‹ LE NAIN NOIRChapitre 7 sur 99 · CHAPITRE II. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. S

A répoqae à laquelle commepoe notre histoire, ceux des jeunes gens qui avaient l'âme plus élevée que les autres attendaient , avec plus d'espérance que de crainte , l'occasira d'imiter les exploits militaires de leurs pères, dont le récit faisait le principal sujet de leurs entretiens particuliers. La publication de V^écie de êéeutité Écossais avait jeté l'alarme parmi les Anglais, parce qu'il semblait présager une séparation entre les deux royaumes après la mort de la reine Anne , souveraine régnante. Ckxiolphin, alors à la tête de l'administration anglaise, prévit que le seul moyen d'éviter l'extrémité i laquelle il était probable que Ton serait. ex* posé , celle d'une guerre civile , c'était de parvenir à l'incorporation des deux royaumes. Comment ce traité fut conduit , combien peu il parut , pendant quelque temps , bire espérer les résultats avantageux qull ar produits depuis à un degré aussi éminrat, c'est ce qu'on peut voir en Usant l'histoire de cette époque. II nous suffira , dans l'objet qui nous occupe , de dire que toute l'Ecosse fut indignée en apprenant les conditions auxquelles la législature avait sacrifié son indépendance nationale. Le ressentiment général produisit les ligues les plus étranges , les projets les plus extravagants. Les Caméroniens même parlaient de prendre les armes pour le rétablissement des Stuarts, qu'ils regardaient avec raison comme leurs oppresseurs , et les intrigues de cette époque présentaient l'étrange spectacle de papistes, d'épis* copaux et de presbytériens , cabalant entre eux contre le gouvernàneht anglais, tous animés d'un même sentiment, celui de croire que leur pays était la victime de l'injustice. La fermentation était universelle ; et , comme en général la population de TÉcosse avait été élevée au maniement des armes , par suite de l'acte de sécu^ rite , elle se trouvait passablement préparée à la guerre , et n'attendait plus qu'à voir quelques monbres de la noblesse se déclarer , pour se montrer ouvertement en état d'hostilité. C'est à cette époque de confusion générale que commence notre histoire.

Le cleugh, ou ravin sauvage, jusqu'au seuil duquel HobbieEIliot avait poursuivi le gibier, était déjà loin derrière lui, et il était déjà fort avancé dans la route qui le ramenait à son habitation , lorsque la nuit commença à Tenvelopper. Cette circonstance aurait été fort indifierente^ poyr l'expérimenté chasseur, qui aurait parcouru les yeux bandés chaque pouce de terrain dans des bruyères qui lui étaient si bien connues , si elle n'eût pas eu lieu près d'un endroit qui , selon les traditions du pays, était en fort

M L£ NÀiK mmi.

iMKitaMe ré^tatkm^ en m ifu'ott te croyait teHiéAtre d%pparitkms (MiroaluFetles. Hobl»e , dms 8oh «afmce ^ aviÀC prêté tiM^ or«iile^ aUantive A des récits de «ette espèce , ^ connue aucme Mtre partie du p«7« ne fèumîssaiC une wasi i^aade irttrîété é^ Mgefidea , il n*y avait persoBoe qoi Ittt aonri ppdfimdéttmit venê dans la cMiiaiaaattcede toutes ces étoniiaiitea men^aMtes <fm t*é** tait Hobbie de Heagh-^Foot ^, car c'est aioai <^on avait aameo»!^ QOtre brave j&me homme , poar le distîogâer d'âne douzaine d'autres ISBiot qui avatmt le mésaie prénom. Il n'ent donc pas be^ sein de faire de grancto eCforts pour rappeler A ea mémc^re lea épouvantables incidents qui se liaient avec la vaste étendue de teiv rain inculte qu'il allait puMsonrir; et dans le fait ils se patraoè* rent avec tme promptitude qui fit mMre entai .un aentiBient vc&* sin de oduÎ4ie la terreiff .

Cette lande solitaire était aiqpelée M ucklestane-Mec» ( HMerre* Wbire }, à cause d'une émarme eolcmne de grmit brut qui élevaft sa tête ma8fli¥eaw uoe^émînance située à peu p^ès au centre de la bniy^e, pent-^IMre pour indiquer f endroit où de vaiU»ts gae^ riers reposai^it en paix, ou pour ecmserver le souvenir de quelque combat sanglant. Au reste, la v^itable cause de son érectiM était oubliée , et la tracfition^ souvent aussi prompte à inventer «me fiction que soigneuse à conserver une vérité, avait pourvu A eon remplacement an moyen d'une légende^upf^mentaire, fruit de sa propre imagânation , qui se présenta tout A coup A la mé^ moire de HoM)ie. Le terrain autour de la ccrionne était jonché ou plutôt encombré de plusieurs gros fragments du même granit » qui, d'après leur forme et la manière dont ils étaient dispersés sur la bruyère , étaient popolairement appelés les Oies-Grises de Mucklestane-Moor.

La légende donnait Texplication de cette forme et de ce nom dans le récit qu'elle faisait de la catastrophe arrivée à une fameuse et formidable sorcière qui fréquentait jadis ces pays montagneux, faisant avorter les brebis et les vaches , et commettant tous les actes de méchanceté que l'on attribue à ces êtres maifaifaisants. C'était sur cette bruyère qu'elle avait coutume de tenir ses assemblées diaboliques avec ses sceurs en sorcellerie. On montrait encore des cercles tracés, en dedansde la circonférence desquels jamais ne croissait gazon ni bruyère ; le sol était pour ainsi dire calciné paries pieds brûlants de leurs associés infernaux.

