‹ Le Naturaliste canadien (volume 3)Chapitre 55 sur 155 · L'ÉGLISE ET LA GÉOLOGIE · texte numérisé non relu

L'ÉGLISE ET LA GÉOLOGIE

A propos de la mort de M. de Lapparent il ne serait peut-être pas inutile de rappeler que c'est encore à des hommes d'Eglise que la science est redevable des progrès qu'elle a pu faire en minéralogie et en géologie.

C'est, en effet, à l'abbé Haiiy que l'on doit d'avoir placé la minéralogie parmi les sciences constituées. On lui doit aussi d'avoir classé les minéraux d'après la forme de leurs molécules. Il a mis la cristallisation en première ligne pour déterminer les espèces. Cuvier a fait de son savoir un superbe éloge.

134 l-K NATURALISTE CANADIEN

Quant à la géologie moderne, le rapport de M. d^Archiac, lu en 1868 à P Académie des Sciences, en attribue la paternité à l'abbé Gîraud Foulavie (1777).

« L'abbé Giraud Foulavie, dit M. d'Archiac, est le premier qui ait posé la base de la Géologie moderne en démontrant par l'observation directe que les fossiles diffèrent suivant leur âge et la superposition des couches qui les renferment. »

L'on doit aussi à un capucin, le Père Noël André, un remarquable traité sur « la théorie de la terre, d'après des faits, sans systèmes et sans hypothèses » ; ce capucin, qui était doué d'une rare justesse de coup d'œil, a suscité quelques-unes des idées du grand Cuvier.

En ce qui concerne la climatologie française, c'est le Père Cotte, oratorien français, qui en est le véritable fondateur. En dehors de ses nombreux articles publiés sur la question, on lui doit des observations qui sont restées classiques.

Il a indiqué plusieurs périodes de retour de certaines dispositions atmosphériques, et, entre autres, de celles qui causent la variation séculaire et périodique de l'aiguille aimantée, sa variation annuelle, mensuelle et diurne.

Il a démontré qu'une période lunaire de dix-neuf ans ramenait constamment la même température.

Il a confirmé la variation diurne du baromètre qui déjà avait été indiquée par Wan-Sweinder.

Il a tracé, pour les médecins, des tableaux des maladies qui, dans un grand nombre de cas, coïncident avec les variations successives de l'atmosphère.

Il a répété trois et quatre fois par jour, pendant cinquante années consécutives, des observations météorologiques aussi détaillées que possible.

On pourrait, à ces quelques notes, ajouter que c*est encore à des moines que nous devons les premières exploitations de notre sol minier. Les grandes abbayes se consacrèrent dès le début à l'exploitation des mines, construisirent des forges, des hauts-fourneaux.

Au Xe siècle, l'abbaye de Moyen-Moutier exploite les mines d'argent d'Echerich (Vosges).

L'abbaye de Chalard (Haute- Vienne) au Xle siècle a des usines pour traiter le cuivre.

Page 1