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LES POISSONS ÉLECTRIQUES

produits par la Torpille. Depuis cette époque, de nombreuses expériences physiologiques ont été faites, sur le même sujet, par Davy (1827), de Blainville, Matteucci, Faraday, du Bois-Reymond, Steioer et Marey. Tous ces éminents expérimentateurs ont démontré que les décharges des poissons électriques peuvent opérer des combinaisons et des décompositions chimiques, aimanter un barreau de fer doux, faire dévier l'aiguille de la boussole, produire des étincelles, décomposer certains corps (eau, iodure de potassium, etc.), provoquer dans une bobine des phénomènes d'induction, etc . . .

Lrcs Gymnotes appartiennent à Tordre des Téléostéens et au sous-ordre des Malacoptérygiens apodes. Ils sont dépourvus de nageoires caudale et dorsale ; leur nageoire

anale s'étend jusqu'à l'extrémité de la queue.

Les téguments sont nus, les yeux très petits et les dents coniques, implantées suivant une seule rangée. Ce poisson peut atteindre jusqu'à 2 mètres de lon-

Le Gymnote électrique. ^^^^^ q^ ,^ ^^^^^^

abondamment dans l'Amérique du Snd et principalement au nord du Brésil, à la Guyane et au Venezuela. Les petits cours d'eau et les marais fangeux sont ses lieux de prédilection. A l'approche des saisons sèches, il se creuse dans la vase des trous profonds où il se retire.

Le Gymnote se nourrit surtout de poissons et de crustacés qu'il capture facilement, grâce à l'arme puissante dont il est pourvu. Dès qu'il a aperçu la proie convoitée, il décharge ses terribles batteries dont les effets sont si puissants et si énergiques, que tous les animaux qui se trou-

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vent dans la zone d'action de la décharge sont tués sur-lechamp et viennent flotter à la surface de l'eau. Il peut, par excitation volontaire, foudroyer des proies à distance en réglant, suivant le cas, l'intensité de la décharge. Ce poisson envoie de l'électricité comme le Poulpe vide sa poche à encre, et agit sur ses organes électriques de la même façon que sur ses muscles.

La pêche du Gymnote est surtout pratiquée par les Indiens habitant les rivages des affluents de l'Orénoque et de l'Amazone. Elle s'effectue au moyen de larges filets, et présente parfois des dangers et de grandes difficultés à cause du puissant appareil électrique, de l'agilité extrême du poisson et de la rapidité avec laquelle il s'enfonce dans la vase. Sa chair est peu savoureuse ; l'organe électrique, gras et visqueux, possède un goût fade et désagréable : c'est pour cela qu'il est séparé avec précaution et rejeté.

A. de Humboldt, qui a visité l'Amérique du Sud dans les premières années du xixe siècle, raconte, d'une façon émouvante et pittoresque, une pêche au Gymnote par les Indiens qui habitent les bords du Rio Guarico, un des affluents de l'Orénoque. Ce récit, fort curieux, qui démontre l'extrême puissance de l'organe électrique, capable de foudroyer les plus gros animaux, mérite d'être transcrit. Les indigènes, dit-il, après avoir fait, dans la savane, une battue de chevaux à demi sauvages, les firent entrer de force dans la mare aux Gymnotes.

Le bruit extraordinaire, causé par le piétinement des chevaux, fit sortir les poissons de la vase et les excita au combat. Ces Anguilles, jaunâtres et livides, semblables à de grands serpents aquatiques, nageaient sous le ventre des chevaux et offraient le spectacle le plus étrange. Les Indiens, munis de harpons et de roseaux, entouraient étroitement la mare ; quelques-uns d'entre eux montaient sur les arbres du voisinage. Par leurs cris sauvages et la Ion-

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