ADDITION À LA FLORE D'AMÉRIQUE
Il s'agit de deux plantes européennes, récemment introduites, que les Frères (des Ecoles chrétiennes) Marie- Victorin et Rolland-Germain, du Collège commercial de Longueuil, ont récoltées dans notre Province, ces dernières années, et qui ne sont mentionnées dans aucune de nos Flores américaines : Provancher, Moyen, Britton, Catalogue de Macoun, etc. Le Dr Fletcher témoigne qu'elles n'ont pas encore été signalées, du moins officiellement, en ce pays.
C'est, d'abord, le Butomus umbellfltus L., de la famille des Alismacées, et dont M. Gaston Bonnier, anteur de la Flore compLèie de la France^ fait une famille distincte, les Butomées. En France, où il est abondant, on l'appelle vulgairement /t?«^ fleuri; le Frère Rolland-Germain, qui a herborisé longtemps en France, Pa reconnu du premier coup d'œil. En voici une brève description :
D'un groupe de feuilles radicales et linéaires, d'un beau vert, sort une hampe de deux à quatre pieds portant 5— Mai 1908.
une ombelle dont les rayons, qui mesurent de trois à quatre pouces, sont terminés par de jolies fleurs rosées. L'enveloppe florale se compose de trois pétales et de trois sépales pétaloïdes. II y a de huit à dix étamines, et les carpelles sont au nombre de six. Les graines sont petites, oblongues et munies dt côtes ou arêtes longitudinales.
Les Révérends Frères ont trouvé cette plante d'abord, en 1905, à Laprairie, sur les battures du fleuve, et, depuis cette époque, à Beauharnois, à Chateauguay, et, comme il arrive souvent, à Longueuil même, au pied du jardin de leur collège qui donne sur le fleuve. Le Frère Olivier, professeur de mathématiques au Mont Saint-Louis, a rencontré aussi le Butome à Valois, sur Tîle de Montréal. Il y a lieu de croire qu'il existe dans les îles de Boucherville. Sa station est la vase des grèves qui sont immergées une partie de l'année. On le trouve associé à Zizania aquaiica L. (la Folle-Avoine), PoUntilla anserina L. (Argentine), Xanihnim Canadense Mill., Sagiitaria variabilis Eng!., Ly copies vitginicus L., Scirpus Amerùanus Pers., divers Jîiucus^ etc.
La seconde des plantes signalées est le Sambucus ebulus L., le Sureau yièble, qui est un Sureau herbacé vivace, se différenciant ainsi radicalement de nos deux Sureaux canadiens : Sambucus Canadensis L. et Sambucus pubens Mich. (S, m^ntana Prov.) On reconnaît facilement le Sureau yièble à ses feuilles consistant en 7-1 1 folioles et à son odeur désagréable. Nos botanistes de Longueuil n'ont rencontré cette plante qu'en un endroit, sur le rebord d'un fossé traversant le chemin dit «r Bord de l'eau » entre Longueuil et Boucherville. Elle est peut-être échappée de quelque ancien jardin ; car elle possède quelques propriétés médicitiales. Le professeur Macoun est d'avis que le Sambucus ebiilus L-, s'il se naturalisait en ce pays, pourrait facilement devenir une plante nuisible.