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l'animal, le végétal ou le minéral, lui-même, « en personne », à V American Muséum^ au Parc Zoologîque, aux Serres dont j'ai parlé, etc. L'avantage est considérable. Il l'est même d'autant plus que si vous rencontrez en chemin une diflSculté que vous ne savez pas résoudre, vous n'avez, dans ces grandes villes, qu'à aller soumettre le cas aux directeurs de ces institutions scientifiques, aux professeurs des importantes maisons d'enseignement, et autres érudits ou savants, et vous aurez bientôt la solution du problème qui vous embarrassait.
Il faut donc admettre qu'il est r beaucoup plus facile d'être un grand savant et de faire de grandes choses dans le domaine scientifique, si l'on habite des villes comme New- York plutôt que des hameaux comme Tadoussac, pourtant si joli, mais si éloigné des parcs zoologiques, des musées, des spécialistes en entomologie, en malacologie, en erpétologie, etc.
Maintenant, après avoir tant sacrifié aux délices scientifiques de Capoue, il faut se ressouvenir que l'on est en route pour les Bermudes ; il faut surtout monter sur un navire qui y mène. La section suivante de ce récit montrera que c'est là précisément ce qu'à la fin nous avons fait. H.
[A suivre.)
UNE SÉLAGINELLE HYGROMÉTRIQUE (De la Revue horticole^ Marseille.)
Tout récemment, notre collègue M. Daveau (i) a bien voulu attirer mon attention sur un végétal desséché que
(i) M. Daveau, conservateur du Jardin des Plantes de Montpellier,
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l*on verra sous le nom de Rose de Jéricho ou de Semper viva. Un prospectus accompagne la plante et donne sur elle des renseignements tout à fait erronés. En la comparant avec des échantillons d'herbier, nous avons pu, M. Daveau et moi, rapporter ce végétal à une Lycopodiacée, le Selaginella lepidophylla Spring, du Mexique. Il m'a paru intéressant de fournir à ce sujet quelques renseignements sur cette espèce, qui constitue une véritable curiosité botanique, et de montrer en quoi elle diffère de la vraie Rose de Jéricho.
Parmi les plantes assez nombreuses qui se présentent étalées ou refermées, suivant l'état hygrométrique de l'air, il en est deux qui portent le nom de Rose de Jéricho ou Jérose :
1° La Rose de Jéricho vraie est une Crucifère, VAnastatica Hierochumtica Z,., habitant les régions désertiques de l'Ancien Monde, surtout l'Egypte et la Palestine. — C'est une petite plante, ligneuse, bien qu'annuelle, d'une douzaine de centimètres, très rameuse dès la base, et qui, après avoir fructifié, perd ses feuilles et se dessèche en recroquevillant ses rameaux, dont l'ensemble forme une sorte 4e boule. Arrachées et emportées par le vent, ces boules sont récoltées et vendues, car on leur attribue des propriétés étranges, en particulier celle de favoriser l'accouchement Dans l'eau ou dans l'air humide, les rameaux s'étalent de tnouveau pour se refermer dès que l'eau s'évapore.
2° La fausse Rose de Jéricho est une Composée, V Asteriscus pygmœus Coss., qui habite les mêmes régions *€! qui pourrait bien être la vraie Rose de Jéricho des anciens. Ici, ce sont les bractées du petit capitule qui s'abaissent sur le réceptacle dépouillé de ses fruits en le masquant ^complètement, et qui se redressent et s'écartent à la moindre humidité. Ce mouvement est beaucoup plus rapide que celui de VAnastatica.
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On voit que la plante vendue en notre ville, n'ayant aucun rapport avec les précédentes, ne mérite en rien sa. dénomination ; mais elle n'en est pas moins intéressante àobserver. Comme les deux autres, elle se laisse imprégner très facilement par l'humidité atmosphérique, et à plus forte raison par Peau dans laquelle on la plonge, surtout si, comme le recommandent les prospectus, on emploie l'eau bouillante.
