SCÈNE PREMIÈRE
Le ihéâlre représente une cLamhre gotliiqae dans le cbâleau d'Ebersdorf ; des lances, de à ajrbalèles et d'autres armes, avec des cornes.de' buffle et de .daim, sont suspendues aux murailles. On y voit un antique buffet avec des verres et des bouteilles en grès.
lilJDIGrËR) baron d'Âspen, ek ISABELLE, sa ftiinmej«oat assis auprès d'une
grande table de cbène.
KUD16ER.
Peste soit de ce cheval rouan ! s'il n'était pas tombé avec moi dans le gué je serais maintenant avec mes fils.
Ihsont à peine à trois milles de moi qui se battent avec le comte Roderic, ^t il faut que leur père reste ici comme un manuscrit rongé des vers dans la bibliothèque d'un couvent! Malheur- à moi ! n'est-il pas bien dur pour un guerrier qui a fait tant de lieues pour aller déployer la bannière de la croix sur les murs de Sion, d'être maintenant incapable de lever une lance devant la porte de son propre château?
ISABELLE
Cher époux, votre impatience retarde votre rétablissement.
RUpiGER.
C'est possible, mais votre silence et votre mélancolie y sont aussi pour beaucoup; il y a un mois et plus que je suis condamné à rester là; depuis cette chute maudite il n'y a eu pour moi ni chasse, ni festin, ni tournoi! Et mes fils? George entre ici avec une froideur et une réserve ! comme si ses épaules étaient char-, gées du poids de l'empire, nous demandant par monosyllabes et d'un air froid,. « Comment vous portez-vous? » puis il ya se ren-, fermer tout . seul dans sa chambre pendant des jours entiers. Au moins Henri, mon jovial Henri...
294 LA MAISON D*ASP£N.
ISABELLE
Assurément lui^ du moias. . .
RUDIGER
Lui aaaif m'ab^dOnnÀ, et plus prôlnpt que nScliir, H gravit Tescalierde In toup p6tfr aller j^dr&véttt» hellé j^ifie mir les remparts. Je ne puis pas le blâmer; car, foi de chevalier, si j'étais i sa place, il me semble qu'en dépit de mes ccmtusions et de mes os brisés, j'aurais de la peine à ne pas la suivre. Mais après tOQt, il n'en faut^pas moins que je reste ici tout seul.
ISABELLE
Non pas. tout seul, cher époux. Le ciel sait ce que je voudrais faire pour adoucir l'ennui de votre captivité.
KtJDtCER.
Ne me dites pas cela^ madame. Lorsque je te connus d'abord, Isabelle, la bdle 611e d'Amheim, la joie de ses compagnes, elle portait la vie partout où elle se montrait. Ton père te fit épouser Arnolf d'Ebersdorf, un peu contre ta Volonté, il est vrai; (eiiese» cue le visage]-, allous, pardoune-moi, babelle, tout cela est maintenant passé; il mourut, et nos liens que ton mariage avait rompus Ée renouvelèrent ; mais mon Isabelle ne retrouva pas avec eux sa sérénité et sa gaieté.
ISABELLE pleurâdt.
Rudiger, moti bien aimé, tu pénètres dans tes reirfis démon âme! pourqum rappeler des temps passés, des jours de printemps qui ne peuvent jamais rénaître? Ne t'aimais-je pas plus que femme n'aima jamais son mari?
RUDIGER, lui tentai tes bras et rembfassaiit.
Et c'est pourquoi tu seras toujours mon Isabelte chérie. Nais dis-moi, n'est-il pas vrai? ta gaieté ne s'est-elle pas évanouie depuis que tu es devenue dame d'Aspen? ne te repens-lu pas de ton amour pour Rudiger ? -
ISABELLE
Ah, non! jamais! jamais !
RtfDIGBR.
Eh bien donc, pourquoi t'entoorer de mohies el de prêtres et laisser ton vfeuit chevalier tout seul, quand peur la première fbis de sa vie orageuse H a pu se reposer pendattC plusieurs semaines dans renceinte èê soit château? As^tu commis un aimàoni I^oùf de Rudiger ne puisse i'absKyiidrè.