Un jour, dit-on, cette sorcière eut à travers^ ces landes, chaa-

cHAnme it. m

fsuAémnÊi^aiè m troupeni d'oies (ja'elle se propostH de tendre aHu toge uee meM à aae foire yeMne ^ eer on sait fort Meii^«eie AaMe , ^piekpie lAénl 4|«11 ee «Biitre dans sa disIrilNitkMi des pwiW H H de faine te «id, estasseepen généreux pour lainer ses afié» daasia p éce a slt é de sfooesper des travwiK ttéaie tas ftas lib afta de pwirroir * leor ealiBtstaaeo. Le joar était très'^tancé» ATespoff ^'éHe amit d^eMenir vtn bon pn% de ses tiies dé pc B*dailde flim arrlfée è la foire atant qiii ee flikt. Mais les oîes,^ jii9iIi/&«eflioiiieiit levaient précédée dans «m assez bon ordre, n'eurent pas plus tôt atteint ee tnirte co^mnnd «nireooupé d'espaces narécageus et de flaques d^eM, yfelles se disp er sèr en t de toan4)(Mé8 pour se plonger dans leur élément favori. Irritée de FdbcAiBation ayec laquelie olies résistaient à tons les eibrts qu*i^ fÉs»t pour les rassembler , et ne se soutenant pas des (eraMs préd» du «entrât par lequel le malin esprit s*était oMigé à obéir à ses ordres pendant un certain «Bpaœ de temps, la sorcière tf^ mat« BiaUe, que je'ne sorte plus de «es lieux , ni mes oies ni moil » <îes paroles ne furent pas plutôt prononcées que, par une fflétamorpboseaussi soudaine qu'aocune de celles dont il est fait mentioB dans Ovide, la scnrcière et son troupeau récalcitrant ftH rent c Siangé s en piènres; Tange qu^elle servait, étant un rigoi>reux obsenrateur des formes , ayait saisi avec avidité l'occasion dVipérer la ruine ccHoptète de son corps et de son ftme, en obéissant littéralement à ses ordres. On dit que lorsqu'elle eut la perception et le sentiment de la transformation qui allait avoir lieu , eDe adressa ces paroles au démon perfide : « Ah ! double trattre ! depuis long-tenips tu me promettais une robe grise, et mainte* nant j'en revêts une qui durera à jamais. » Les dimensions de la colonne et là grosseur des pierres étaient souvent citées comme preuves de la taille et de la grosseur extraordinaire des vieilles femmes et des oies dans les temps anciens, par ces louangeurs éa temps passée qui se {disaient à maintenir l'opinion d'une dégénération graduelle dans le genre humain.

Tous ces détails se présentèrent à l'esprit de Hobbie à mesure qu'il traversait oet endroit sauvage. Il se rappela aussi que depuis la castastrophe tout ôtre humain avait évité d'y passer, du moins à la nuit tombante, parce qu'on regardait ce lieu comme le re* paire ordinaire des kelpys, ou gpwulsys et autres démons^ qui avaient été autrefois les compagnons des assemblées diaboliques tenues par la sorcière , et qui même encore continuaient de s'y

rendre , comme pour servir leur maîtresse métamorphosée. Le naturel courageux de Hobbie lutta néanmoins avec fermeté coa— tre les sentiments de crainte qui semblaient vouloir s'introduire dans son âme. Il appela auprès de lui les deux gros lévriers qui vivaient partagé avec lui les plaisirs de la chasse, et qui , comme il le disait lui-même, ne craignaient ni chiens ni diables ,- il exa^ mina l'amorce de son fusil , et , comme le paysan bou&bh dans Hallowe'en , il se mit à siffler l'air guerrier de Jock of the side * , de la méine manière qu'un général fait battre- le tambour pour .ranimer le courage chancelant de ses soldats.

Dans cette situation d'esprit , il fut charmé d'entendre quelqu'un derrière lui , qui , d'une voix amicale , se proposait comme compagnon de route. Il ralentit sa marche et fut bientôt rejoint par un jeune homme de sa connaissance , jouissant de quelque fortune dans le pays , et qui , comme lui , venait de se livrer ce joufoli au même genre d'amusement.

Le jeune Eamscliff, du domaine de ce ncnn, avait depuis peu atteint sa majorité et hérité d'une fortune peu considérable, parce qu'elle avait beaucoup souffert à cause de la part que ses parents avaient prise dans les troubles de l'époque. Sa famille était géné^ ralement respectée dans le pays , et il n'y avait pas de doute que le jeune héritier ne maintînt parfaitement cette réputation, vu I41 bonne éducation qu'il avait reçue et les excellentes qualités dont il était doué.

a Certes , Eamscliff, s'écria Hobbie , je suis toujours charmé de rencontrer Votre Honneur quelque part que ce soit, et surtout dans un lieu solitaire comme celui-ci , on est bien aise d'être ctu compagnie. Où avez-vous été chasser aujourd'hui ?

— Jusqu'au Carle's-Cleugb , Hobbie , » répondit Earnscliff en lui rendant son salut. « Mais croyez-vous que nos chiens se maintiennent en paix 7

— Oh ! ne craignez rien de la part des miens , dit Hobbie , ils^ peuvent à peine se tenir sur leurs pattes. Mais, en vérité, je crois que les daims ont fui le pays. J'ai été jusqu'à Inger-Fill-Foot , et du diable si j'ai vu une seule corne , sauf trois jeunes daims sauvages, qui ne m'ont jamais laissé venir à portée de les tirer» quoique j'aie fait un détour d'un mille pour prendre le vent et tout ce qui s'ensuit. Pour mon compte je m'en souciais fort peu ; seulement j'aurais voulu apporter un peu de gibier à ma vieille

I Jâeqvef du G6té. a. m.

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