‹ LE NAIN NOIRChapitre 96 sur 99 · UN JUGE · texte numérisé non relu

UN JUGE

Martin est mort entre les mains de nos frères.

RODERIC

Connais-tu l'accusateur , châtelaine ?

ISABELLE se ranimant.

Que la nature qui succombe pendant cet affreux jugement iae

hk MAISOU ITèSPEH. Sfet

passe pas ici poar la conscient A» crime. — Je connais l'accusa* teur ; il est proscrit pour homkidB et ao bim ée i^raipire , et son témoignage ne peut être reçn.

UN VIEUX JIPBB.

Elle a raison.

Alors je te somme toi et William de Wol&tein de rendre témoignage de ce que vous savez.

itoNEmia

Wolfet^in n'est {M» présent , et ma place ml'eBipéehe de dépo* ser comme témoin.

BEUTRAM.

Alors j'en appellerai un autre. En attendant, que l'accusé soit éloignée.

RODERIC

Retirez-vous , madame.

(On eondirît ItahcMe à Ta sacristie.) ISABELLE en sorfast.

La terre est humide et glissante; INeu ! elle est featgnée de sang f

BODERIC à part à Ber^.rain.

Qui veux-tu appeler ?

(Btvtrana lui parle toat hm.) RODERIC.

Geei me passes. ( Api^ un mmaam de fltfflivion. ) Mais, soit ! Maltingea verra Aspeu hamilié dans la poussif. (Bmt.) Mes frères , l'aeca-sateur demande un témoin qui est resté dehors. On va l'admettre.

(ToDs se coavreat le visage).

rRudiger entre les yeu& bandes, appaye sur deax juges : on lui donne un tabouret, et on

lui aie son bandeau-.)

RODERHT.

Sai9-tu oà tu es , et devant qui ?

RUDIGER

Je ngnore, et m'en inquiète peu. Deux étrangers m'ont sommé de quitter mon château pour aider, m'ont-ils d:t, à un-grand acte de justice. Je suis monté dans la litière qu'ils avaient amenée , et me voici.

ROnERIG.

C'est pour coopérer au châtiment du parjure, et à la découverte d'un meurtre. Es-tu disposé à nous prêter ton appui ?

RUDIGER

Très-volontiers , comme mon devoir m'y oblige.

a» LA MAISON D*il$PÉN.

RODBRIG.

Et si ce crioie était celai d'un ami ?

RUDIGEB.

n cesserait dès-lors de Tdtre.

RODERIC

S'il avait été commis par ton propre sang?

RUDIGER

Je le répandrais avec le poignard.

RODBRIG.

Alors tu ne pourrais nous blâmer de cet acte de justice. Enlevez le drap mortuaire.

(Le drap est àié, et laitte voir le corps sanglant de George : Rndiger s'en approclie en

cbanceiaol.)

RUDIGER

George, mon fils George ! et tu n'as pas péri de la mort glorieuse des batailles , mais tu es tombé sous le poignard d'assassins judiciaires I O mon fils bien aimé ! tu seras l'objet éternel de mes regrets ; mais ce n'est pas ici le moment de m'y abandonner. Je ne verserai .pas une larme sur ta mort que je n'aie d'abord vengé ta gloire. Ecoutez-moi , assassins nocturnes : il était innocent et droit comme la vérité elle-môme. Que celui qui oserait le nier ramasse ce gage ! Si le Tout-Puissant ne rend pas à ces membres vieillis la force nécessaire pour soutenir la cause d'un père, il me reste un autre fils qui vengera l'honneur de la maison d'Aspen , ou qui joindra sa dépouille sanglante à celle de son frère.

RODERIC

. Homme audacieux et insensé , écoute-s-en d'abord la cause ! apprends le déshonneur de ta maison.

ISABELLE , de la sacristie.

Non , jamais il ne l'apprendra , que celle qui en fut l'auteur n'ait cessé d'exister.

(Radigcr cbcrcbe à s'élancer vera la sacristie, on l'en empêche . Isabelle entre blessée et se jette sur le corps de George.)

ISABELLE

Assassiné pour moi ! pour moi ! oh mon fils ! mon cher fils!

RUDIGER j qu'on relient toujours.

Lâchei scélérats ! laissez-moi ^ Maltingen^ voilà de tes œuvres; t» peux déguiser tes traits , mais non tes actions. Je te défie immédiatement au combat à mort.

ISABELLE , levant les yeux.

Oh ! non , non ! n'expose pas ta vie pour moi ! c'est moi , moi-

LA HAISOT D*ASP£N. 5»3

même.. . Je n'ai pu supporter la pensée que tu l'apprendrais.

(EU« meurt.) RUDIGER.

Oh ! laissez-moi , laissez-moi seulement essayer d'arrôter son sang , et je pardonnerai tout.

RODERIG.

Entrainez-le , et gardez-le à vue. Les accents de la plainte ne doivent pas troubler les sévères dâibérations de la justice.

RUDIGER

Tigre de Maltingen ! cette basse vengeance est digne de toi i Les marqu es de la lance de mon fils sont encore sur ton cimier déshonoré ! vengeance sur vous tous !

(On tratne Rudiger à la sacristie.) . RODERIG.

Frères, nous sommes découverts! que doit-il être fait à celui qui a pénétré nos mystères ?

UN VIEUX JUGE

Il faut qu'il devienne un membre de notre ordre, ou qu'il meure.

RODERIG.

Cet homme ne se réunira jamais à nous. Il ne peut pas donner la main à ceux qui les ont teintes du sang de sa femme et de son fils ; c'est pourquoi il doit mourir ! ( murmures dans rasstmLiëe.) Mes frères, je ne m'étonne pas de votre répugnance \ mais cet homme est puissant , il a des amis et des alliés pour soutenir sa cause ; nous sommes perdus ainsi que notre société , si nos lois ne sont exé* cutées ! r les murmures s'afTaibiisscnt. ) D'aillcurs, ue uous sommcs-nous pas engagés par un serment terrible à obéir à ses statuts? ( profond silence) (au Weox juge.) Prcuds lo fcr ct la cordc.

LE VIEUX JUGE

II n'a fait aucun mal-, il a été mon compagnon d'armes, je refuse.

RODERIG à UD autre.

Eh bien ! va , toi , et succède à celui qui a désobéi. Rappelezvous vos serments I

(Le juge prend le poignard, et s'tfloignc d'un pas irrésolu: il regarde dans la sacristie et

reri-:nt. ]

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