‹ LE NAIN NOIRChapitre 60 sur 99 · CHAPITRE XVUI. |f · texte numérisé non relu

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ment qu'il avait donné ordre de construire sur le tombeau de votre mère. À cette époque, M. Ratcliffe m'avait fait l'honneur de s'établir dans ma maison et eut la complaisance de l'introduire secrètement à la chapelle. Il en résulta, ainsi qu'il me l'a raconté depuis ,, une sorte de frénésie qui dura plusieurs heures, pendant lesquelles il s'enfuit dans les lieux marécageux ou couverts de bruyères^ et les plus sauvages, au sein desquels il trouva à propos^ après qu'il eut un peu recouvré ses sens, de fixer sa demeure et de se donner pour un empirique de campagne , rôle que , dans ses jours de prospérité, il s'était souvent plû à jouer. Il est à remarquer que M. Ratcliffe, au lieu de m'informer de cette circonstance et me mettre à même de prendre du parent de ma défunte épouse les soins qu'exigeait sa malheureuse position , eut la coupable faiblesse d'entrer dans ses vues extravagantes et de lui promettre , môme sous serment , de n'en point parler. Il fit de fréquentes visites à sir Edouard et l'aida dans l'étrange projet qu'il avait formé de se construire un .ermitage. Il parait qu'ils ne redoutaient rien tant que la découverte des rapports qu'ils avaient entre eux.

« Le terrain était ouvert dans tous les sens autour de la hutte , et un petit caveau, que, dans leurs recherches, ils avaient dé-^ couvert près de la colonne de granit , probablement un lieu de sépulture , servait à cacher Batcliffe à l'approche de quelque étranger. Il est également à remarquer que , tandis que je croyais que mon malheureux ami était dans le couvant des moines de la Trappe , il vivait depuis plusieurs mois à environ cinq milles de ma maison , sous ce bizarre déguisement , et était régulièrement instruit de mes mouvements les plus secrets , par le moyen de RatclifiTe, de Westbumflat ou d'autres, qu'il avait d'amples moyens de suborner. Il me fait un crime d'avoir cherché à vous faire épouser sir Frédéric. Je croyais ne pouvoir faire mieux; mais, si sir Edouard Mauley pensait autrement , pourquoi ne pas se [H-ésenter hardiment , déclarer son intention de contribuer à la constitution de votre dot, et réclamer l'exercice des droits que lui donnait votre qualité d'héritière de sa grande fortune ?

u Même à présent, malgré la lenteur que votre bizarre et inconsidéré parent a mise à faire connaître cette intention , je suis loin d'opposé mon autorité à ses désirs, quoique la personne qu'il veut que vous regardiez comme yotre futur époux soit le jeune Eamscliff , de tous les hommes du monde le dernier auquel j'au-

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rais cru probable qu'il eût jamais pensé ^ d'après certain événement funeste qui eut lieu dans le temps. Mais fy donne Tcdontiers mon consentement , pourvu que les clauses du contrat soient stipulées en termes tellement irrévocables , que ma Qlle soit à Tabri de se trouver dans cet état de d^endance et de suppression de revenus dont j'ai tant de raison de me plaindre. Quant à sir Frédéric Langley, je pense que vous n'en entendrez jamais plus parler ; il n'est pas homme à venir réclamer la main d'une personne qui ne lui apporte point de dot. 3è vous confie donc , ma chère IsabeHe, à la sagesse de la Providence et à votre propre prudence, me contentant de vous engager A ne pas perdre de tenaps à vous assurer des avantages dont le caractère inconstant de votre parent m'a dépouillé pour les foire rejaillir sur vous.

« M. Ratciiffe m'a bit part que sir Edouard avait rintention de m'assurer une somme annuelle considérable, pendant mon séjour ' dans l'étranger; mais je suis trop fier pour accepter la moindre chose de lui. Je lui ai dit que j'avais une fille chérie , qui , tant qu'elle ^rait dans l'opulence , ne souflrirait pas que son père vécût dans la pauvreté; et j'ai cru devoir en même temps lui foire entendre bien clairement que , quelle que tût la dot qu'il se proposait de vous donner , il devait foire entrer dans son ealeul une dépense aussi nécessaire et aussi naturelle. Je vous assurerais même très-volontiers le château et le domaine d'ElIieslaw, pour vous prouver mon affection paternelle et mon désir désintéressé de favoriser votre établissement dans le monde. L'intérêt annuel des hypothèques dont ce bien est chargé en excède un peu le revenu , quoiqu'on l'ait d^à soumis à une rente assez forte ; mais comme toutes ces hypothèques sont au nom de M. Ratciiffe , en qualité de curateur de votre parent , vous n'aurez pas en lui un créancier bien exigeant . Et , à cette occasion , je dois vous dire que , bien que j'aie à me i^aindre de la conduite de M. Ratciiffe envers moi personnellement , je le crois néanmoins un homme juste et probe , que vous pouvez consulter en toute sûreté dans vos affaires ; et en vous conformant à ses avis vous êtes toujours sûre de conserver la bienveillance de sir Edouard. Rappelez-moi au souvenir de Marchie... j'espère que nos dernières aflfoires ne lui feront éprouver aucun désagrément. Je vous écrirai plus longuement lorsque je serai arrivé sur le confinent. En attendant , croyez-^oi toujours votre tendre père ,

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