‹ Le Naturaliste canadien (volume 2)Chapitre 6 sur 21 · PRINCIPALES DIVISIONS DE L'HISTOIRE NATURELLE · texte numérisé non relu

PRINCIPALES DIVISIONS DE L'HISTOIRE NATURELLE

La seule inspection des êtres qui composent notre globe, a permis de les ranger en trois grands départements, qu'on désigne par le nom de règnes. Les uns, tels que les rocs, les métaux et les pierres sont privés de la vie et n'ont rien de déterminé quant à la forme et à l'étendue, ils constituent le règne minéral, dont l'étude s'appelle minéralogie.

Les autres jouissent tous de la vie, et sont pourvus d'organes appropriés à la conservation et à la reproduction de cette vie, ce sont les a>rps organiques. Mais dans ceuxci la vie se manifeste de deux manières diflTérentes, bien caractérisées. Les uns sont doués de sensibilité et sont suspcetibles de mouvements volontaires, ils composent le

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règne animal ; dont Tétude constitue la zoologie, ' Les antres S3nt insensibles et ne peuvent se mouvoir à volonté, ils forment le règne végétal^ dont Tétude constitue la botanique.

Ainsi donc :

Corps bruts et inorganisés Règne minéral.

I Sensibles et pouvant se mouvoir Kèone animal.

. , ^ ' <i Insensibles et ne pouvant se mouvoir nisés. 1 , ^ ^

(^ à volonté Kèqne végétal.

(4 continuer.}

LE CASTOB.

{Continué de la page 16.)

H n'est pas rare de trouver des cabanes presque complètement désertes Tété ; les familles, aussitôt que les petits sont capables de les suivre, se dispersent souvent dans les ruisseaux voisins, d'où ils ne reviennent qu'à Tautomne, ou lorsque la bourgade se trouve trop peuplée, fondent ailleurs de nouvelles colonies. C'est à peine souvent si deux ou trois familles sont demeurées dans la bourgade pour veiller à la sûreté de la digue.

Les castors se nourrissant de branches de bois tendre, comme le peuplier, le saule, etc. en font de très fortes provisions l'automne, si bien que souvent l'intérieur de leurs cabanes en est presque totalement rempli ; car bien que l'hivei ils entretiennent toujours soigneusement l'ouverture inférieure qui leur donne une sortie sous l'eau, ce n'est guère que forcés par la nécessité qu'ils s'aventurent sur la neige à quelques pieds de leurs demeures.

On nous a montré des branches de peuplier, de plus de huit pouces de diamètre, coupées par ces puissant rongeurs, et la profondeur et la longeur des incisions indiquaient assez de quelle force musculaire sont douées leurs redoutables mâchoires. Cependant, malgré ces armes formidables, le castor n'est guère guerroyeur, il se défend même assez mal lorsqu'il est attaqué, et ses puissantes incisives sont bien plus des outils de travail que des armes de guerre. La femelle

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fe.it de trois à quatre petits, et même quelquefois cinq ou six^ dans le cours de Mai, après quatre mois de gestation.

On préconise la queue da castor comme un met excellent ; elle a, il faut l'avouer, un fumet particulier qui peut plaire beaucoup à ceux qui ne la goûtent pas pour la première fois, mais qui ne convient pas toujours aux débutants ; quant au reste de sa chair, nous l'avons toujours trouvée un peu amère et fort peu agréable ; nous la céderions volontiers aux trappeurs du Nord pour xme côtelette de porc ou un roastbeef de nos étaux.

On a fort vanté dans la vielle médecine le castoreum, qm est une matière onctueuse, odorante, contenue dans de grosses vésicules que les castors ont près de l'anus, et qu'on appelle vulgairement rognons de castor. C'est un anti-spasmodique assez peu puissant et qu'on employait surtout dans les afiéctions nerveuses, mais dont on ne fait guère usage aujourd'hui. Le castor depuis longtemps n'est plus recherché que pour sa fourrure. Cette fourrure, quoique assez grossière à l'état naturel, sera toujours appréciée pour son épais duvet et la qualité de son cuir, qui permettent d'en confectionner des capots que rien ne peut égaler pour leur durée, et comme protection contré nos rudes froids d*hiver.

Les défrichements de la colonisation, mais plus encore l'imprévoyance des chasseurs qui enlevaient jusqu'au dernier couple dans les colonies de castors qu'ils avaient trouvées, ont rendu ce précieux animal assez rare de nos jours ; et il est probable que bientôt on ne le rencontrera plus en Canada que comme reste d'ancienne race disparue, comme il l'est aujourd'hui dans l'Europe centrale, où il ne se trouve guère plus que sur les bords du G-ardon, du Ehône et du Danube, et encore assez rarement.

La chasse au castor se fait ordinairement au moyen de pièges semblables à ceux que l'on emploie pour les renards. Le piège se place au-dessous de la surface de l'eau avec un appas au-dessus. Cet appas consiste en de petites branches de saule ou de peuplier dont les castors sont très friands, qu'on a dépouillées de leur écorce et qu'on a trempés dans une certaine médecine (mot technique des trappeurs) composée de la gomme qu'on retire au printemps

des bourgeons du peuplier baumier (populus balsamifera) à laquelle on ajoute un peu de sucre et de camphre. Souvent aussi le chasseur, trop peu soucieux de l'avenir, pratique uùe trouée au milieu de la digue et se met à Taffût le fusil à la main ; les castors voyant tout à coup l'eau baisser, se montrent aussitôt pour s'enquérir de la cause, et à mesure qu'il s'en montre un, il est aussitôt atteint par le plomb meurtrier ; et c'est ainsi qu'en frappant jusqu'au dernier on est parvenu à les faire disparaître totalement de contrées où ils se montraient très nombreux autrefois.

TJn castor pèse de 25 à 60 livres, ceux de ce dernier poids sont assez rares. Une bonne peau pèse de 1 à 3 livres, et se vend aujourd'hui do GO à 70 centins la livre.

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