UN TÉNIA DANS UN JAUNE D'ŒUF
Il peut y avoir danger à consommer des œufs crus. Le fait qui vient d'être récemment rapporté, par MM. Razat
TTN TÉNIA DANS UN JAUNE D'cEUF III
et Péju, de la présence d'un ténia bien vivant dans le vitellus d'un œuf de poule, d'ailleurs en parfait état de conservation, en constitue la preuve indéniable. Pour si étrange que cela paraisse, il y a longtemps déjà que l'on connaît l'existence possible d'un tel parasitisme. Sans remonter aux observations des auteurs anciens, d'Aldrovande, de Fabrice d'Aquapendente, de Rieux, de Michau, celles plus récentes de Kiston, de Purkinge, d'Escholz, de Schilling, de Diesing, avaient édifié sur la présence de vers d'espèces particulières dans les œufs des gallinacés.
Pour revenir au cas de MM. Razat et Péju, observé il y a peu de jours, à l'ouverture d'un œuf de poule, très frais d'ailleurs, il s'agissait d'un ver plat, mesurant 5 à 6 centimètres de long, sur 3 à 5 millimètres de large, suivant les régions, à tête petite tétragonale, avec un cou assez long, dont les premiers anneaux étaient courts, tandis que les suivants, plus larges et subquadrangulaires, se montraient imbriqués. Ce parasite, qui était un ténia, présentait des mouvements ondulatoires qui durèrent dix à douze minutes jusqu'à sa mort.
A priori^ ce fait, quoique insolite, n'a rien qui doive surprendre. Les ténias sont en effets assez fréquents chez les gallinacés: on en a signalé dans l'intestin de la poule, du faisan, du dindon, de la pintade. Mais comment explique-t-on qu'ils puissent passer de l'intestin de la poule dans le jaune de son œuf? On doit supposer que le parasite est allé se mettre en contact avec l'ovule après avoir pénétré par l'oviducte, qu'ensuite, tout en poursuivant son développement, il est revenu par cette même voie jusqu'à la chambre coquillière, s'entourant sur son passage d'albumine et de coque.
En l'espèce, l'explication importe peu. Ce qui reste malheureusement bien démontré, c'est que, quelque excep-
tîonnelle qu'elle soit, la transmission du ténia par les œufs crus est parfaitement possible.
{Vulgarisation scientifique,)
BIBLIOGRAPHIE
— J. F. Whiteaves, Bibliography of Canadian Zoology for 1905 ^ exelusive of Entomology^ & Supplement,
— Shninaire de Saiut'Hyaeinthe, Année scolaire 1907-08. Remarqué, dans cet annuaire, un charmant Dialogue sur la première visite de Mgr Guertin, évêque de Manchester, à son Aima Mater,
—(Geological Survey of Canada.) Summary Report on the operations of the Geological Survey for the year 1904. Ottawa, 1905. — Idem for 1906.
7he Falls of Niagara, by J. W. W. Spencer (1905 6)
Rapport sommaire des travaux de la Commission géologique^ pour
— (Field Museum of Natural History.) S. E. Meek, The Zoology oj lakes Amatitlan and Atitlan, Guatemala.
Annual Report of the Director^ for rcoj,
-— The Ontario Naturai. Science Buli*etin : No 4, 1908.
Cette brochure de 132 pages in-8 contient des travaux intéressants sur l'histoire naturelle d'Ontario. Le plus considérable de ces mémoires est une monographie des Cratœgus de cette Province
— Plusieurs Rapports (Nos 949-1017, passim) publiés en 1906, 1907 et 1908, par la Commission géologique du Canada.
— (Field Columbian Museum.) Synopsis of the Fishes of the greai lakes of Nicaragua^ by S. E. Meek, Chicago, 1907.
— Notes on Jresh-water Fishes Jrom Mexico and Central America, by S. E. Meek, Chicago, 1907.
— A Catalogue of the Collection of Mammals in the Field Columbian Museum, by D. G. Elliot. Chicago, 1907. Cette collection compte environ 15,000 spécimens ! pour la plus grande partie, il est vrai, non montés.
LE
Québec, Août 1908
VOL- XXXV (VOU XV DB LA DEUXIEME SERIE) No 8
Dipeoteup-Ppoppiétaipe : L'abbé V.-A. Muapd