A l'état sec, la Sélaginelle a l'aspect d'un petit peloton irrégulièrement arrondi, de 5 à 7 centimètres de haut,, sur 9 à 10 de large et 5 à 6 d'épaisseur, dont la base, un peu conique, est un rhizome avec quelques traces de radicelles ; le reste est formé par une masse de lanières étroites, sèches, aplaties, légèrement ramifiées, se dirigeant de basen haut, puis se recourbant et s'enroulant les unes en face des autres, creusant, par leur involution, une sorte de fente longitudinale au sommet. Ce sont là des frondes, recouvertes complètement par de petites écailles sèches» régulièrement imbriquées (feuilles), donnant l'aspect général d'une petite branche de Thuya. La couleur de la face externe (inférieure) est brun-rougeâtre ; la face interne (supérieure) est plus pâle, un peu verdâtre, mais sans laisser supposer qu'elle deviendra d'un vert intense une fois mouillée. L'odeur, qui est celle de la cannelle, semble être ajoutée artificiellement.
Sous l'influence de l'eau, la plante sèche reprend son aspect primitif. Le meilleur procédé, pour obtenir ce résultat rapidement, est l'emploi de l'eau bouillante que l'on verse au centre de la petite touffe. On peut voir alors la plante s'entr'ouvrir, les frondes s'écarter rapidement,, parfois par saccades, laissant voir au centre d'autres frondes plus petites, encore enroulées en crosse ; puis peu à peu, de la périphérie au centre et de la base de chaque fronde vers l'extrémité, le déroulement se complète, et le petit-
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peloton sec s'est bientôt transformé en une belle fougère aplatie. Tout cela peut être obtenu, mais plus lentement, en plongeant la plante entière, ou même le rhizome seul, dans Peau froide. Dans ce dernier cas, on peut voir l'eau monter peu à peu, par capillarité, de feuille en feuille, le long des branches et imbiber les tissus de proche en proche, par l'extérieur.
Une fois étalée, la Sélaginelle forme une touffe aplatie sans tige, atteignant 25 centimètres de diamètre, constituée par une rosette de frondes vertes foliacées, rayonnant autour d'un point légèrement excentrique, et de plus en plus grandes, à mesure qu'on s'éloigne de ce centre. Les branches les plus externes sont généralement mortes et restent brunes. La face supérieure des frondes est vert foncé ; inférieurement l'axe principal et les rameaux sont, au moins sur la ligne médiane, de couleur brun rouge. Tous les tissus sont gonflés, luisants, la plante a tout à fait l'air d'être vivante et le serait, en effet, d'après plusieurs observateurs ; dans de bonnes conditions, ouverte à l'eau froide, elle pourrait, dit-on, pousser de nouvelles frondes. Il y aurait là un véritable phénomène de reviviscence.
En tout cas, si on conserve la Sélaginelle étalée dans une atmosphère humide, on peut la garder verte, pour ainsi dire indéfiniment ; si on l'arrose, un drainage est nécessaire pour éviter la pourriture.
Si, au contraire, on abandonne la plante à elle-même, elle va se dessécher à nouveau, et l'on peut observer toutes les phases de l'étalement, mais en sens inverse. Le sommet des frondes s'enroule d'abord, formant des zones concentriques de crosses ; puis les parties externes se redressent de plus en plus, se rapprochent, se touchent en masquant les petites frondes. La plante se referme et reprend son aspect de repos.
Ce n'est point ici le lieu de donner avec détails l'ex-
PUBIJCATIONS REÇUES III
plication physiologique de ces phéomènes ; il me suffira de dire qu'il ne peut évidemment s'agir que d'une action purement mécanique, sans rapport avec la biologie. D'une façon générale, le principe est le suivant : une région d'un organe se laisse facilement imbiber par l'eau tandis qu'une région opposée résiste, grâce à la forme ou à la nature de de ses cellules. Donc, quand la dessiccation se produit, la première région diminue de surface ; et quand l'humidité revient, elle se gonfle à nouveau, devenant successivement concave ou convexe. C'est le cas, par exemple, de la face supérieure des frondes de la Sélaginelle ; c'est le cas aussi pour un bourrelet qui se trouve à la base des bractées de VAsteriscus. Il faut admettre en outre une aptitude toute particulière des tissus de ces plantes à absorber et à restituer l'eau.
