LE NÉGONDO ET I.E NOYER NOIR I
L'abbaye de Conques fabrique des clous ; les mines du Val-de4jalilée) de la Croix, sont exploitées par le chapitre de Saint-Dié, au XlIIe siècle.
On trouve des forges à Andrésy, à Entrains, dans la Nièvre et dans beaucoup d'autres endroits, fondées par des évêques ou par des moines.
Sait-on aussi qu'avant la Révolution, la marque du fer fabriqué par les chartreux était la plus renommée. Pour cette fabrication,les chartreux avaient un secret traditionnel, divulgué depuis, et qui consistait en un mélange de charbon de sapin et de hêtre.
On voit par ces simples notes, écrites sans prétention, que les libres penseurs ont toujours tort d'accuser l'Eglise d'ignorantisme et d'obscurantisme, et que nous sommes toujours en mesure de leur poser cette terrible question : Que seriez-vous sans nous ?
{Annales catholiques.)
Jean Duchemin.
LE NÊGONDO ET LE NOYER NOIR {Article écrit en 1882 par Pabbé Provancher,)
Si l'on en croit certains correspondants de journaux, tous les désavantages de notre climat, qu'on mettait au compte de notre latitude boréale, vont bientôt disparaître, et les productions des climats les plus favorisés, sous le rapport de la température, vont s'étaler dans nos champs et s'ajouter à nos ressources. En effet, écoutez-les.
Voulez-vous garnir votre table des raisins du meilleur goût et fournir votre cave de vins d'un excellent crû? Plantez 5, 10 arpents de votrer champ en vignes Beaconsfield, et dans 3 ou 4 ans vous aurez cet avantage.
Voulez-vous remplacer la sucrerie que les défrichements ont fait disparaître de votre terre ? Semez 3 à 4 arpents de vos champs en graines d'érable négondo, et
dans 5 ou 6 ans la perte sera réparée ; vous posséderez à votre porte une nouvelle sucrerie bien plus productive que la première.
Voulez-vous vous assurer pour l'avenir des revenus quadruples et décuples de la valeur de votre fonds ? Semez 2 ou 3 arpents de votre terre en noyers noirs, et dans une vingtaine d'années vous aurez à votre disposition une fortune dans la vente de ce bois précieux.
Pas plus difficile que cela.
Au risque de froisser certaines susceptibilités et même de me faire qualifier, en certains quartiers, d'ennemi du progrès, je n'hésite pas à m'insurger contre de telles prétentions. J'ai trop fait d'essais, depuis plus de 30 ans, dans l'acclimatation de plantes exotiques, pour prêter foi, sans plus de preuves, à de semblables énoncés.
Achetez des vignes, plantez vos champs en Beaconsfield,vous aurez des vignes, je n'en doute pas ; mais attendez le raisin. Je ne nie pas que vous ne puissiez avoir de temps à autre d'assez belles et bonnes grappes ; mais pourrez-vous compter sur des récoltes communes rémunératives ? Je ne le crois pas ; je serai même étonné s'il en est ainsi. Les pépiniéristes qui font venir des Etats-Unis des grappes pour figurer dans nos expositions, vous vendent des vignes ot non du raisin ; vous aurez bien les tiges et les feuilles des plants vendus, mais attendez les fruits.
Plantez le négondo, il croîtra, je n'en doute pas, mais attendez le sucre rémunérateur.
De même plantez le noyer noir, et si vous ne voulez vous rendre au cimetière que dans une bière du bois que vous aurez planté, je vous promets une bien longue vie. Ajoutons même 20 ans, 30 ans de plus au terme qu'on assigne pour l'exploitation de ces arbres, parviendrez- vous à en avoir d'assez forts pour en tirer profit ? je ne le crois crois pas. La durée de notre belle saison est trop courte, la somme de chaleur qu'elle nous donne est trop faible, et nos hivers sont trop longs et trop rigoureux, pour espérer que des arbres de climats chauds puissent prendre ici leur parfait développement.
J'ai vu à Nicolet, à Bécancour, à Gentilly, des chênes blancs, des caryers {noyers durs\ des peupliers du Canada