LA QUESTION FORESTIÈRE
Nous recevons deux brochures, récemment publiées par le ministère provincial des Terres et Forêts, et contenant quatre discours prononcés à la Convention forestière qui s'est tenue à Montréal au mois de mars dernier. Nous appelons l'attention de nos lecteurs sur ces publications.
La question forestière et celle de la colonisation sont bien de celles qui ont lé plus d'importance en notre Province et à l'heure actuelle. Pour ce qui est spécialement de nos forêts, il faut admettre que nous avons jusqu'ici fait un véritable gaspillage des richesses de notre territoire. Il n'est que temps, si nous voulons sauver quelque chose de ce trésor national et même garder quelques réserves pour les besoins de l'avenir, il n'est que temps de nous en occuper sérieusement. Voulant ainsi indiquer seulement les sommets de la question, nous ajouterons que les intérêts agricoles étant absolument sous la dépendance des conditions climatériques et celles-ci étant aussi en entière corrération avec l'existence des forêts, il y a encore de ce chef urgence d'assurer le maintien du boisement de grands espaces du pays.
8— Août 1908.
Heureusement, une société de fondation récente, l'Association forestière du Canada, s'occupe précisément de cette œuvre de la conservation de nos forêts. Elle embrasse dans son action, il est vrai, toutes les provinces du vaste Canada. Nos compatriotes de langue anglaise, à partir des plus hautes personnalités, prêtent leur concours le plus dévoué à l'œuvre qu'elle poursuit, et qui consiste à tenir l'attention du public sur la question forestière et à le renseigner sur les moyens pratiques de conserver et même d'accroître notre domaine forestier. Cette association tient des conventions annuelles dans l'une ou l'autre partie du Canada, et publie un bulletin trimensuel illustré, rempli de beaux travaux sur tons les sujets relatifs à la forêt. Le prix d'abonnement n'est que d'une piastre, et nous voudrions voir nos compatriotes de la Province s'inscrire en grand nombre parmi les abonnés de cette publication.
Chez nous, dans la province de Québec, Mgr Laflarame a le très grand mérite d'avoir soulevé un mouvement sérieux en faveur de la question forestière, et de telle sorte que nos gouvernants ont été amenés à prendre des mesures importantes pour en assurer la solution la plus avantageuse.
Les brochures qui nous ont inspiré les réflexions qui précèdent contiennent : un discours de M. E.-G. Joly de Lotbinière, sur la Réserve statutaire de bois sur les lots des colons; un discours de M. G.-C. Piché, ingénieur-forestier, sur la Situation forestière de la Province de Québec; et deux discours de Mgr Laflamme sur La Colonisation et la Forêt et sur la Parcelle de forêt du cultivateur.
Il suffit d'indiquer ces sujets pour en laisser deviner l'intérêt, étant donné surtout qu'ils sont traités par des conférenciers aussi compétents.
Qu'on demande donc sans délai ces deux importantes brochures aux Terres et Forêts de Québec, où l'on en fait sans doute la distribution gratuite.