Pour la Sélaginelle, qui nous intéresse particulièrement, nous avons vu que l'imbibition se fait par l'extérieur de la fronde beaucoup plus vite que par l'intérieur. Il suffit pour le constater^ en effet, d'arrêter l'ascension de l'eau par un petit anneau de paraffine autour de la fronde; celle-ci, plongée dans l'eau par sa base, ne se déroule plus au-dessus de cet anneau.
Dr Louis Pi^anchon,
professeur à VEcole supérieure de Pharmacie de MontpeUier.
PUBLICATIONS REÇUES
— (Field Columbian Museum.) New species of Fishes from tropical Afnerica^ by S. E. Meek. Chicago, 1909.
— (Proc. of the Boston Soc. of N. H.) Flora of the islands of Margarita and CochCy Venezuela, by J. R. Johnston. Boston, 1909.
— Rapport sommaire de la Cmnmission géologique pour Vannée içoj. Ottawa, 1909.
— Report of the Botanical Club oj Canada for igo6-j and 1907-8^ by the General Secretary A. H. MacKay. Ottawa, 1909.
— Proceedings of the Acadewy of Natural Sciences of Philadelphia, Vol LXI, p. I. Philadelphia, 1909.
— (Commission géologique du Canada.) Rapport sur le Bassin hauil' 1er de la rivière Cascade, Alberta. Ottawa, T909. Avec cartes.
Summary Report of the Department of Mines for iço8. Ottawa, 1909, Preliminary Report on Gowganda Mining Division^ Nipissing^ Ontario, Ottawa, 1909.
— (Anales del Museo Nacional de Montevideo. Vol. VII.) Flora Uruguaya. T. IV, Bntrega i. Montevideo, 1909.
Quinze belles planches hors texte font partie de ce fascicule.
— Collège de Suint- Laurent, Année académique içoSoç,
Belle brochure de 128 pages. Très intéressante, rénumération des «Principaux événements de l'année scolaire 1908-09».
— Discours sur le Budget ^ prononcé par l*Hon. W. A. Weir, trésorier delà Province, à l'Assemblée législative de Québec, le 11 mars 1909.
— College of Saint Elizabeth. Couvent Station (near Morristown), New Jersey, U. S. Announcement.
Cet exposé de ce qu'est aux Etats Unis un grand couvent des Sceur» de la Charité, du programme d'étude que l'on y suit, et des conditions matérielles de l'établissement, est d'un vif intérêt.
— (Bulletin of the I.loyd Library. Reproduction Series, No 7.) Life and medical discoveries of Samuel Thomson^ and a history of the Thomsonian Materia medica. (1835.) Cincinnati, 1909.
— (Department of Interior.) Resource Map of the Dominion of Canada, Utiles statistiques, réunies en un petit livret portatif.
— fournal of Education. April 1909. Halifax, 1909.
Brochure de 188 pages, qui donne beaucoup de renseignements sur l'organisation de l'Instruction publique dans la Nouvel le- Ecosse. Connaissant la présence, à la tête de ce système éducationnel, de notre ami le Dr A. -H. MacKay, surintendant de l'Instruction publique, et qui est un naturaliste enthousiaste, nous ne sommes pas surpris de voir l'histoire naturelle recevoir beaucoup d'attention dans les écoles de la Nouvelle- Ecosse La brochure dont nous parlons demande aux instituteurs et aux élèves de se livrer aux observations phénologiques, et signale particulièrement la plante nuisible Senecio facobœa L., et «(The Brown Tail Moth, » Euproctis chrysorrhcea L., avec planche coloriée représentant cet insecte nuisible aux diverses phases de son développement.
— Annuaire du Séminaire de Chicoutimi. Année académique igoSiçoç. Chicoutimi, 1909.
Belle brochure de plus de cent pages, et fort bien imprimée. Nous voyons avec satisfaction la zoologie figurer au programme du coursd'études.
— Transactions of the Canadian Institute. No. i8. Vol. VIII. Part. 3,
LE
Québec, Août 1909
VOL. XXXVI (VOL. XVI DS LA DEUXIEME sâUE) No S
Dipecteup-Ppoppiétaipe : L'abbé V.-A. Huapd