LA MAISON I/A^BK. SMT
ISABBIXE.
0^! trop grand ! trop grand !
R17DIGER.
Eh bien, qae ee baiser te serve de pénitence. Maïs di»-nioi, Isabelle, n'as-tu pas fondé un couvent^ et ne Tas^tu pas doté des molleurefl^ terres de ton premier époux? et même d'une vigne qoe f aiH*ais su ap{>récier tout aussi bien que ces bons moines. Ne £ûs-ta piâ distribuer tous les jours des aumônes à vingt pèlerins? Ne £ais^tu pas cbanter chaque nuit dix messes pour te repos de Fàme de feu ton mari.
Elle ne peut en avoir.
RUDIGER
En cecas, que la paix de Dieu soit avec Arnolf d'Ebersdorf ! son nom te rend toujours triste, quoique tant d'années se soient écoulées depuis sa mort.
ISABELLE
. Mais k présent, cb^ époux, n'ai-je pas de trop justes sujets d'inquiétude ? Henri et George, nos fils bien-aimés , ne sont-ils pas en œ moment même engagés dans un combat, dont nous ne pouvons prévoir l'issue, avec notre ennemi héréditaire, le comte Hoderic de Mattingen.
RUDIGER
Yoilà précisément en quoi cmsiste la différence : tu t'aiSiges de les savoir en danger, et moi de ne pouvoir te partager avec eux. Mais, j'entends les pieds des chevaux sur le pont^levis, regarde par la fenêtre, Isabelle.
ISABELI^ èkfenétro.
C'est Wiekofd^ votre éeuyear.
RUDIGER
Alors nous allons avoir des nouveBes de George et de Henri. cwtciLenieiitr».)&ibira, Wiekerd, en ête»-vous éé^k venus aux eoups.
WICKERD.
Pas enotMre, noUe mre.
RUDIGER
Pas encore? honte à tnes fils de tant tarder ! qu'attendent^ls donc!
WICKERD.
L'ennemi est dans une position trop forte, sire chevalier; il
est à WolCshill, près des ruines de Griefenhaus ; c'est pourquoi votre noble Qls George d'Aspen vous salue, et requiert de vous vingt hommes d'armes de plus^ et avec ce renfort, il espère^ avec Taide de saint Théodore, vous envoyer la nouvelle de la vietoire.
RUDIGER essaie brusquement de se lever.
Sellez mon barbe noir, j'en prendrai le commandement. ( Il te rassied. ) Quc la pcstc étouffc cc maudit cheval rouan ! j'avais oublié ma chute. Appelez Reynold, Wickerd, et dites*lui de prendre tous ceux dont il peut se passer pour la défense du château ; puis emmenez avec vous mon barbe noir, et dites à George de le monter pour charger Fennemi. (Wickerd sort.) Maintenant, vois, Isabelle, si je néglige la sûreté de mon fils ; je lui envoie le meilleur cheval que chevalier ait jamais monté. Quand nous étions devant Ascalon , j'avais à la vérité un beau cheval bai persan , mais tu ne m'écoutes pas. . .
ISABELLE
Pardon, cher époux, mais nos fils sont en danger, ne porteront-ils pas la peine de nos fautes? Dans leur situation actuelle...
RUDIGER
Leur situation , je la connais bien , ils occupent un champ de bataille aussi favorable qu'aucun de ceuxque j'aie jamais parcourus. (Il trace des lignes sur la table.) Ici SOUt lOS rulûeS de YSLÙCm
chftteau de Griefenhaus, ici le Wolfshill, et là le marais à droite.
ISABELLE
Le marais de Griefenhaus.
RUDIGER
Nos enfants doivent le traverser.
Le traverser ! (^t part.) Ciel vengeur, ta main est sur nous.
(Elle sort à b h&te.) RUDIGER.
Eh bien, où cpurs-tu donc? La voiUi partie, cela finit toujours, par là. (Peler entre.) Aidc-mol à marchcr jusqu'à la galerie, que fi puisse les voir à cheval.
(Il sorti appuyé sur Peler.)