LA VENTILATION EN HIVER
Le monde commence à comprendre que le surchauffage et l'insuffisante ventilation des appartements est un facteur de grande importance dans la prédisposition de plusieurs à toute espèce de maladies. L'usage de vivre dans des maisons habituellement tenues à une température au-dessus de 70® Farenheit, avec une atmosphère surchargée de gaz délétères, et privée de l'humidité indispensable à la saine condition de la trachée-artère, des bronches et des poumons, rend le corps moins capable de résister aux vicissitudes du chaud et du froid, et constitue une des raisons principales pourquoi dans certaines familles les rhumes, la toux, la grippe sont d'occurrence journalière.
La lourdeur de l'air, produite par la présence de plusieurs personnes dans une même salle, est due, non pas uniquement par la consomption de l'oxygène et l'accumulation du bioxide de carbone, mais encore, en grande partie, à une substance particulière, très corrompue et très dangereuse, appelée «poison des foules. » Ajoutons que des gaz malsains se dégagent de la combustion défectueuse du charbon dans les fournaises et les poêles, ou de l'huile dans d'autres calorifères ; pendant que l'air dans les appartements chauffés à la vapeur est toujours trop sec, à moins qu'on ne se donne la peine de lui rendre l'humidité indispensable.
La vie en de tels appartements est sujette à une dépression générale, aux maux de tête, à l'incapacité de concentrer ses pensées, au caractère maussade. Elle est surtout nuisible aux enfants, qui sont gênés dans leur développement corporel et mental et deviennent sensibles aux maladies du nez, de la gorge et des poumons.
no LE NATURALISTE CANADIEN
En conséquence de nos modes imparfaits de chauffage et de la quantité croissante de l'illumination artificielle, il devient plus essentiel d'aérer les maisons en hiver qu'en été. Au moins une fois par jour faudrait-il laisser l'air frais et pur du dehors entrer et circuler librement dans toutes les chambres. Si on a des châssis à guillotine, il est très facile d'aérer sans danger, même si on n'évacue pas l'appartement. On prend une petite planche large de six pouces ; on la coupe de longueur égale à la largeur du châssis ; on lève le volet inférieur ; on insère la planchette ; on laisse retomber le volet sur celle-ci ; et alors, par l'ouverture supérieure, entre les deux volets s'établit la ventilation sans courant d'air dans la chambre, puisque le courant est dirigé par en haut.
En toute espèce de ventilation, il ne faut jamais oublier que le système idéal est celui qui tout en faisant sortir l'air vicié le remplace immédiatement par de l'air pur. Un feu ouvert de cheminée à l'ancienne façon est ce qu'il y a de mieux. Ensuite viennent les poêles à grande et petite porte. En tous cas, il faut bien se garder de fermer hermétiquement portes et fenêtres et de prendre tous les moyens possibles, comme font tant de gens mal inspirés, pour exclure l'air extérieur et vivre ainsi constamment dans une atmosphère non renouvelée, par conséquent impropre à la respiration et pleine de dangers pour la santé et la vie.