‹ Le Naturaliste canadien (volume 3)Chapitre 54 sur 155 · UNE COULEUVRE VIVIPARE · texte numérisé non relu

UNE COULEUVRE VIVIPARE

Quelques-uns de nos lecteurs se rappellent probablement que, en 1903, il y eut une courtoise discussion, dans les pages du Naturaliste canadien^ entre M. l'abbé Elias Roy, du Collège de Levis, et M. Dionne, conservateur du Musée de l'Université Laval. Il s'agissait de savoir si notre Couleuvre commune — qui se nommait Iropidonotus sirtalis^ mais qui semble bien avoir, depuis cette époque, échangé ce nom pour celui de Thamnophis sirtalis L. — est ovipare ou ovovivipare. Nous crûmes devoir intervenir nous-même dans la discussion, pour émettre l'idée que cette espèce pouvait bien être parfois ovipare, parfois ovovi vîpare,et nos deux amis trouvèrent cette opinion très plausible, d'autant mieux que l'un et l'autre purent témoigner de faits qui la justifiaient.

En terminant l'une de ses communications, M. l'abbé Roy exprimait le désir qu'il fût fait des observations sur le point de savoir si un même individu pouvait successive^ ment pratiquer l'oviparité et l'ovoviviparité. Nous n'avons pas eu connaissance que l'on ait rien publié- sur ce point depuis 1903 ; et la question reste ouverte.

M. Dionne constatait, au cours de l'un de ses articles, que l'on n'avait que peu de connaissances sur les habitudes

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de reproduction des reptiles ; mais que, toutefois, on savait que certains genres étaient ovipares, et tels autres vivipares.

Comme contribution à l'histoire naturelle des reptiles, nous voulons mentionner ici que M. J.-M. Macoun, de la Commission géologique, citait dans V Ottawa Naturalist à^ novembre 1907 la trouvaille faite le ler octobre précédent, sur une petite île de la rivière Ottawa, d'une grande Couleuvre de l'espèce Matrix sipedon L., dans le corps de laquelle on trouva 41 petites Couleuvres, longues de 8 pouces €n moyenne. Voilà donc encore une espèce à ranger parmi les Couleuvres vivipares.

La N. sipedon^ vulgairement nommée Couleuvre d'eau, atteint jusqu'à 50 pouces de longueur. Elle est mentionnée pomme se rencontrant de l'est au centre et au sud des Etats-Unis, et donc aussi dans la région de l'Ottawa. Se nourrissant aux dépens des Grenouilles et des poissons, on la dit de fréquente occurrence dans les ruisseaux. Quand on en fait la capture dans ces petits cours d'eau, il faut par exemple s'abstenir de crier au serpent de mer.

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