SCÈNE II
Le théâtre représente l'iatériear de la cour d'Ebersdorf , c'est un carré enrironné de ]>Atiments gothiques ; des soldats et des partisans de Rudiger paHent à la U&te, comme se prëparant & une excursion.
WICKERD.
Allons âonô, Reynold, Reynold, par Notre-Dame, Tesprit des sept dormeurs s'est emparé de lui -, pas encore à cheval, Reynold.
REYNOLD entre.
*" Me voici, me voici. Que le diable t'étoufiTe avec tes cris, croistu que le vieux Reynold ne soit pas aussi disposé que toi pour une escarmouche ?
WICKERD.
Je voulais plaisanter, Reynold. Mais, par ma foi, ce serait une honte que nos jeunes gens en fussent venus aux mains avec le coaite Roderic, avant que nous autres barbes grises fussions arrivés.
REYNOLD
Que le ciel nous en préserve ! nos hommes sellent leurs chevaux, encore cinq minutes et nous serons prêts; alors, que le comte Roderic se tienne ferme.
WICKERD.
Peste soit de lui ! il a toujours serré de près notre noble maître .
REYNOLD
Surtout depuis qu'on lui a refusé la main de la nièce de notre maltresse, la belle lady Gertrude.
WICKERD.
Oui-da, ma foi ! fallait-il au renard de Maltingen un morceau aussi friand que le charmant agneau de notre jeune baron Henri. Par ma foi, Reynold, quand je regarde ces deux amants, ils me rajeunissent de vingt ans, et quand je rencontre l'homme qui aurait voulu les séparer... je ne dis rien, mais qu'il prenne garde à lui.
REYNOLD
Et comment se trouvât nos jeunes lords?
WICKERD.
Tous deux fort bien dans leur genre -, le baron George froid et sévère suivant son habitude, et son frère aussi gai que jamais.
LA MAISON D*ASPf:]|l.
Oh I parle-jnoi dooc du baron Henri.
WiCKSRD.
Et cependant George t'a sauvé la vie.
C'est ^n^i, maift avec autant d'iadifléreBee^i|iies*U a?ait tiré un iBairon 4u feoy tandis que le baron Henri pleurait sur mes dangers et sur mes blessures. C'est pourquoi ma vie appartieati George, mais tout mon attachement 6St pour Henri.
WIGSJOLD.
Le baron Gecafe montre s<»i humeur sonibre jusque dans le choix d'un favori.
Oui, dans eeluî qu'il fit de Martin , jadis écoy^ d'Âmolf <l'Ébersdorf,le premier maii de sa mère. Je m'étonne qu*3 o'^it , pas 1H1 choisir un éeuyer parmi lés fidèles serviteurs de aon (figue père, qu'Arnolf et ses partisans haïssaient autant que le âiaUe hait l'eau bénite. Mais Martin e^ bon soldat^ et il a sootena de pied ferme te ehoa de plus d*un rude combat, aux côtés de George.
WIGKERI).
Le drôle est assez solide, mais il est si rechigné ! J'ai remarqué, trère Reynold, que lorsque Martin montrait sa figure fâcheuse dans un banquet, notre noble maîtresse laissait tomber la coupe «qu'elle pc»*tâit à ses lèvres, et quede sombres nuages remplaçaient son sourire, comme si le chagrin devait se communiquer à la ronde, de même que le baiser qui est le signe de l'amitié et de la faveur.
REYNOLD
Sa présence lui ra^^elle son premier mari, et tu sais bien que ce souvenir rattriste toujours.
WlCKERDi
Faut-il s'en étonner? elle fut mariée à Arnold pour ainsi dire par force , et l'on dit qu'avant sa mort il la força à s'engager par serment à ne jamais épouser Rudiger. Les prêtres ne veulentT)as l'absoudre pour la violation de ce voeu, et c'est ce qui trouble son esprit; car vois-tu, Reynold...
(Oo cnteod le son du cor.) REYNOLD.
Trêve à tes discours, à cheval, et que Dieu bénisse nos armes.
VfWÊiWb.
QMsiiat (S«orge intercède pour noos.