderne. Il avait été élevé à la mémoire de la mère d'Isabelle , feu mistress Vère d'Ellieslaw , qui était représentée dans la posture d'une personne mourante, tandis qu'un chérubin en pleurs, et détournant les yeux, paraissait éteindre une lampe, comme emblème d'une prompte dissolution. C'était, il est vrai , un chef-d'œuvre de l'art, mais déplacé sous la voûte grossière où on ^l'avait relégué. Plusieurs personnes étaient surprises , et se trouvaient même scandalisées

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